lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2205605 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | NEVEU- CHARLES & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 2 mai 2022, 25 octobre 2023 et 26 décembre 2023 M. B A, représenté par la SELARL Neveu-Charles et associés, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 200 715,63 euros en réparation des préjudices subis du fait de son éviction illégale, majorée des intérêts au taux légal à compter de la demande préalable formée le 26 janvier 2022, avec capitalisation à compter de cette même date ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- ses conclusions indemnitaires sont recevables ;
- l'AEFE l'a illégalement évincé de ses fonctions de proviseur du lycée Chateaubriand à Rome ;
- cette éviction illégale lui a causé un préjudice financier à raison de la perte de revenus en résultant et des frais qu'il a dû engager, ainsi qu'un préjudice moral.
Par des mémoires en défense enregistrés les 25 septembre et 23 novembre 2023, l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions indemnitaires de M. A sont irrecevables dès lors qu'elles sont dirigées contre l'Etat et non contre l'AEFE ;
- sa responsabilité ne peut être engagée dès lors que la décision suspendant M. A de ses fonctions et celle mettant fin de manière anticipée à son contrat d'expatrié ne sont pas entachées d'illégalité ;
- il a subi une perte de rémunération en raison de sa rétrogradation qui est uniquement imputable à son administration d'origine ;
- les préjudices physiques et psychologiques invoqués sont insuffisamment justifiés ;
- le préjudice d'image allégué n'est pas établi ;
- les frais et dépenses dont il demande le remboursement sont sans lien avec les décisions litigieuses.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martel,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, personnel de direction hors classe, a été placé en position de détachement auprès de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) et recruté, dans le cadre d'un contrat d'expatrié, pour exercer les fonctions de proviseur du lycée Chateaubriand de Rome du 1er septembre 2019 au 31 août 2022. Par une décision du 25 septembre 2020, le directeur de l'AEFE a suspendu M. A de ses fonctions à compter du 29 septembre 2020. Par une décision du 14 décembre 2020, le directeur de l'AEFE a mis fin de manière anticipée au contrat d'expatrié de l'intéressé à compter du 31 décembre 2020. M. A a formé, le 27 janvier 2022, une demande préalable auprès de l'AEFE tendant à la réparation des préjudices matériel et moral résultant de son éviction qu'il estime illégale. A défaut de réponse de l'administration est née, le 27 mars 2022, une décision implicite de rejet. M. A demande au tribunal de condamner l'AEFE à lui verser la somme de 200 715,63 euros en indemnisation des mêmes dommages.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Si, ainsi que le fait valoir l'AEFE, dans sa requête introductive d'instance M. A a dirigé ses conclusions indemnitaires contre l'Etat et non contre l'AEFE, cette erreur de plume a par la suite été régularisée dans ses mémoires ultérieurs. Dès lors, les conclusions indemnitaires de M. A sont valablement dirigées contre l'AEFE dont il entend engager la responsabilité et à laquelle avait été adressée sa demande indemnitaire préalable.
Sur la responsabilité de l'AEFE à raison de la décision du 25 septembre 2020 :
3. Aux termes de l'article D. 911-51 du même code dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " L'agent peut, dans les conditions prévues par l'article 30 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, être suspendu par le directeur de l'agence. L'agent suspendu conserve son traitement, l'indemnité prévue (expatriation ou spécifique), les majorations ou avantages familiaux. Sa situation doit être définitivement réglée dans un délai de quatre mois. / Si, à l'expiration de ce délai, aucune décision n'a été prise par le directeur de l'agence, l'intéressé, sauf s'il fait l'objet de poursuites pénales, est rétabli dans ses fonctions () " Aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version applicable au litige : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. / Si, à l'expiration d'un délai de quatre mois, aucune décision n'a été prise par l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire, le fonctionnaire qui ne fait pas l'objet de poursuites pénales est rétabli dans ses fonctions () ". La suspension d'un fonctionnaire, prononcée en application de ces dispositions, est une mesure conservatoire, prise dans l'intérêt du service lorsque les faits imputés à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité.
4. La décision litigieuse du 25 septembre 2020 suspendant M. A de ses fonctions, a été prise aux motifs de problèmes relationnels rencontrés par l'intéressé avec certains parents d'élèves et de sa gestion chaotique de la rentrée scolaire 2020 dans sa communication avec la communauté éducative, et au motif que son maintien en fonction était incompatible avec un apaisement de la situation.
