mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2200186 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MARTIN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 janvier 2022 et le 26 juin 2024, M. I N, l'association Camil, la SARL Les Ruchers du Moulin, l'EARL Barakabio, Mme M D, Mme O L, Mme A F, Mme K J, M. B C et Mme E G, représentés par Me Dubreuil, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 septembre 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a procédé à l'enregistrement d'une installation classée pour la protection de l'environnement ayant pour objet l'enrobage au bitume de matériaux routiers, le stockage de granulats et d'agrégats d'enrobés, et des installations de broyage et concassage de minerais, sur la zone d'aménagement concerté de l'Oseraye à Puceul, par la société ENRO P.44 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-le projet méconnaît l'article L. 122-1-1 III du code de l'environnement, en l'absence d'actualisation de l'étude d'impact réalisée à l'échelle de la zone d'aménagement concertée de l'Oseraye intégrant les incidences environnementales de ce projet ;
- le préfet a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 512-7-2 du code de l'environnement ;
-l'arrêté attaqué porte atteinte aux intérêts protégés par l'article L. 511-1 du code de l'environnement et méconnaît les dispositions du troisième alinéa de l'article L. 512-7-3 de ce code.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 24 juin 2024, la société ENRO P.44, représentée par Me Fleischl, conclut au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, au sursis à statuer, et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient :
-les conclusions présentées par la SARL Les Ruchers du Moulin et l'EARL Barakabio sont irrecevables, en l'absence d'intérêt à agir de ces personnes morales ;
-les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en intervention volontaire, enregistré le 29 juin 2022, l'association Robin des Bois " demande que le tribunal fasse droit aux conclusions de la requête.
Elle se réfère aux moyens exposés dans la requête.
Par un mémoire en intervention volontaire, enregistré le 21 juillet 2023, la SCA Foncière Terre de Liens, représentée par Me Dubreuil, demande que le tribunal fasse droit aux conclusions de la requête.
Elle se réfère aux moyens exposés dans la requête.
Par une lettre du 12 septembre 2024, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de surseoir à statuer dans l'attente d'une régularisation, au regard du moyen tiré de l'atteinte aux intérêts protégés par l'article L. 511-1 du code de l'environnement, eu égard aux émissions de dioxyde de souffre susceptibles d'être émises par l'installation classée pour l'environnement en cause.
Par des observations, enregistrées le 19 septembre 2024, les requérants concluent aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Par des observations, enregistrées le 19 septembre 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Par des observations, enregistrées le 10 octobre 2024, la société ENRO P. 44 conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 91/676/CEE du Conseil du 12 décembre 1991 relative à la protection des eaux contre la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles ;
- la directive 2011/92/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics ou privés sur l'environnement ;
- l'arrêté du 10 juillet 1990 relatif à l'interdiction des rejets de certaines substances dans les eaux souterraines en provenance d'installations classées ;
- l'arrêté du 9 avril 2019 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique n° 2521 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement - Enrobage au bitume de matériaux routiers (Centrale d') ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Thomas, première conseillère,
- les conclusions de M. Marowski, rapporteur public,
- les observations de Me Dubreuil, avocat des requérants et de la SCA Foncière Terre de Liens,
- et les observations de Me Laville-Collombe, substituant Me Fleischl, avocat de la société ENRO P.44.
