LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2206709

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2206709

vendredi 13 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2206709
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8ème chambre
Avocat requérantIPSO FACTO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi par un agent communal contestant le refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de ses arrêts de travail et son changement d'affectation. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que la décision de refus d'imputabilité était suffisamment motivée et que le changement d'affectation, justifié par l'intérêt du service, ne constituait pas une sanction déguisée. La juridiction a appliqué les dispositions du code général de la fonction publique et les principes relatifs aux conditions de travail des fonctionnaires.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :


I. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2206709 le 23 mai 2022 et le 25 juillet 2024, ce dernier mémoire n’ayant pas été communiqué, M. A... C..., représenté par Me Parent, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 7 mars 2022 par laquelle le maire de Donges a refusé de reconnaître l’imputabilité au service de ses arrêts de travail à compter du 12 juillet 2021 ;

2°) d’enjoindre à la commune de Donges de reconnaître l’imputabilité au service de sa maladie et de ses arrêts de travail à compter du 12 juillet 2021 dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de procéder au réexamen de sa situation au regard de ses droits à rémunération ;

3°) de condamner la commune de Donges à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation de ses préjudices financiers et moraux ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Donges la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d’un défaut de motivation en fait et en droit ;
- elle est entachée d’une erreur d’appréciation dès lors que la maladie dont il souffre a été reconnue comme maladie professionnelle, qu’elle n’était pas consolidée le 12 juillet 2021 et que les arrêts de travail qui lui ont été prescrits à partir de cette date sont en lien direct avec cette maladie et avec le service ;
- elle méconnaît les articles 21 bis de la loi n°83-634 et 37-8 du décret n°87-602 du 30 juillet 1987 dès lors qu’il remplit les conditions pour bénéficier d’un congé pour invalidité temporaire imputable au service ;
- il a subi un préjudice financier dès lors qu’il n’a pas bénéficié du maintien à taux plein de son traitement et un préjudice moral du fait de cette situation anormale dont le montant total peut être évalué à 5 000 euros.


Par un mémoire en défense enregistré le 15 septembre 2023, la commune de Donges conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :
- les conclusions indemnitaires de M. C... sont irrecevables dès lors que le requérant n’a saisi la commune d’aucune réclamation préalable à fin d’obtenir des indemnités ;
- les moyens soulevés par M. C... ne sont pas fondés.


Par une ordonnance du 4 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 31 août 2024.



II. Par une requête et des mémoires enregistrés le 20 mars 2023, le 27 décembre 2024, et le 24 mars 2025, sous le n° 2304001, M. A... C..., représenté par Me Parent, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 13 janvier 2023 par laquelle le maire de Donges l’a affecté au poste de chargé de mission administratif à compter du 1er janvier 2023 ;

2°) d’annuler l’arrêté n°2023/051 du 13 janvier 2023 par lequel le maire de Donges lui a notifié le montant de l’indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise qui lui est attribuée ;

3°) d’enjoindre à la commune de Donges de prendre une nouvelle décision quant à son affectation dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de procéder au réexamen de sa situation au regard de ses droits à rémunération ;

4°) de condamner la commune de Donges à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation de ses préjudices financiers et moraux ;

5°) de mettre à la charge de la commune de Donges la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la décision portant changement d’affectation du 13 janvier 2023 est entachée d’un défaut de motivation en fait et en droit ;
- elle est entachée d’un vice de procédure dès lors qu’aucune procédure contradictoire préalable n’a été mise en œuvre et qu’en méconnaissance des dispositions de l’article 65 de la loi du 22 avril 1905, son dossier ne lui a pas été communiqué ;
- elle a été prise en méconnaissance des articles L. 313-1 et suivants du code général de la fonction publique dès lors qu’il n’est pas justifié des conditions dans lesquelles la commune de Donges a créé ce poste, des crédits qui y ont été affectés et de la publicité qui en a été faite, que la vacance du poste n’a pas été publiée, qu’aucune proposition ne lui a été faite préalablement à la mutation, qu’aucune fiche de poste ne lui a été communiquée et que la notification de sa nouvelle affectation lui a été faite tardivement ;
- elle n’est pas justifiée par l’intérêt du service et constitue une sanction déguisée ;
- elle constitue une discrimination liée à son engagement syndical et à son état de santé et un fait de harcèlement ;
- il a subi un préjudice moral du fait de la dégradation de son état de santé psychologique qui peut être évalué à 10 000 euros.


