vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2203779 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | MESCHIN1 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mars 2022, M. C F, représenté par Me Meschin, demande au juge des référés de :
1°) prescrire une expertise médicale judiciaire en vue de déterminer les préjudices subis à la suite de la chute dont il a été victime le 26 février 2019 alors qu'il était hospitalisé au Centre Santé Mentale Angevin (CESAME) ;
2°) mettre à la charge de la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) et du CESAME la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) mettre à la charge de la SHAM et du CESAME les entiers dépens ;
Il soutient que :
-hospitalisé au CESAME, il a sauté du premier étage en raison de troubles anxieux et physiques importants, et sa chute lui a occasionné des fractures majeures ;
-la responsabilité civile du CESAME a été admise par la SHAM.
-une expertise amiable a été réalisée par le docteur D mais l'évaluation de l'essentiel des postes de préjudices n'a pas été effectuée en raison de l'absence de consolidation de son état de santé ;
-l'expertise médicale est utile pour déterminer l'étendue des préjudices subis.
Par un mémoire, enregistré le 28 mars 2022, la caisse primaire d'assurances maladie (CPAM) de la Loire-Atlantique, au nom et pour le compte de la CPAM de Maine-et-Loire, ne s'oppose pas à la demande d'expertise judiciaire.
Elle demande que l'expert lui transmette son pré-rapport afin de formuler ses observations.
Par un mémoire, enregistré le 31 mars 2022, le CESAME et la SHAM, représentés par Me Meunier, demandent au juge des référés de :
1°) leur décerner acte de ce qu'ils formulent les protestations et réserves d'usage quant à la mesure expertale sollicitée ;
2°) compléter la mission d'expertise selon leurs observations.
Par un mémoire, enregistré le 4 avril 2022, l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux, des infections nosocomiales et des affections iatrogènes (ONIAM), représenté par Me Ravaut, demande au juge des référés de :
1°) prononcer sa mise hors de cause du fait de l'engagement de la responsabilité du CESAME ;
2°) rejeter les conclusions du requérant au titre des frais irrépétibles.
Vu les pièces jointes à la requête.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Nantes a désigné Mme Béria-Guillaumie, vice-présidente du tribunal administratif de Nantes, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, né le 3 mai 1997, a été victime le 26 février 2019 d'une chute du premier étage alors qu'il était hospitalisé au CESAME. Sa chute a entraîné des fractures majeures. Une expertise médicale amiable a été réalisée par le docteur D le 18 septembre 2020 et le rapport du 26 octobre 2020 établi par ce médecin a permis d'évaluer une partie des préjudices du requérant dont l'état n'était pas consolidé. Les versements de deux provisions par la SHAM (assureur du CESAME) d'un montant de 5 000 euros chacune sont intervenus en décembre 2020 et en août 2021 au bénéfice de M. F. Ce dernier demande à présent au juge des référés la désignation d'un expert médical aux fins de déterminer l'ensemble de ses préjudices.
Sur les conclusions de l'ONIAM tendant à sa mise hors de cause :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " () / II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ".
3. Il résulte de l'instruction que M. F n'a pas mis en cause l'ONIAM et ne recherche que la seule responsabilité pour faute du CESAME du fait de sa prise en charge médicale défectueuse lors de son hospitalisation et des séquelles qu'elle a entraînées. En outre, en l'état de l'instruction, les éléments du dossier ne permettent pas de caractériser l'existence éventuelle d'un accident médical non fautif. Enfin, le requérant n'a pas contesté la demande de mise hors de cause de l'ONIAM. Il suit de là que la participation de celui-ci aux opérations d'expertise n'apparaît pas utile. Il y a lieu, dès lors, de le mettre hors de cause dans la présente instance.
Sur la demande d'expertise médicale judiciaire :
4. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
5. La mesure d'expertise médicale judiciaire demandée par M. F entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et revêt un caractère utile. Il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 2 de la présente ordonnance.
6. La mission d'expertise médicale judiciaire ordonnée sera effectuée au contradictoire de M. F, du CESAME, de la SHAM et, en tant que de besoin, de la CPAM de la Loire-Atlantique, chaque partie pouvant désigner un médecin conseil pour assister aux opérations d'expertise.