Une note en délibéré, produite par les requérants, a été enregistrée le 22 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. La société ENRO P.44 a déposé le 2 avril 2021, au titre de la législation des installations classées pour la protection de l'environnement, une demande d'enregistrement pour l'implantation et l'exploitation d'une centrale d'enrobage au bitume de matériaux routiers, de transit et regroupement de produits minéraux et de broyage concassage, d'une capacité de production maximale de 300 tonnes par heure et de 200 000 tonnes d'enrobés par an, sur les parcelles cadastrées ZV nos 004, 005 et 114p, dans le périmètre de la zone d'aménagement concerté (ZAC) de l'Oseraye au lieudit " Les Landelles " à Puceul (44). Le projet a été soumis à la consultation du public du 19 mai 2021 au 16 juin 2021, au cours de laquelle 142 observations ont été déposées. Par un arrêté du 3 septembre 2021, le préfet a procédé à l'enregistrement des installations de la société ENRO P.44 au titre des rubriques 2521-1, 2515-1.a et 2517-1 de la nomenclature des installations classées pour l'environnement. Les requérants demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur l'intérêt à agir des requérants :
2. Alors que la demande déposée par la société ENRO P.44 pour l'exploitation d'une centrale d'enrobage au bitume a été instruite selon la procédure de l'enregistrement décrite aux articles L. 512-7 et suivants du code de l'environnement, l'article R. 514-3-1 de ce code dispose que : " Les décisions mentionnées aux articles L. 211-6 et L. 214-10 et au I de l'article L. 514-6 peuvent être déférées à la juridiction administrative : / 1° Par les tiers intéressés en raison des inconvénients ou des dangers que le fonctionnement de l'installation présente pour les intérêts mentionnés aux articles L. 211-1 et L. 511-1 dans un délai de quatre mois à compter du premier jour de la publication ou de l'affichage de ces décisions ; / 2° Par les demandeurs ou exploitants, dans un délai de deux mois à compter de la date à laquelle la décision leur a été notifiée. / Sans préjudice du recours gracieux mentionné à l'article R. 214-36, les décisions mentionnées au premier alinéa peuvent faire l'objet d'un recours gracieux ou hiérarchique dans le délai de deux mois. Ce recours administratif prolonge de deux mois les délais mentionnés aux 1° et 2° ".
3. En application de ces dispositions, il appartient au juge administratif d'apprécier si les personnes physiques tierces qui contestent une décision prise au titre de la police des installations classées justifient d'un intérêt suffisamment direct leur donnant qualité pour en demander l'annulation, compte tenu des inconvénients et dangers que présente pour elles l'installation en cause, appréciés notamment en fonction de la situation des intéressés et de la configuration des lieux.
4. L'intérêt à agir, qui n'est pas contesté en défense de Mmes D, F, J et L et M. C, qui résident à moins de 800 mètres du terrain d'assiette de l'installation en cause ressort des pièces du dossier. La circonstance que l'un des auteurs d'une requête collective ne soit pas recevable à la présenter ne fait pas obstacle à ce que les conclusions de cette requête soient jugées recevables, mais seulement à ce que le juge accueille les conclusions propres à ce requérant, telles celles tendant au remboursement des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il en résulte, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par la société ENRO P.44 et tirée du défaut d'intérêt à agir de l'association Camil, de l'EARL Barakabio et de la SARL des Ruchers du Moulin, que la requête est recevable.
Sur les interventions :
5. D'une part, l'association Robin des bois, association agréée au titre de l'article L. 141-1 du code de l'environnement, justifie d'un intérêt suffisant à l'annulation de la décision attaquée. Ainsi, son intervention à l'appui de la requête formée par les requérants est recevable. D'autre part, le jugement sur la requête est susceptible de préjudicier aux droits de la SCA Foncière Terre de Liens. Dès lors son intervention est également recevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes de l'article L. 514-6 du code de l'environnement : " I. - Les décisions prises en application des articles L. 512-7-3 à L. 512-7-5, L. 512-8, L. 512-12, L. 512-13, L. 512-20, L. 513-1, L. 514-4, du I de l'article L. 515-13 et de l'article L. 516-1 sont soumises à un contentieux de pleine juridiction ".
7. Il appartient au juge du plein contentieux des installations classées pour la protection de l'environnement d'apprécier le respect des règles de procédure régissant la demande d'autorisation au regard des circonstances de fait et de droit en vigueur à la date de l'enregistrement et celui des règles de fond régissant l'installation au regard des circonstances de fait et de droit en vigueur à la date à laquelle il se prononce, sous réserve du respect des règles d'urbanisme qui s'apprécie au regard des circonstances de fait et de droit applicables à la date de la décision attaquée.
