mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2203297 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CRECENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 15 mars 2022, le 12 janvier 2023, le 19 mars 2023 et le 26 juin 2023, l'association Défense des milieux aquatiques, représentée par Me Crécent, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la direction interrégionale de la Mer Nord Atlantique - Manche Ouest a refusé de lui communiquer l'ensemble des comptes rendus des travaux de la commission régionale de la gestion de la flotte relatifs à la façade Nord Atlantique - Manche Ouest, par quartier maritime et/ou par département, depuis 2017 ainsi que l'ensemble des comptes rendus des travaux du comité régional de sélection fonds européens pour les affaires maritimes et la pêche relatifs à la façade Nord Atlantique - Manche Ouest, par quartier maritime et/ou pas département, depuis 2017, ensemble la décision implicite de rejet initiale du 12 novembre 2021 ;
2°) d'enjoindre à la direction interrégionale de la Mer Nord Atlantique - Manche Ouest de lui communiquer l'intégralité de ces documents, sous quinzaine et sous astreinte journalière de 150 euros, conformément aux dispositions des articles L. 911-1 et L. 911-3 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires, enregistrés le 22 décembre 2022 et le 23 février 2023, la directrice interrégionale de la mer Nord Atlantique - Manche Ouest conclut au rejet de la requête
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif (), les premiers vice-présidents des tribunaux () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ".
2. Le 12 octobre 2021, l'association Défense des milieux aquatiques a, par voie électronique, saisi la direction interrégionale de la mer Nord Atlantique - Manche Ouest d'une demande tendant à la communication de documents administratifs. Cette demande, dont il a été accusé de la réception le même jour, sollicitait que cette communication soit effectuée par voie électronique, à une adresse de courrier électronique indiquée par la demande.
3. Il n'a pas été procédé à cette communication dans le délai d'un mois prévu par l'article R 311-13 du code des relations entre le public et l'administration et, le 6 décembre 2021, l'association, après avoir le 15 novembre 2021 réitéré sa demande, en a saisi la Commission d'accès aux documents administratifs, qui a rendu son avis le 10 mars 2022.
4. En premier lieu, par un courrier électronique du 28 avril 2022, l'administration a envoyé à l'association Défense des milieux aquatiques un courrier électronique permettant l'accès aux documents administratifs demandés ainsi que leur téléchargement.
5. L'association Défense des milieux aquatiques soutient toutefois ne pas avoir reçu ce courrier électronique car " il est fort possible que la transmission ait dysfonctionné du fait de la lourdeur des documents ". Elle ajoute que l'adresse de messagerie électronique indiquée dans la demande du 12 octobre 2021 ne permet pas la réception de courriers électroniques d'un volume excédant cinquante mégaoctets, alors que les documents envoyés par le courrier électronique du 28 avril 2022 sont d'un volume de cent-cinquante-neuf mégaoctets.
6. D'une part, la demande de communication, par voie électronique, du 12 octobre 2021, n'était assortie d'aucune réserve, spécification ou limite quant au recours à l'adresse de messagerie électronique à laquelle était demandé l'envoi des documents demandés. L'article L. 311-9 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que, lorsque le document administratif demandé est disponible sous forme électronique, ce qui est le cas en l'espèce des documents demandés, le demandeur peut choisir l'accès aux documents administratifs par courrier électronique et sans frais. Il en résulte que, quand a été effectué le choix d'un accès par courrier électronique par envoi des documents administratifs demandés à une adresse de messagerie électronique, que ces documents ont été envoyés à cette adresse de messagerie électronique, mais que le demandeur fait néanmoins état de ne pas avoir reçu les documents ainsi envoyés en raison des caractéristiques propres à son service de messagerie électronique, caractéristiques dont il n'avait toutefois pas été fait état dans la demande de communication, l'administration apporte suffisamment la preuve de la communication des documents demandés, et par suite de ce qu'elle a satisfait à son obligation légale, par la preuve de l'envoi du courrier électronique permettant l'accès aux documents demandés. Il appartient alors au demandeur de réitérer sa demande en usant de l'un des modes de communication de son choix prévus à cet article L. 311-9.
7. En l'espèce, l'administration apporte la preuve de l'envoi du courrier électronique du 28 avril 2022 à l'adresse de courrier électronique spécifiée par l'association dans sa demande du 12 octobre 2021. Elle présente un accusé d'envoi selon lequel ce message a bien été envoyé à tous les destinataires. Elle apporte également la preuve de la réception de ce message du 28 avril 2022 par la Commission d'accès aux documents administratifs, qui en était destinataire en copie.
8. D'autre part, il résulte de l'instruction qu'aucun document, notamment pas au format " portable document format ", n'était joint au courrier électronique du 28 avril 2022, mais que ce courrier comportait un lien électronique internet permettant d'accéder à une plateforme électronique ouvrant, jusqu'au 28 mai 2022 à 16 h, l'accès aux documents dont l'association Défense des milieux aquatiques avait demandé la communication ainsi que leur téléchargement. Il en résulte que la justification dont cette association fait état pour expliquer la non-réception alléguée de ce message du 28 avril 2022 n'est pas probante du " dysfonctionnement " allégué. La circonstance que l'administration n'aurait pas reçu, à l'issue de la période s'achevant le 28 mai 2022 à 16 h, un récapitulatif de consultation de son message et de téléchargement des fichiers mentionnant une consultation et un téléchargement par l'association Défense des milieux aquatiques, à laquelle il est loisible de ne pas consulter les courriers électroniques qui lui sont envoyés ou de ne pas accéder aux fichiers auxquels ces courriers permettent l'accès comme de ne pas les télécharger, ne faisait pas obligation à l'administration de réitérer l'envoi du message du 28 avril 2022.
9. En second lieu et usant de ses pouvoirs d'instruction, le tribunal a demandé aux parties de lui transférer, à une adresse de messagerie électronique indiquée, le courrier électronique du 28 avril 2022. Si l'association Défense des milieux aquatiques a répondu n'avoir jamais reçu ce courrier du 28 avril 2022 et qu'il est impossible de démontrer l'absence de réception d'un courrier électronique, ce qui est d'ailleurs inexact, l'administration a, pour sa part et tant le 22 juin 2023 que le 15 novembre 2023, transféré ce courrier à l'adresse indiquée par le tribunal, courrier que, en dépit de sa non-réception alléguée par l'association Défense des milieux aquatiques, le tribunal a pour sa part reçu, assorti de liens internet valables respectivement jusqu'au 22 juillet 2023 et au 15 décembre 2023 permettant l'accès aux documents et leur téléchargement. L'ensemble de ces documents a été téléchargé. Ils ont été communiqués en cours d'instance à cette association, qui en a accusé de la réception électronique le 27 novembre 2023. Ces documents sont ceux dont cette association avait demandé la communication le 12 octobre 2021.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par l'association Défense des milieux aquatiques sont, désormais, sans objet.
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par l'association Défense des milieux aquatiques au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par l'association Défense des milieux aquatiques.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de l'association Défense des milieux aquatiques est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Défense des milieux aquatiques et au secrétaire d'Etat auprès de la Première ministre, chargé de la mer.
Copie en sera adressée à la directrice interrégionale de la mer Nord Atlantique - Manche Ouest et à la Commission d'accès aux documents administratifs.
Fait à Nantes, le 19 décembre 2023.
Le président,
A. DURUP DE BALEINE
La République mande et ordonne au secrétaire d'Etat auprès de la Première ministre, chargé de la mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026