mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2200438 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président 1 : M. DURUP DE BALEINE - R. 222-13 |
| Avocat requérant | AVOXA NANTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 12 janvier 2022, le 10 août 2022 et le 28 février 2023, M. B A demande au tribunal de condamner la commune du Croisic à lui payer en réparation la somme de 358, 80 euros au titre d'un préjudice matériel et une somme au titre d'un préjudice moral.
Il soutient que :
- l'entrée du parking de la Vigie romaine au Croisic n'est pas conforme à la norme AFNOR NF P 91-100, qui préconise une largeur d'au moins trois mètres, alors que la largeur affichée est de seulement 2, 20 mètres, de sorte que cette entrée présente un défaut de conception et de réalisation la rendant impropre à assurer un accès sécurisant ;
- l'alignement du véhicule dans l'axe de l'entrée est malaisé, du fait de l'étroitesse du chemin d'accès ;
- l'entrée gauche est délimité par un gros rocher ventru, abrasif et coupant, qui ne peut se voir dans le rétroviseur une fois le véhicule partiellement engagé et qui a été mal positionné ;
- la largeur réelle est de 2, 07 mètres et le panneau apposé à l'entrée fournit une information inexacte et trompeuse ;
- de multiples traces de frottement sur le poteau en bois et le rocher montrent que l'accès à ce parking est particulièrement délicat ;
- la commune du Croisic est coutumière des entrées de parking étriquées ;
- il n'a pas commis de faute susceptible d'exonérer la commune du Croisic de la responsabilité qu'elle encourt ;
- le préjudice matériel de 358, 80 euros correspond au coût réel de la réparation ;
- il laisse au tribunal le soin d'apprécier le juste montant du préjudice moral.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 juin 2022, le 23 février 2023 et le 21 mars 2023, la commune du Croisic, représentée par Me Bernot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. A le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage causé au véhicule du requérant n'est pas établi ;
- la preuve d'une absence de défaut d'entretien normal de l'ouvrage est rapportée ;
- subsidiairement, le dommage allégué a pour cause la faute de la victime ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de la voirie routière ;
- le décret n° 2009-697 du 16 juin 2009 ;
- l'arrêté du 24 novembre 1967 relatif à la signalisation des routes et autoroutes ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Durup de Baleine en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Durup de Baleine, président-rapporteur ;
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public ;
- les observations de Me Roussel, substituant Me Bernot, avocat de la commune du Croisic.
Considérant ce qui suit :
1. Le 19 octobre 2021, M. A a endommagé le bas de caisse gauche de son automobile lorsque, l'intéressé s'étant engagé, depuis la route de la Vigie, dans la voie d'entrée du parc public de stationnement de la Vigie Romaine au Croisic, son véhicule a heurté un rocher positionné au milieu de cette entrée et délimitant les voies d'entrée et de sortie. La commune du Croisic n'a pas fait droit à la demande de M. A du 29 octobre 2021 tendant à ce qu'elle prenne en charge les frais de réparation de sa voiture et il demande au tribunal de condamner cette commune à lui payer la somme de 358, 80 euros en réparation d'un préjudice matériel et une somme en réparation d'un préjudice moral.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage, des dommages qu'il a subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, l'usager de cet ouvrage doit démontrer devant le juge, d'une part, la réalité de son préjudice, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur elle, il incombe à la collectivité maître d'ouvrage soit d'établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. En premier lieu, aux termes de l'article 1 du décret du 16 juin 2009 relatif à la normalisation : " La normalisation et sa promotion sont assurées par l'Association française de normalisation et les organismes agréés par le ministre chargé de l'industrie comme bureaux de normalisation sectoriels afin d'organiser ou de participer à l'élaboration de normes françaises, européennes ou internationales, suivant les dispositions en vigueur dans les organisations non gouvernementales de normalisation internationales et européennes. ". Selon l'article 2 de ce décret : " La normalisation et sa promotion sont assurées par l'Association française de normalisation et les organismes agréés par le ministre chargé de l'industrie comme bureaux de normalisation sectoriels afin d'organiser ou de participer à l'élaboration de normes françaises, européennes ou internationales, suivant les dispositions en vigueur dans les organisations non gouvernementales de normalisation internationales et européennes. ". Aux termes de l'article 17 du même décret : " Les normes sont d'application volontaire. / Toutefois, les normes peuvent être rendues d'application obligatoire par arrêté signé du ministre chargé de l'industrie et du ou des ministres intéressés. / () ".