En ce qui concerne l'absence d'actualisation de l'étude d'impact de la zone d'aménagement concertée de l'Oseraye :
8. Le projet litigieux porte sur l'installation d'une centrale d'enrobage à chaud et à froid destinée à la fabrication d'enrobé utilisé en travaux routiers pour les couches de roulement, et des installations connexes à son fonctionnement (station de transit de déchets minéraux ou de déchets non dangereux inertes, et installation de concassage). Elle a vocation à atteindre une production maximale de 300 tonnes par heure et 200 kilotonnes par an, à déployer une puissance totale de 450 kw pour le broyage et concassage et criblage de produits minéraux et à étendre ses stocks de granulats et d'agrégats d'enrobés sur une superficie de 13 370 m2, relevant ainsi de la procédure d'enregistrement, en application des critères et des seuils fixés par la rubrique 2521-1, 2515-1.a et 2517-1 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement annexée à l'article R. 511-9 du code de l'environnement. Compte tenu de la différence d'objet entre les finalités poursuivies et de la possibilité de mettre en œuvre ces activités indépendamment les unes des autres, la création de la zone d'aménagement concerté de l'Oseraye, autorisée par arrêté du 26 janvier 2010, ne constitue pas, avec l'installation sollicitée en 2021 d'une entreprise particulière sur cette zone, un projet unique au sens des dispositions précitées du III de l'article L. 122-1-1 du code de l'environnement, les mentions figurant au sein de l'étude d'impact de la ZAC étant sans incidence sur ce point. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'instruction de l'arrêté attaqué aurait dû être précédée d'une actualisation de l'étude d'impact de la création de la zone d'aménagement concertée de l'Oseraye.
En ce qui concerne l'illégalité par la voie de l'exception du décret du 9 avril 2019 modifiant la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement :
9. Le décret du 9 avril 2019 modifiant la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement a modifié l'annexe 4 à l'article R. 511-9 du code de l'environnement, de telle sorte que les centrales d'enrobage au bitume de matériaux routiers à chaud (rubrique 2521) ne sont depuis lors plus soumises qu'à une procédure d'enregistrement. Les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir de l'illégalité de cette modification, dès lors que, lorsque l'activité en cause est susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement, cette activité doit faire l'objet, en application des dispositions de l'article L. 122-1 du code de l'environnement combinées avec celles de l'article L. 512-7-2 du même code, d'une évaluation environnementale.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 512-7-2 du code de l'environnement :
10. En vertu de l'article L. 512-7 du code de l'environnement, sont soumises à autorisation simplifiée, sous la dénomination d'enregistrement, les installations qui présentent des dangers ou inconvénients graves pour les intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 du même code, lorsque ces dangers et inconvénients peuvent, en principe, eu égard aux caractéristiques des installations et de leur impact potentiel, être prévenus par le respect de prescriptions générales édictées par le ministre chargé des installations classées. Les activités relevant de ce régime concernent les secteurs ou technologies dont les enjeux environnementaux et les risques sont bien connus, lorsque les installations ne sont soumises ni à la directive du 24 novembre 2010 relative aux émissions industrielles au titre de son annexe I, ni à une obligation d'évaluation environnementale systématique au titre de l'annexe I de la directive du 27 juin 1985 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement. Conformément aux articles L. 512-7-1 et L. 512-7-3 du code de l'environnement, le dossier de demande d'enregistrement est mis à disposition du public avant que le préfet prenne, après avis des conseils municipaux intéressés, un arrêté d'enregistrement qu'il peut assortir de prescriptions particulières complétant ou renforçant les prescriptions générales applicables à l'installation.
