vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2204543 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BURGAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 avril 2022 et le 13 avril 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Gendron Energie, représentée par Me Hardy, demande au tribunal :
1°) la décharge des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017 à hauteur, respectivement, des sommes de 6 001 euros et 5 703 euros, à raison des locaux qu'elle exploite au lieu-dit " La Boette " sur le territoire de la commune de Loire-Authion (Maine-et-Loire) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les locaux qu'elle exploite sont affectés à un usage agricole de façon permanente et exclusive, dès lors qu'elle est affiliée à la Mutualité sociale agricole et qu'elle a une activité forestière de transformation du bois en plaquettes pour le chauffage ;
- elle sollicite à son bénéfice, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, l'application des commentaires administratifs publiés sous la référence BOI-IF-TFB-10-50-20-10.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2022, le directeur de la direction spécialisée du contrôle fiscal conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la SARL Gendron Energie ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile d'exploitation agricole (SCEA) La Boette, dont le siège social est situé à La Boette sur le territoire de la commune de Loire-Authion (Maine-et-Loire), est propriétaire de locaux qu'elle loue à la société à responsabilité limitée (SARL) Gendron Energie pour l'exercice d'activités de travaux agricoles, ainsi que pour l'exercice d'une activité de transformation de bois en copeaux ou en plaquettes. La SARL Gendron Energie a fait l'objet d'un contrôle fiscal entre le 16 mai et le 18 juillet 2018 à l'issue duquel l'administration fiscale a considéré que les locaux appartenant à la SCEA La Boette n'étaient pas affectés à un usage agricole. En l'absence de réponse à la proposition de rectification formulée par l'administration fiscale, cette dernière a assujetti la SARL Gendron Energie, par deux rôles n° 316 et 311 mis en recouvrement le 30 avril 2019, à des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises au titre des années 2016 et 2017 à raison des immeubles en cause. La réclamation de la SARL Gendron Energie tendant à la décharge de ces impositions supplémentaires, présentée le 4 juin 2019, a été rejetée par une décision de la direction spécialisée du contrôle fiscal du 12 août 2019. Par la présente requête, la SARL Gendron Energie demande au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujetties au titre des années 2016 et 2017 à hauteur de 6 001 euros et 5 703 euros, à raison des locaux qu'elle exploite au lieu-dit La Boette sur le territoire de la commune de Loire-Authion.
Sur les conclusions aux fins de décharge des impositions :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
2. D'une part, aux termes de l'article 1467 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. (). ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". L'article 1382 du même code dispose que : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : () 6° a. Les bâtiments qui servent aux exploitations rurales tels que granges, écuries, greniers, caves, celliers, pressoirs et autres, destinés, soit à loger les bestiaux des fermes et métairies ainsi que le gardien de ces bestiaux, soit à serrer les récoltes. / L'exonération est toutefois maintenue lorsque ces bâtiments ne servent plus à une exploitation rurale et ne sont pas affectés à un autre usage ; () / b. Dans les mêmes conditions qu'au premier alinéa du a, les bâtiments affectés à un usage agricole par les sociétés coopératives agricoles, par les associations syndicales ayant un objet exclusivement agricole, leurs unions, les associations foncières, les sociétés d'intérêt collectif agricole, les syndicats professionnels agricoles, les sociétés d'élevage, les associations agricoles reconnues par la loi et dépendant du ministère de l'agriculture ayant pour objet de favoriser la production agricole, leurs unions et fédérations ainsi que les unions de sociétés coopératives agricoles ou unions de coopératives agricoles et de coopératives de consommation constituées et fonctionnant conformément aux dispositions légales qui les régissent et par les groupements d'intérêt économique constitués entre exploitations agricoles. (). ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'exonération qu'elles prévoient s'applique aux bâtiments affectés à un usage agricole, servant ainsi à l'exercice d'opérations qui s'insèrent dans le cycle biologique de la production agricole ou de l'élevage, ou qui constituent le prolongement d'une activité agricole ou d'élevage. En outre, en faisant expressément référence aux conditions de l'exonération de taxe foncière prévue au a) du 6° de l'article 1382 du code général des impôts, laquelle concerne les bâtiments servant aux exploitations rurales, les dispositions du b) du 6° du même article ont entendu donner à la notion d'usage agricole qu'elles mentionnent une signification visant les opérations qui sont réalisées habituellement par les agriculteurs eux-mêmes et qui ne présentent pas un caractère industriel.