5. Il résulte de l'instruction que la mesure de suspension litigieuse est intervenue dans le cadre de la rentrée scolaire 2020-2021 dans le contexte exceptionnel de la crise sanitaire liée à la covid-19. A la suite de la parution du décret du 21 août 2020 par lequel le gouvernement italien a décidé que la rentrée scolaire pourrait se faire en présentiel à condition que soit respectée une distanciation physique d'un mètre entre chaque élève, M. A, proviseur du lycée Chateaubriand de Rome, par mail du 25 août 2020, a informé les familles que la rentrée scolaire fixée au 2 septembre s'effectuerait par classes dédoublées, l'exiguïté des locaux ne permettant pas d'accueillir les élèves en classes entières en respectant les règles de distanciation physique. Ce protocole de rentrée a été approuvé à l'unanimité lors du comité d'hygiène et de sécurité, tenu en présence des représentants de parents d'élèves, le 31 août 2020. Ainsi que le fait valoir l'AEFE, certains parents d'élèves se sont cependant plaints, notamment par lettre du 28 août 2020 adressée à l'ambassadeur de France en Italie, de l'inefficacité du proviseur pour gérer la rentrée, lui reprochant de ne pas proposer un volume horaire de cours plus conséquent, ces plaintes ayant été relayées notamment dans la presse tant en France qu'en Italie. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que ces plaintes de parents d'élèves sont demeurées le fait d'une minorité mécontente de l'absence de reprise des cours selon des modalités normales. En outre, si des dissensions importantes ont existé entre M. A et son adjointe, il n'apparaît pas qu'il en soit seul responsable, ni que cette mésentente ait revêtu un caractère de gravité incompatible avec le bon fonctionnement de l'établissement. Enfin, contrairement à ce que fait valoir l'AEFE, il n'est justifié d'aucune difficulté de communication entre M. A et le personnel de l'établissement, et notamment la communauté enseignante.
6. Au vu de l'ensemble de ces circonstances, il n'est pas justifié d'une gestion chaotique de la rentrée scolaire 2020 qui pourrait être qualifiée de fautive. Au demeurant, l'AEFE ne justifie pas avoir, à la suite des difficultés relevées, engagé une procédure disciplinaire à l'encontre de M. A. Ainsi, contrairement à ce que soutient l'AEFE, la décision de suspension litigieuse n'est pas fondée sur une faute présentant un caractère de vraisemblance et de gravité suffisant.
7. Il s'ensuit que M. A est fondé à rechercher la responsabilité de l'Etat à raison de l'illégalité de cette décision, prise en méconnaissance des dispositions citées au point 3 de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983, alors applicable.
Sur la responsabilité de l'AEFE à raison de la décision du 14 décembre 2020 :
8. L'administration qui accueille un fonctionnaire en position de détachement peut, à tout moment, dans l'intérêt du service, remettre celui-ci à la disposition de son corps d'origine en disposant, à cet égard, d'un large pouvoir d'appréciation. Il n'appartient au juge de l'excès de pouvoir de censurer l'appréciation ainsi portée par l'autorité administrative qu'en cas d'erreur manifeste.
9. Pour prononcer la fin de mission anticipée litigieuse par une décision du 14 décembre 2020, le directeur de l'AEFE s'est fondé sur l'intérêt du service, eu égard aux difficultés rencontrées par M. A dans la gestion de la rentrée scolaire inédite de 2020, aux problèmes relationnels avec certains parents d'élèves et son équipe, aux problèmes de communication ayant entraîné une perte de confiance et de la défiance de la communauté scolaire, irréversibles à son endroit.