Par des mémoires en défense enregistrés le 1er juillet 2024, le 27 janvier 2025 et le 14 avril 2025, ce dernier mémoire n’ayant pas été communiqué, la commune de Donges, représentée par Me Bernot, conclut au rejet de la requête, et à ce que soit mise à la charge de M. C... la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les conclusions à fin d’annulation de la décision du 13 janvier 2023 sont irrecevables dès lors que cette décision constitue une mesure d’ordre intérieur ;
- les conclusions à fin d’annulation de l’arrêté du 13 janvier 2023 sont irrecevables dès lors qu’elles ne sont pas motivées ;
- les moyens soulevés par M. C... ne sont pas fondés.


Par une ordonnance du 26 mars 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 15 avril 2025.



Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l’exercice 1905 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;
- le décret n° 87-1099 du 30 décembre 1987 portant statut particulier du cadre d'emplois des attachés territoriaux ;
- le code de justice administrative.





Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Dumont,
- les conclusions de Mme Heng, rapporteure publique,
- les observations de Me Parent, représentant M. C...,
- les observations de M. B..., représentant la commune de Donges,
- et les observations de Me Ferrard, substituant Me Bernot, représentant la commune de Donges.




Considérant ce qui suit :

M. C..., attaché territorial affecté au service des sports de la commune de Donges, a été placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service du 8 février 2019 au 8 mars 2019 puis du 23 avril 2019 au 26 juillet 2019 pour un syndrome dépressif reconnu comme une maladie professionnelle à compter du 8 février 2019. À compter du 12 juillet 2021, il s’est vu prescrire de nouveaux arrêts de travail. Par une décision du 7 mars 2022, la commune a refusé de reconnaître ces arrêts de travail comme imputables au service. Á sa reprise d’activité, il a été affecté à un poste de chargé de mission administratif rattaché à la direction générale par une décision du maire de Donges du 13 janvier 2023. Par un arrêté n°2023/051 du même jour, le maire de Donges lui a notifié le montant de l’indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise associé à cette fonction. Par la requête n° 2206709, M. C... demande l’annulation de la décision du 7 mars 2022 et la condamnation de la commune de Donges à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu’il estime avoir subis du fait de l’illégalité de cette décision. Par la requête n° 2304001, M. C... demande l’annulation de la décision et de l’arrêté n°2023/051 du 13 mars 2023 et la condamnation de la commune de Donges à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices qu’il estime avoir subis du fait de l’illégalité de ces décisions.

Les requêtes nos 2206709 et 2304001 présentent à juger des questions semblables et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.


Sur les conclusions à fin d’annulation de la décision du 7 mars 2022 :

En premier lieu, aux termes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d’être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / (…) / 6° Refusent un avantage dont l’attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l’obtenir ; / (…) ». Aux termes de l’article L. 211-5 du même code : « La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l’énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. »

Il ressort de la date mentionnée sur le bordereau de transmission du centre de gestion de la Loire-Atlantique accompagnant l’avis de la commission de réforme du 22 février 2022 que cet avis a été adressé le 2 mars 2022 à M. C..., qui ne le conteste pas. L’avis de la commission de réforme porte la mention de l’arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière. Il est constant que la décision du 7 mars 2022 lui a été envoyée le 22 mars 2022. Elle est fondée sur le motif tiré de ce que des mesures ayant été mises en œuvre pour réduire les facteurs pathogènes liés à l’organisation du service identifiés comme ayant causé le syndrome dépressif apparu le 8 février 2019, les arrêts de travail à compter du 12 juillet 2021 ne sont pas reconnus imputables au service. Par suite, le requérant a eu connaissance de façon suffisamment précise des considérations de fait et de droit qui fondent le refus d’imputabilité. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait.