Sur les dépens :
7. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, il appartiendra au président de la juridiction, et non au juge des référés, de fixer par ordonnance les allocations provisionnelles à valoir sur les honoraires qui seront dus à l'expert, ainsi que les frais et honoraires d'expertise définitifs, et de désigner la partie qui en assumera la charge. Il s'ensuit que les conclusions présentées par M. F tendant à ce que les entiers dépens de l'instance soient mis à la charge du CESAME et de la SHAM ne peuvent être accueillies.
Sur les frais d'instance :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CESAME et de la SHAM la somme de 1 500 euros que demande M. F au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'Office national d'Indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est mis hors de cause.
Article 2 : M. A B, médecin spécialisé en médecine légale et dommage corporel, demeurant 54 rue de l'Allouée à Nantes (44100), est désigné en qualité d'expert.
Il aura pour mission :
1°) Se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de M. F et notamment tous documents relatifs aux examens, soins et interventions pratiqués sur l'intéressé, notamment depuis l'expertise médicale effectuée le 18 septembre 2020 par le docteur D, et prendre connaissance de son entier dossier médical s'y rapportant ;
2°) Procéder à l'examen sur pièces du dossier ainsi qu'à l'examen clinique de M. F ;
3°) Décrire la prise en charge et les actes de soins réalisés depuis l'expertise médicale du docteur D effectuée le 18 septembre 2020 ;
4°) Dire si l'état de santé de M. F est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ;
5°) Dans l'hypothèse où l'état de santé de M. F ne serait pas consolidé, fixer l'échéance à l'issue de laquelle l'intéressé devra à nouveau être examiné ;
6°) Si l'état de santé de M. F est consolidé, décrire la nature et l'étendue des éventuelles séquelles gardées par M. F, en lien avec le manquement constaté dans le rapport d'expertise du docteur D établi le 26 octobre 2020, en distinguant, le cas échéant, les conséquences normalement prévisibles de la pathologie initiale ;
7°) Evaluer le déficit fonctionnel temporaire depuis la précédente expertise médicale de M. F réalisée par le docteur D et le déficit fonctionnel permanent en résultant ;
8°) Dégager, en les spécifiant les éléments propres à justifier une indemnisation au titre des souffrances endurées et du préjudice esthétique en ce qui concerne les lésions non consolidées (temporaire et/ou permanent), en les qualifiant selon l'échelle, très léger, léger, modéré, moyen, assez important, important ou très important ;
9°) Se prononcer sur l'existence d'un préjudice professionnel et d'agrément ; le cas échéant, évaluer leur importance ;
10°) Se prononcer, le cas échéant, sur la nécessité d'avoir recours à une tierce personne, la qualification requise et la durée de l'intervention, ainsi que la nécessité de bénéficier d'un logement, d'un véhicule adapté ou de matériels spécialisés avec les complications survenues ;
11°) Se prononcer sur la nécessité de soins médicaux, paramédicaux, d'appareillage ou de prothèse, après consolidation, pour éviter une aggravation de l'état séquellaire ; justifier l'imputabilité des soins aux complications en cause en précisant s'il s'agit de frais occasionnels, c'est-à-dire limités dans le temps, ou de frais viagers, c'est-à-dire engagés la vie durant ;
12°) Dire si l'état de santé de M. F est susceptible de modifications en aggravation ou en amélioration et, dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution et son degré de probabilité.
Article 3 : L'expert, pour l'accomplissement de sa mission, pourra entendre tout responsable et membre du personnel du service hospitalier ayant prescrit ou donné des soins à l'intéressé.
Article 4 : L'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, se faire assister par un sapiteur préalablement désigné par le juge des référés.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera au greffe un exemplaire papier de son rapport et un exemplaire par voie dématérialisée avant le 30 avril 2023, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s'opérer sous forme électronique avec l'accord desdites parties, à laquelle il joindra copie de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 7 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par le président du Tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F, au CESAME, à la SHAM, à l'ONIAM, à la CPAM de la Loire-Atlantique, à la CPAM de Maine-et-Loire, et à M. B, expert.
Fait à Nantes, le 16 septembre 2022.
La juge des référés,
M. G
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2203779
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026