10. Ainsi que précédemment exposé au point 5, la gestion de la rentrée scolaire 2020-2021 au sein de l'établissement Chateaubriand à Rome a été complexe à raison du contexte sanitaire lié à l'épidémie de covid-19 et aux mesures prises par le gouvernement italien autorisant la reprise des cours à condition que soit respectée une distanciation physique d'un mètre entre les élèves. Il résulte de l'instruction que la solution de dédoublement des classes, entraînant une diminution des heures de cours, mise en place sur l'impulsion de M. A, a été fortement contestée par certains parents d'élèves, reprochant au proviseur son manque de communication et remettant en cause son professionnalisme. Si ces critiques véhémentes, relayées par la presse nationale tant en Italie qu'en France, n'étaient pas partagées par la majorité des parents d'élèves et notamment par l'association représentative des parents d'élèves, M. A a cependant été alerté à plusieurs reprises, tant par l'ambassade que par l'AEFE, sur la nécessité de renforcer sa communication à destination des familles dans un contexte d'une rentrée scolaire complexe pour tous. Ainsi, des réunions ont été organisées, avec le soutien de l'ambassade, en présence des parents d'élèves afin d'envisager les différentes solutions possibles afin de tenter de répondre aux questions soulevées. Pour autant, malgré ces efforts, les tensions ont perduré. La mission de l'AEFE dépêchée à Rome en octobre 2020 a mis en évidence un manque de communication de M. A notamment vis-à-vis des parents d'élèves. En outre, il ressort des pièces du dossier que des dissensions importantes sont apparues entre M. A et son adjointe. Dès lors, les conditions pour un apaisement de la situation à la suite de cette rentrée scolaire complexe n'apparaissaient pas réunies. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en particulier des responsabilités qui étaient celles de M. A, dirigeant un établissement français à l'étranger, du fort mécontentement exprimé par un groupe de parents d'élèves pour remettre en cause les conditions de la rentrée au lycée Châteaubriand, mécontentement relayé par la presse nationale tant en France qu'en Italie, et des tensions générées par cette situation que l'intéressé n'a pas su apaiser, quand bien même une partie de l'équipe éducative lui aurait conservé sa confiance, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le directeur de l'AEFE a entaché sa décision de mettre fin, dans l'intérêt du service, de façon anticipée à son contrat d'expatrié d'une erreur manifeste d'appréciation.
11. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de l'AEFE à raison de l'illégalité de la décision du 14 décembre 2020 par laquelle le directeur de l'AEFE a mis fin de façon anticipée à son contrat d'expatrié.
Sur les préjudices et la réparation :
12. En vertu des principes généraux qui régissent la responsabilité de la puissance publique, un agent public irrégulièrement évincé a droit à la réparation intégrale du préjudice qu'il a effectivement subi du fait de la mesure illégalement prise à son encontre. Sont ainsi indemnisables les préjudices de toute nature avec lesquels l'illégalité commise présente, compte tenu de l'importance respective de cette illégalité et des fautes relevées à l'encontre de l'intéressé, un lien direct de causalité. Pour l'évaluation du montant de l'indemnité due, doit être prise en compte la perte du traitement ainsi que celle des primes et indemnités dont l'intéressé avait, pour la période en cause, une chance sérieuse de bénéficier, à l'exception de celles qui, eu égard à leur nature, à leur objet et aux conditions dans lesquelles elles sont versées, sont seulement destinées à compenser les frais, charges ou contraintes liés à l'exercice effectif des fonctions. Enfin, il y a lieu de déduire, le cas échéant, le montant des rémunérations que l'agent a pu se procurer par son travail au cours de la période d'éviction.
13. En premier lieu, M. A sollicite la somme de 119 595,36 euros à raison du préjudice qu'il estime avoir subi du fait d'une perte de rémunération entre janvier 2021 et août 2022. Toutefois, il résulte de l'instruction que la mesure de suspension illégale a pris fin au 29 décembre 2020. Par suite, le préjudice allégué est en lien non avec la mesure de suspension mais avec la décision de mettre fin à son contrat d'expatrié. Or, la responsabilité de l'AEFE n'étant pas retenue à raison de cette dernière décision, la demande présentée au titre de la perte de rémunération pour la période de janvier 2021 à août 2022 doit être rejetée.
14. En deuxième lieu, M. A sollicite la condamnation de l'AEFE à lui verser une somme de 29 876 euros en indemnisation des véhicules qu'il estime avoir été contraint d'acquérir à son retour en France, et des frais de rapatriement de sa motocyclette restée en Italie. Toutefois, il n'est pas justifié d'un lien direct de causalité entre la mesure de suspension litigieuse et l'acquisition d'une voiture et d'une motocyclette. En outre, s'il justifie des frais de rapatriement à hauteur de 1 176 de sa motocyclette restée à Rome, il ne justifie pas davantage d'un lien direct de causalité entre ce rapatriement intervenu en avril 2021, soit plusieurs mois après la fin de la mesure de suspension, et cette décision.