11. Aux termes de l'article L. 512-7-2 du code de l'environnement : " Le préfet peut décider que la demande d'enregistrement sera instruite selon les règles de procédure prévues par le chapitre unique du titre VIII du livre Ier pour les autorisations environnementales : / 1° Si, au regard de la localisation du projet, en prenant en compte les critères mentionnés à l'annexe III de la directive 2011/92/UE du 13 décembre 2011 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement, la sensibilité environnementale du milieu le justifie ; / 2° Ou si le cumul des incidences du projet avec celles d'autres projets d'installations, ouvrages ou travaux situés dans cette zone le justifie ; / 3° Ou si l'aménagement des prescriptions générales applicables à l'installation, sollicité par l'exploitant, le justifie. / Dans les cas mentionnés au 1° et au 2°, le projet est soumis à évaluation environnementale. Dans les cas mentionnés au 3° et ne relevant pas du 1° ou du 2°, le projet n'est pas soumis à évaluation environnementale. / Le préfet notifie sa décision motivée au demandeur, en l'invitant à déposer le dossier correspondant. Sa décision est rendue publique ". Aux termes de l'article R. 122-2 du même code : " I. - Les projets relevant d'une ou plusieurs rubriques énumérées dans le tableau annexé au présent article font l'objet d'une évaluation environnementale, de façon systématique ou après un examen au cas par cas, en application du II de l'article L. 122-1, en fonction des critères et des seuils précisés dans ce tableau ". Le tableau annexé prévoit que pour les installations classées pour la protection de l'environnement soumises à enregistrement et non soumises à évaluation environnementale systématique, " l'examen au cas par cas est réalisé dans les conditions et formes prévues à l'article L. 512-7-2 du code de l'environnement ".
12. L'annexe III de la directive 2011/92/UE du 13 décembre 2011 retient, parmi ses critères, d'une part, les caractéristiques des projets, au regard, notamment, de la pollution et des nuisances et du risque d'accidents compte tenu en particulier des substances mises en œuvre, d'autre part, la localisation des projets appréciée du point de vue de la sensibilité environnementale et, enfin, les caractéristiques de l'impact potentiel de ces projets au regard de la zone géographique affectée et de l'importance de sa population, de l'ampleur, de la complexité et de la probabilité de cet impact.
S'agissant de la localisation de l'installation :
13. Il résulte des dispositions du 1° de l'article L. 512-7-2 du code de l'environnement que, si une installation soumise à enregistrement est en principe dispensée d'une évaluation environnementale préalable, le préfet saisi de la demande doit se livrer à un examen du dossier, tant au regard de la localisation du projet et de la sensibilité environnementale de la zone d'implantation que des autres critères mentionnés à l'annexe III de la directive 2011/92/UE, relatifs notamment aux caractéristiques du projet et aux types et caractéristiques de son impact potentiel sur l'environnement, afin d'apprécier si le projet doit être soumis au régime de l'autorisation environnementale et ainsi faire l'objet d'une évaluation environnementale. Ces critères doivent s'apprécier indépendamment des mesures prises par l'exploitant pour limiter l'impact de son projet sur l'environnement.
14. D'une part, il résulte de l'instruction que le terrain d'assiette du projet, d'une superficie de 3,7 hectares, classé en zone 1AUez du plan local d'urbanisme, est situé au nord-ouest de la zone d'aménagement concerté de l'Oseraye autorisée par arrêté préfectoral du 26 janvier 2009, en grande partie occupée par des activités commerciales et industrielles. Ce terrain d'assiette, à proximité duquel il n'y a pas de périmètre de protection de captage d'eau potable, est situé à environ 400 mètres du cours d'eau et de l'espace boisé les plus proches. Au vu des pièces du dossier, la présence de la faune et de la flore y est limitée. Il ne résulte pas de l'instruction, notamment des annexes au plan local d'urbanisme de Puceul et de la cartographie des cours d'eau et des zones humides par l'Etat comme des sondages réalisés sur la parcelle située au nord-est du projet que des zones humides auraient été identifiées à proximité du terrain d'assiette du projet. Son environnement naturel, en particulier la trame bocagère, ne fait pas l'objet d'une protection paysagère ou écologique particulière et aucun spécimen d'espèce protégée au titre de l'article L. 411-2 du code de l'environnement n'y a par ailleurs été recensé. Enfin, si le secteur se caractérise par la présence d'exploitations agricoles, apicoles et maraîchères, en agriculture biologique, cette circonstance, compte tenu de la configuration des lieux et de l'environnement naturel du secteur, ne suffit pas à lui conférer une sensibilité environnementale particulière au sens et pour l'application de l'article L. 512-7-2 précité.