En second lieu, aux termes de l’article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale alors en vigueur : « Le fonctionnaire en activité a droit : (…) / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l’intéressé dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l’intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants.(…) / Toutefois, si la maladie provient de l’une des causes exceptionnelles prévues à l’article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d’un accident survenu dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l’intégralité de son traitement jusqu’à ce qu’il soit en état de reprendre son service ou jusqu’à la mise à la retraite. (…) ». Aux termes de l’article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors en vigueur : « (…) I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite (…) IV. - Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / (…) / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. (…) » Aux termes de l’article 37-8 du décret n°87-602 du 30 juillet 1987 : « Le taux d'incapacité permanente servant de seuil pour l'application du dernier alinéa du même article du code général de la fonction publique est celui prévu à l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale. » Aux termes de l’article R. 461-8 du code de la sécurité sociale : « Le taux d'incapacité mentionné au septième alinéa de l'article L. 461-1 est fixé à 25 %. »

Le droit des agents publics à bénéficier d’une prise en charge par l’administration à raison d’un accident ou d’une maladie reconnus imputables au service est constitué à la date à laquelle l’accident est intervenu ou la maladie a été diagnostiquée. Ce droit inclut celui de bénéficier à nouveau d’une telle prise en charge en cas de rechute, c’est-à-dire si de nouveaux troubles affectant le même agent proviennent de l'évolution spontanée des séquelles de l’accident ou de la maladie d’origine, en dehors de tout événement extérieur, et constituent ainsi une conséquence exclusive de cet accident ou de cette maladie. Dans toute autre hypothèse, il convient d’apprécier leur imputabilité au service dans les conditions en vigueur à la date du diagnostic.

Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct et essentiel avec l’exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu’un fait personnel de l’agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l’aggravation de la maladie du service.

D’une part, M. C... soutient que les troubles anxiodépressifs l’ayant affecté à compter du 12 juillet 2021 sont la conséquence d’une rechute de sa dépression initiale reconnue comme maladie professionnelle. Toutefois, selon les arguments qu’il développe, ce second épisode dépressif est consécutif au climat social anxiogène auquel il a été confronté entre les mois de janvier 2021 et de juillet 2021, à des conditions de travail éprouvantes liées à des problèmes informatiques récurrents, aux contradictions entre les directives qui lui étaient données par la cheffe de pôle et par la conseillère municipale en charge des sports, par le projet de réorganisation des services de la commune incluant le service des sports dont il avait la responsabilité et par la surcharge de travail à laquelle il a dû faire face en raison de l’absence de son collègue au mois de juin 2021. Ces circonstances extérieures à la maladie du 8 février 2019 reconnue imputable au service ne présentent pas de lien avec elle. Le syndrome anxiodépressif ayant affecté M. C... ne constitue donc pas une conséquence exclusive de la dépression antérieure. D’autre part, M. C... soutient que le trouble anxiodépressif à l’origine de l’arrêt maladie du 12 juillet 2021 est en lien direct avec le service et produit deux rapports d’expertise médicale selon lesquels l’état dépressif mélancoliforme réactionnel qui l’affecte est imputable au service du fait du caractère pathogène de ses conditions de travail. Toutefois, s’il est constant que le fonctionnement du service des sports a été perturbé entre les mois de janvier 2021 et de juillet 2021 par des problèmes informatiques, ces désagréments mineurs n’ont pas troublé de manière anormale l’activité des agents. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que M. C... a été exposé à une charge de travail anormale. Au contraire, la réorganisation du service des sports identifiée par M. C... comme facteur pathogène et mise en œuvre à partir du 7 novembre 2022 prévoit la suppression d’un des deux emplois du service en raison d’une activité insuffisante. Enfin, si la perspective d’une suppression de son poste et d’une mutation pour nécessité de service a pu troubler M. C..., ces circonstances qui sont la conséquence d’un exercice normal du pouvoir hiérarchique ne peuvent être regardées comme étant la cause directe et essentielle de la pathologie de M. C.... Par suite, la commune de Donges n’a ni commis d’erreur d’appréciation ni méconnu les dispositions précitées.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de la décision du 7 mars 2022 présentées par M. C... doivent être rejetées.


Sur les conclusions à fin d’annulation de la décision de changement d’affectation et de l’arrêté du 13 mars 2023 :

En premier lieu, d’une part, aux termes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : (…) / 2° Infligent une sanction ; / (…) / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir (…). »

Un changement d’affectation prononcé d’office revêt le caractère d’une mesure disciplinaire déguisée lorsque, tout à la fois, il en résulte une dégradation de la situation professionnelle de l’agent concerné et que la nature des faits qui ont justifié la mesure et l’intention poursuivie par l’administration révèlent une volonté de sanctionner cet agent.