15. En troisième lieu, M. A sollicite l'indemnisation à hauteur de 14 231 euros des frais de logement qu'il a dû engager à son retour en France pour la période d'octobre 2020 à août 2021, date à laquelle il a à nouveau bénéficié d'un logement par nécessité absolue de service. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de la mesure de suspension prenant effet le 29 septembre 2020, M. A a été contraint de quitter le logement qu'il occupait par nécessité absolue de service à Rome et de revenir en France. Il a ainsi dû, en urgence, trouver à se loger, et justifie de frais de loyer pour un logement meublé à hauteur de 1 000 euros par mois pour la période d'octobre 2020 à fin mai 2021. Toutefois, il résulte de ce qui précède que la mesure de suspension, prononcée pour quatre mois, a pris fin le 29 décembre 2020. Dès lors, les frais de logement engagés à compter de janvier 2021 sont en lien, non avec la mesure de suspension illégale, mais avec la décision de mettre fin à son contrat d'expatrié. Par suite, seuls sont indemnisables les frais de logement qu'il a dû engager à raison de la mesure de suspension pour la période d'octobre à décembre 2020. Il sera fait une exacte appréciation de ce chef de préjudice en fixant à 3 000 euros la somme destinée à le réparer.
16. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que la décision illégale de suspension des fonctions de M. A, prise dans un contexte de gestion complexe de la rentrée scolaire dans le cadre de l'épidémie de Covid-19 et de remise en cause virulente de la part de certains parents d'élèves, lui a nécessairement causé un préjudice moral. Il justifie ainsi avoir été placé en arrêt maladie à compter du 30 septembre 2020 et jusqu'au 5 février 2021, soit immédiatement après la mesure de suspension litigieuse, à raison d'un syndrome anxio-dépressif sévère en lien, selon les éléments médicaux produits, avec une problématique d'ordre professionnel. Il résulte cependant de l'instruction que si la mesure de suspension a contribué à l'altération de son état psychique, elle n'en est pas la cause unique. Ainsi, il ressort notamment des factures de séances de psychothérapie, qu'il avait entrepris de tels soins dès le 15 septembre 2020. En outre, il a lui-même fait part de ses difficultés en lien avec les conditions d'exercice de ses fonctions à Rome et notamment d'une perte de poids importante au mois de septembre 2020, soit avant l'intervention de la mesure de suspension. Alors que le suivi psychothérapeutique avait été engagé avant l'intervention de la mesure de suspension, M. A n'est ainsi pas fondé à solliciter l'indemnisation du coût de ces séances. En outre, s'il justifie avoir dû subir une intervention chirurgicale le 25 janvier 2021 à raison d'un transit intestinal perturbé associé à une période de stress importante ces derniers mois, il ne résulte pas de l'instruction que cette pathologie soit en lien direct et certain avec la mesure de suspension litigieuse. Enfin et au vu des difficultés rencontrées au sein de l'établissement, qui ont été médiatisées, et au départ précipité de l'établissement de M. A, qui a été rendu public, le requérant est fondé à soutenir qu'il a subi une atteinte à sa réputation professionnelle qui était jusqu'alors excellente.
17. Par suite, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et de l'atteinte à la réputation professionnelle subis par M. A du fait de l'illégalité de la décision illégale de suspension en fixant à 4 000 euros la somme destinée à réparer ces préjudices.
18. Il résulte de ce qui précède que l'AEFE doit être condamnée à verser à M. A une indemnité de 7 000 euros.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
19. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter de la réception par la partie débitrice de la réclamation de la somme principale. Il y a lieu de faire droit à la demande présentée à ce titre par M. A et de fixer au 27 janvier 2022, date de réception par l'AEFE de la réclamation formée par l'intéressé, le point de départ des intérêts au taux légal qui lui sont dus sur la somme précitée.
20. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée par M. A le 2 mai 2022. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 27 janvier 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés à l'instance :
21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'AEFE, à ce titre, la somme de 1 500 euros à verser à M. A.
D E C I D E :
Article 1 : L'AEFE est condamnée à verser à M. A la somme de 7 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 janvier 2022. Les intérêts échus à la date du 27 janvier 2023, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : L'AEFE versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
C. CANTIÉLa greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. DUMONTEIL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026