15. D'autre part, le site ne se trouve pas dans une zone de forte densité de population. Si les habitations les plus proches se situent à environ 250 mètres, l'implantation des installations est conforme aux dispositions de l'article 2.1 de l'arrêté du 9 avril 2019 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique n° 2521 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement - Enrobage au bitume de matériaux routiers (Centrale d'), dans sa rédaction applicable au présent litige. La présence de population ne présente ainsi pas de risques particuliers.
S'agissant des caractéristiques du projet et de son impact potentiel sur l'environnement :
16. Si les requérants font état de risques de nuisances olfactives et sonores indépendamment des mesures de réduction mises en œuvre par l'exploitante, la particulière gravité de ces nuisances, compte tenu de l'éloignement des premières habitations et de l'orientation des vents dominants, n'est pas établie. Il ne résulte pas non plus de l'instruction que le fonctionnement de l'installation entraînerait une augmentation du trafic susceptible de porter atteinte à la sécurité publique compte tenu de la proximité des routes RD 25, RN 137 - E 3 et 171. En outre, s'agissant des risques d'incendies et d'explosion, il ne ressort pas des scénarios de dangers susceptibles de se produire au sein de l'établissement que les effets thermiques et les dégâts résultant d'un incendie du stockage de propane dépasseraient les limites du site d'implantation, alors qu'au demeurant le projet, implanté au-delà de la distance réglementaire d'habitations tierces applicable au cas d'espèce, prévoit des conditions de stockage du gaz conformes à la réglementation, ainsi qu'un bassin de 120 m3 destiné à la lutte contre l'incendie. S'agissant des risques de pollution de l'eau, les activités de la centrale d'enrobage ne nécessitent pas de prélèvements d'eau dans les nappes souterraines, et aucun effluent aqueux n'est généré par le procédé industriel. Le projet ne prévoit aucun rejet direct des eaux pluviales susceptibles d'être souillées dans le milieu naturel, l'installation étant équipée d'un circuit de collecte des eaux pluviales susceptibles d'être souillées, dirigées vers un séparateur d'hydrocarbures traitant la pollution chronique de ces eaux, d'un bassin de rétention de 784 m3, et d'un dispositif automatique de vanne de sectionnement et de confinement permettant d'isoler et de stocker de façon étanche les eaux polluées dans un bassin bâché de 203 m3 avant leur traitement. Ainsi, compte tenu des caractéristiques de l'installation, le risque de pollution des eaux ne justifie pas l'instruction du projet selon les règles de procédure prévues par le chapitre unique du titre VIII du livre Ier du code de l'environnement. Enfin, s'agissant des émissions de polluants gazeux, les valeurs calculées pour les principaux polluants émis par le projet ne méconnaissent pas, en valeur annuelle, les objectifs de qualité fixés par l'article R. 221-1 du code de la santé publique et il résulte de l'instruction que des procédés techniques de l'installation permettraient de maîtriser le risque de dépassement des seuils réglementaires. L'impact sur l'environnement susceptible d'en résulter n'est pas tel qu'il justifierait, en l'espèce, que le projet soit soumis à une évaluation environnementale, compte tenu, notamment, des informations déjà transmises au soutien du dossier de demande d'enregistrement.
S'agissant du cumul avec d'autres activités :
17. Si l'implantation de la centrale d'enrobage est prévue au sein d'une zone d'activités à caractère industriel qui comporte une autre installation classée pour la protection de l'environnement, à savoir une déchetterie, il ne résulte pas de l'instruction que l'existence d'incidences cumulées d'autres activités industrielles ou artisanales présentes sur le site aurait dû, en raison de l'augmentation du trafic routier, conduire à l'instruction du projet de la société ENRO P.44 selon la procédure de l'autorisation environnementale.
18. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la sensibilité environnementale du milieu d'implantation du projet ou le cumul des incidences avec d'autres activités justifiaient que la demande tendant à son enregistrement soit instruite selon les règles de procédure prévues par le chapitre unique du titre VIII du livre Ier du code de l'environnement pour les autorisations environnementales. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 512-7-2 doit être écarté.