4. La norme NF P 91-100 du 20 avril 1994 de l'Association française de normalisation, relatives à la conception, au dimensionnement et aux règles d'aptitude à la fonction, pour les véhicules de moins de 3, 5 tonnes et de moins de 1, 90 mètre de hauteur, des parcs de stationnement accessibles au public, n'a pas été rendue obligatoire par arrêté signé du ministre chargé de l'industrie et du ou des ministres intéressés. Par suite, la circonstance que la voie d'entrée du parc public de stationnement de la Vigie romaine au Croisic présente une largeur inférieure à celle de 3 mètres spécifiée au § 3.3 de cette norme n'est pas de nature à révéler un défaut de conception de l'ouvrage public que constitue cette voie d'entrée.
5. Le panneau de type M4u comportant la mention d'une largeur de 2, 20 mètres apposé à l'entrée du parc public de stationnement de la Vigie romaine au Croisic complète un panneau d'interdiction d'arrêt de de stationnement de type B6d et signifie, conformément à l'article 2-1 de l'arrêté du 24 novembre 1967 relatif à la signalisation des routes et des autoroutes, que cet arrêt et ce stationnement sont interdits aux véhicules dont la largeur, chargement compris, est supérieure à 2, 20 mètres. Cette signalisation, qui n'a ainsi pas pour objet de donner aux usagers une information sur la largeur de la voie d'entrée à ce parc, n'est, par suite, pas propre à établir que la largeur de cette voie serait inférieure ou égale à 2, 20 mètres et serait, comme l'affirme le requérant, de 2, 07 mètres. Il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de la présence du rocher susmentionné, cette largeur est suffisante pour le passage d'une voiture particulière et ne révèle pas non plus un défaut de conception propre à engager la responsabilité sans faute de la commune du Croisic envers le requérant.
6. Il résulte de l'instruction que le rocher que l'automobile de M. A a heurté a pour fonction de faire obstacle à l'accès au parc public de stationnement de la Vigie romaine, par la route de la Vigie, des véhicules d'une largeur excédant 2, 20 mètres et ainsi de faire respecter l'interdiction signalisée d'arrêt et de stationnement de tels véhicules. La présence de ce rocher, qui est aisément visible, ne constitue pas, compte tenu de sa fonction, un défaut de conception de l'ouvrage. Si cette présence peut nécessiter une attention particulière de la part des automobilistes, elle n'excède toutefois pas les inconvénients normaux d'une voie ainsi aménagée que ses usagers doivent normalement s'attendre à pouvoir rencontrer et contre lesquels il leur appartient de se prémunir en prenant les précautions appropriées.
7. Si le requérant fait valoir que l'alignement d'un véhicule dans l'axe de l'entrée du parc public de stationnement est, selon lui, malaisé, en raison de l'étroitesse du chemin d'accès, c'est-à-dire de la route de la Vigie, il ressort toutefois des pièces du dossier que ce chemin est d'une largeur suffisante pour permettre à une voiture particulière de s'engager, dans de bonnes conditions pour la préservation de l'intégrité matérielle d'un tel véhicule, dans la voie d'entrée de ce parc de stationnement. En conséquence, les caractéristiques de ce chemin, qui d'ailleurs ne sont pas la cause du dommage occasionné au véhicule de M. A, ne sont pas de nature à engager la responsabilité de la commune du Croisic à cet égard.
8. Il résulte de l'instruction que la commune du Croisic justifie d'un entretien exempt de défaut de la voie d'entrée du parc public de stationnement de la Vigie romaine. Le requérant, qui ne met en réalité en cause que la conception de l'ouvrage public, ne le conteste au demeurant pas. Cette voie est, en outre, assortie d'une signalisation appropriée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la condamnation de la commune du Croisic à lui verser en réparation d'un préjudice matériel la somme de 358, 80 euros, non plus qu'une somme d'argent en réparation d'un préjudice moral.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune du Croisic au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune du Croisic au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune du Croisic.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
Le magistrat désigné,
A. DURUP DE BALEINE
La greffière,
L. LÉCUYERLa République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026