mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2200566 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | RIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 janvier 2022 et 7 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Riou, demande au tribunal :
1°) d'annuler le compte rendu d'entretien d'évaluation professionnelle établi au titre de l'année 2020, ainsi que la décision du 16 novembre 2021 portant rejet de son recours administratif formé contre cet acte ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 20 000 euros en réparation des préjudices résultant de cette évaluation professionnelle ;
3°) d'enjoindre à l'autorité compétente de retirer l'ensemble des documents relatifs à son évaluation 2020 de son dossier administratif et de procéder à une nouvelle évaluation professionnelle ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision du 16 novembre 2021 ait été signée par une autorité habilitée ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- la procédure d'évaluation est irrégulière dès lors qu'elle a été menée par une personne dont il a dénoncé des faits constitutifs de harcèlement moral, que l'évaluateur a pris ses fonctions au cours de l'année au titre de laquelle il a été évalué, qu'il n'a pas été assez présent au sein du service en raison du confinement et qu'il n'a pas été convié à un entretien professionnel ;
- le compte rendu d'entretien d'évaluation professionnelle repose sur des faits matériellement inexacts ;
- il méconnaît les dispositions de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'évaluation, constitutive d'une sanction déguisée, résulte d'un détournement de pouvoir et d'un détournement de procédure ;
- le compte rendu d'entretien d'évaluation professionnelle lui cause un préjudice de carrière et un préjudice moral.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juillet 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- l'administration n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité ;
- la réalité des préjudices allégués n'est pas démontrée.
Il a été décidé d'inscrire l'affaire au rôle d'une formation collégiale de jugement en application de l'article R. 222-19 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- l'arrêté du 20 décembre 2012 relatif à l'entretien professionnel et à la reconnaissance de la valeur professionnelle des fonctionnaires des ministères économiques et financiers ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delohen,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, inspecteur des finances publiques, est affecté depuis le 1er septembre 2019 au sein du service des systèmes d'information de la direction générale des finances publiques à Nantes. Le compte rendu de son entretien d'évaluation professionnelle au titre de l'année 2020 lui a été notifié le 27 juillet 2021. M. B a exercé un recours hiérarchique contre ce compte rendu le 4 août 2021, qui a été rejeté par une décision du 6 septembre 2021. Saisie par M. B, la commission administrative paritaire a prononcé le maintien des appréciations de ce compte rendu au cours de sa séance du 15 novembre 2021. Par la présente requête, M. B demande l'annulation du compte rendu d'évaluation professionnelle au titre de l'année 2020 et de la décision portant rejet de son recours hiérarchique contre ce compte rendu et la condamnation de l'Etat à réparer les préjudices subis.
Sur la légalité des décisions attaquées :
2. Aux termes de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, alors applicable : " L'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct, qui donne lieu à un compte rendu () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu. Cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct. La date de cet entretien est fixée par le supérieur hiérarchique direct et communiquée au fonctionnaire au moins huit jours à l'avance ". Enfin, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 20 décembre 2012 relatif à l'entretien professionnel et à la reconnaissance de la valeur professionnelle des fonctionnaires des ministères économiques et financiers : " Les fonctionnaires des ministères économiques et financiers bénéficient chaque année d'un entretien professionnel dans les conditions fixées aux chapitres Ier et II du présent arrêté, conformément aux dispositions du décret du 28 juillet 2010 susvisé () ".
3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
4. Il est constant que M. B n'a été convoqué à aucun entretien professionnel dans le cadre de la campagne d'évaluation au titre de l'année 2020. Si l'intéressé se trouvait en congé de maladie dont le terme ne pouvait être déterminé, cette seule circonstance ne faisait pas obstacle à ce que l'administration mette à même M. B de présenter des observations avant l'établissement du compte rendu d'entretien d'évaluation professionnelle contesté, au besoin en aménageant les modalités de cet entretien. Aussi et quand bien même M. B a pu apposer ses observations sur le compte rendu rédigé par son supérieur hiérarchique direct, son absence de convocation pour la réalisation d'un entretien professionnel l'a privé d'une garantie.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, le compte rendu d'entretien d'évaluation professionnelle au titre de l'année 2020 de M. B et la décision portant rejet de son recours administratif doivent être annulés.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard au moyen d'annulation retenu ci-dessus, que l'autorité chargée de la gestion administrative de M. B procède à une nouvelle évaluation professionnelle de l'intéressé au titre de l'année 2020. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Il ne résulte pas de l'instruction que l'illégalité fautive commise par l'administration soit à l'origine d'un préjudice pour M. B. Par suite, celui-ci n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de l'Etat.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de mettre, à ce titre, à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. B.
D E C I D E :
Article 1er : Le compte rendu d'entretien d'évaluation professionnelle de M. B, établi au titre de l'année 2020, ainsi que la décision portant rejet du recours administratif formé contre cette décision, sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à l'autorité chargée de la gestion administrative de M. B de procéder à une nouvelle évaluation professionnelle de l'intéressé au titre de l'année 2020, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
Délibéré après l'audience du 29 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
M. Barès, premier conseiller,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
Le rapporteur,
D. DELOHENLe président,
C. CANTIÉ
La greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
C. DUMONTEIL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026