En ce qui concerne l'atteinte aux intérêts protégés par l'article L. 511-1 du code de l'environnement et la méconnaissance de l'article L. 512-7-3 de ce code :
19. Aux termes de l'article L. 181-3 du code de l'environnement : " I. - L'autorisation environnementale ne peut être accordée que si les mesures qu'elle comporte assurent la prévention des dangers ou inconvénients pour les intérêts mentionnés aux articles L. 211-1 et L. 511-1, selon les cas () ". Aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'environnement : " Sont soumis aux dispositions du présent titre les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique. / () ". Selon l'article L. 511-2 de ce code : " Les installations visées à l'article L. 511-1 sont définies dans la nomenclature des installations classées établie par décret en Conseil d'Etat, pris sur le rapport du ministre chargé des installations classées, après avis du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques. Ce décret soumet les installations à autorisation, à enregistrement ou à déclaration suivant la gravité des dangers ou des inconvénients que peut présenter leur exploitation ". Son article L. 512-7-3 dispose en outre que : " () En vue d'assurer la protection des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 (), le préfet peut assortir l'enregistrement de prescriptions particulières complétant ou renforçant les prescriptions générales applicables à l'installation () ".
20. Dans l'exercice de ses pouvoirs de police administrative en matière d'installations classées pour la protection de l'environnement, il appartient à l'autorité administrative d'assortir l'autorisation d'exploiter délivrée en application de l'article L. 512-1 du code de l'environnement des prescriptions de nature à assurer la protection des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 du même code, en tenant compte des conditions d'installation et d'exploitation précisées par le pétitionnaire dans le dossier de demande, celles-ci comprenant notamment les engagements qu'il prend afin d'éviter, réduire et compenser les dangers ou inconvénients de son exploitation pour ces intérêts.
21. Lorsqu'il statue en vertu de l'article L. 514-6 du code de l'environnement, le juge administratif a le pouvoir, après avoir si nécessaire régularisé ou complété la procédure, d'autoriser la création et le fonctionnement d'une installation classée pour la protection de l'environnement en l'assortissant des conditions qu'il juge indispensables à la protection des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 du même code.
22. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que les installations d'enrobage au bitume d'équipements routiers comporteraient structurellement des risques de pollution de l'eau et de l'air portant nécessairement, en raison de la nature même de cette activité et des risques inhérents à celle-ci, atteinte aux intérêts protégés à l'article L. 511-1 du code de l'environnement.
23. En deuxième lieu, s'agissant des risques explosifs, il ne résulte pas de l'instruction, notamment de la notice de dangers, que les dangers pour l'environnement et la sécurité publique que présente l'installation, au demeurant faibles, seraient insuffisamment prévenus en l'espèce, par le respect, établi au vu du dossier de demande d'enregistrement, par le projet des prescriptions générales de l'arrêté du 3 septembre 2021. L'édiction de prescriptions spécifiques n'est ainsi pas nécessaire.
24. En troisième lieu, s'agissant de l'augmentation du trafic routier, il résulte de l'instruction que les effets du fonctionnement de l'installation sur le trafic sont limités sur la RN 137 et la RN 171 au regard des flux importants qu'elles connaissent déjà, et modérés sur les autres voies. Dans ces conditions, l'atteinte aux intérêts protégés par l'article L. 511-1 du code de l'environnement susceptible de résulter de cette augmentation de trafic n'est pas caractérisée.
25. En quatrième lieu, s'agissant des nuisances olfactives et sonores, compte tenu de l'état existant comme des modalités de contrôle par l'exploitante du fonctionnement de l'installation, notamment de la réalisation de contrôle dans les premiers mois de l'exploitation du site, et alors qu'il n'est pas contesté que le projet satisfait aux prescriptions applicables à l'installation, fixées par l'arrêté du 9 avril 2019, il ne résulte pas de l'instruction que les nuisances déplorées présenteraient un danger pour la santé publique et la commodité publique, eu égard, notamment, à la configuration des lieux et la distance entre le terrain d'assiette et les habitations les plus proches, qui nécessiteraient l'édiction de prescriptions complémentaires en sus des prescriptions de l'arrêté du 3 septembre 2021 satisfaites en l'espèce par le projet.