5. Pour assujettir la SARL Gendron Energie aux cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises litigieuses au titre des années 2017 et 2018, l'administration fiscale a estimé que la SARL Gendron Energie ne pouvait pas, au titre de ses activités, se voir reconnaître la qualité d'exploitant agricole et que par suite, les bâtiments ainsi occupés n'étaient pas affectés de manière exclusive et permanente à un usage agricole ni n'entraient dans le champ de l'exonération prévue par les dispositions du 6° de l'article 1382 du code général des impôts.
6. Il résulte de l'instruction que la SARL Gendron Energie exerce ainsi qu'il a été dit une activité de travaux agricoles, ainsi qu'une activité de fabrication et vente de compost et de bois en plaquettes pour le chauffage. A cette fin, elle dispose de quatre bâtiments appartenant à la SCEA La Boette, consistant en un hangar de stockage d'outils, machines et matériels liés à l'activité de travaux agricole et de transformation du bois en copeaux et en plaquettes destinés à la vente, des bâtiments administratifs accueillant les bureaux, salle de réunions, cuisine et logements pour les salariés et deux hangars, ces derniers n'étant pas concernés par les rehaussements de taxe foncière sur les propriétés bâties litigieuses, si la société requérante indique que le bois qu'elle transforme et qu'elle stocke dans le hangar D provient des parcelles lui appartenant, elle ne l'établit pas par les pièces qu'elle verse aux débats, consistant d'une part, en une facture illisible d'achat de bois de coupe sur pied, d'autre part en son adhésion à une coopérative foncière et enfin, en un contrat de vente concernant la vente par la société d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) Maine Océan de parcelles de terrains boisés à la SCI PMGCV en vue d'une contractualisation future avec pour objectif d'assurer la ressource en bois déchiqueté qu'elle valorise et commercialise. Ainsi, il ne ressort pas de ce contrat que la SARL Gendron Energie procèderait à la transformation de bois issus de parcelles lui appartenant et qu'elle ne procéderait pas à la transformation de bois appartenant à un tiers. Il résulte en outre des factures de livraison de bois de plaquettes à la société Dalkia que la SARL Gendron Energie procède à la commercialisation de bois de chauffage, cette activité présentant par nature un caractère commercial. Il résulte de ce qui précède que, s'il n'est pas contesté que si l'activité de la SARL Gendron Energie présente un caractère partiellement agricole, son activité de fabrication de bois en plaquettes et de commercialisation de bois de chauffage qu'elle exerce au sein des immeubles objet du litige, n'en constitue pas le prolongement naturel. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que son activité de transformation de bois en copeaux et bois en plaquettes en vue de leur vente présenterait le caractère d'agricole au sens des dispositions de l'article 1382 du code général des impôts, la circonstance qu'elle soit affiliée à la mutuelle sociale agricole étant sans incidence sur la qualification de ses activités.
En ce qui concerne l'interprétation administrative de la loi fiscale :
7. La SARL Gendron Energie n'est pas fondée à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations des commentaires administratifs publiés sous la référence BOI-IF-TFB-10-50-20-10, qui ne comportent aucune interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il vient d'être fait application.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles la SARL Gendron Energie a été assujetties au titre des années 2016 et 2017 à hauteur de 6 001 euros et 5 703 euros, à raison des locaux qu'elle exploite au lieu-dit La Boette sur le territoire de la commune de Loire-Authion doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la SARL Gendron Energie la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Gendron Energie est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Gendron Energie et au directeur de la direction spécialisée du contrôle fiscal.
Délibéré après l'audience du 3 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
Le rapporteur,
F. A
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
Y. LECLERC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026