26. En cinquième lieu, s'agissant des risques de pollution des eaux, les dangers que l'installation, dont l'activité ne prévoit ni pompages d'eau dans des nappes souterraines ni rejets non traités dans le réseau public de gestion des eaux pluviales, ferait peser sur ces nappes d'eau, ne sont pas établis. En particulier, le projet prévoit, d'une part, le transit des eaux pluviales susceptibles d'être polluées par un séparateur d'hydrocarbures avant leur recueil dans le bassin de rétention du site aux dimensions suffisantes et au débit de fuite conforme aux prescriptions de l'arrêté préfectoral d'autorisation de la ZAC au titre de la loi n°92-3 du 3 janvier 1992, et d'autre part, un dispositif automatique de vanne de sectionnement et d'isolement des eaux polluées, de sorte que le risque de pollution des eaux superficielles est faible. Ainsi, les risques de pollution des eaux, que présente l'installation, font l'objet de mesures de prévention et de correction suffisantes pour la protection des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 du code de l'environnement.
27. En revanche et en sixième lieu, alors que les envols de poussière résultant des opérations de concassage-criblage qui se déroulent à l'air libre pour une durée totale de deux mois par an sont susceptibles, compte tenu de leur nature et de leur volume, d'incidences sur l'environnement et la commodité publique des secteurs habités du Moulin de Bohallard et Bernigaud, au vu en particulier, de l'orientation des vents dominants, le projet ne prévoit aucun dispositif de prévention et de réduction de ces nuisances, et se borne, lors de la manipulation des produits stockés, à envisager une aspersion d'eau en cas de fort dégagement de poussières fines, alors que les prescriptions de l'article 6.1 de l'arrêté du 9 avril 2019 imposent le captage à la source et la canalisation des poussières, sauf impossibilité technique injustifiée. Dans ces conditions, il y a lieu d'ajouter à l'article 1.3 de l'arrêté attaqué que l'exploitant met en œuvre des mesures suffisantes pour éviter et capter à la source les émissions de poussières résultant des opérations de concassage-criblage et de la manipulation des produits stockés. Dans ces conditions, les prescriptions applicables à l'installation, prévues par l'arrêté du 9 avril 2019, et ainsi complétées, sont suffisantes pour prévenir les risques exposés par les requérants résultant de l'envol de poussières.
28. En dernier lieu, s'agissant des rejets de dioxyde de soufre, aux termes de l'article 6.7 de l'arrêté du 9 avril 2019 relatif aux valeurs limites d'émission : " I. - La vitesse d'éjection des effluents gazeux en marche continue est au moins égale à 8 m/s. Les effluents gazeux respectent les valeurs limites figurant dans le tableau ci-après selon le flux horaire. Dans le cas où le même polluant est émis par divers rejets canalisés, les valeurs limites applicables à chaque rejet canalisé sont déterminées le cas échéant en fonction du flux total de l'ensemble des rejets canalisés et diffus. Les valeurs limites s'imposent à des mesures, prélèvements et analyses moyens réalisés sur une durée d'une demi-heure. Dans le cas de prélèvements instantanés, aucun résultat de mesure ne dépasse le double de la valeur limite prescrite. Dans le cas de mesures périodiques, la moyenne de toutes les mesures réalisées lors d'une opération de surveillance ne dépasse pas les valeurs limites d'émission et aucune des moyennes horaires n'est supérieure à 1,5 fois la valeur limite d'émission () ". En vertu des dispositions de cet article, la valeur limite d'émission pour l'oxyde de soufre est de 300 mg/ m3.
29. De surcroît, l'article R. 221-1 du code de la santé publique fixe, s'agissant des émissions de dioxyde de soufre une valeur limite pour la protection de la santé humaine de 350 µg /m3 en moyenne horaire à ne pas dépasser plus de 24 fois par année civile et de 125 µg/ m3 en moyenne journalière à ne pas dépasser plus de trois fois par année civile.
30. En ce qui concerne les rejets du conduit de cheminée de la centrale, la société exploitante a déclaré que les poussières et les gaz seront captés et dirigés vers un filtre à manches composé de 450 manches pour être filtrés avant d'être rejetés par une cheminée dont la hauteur de 24 mètres est de nature à favoriser la dispersion des émissions. Il ressort toutefois de l'annexe 12 du dossier de demande d'enregistrement que, sur onze campagnes de mesures réalisées en 2019 en sortie de cheminée sur des centrales d'enrobage à chaud approvisionnées en granulats et fonctionnant au propane, gérées par le groupe Pigeon, ont été constatées, sur certaines campagnes, des concentrations en oxyde de soufre supérieures à la valeur limite d'émission de 300 mg/m3 par flux horaire, un maximum de 1 002 mg/m3 ayant même été relevé sur une centrale de technologie TSM. Alors que les valeurs limites fixées par l'article 6.7 de l'arrêté du 9 avril 2019 ont été fixées afin d'assurer la protection des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 du code de l'environnement, le risque significatif de dépassement de ces seuils, est de nature à caractériser une atteinte à ces intérêts. Si la société exploitante fait valoir que la concentration annuelle maximale en dioxyde de soufre modélisée résultant du fonctionnement de l'installation serait, compte tenu notamment d'une bonne qualité d'air préexistante dans le secteur, 50 fois inférieure à l'objectif de qualité de l'air ambiant fixé en moyenne annuelle à l'article R. 221-1 du code de la santé publique, cette circonstance ne suffit à elle-seule, à exclure le risque d'atteinte à la santé publique et à l'environnement résultant spécifiquement et directement du dépassement des seuils réglementaires d'émission par flux horaires, tel qu'il est caractérisé par les pièces du dossier.
31. D'une part, il résulte de l'instruction qu'existent des possibilités techniques de satisfaire à ces seuils réglementaires d'émission par flux horaires. D'autre part, compte tenu de la bonne qualité de l'air ambiant dans le secteur, une prescription technique complémentaire garantissant le respect de ces seuils permet d'assurer la conformité de l'exploitation aux dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'environnement, ces seuils ayant du reste été fixés en vue de la protection des intérêts qu'elles mentionnent. Dans ces conditions, il y a lieu d'ajouter à l'article 1.3 de l'arrêté attaqué que l'exploitant met en œuvre les procédés techniques et technologies nécessaires garantissant le respect des valeurs limites d'émission de dioxyde de soufre fixées à l'article 6.7 de l'arrêté du 9 avril 2019, faisant l'objet de mesures périodiques et ce, dès la mise en service de l'activité.
32. Compte tenu de ce qui précède, les prescriptions applicables à l'installation, prévues par l'arrêté du 9 avril 2019, et ainsi complétées par le point précédent, sont suffisantes pour prévenir l'atteinte à la protection de l'environnement et de la santé publique au sens de l'article L. 511-1 du code de l'environnement susceptibles de résulter des émissions gazeuses, notamment de dioxyde de soufre.
33. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'atteinte illégale portée aux intérêts protégés par l'article L. 511-1 du code de l'environnement doit être écarté en toutes ses branches.
34. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les frais liés au litige :
35. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat une somme à verser aux requérants à ce titre. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées par la société ENRO P.44 à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Les interventions de la SCA Foncière Terre de Liens et de l'association Robin des bois sont admises.
Article 2 : Les alinéas suivants sont ajoutés à la suite du dernier alinéa de l'article 1.3 de l'arrêté du 3 septembre 2021 du préfet de la Loire-Atlantique :
" - l'exploitant met en œuvre des mesures suffisantes pour éviter et capter les émissions de poussières à la source résultant des opérations de concassage-criblage et de la manipulation des produits stockés.
- l'exploitant met en œuvre les procédés techniques et technologies nécessaires garantissant le respect des valeurs limites d'émission de dioxyde de soufre fixées à l'article 6.7 de l'arrêté du 9 avril 2019, faisant l'objet de mesures périodiques dès la mise en service de l'activité ".
Article 3 : La requête de M. N et autres est rejetée.
Article 4 : Les conclusions présentées par la société ENRO P.44 présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. I N, représentant unique des requérants, à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques, à la société ENRO P.44, à l'association Robin des bois et à la SCA Foncière Terre de Liens.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Douet, présidente,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Brémond, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
La rapporteure,
S. THOMAS
La présidente,
H. DOUETLa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne à la
ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce
requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026