D’autre part, aux termes de l’article L. 512-23 du code général de la fonction publique : « L'autorité territoriale procède aux mouvements des fonctionnaires territoriaux au sein de la collectivité ou de l'établissement mentionné à l'article L. 4. » Aux termes de l’article 2 du décret n°87-1099 du 30 décembre 1987 portant statut particulier du cadre d'emplois des attachés territoriaux : « Les membres du cadre d'emplois participent à la conception, à l'élaboration et à la mise en œuvre des politiques décidées dans les domaines administratif, financier, économique, sanitaire, social, culturel, de l'animation et de l'urbanisme. Ils peuvent ainsi se voir confier des missions, des études ou des fonctions comportant des responsabilités particulières, notamment en matière de gestion des ressources humaines, de gestion des achats et des marchés publics, de gestion financière et de contrôle de gestion, de gestion immobilière et foncière et de conseil juridique (…) ».

M. C... soutient que l’exercice des fonctions de chargé de mission administratif, à savoir une « veille juridique relative aux instances officielles », le « suivi des obligations réglementaires en lien avec la préfecture », le « suivi des conventions de partenariat », la « gestion des dossiers de subvention », s’accompagne d’une perte de responsabilités d’encadrement du personnel et de gestion budgétaire et d’une perte de rémunération, que cet emploi est dépourvu de tout lien direct avec un service rendu ou en relation directe avec les usagers, qu’il n’a ni formation ni compétence dans le domaine juridique ou réglementaire susceptible de lui permettre de remplir les missions d’un chargé de mission administratif, qu’elles sont sans intérêt, que s’il a démontré une capacité d’analyse et de rédaction, ces compétences ne lui permettent pas d’occuper cet emploi, qu’au contraire les évaluations qui le présentent comme un bon agent maitrisant son domaine d'activité, que les nombreuses missions dévolues au service des sports nécessitent la présence de deux agents, comme le prévoit le projet du service des sports validé en 2021, et que ces circonstances révèlent que la décision attaquée n’a pas été prise dans l’intérêt du service mais qu’elle vise à le mettre en difficulté et qu’elle constitue une sanction déguisée. Toutefois, d’une part, les nouvelles missions qui lui sont dévolues correspondent à celles qui sont susceptibles d’être confiée à un attaché territorial en application de l’article 2 du décret du 30 décembre 1987 précité, dont il ne ressort pas qu’un attaché territorial doive être affecté à la gestion d’un service public ou au sein d’un service recevant du public. En outre, le positionnement hiérarchique de cet emploi, en lien direct avec la directrice générale des services, révèle que son titulaire contribue à la mise en œuvre des politiques de la commune. D’autre part, il ressort des pièces du dossier que sa mutation a été prononcée dans le cadre d’une réorganisation des services de la commune présentée au comité technique le 4 novembre 2022 qui vise notamment à ajuster les ressources du service des sports aux besoins réels et à renforcer le service administratif pour accompagner les projets de transition énergétique conduits par la commune. Dans ces conditions, les circonstances qu’il a été affecté au poste de chargé de mission administratif alors qu’il était en congé de longue maladie, qu’il n’exerce pas dans cet emploi de fonction d’encadrement, alors qu’auparavant il n’encadrait qu’un seul agent, et que contrairement à ce que fait valoir la commune de Donges, il a subi une perte de rémunération nette, celle-ci ayant baissé de 2 565,49 euros pour le mois de décembre 2022 à 2 472,30 euros au mois de janvier 2023, ne révèlent pas une intention de la commune de Donges de sanctionner M. C.... Il en résulte que la décision de changement d’affectation du 13 mars 2023, qui a été prise dans le seul intérêt du service, ne présente le caractère d’une sanction déguisée. De plus, elle ne refuse pas un avantage dont l'attribution constituerait un droit pour M. C.... Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté comme inopérant.

En deuxième lieu, d’une part, aux termes de l’article L. 121-1 du code des relations entre le public et l’administration : « Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. » Aux termes de l’article L. 121-2 du même code : « (…) Les dispositions de l'article L. 121-1, en tant qu'elles concernent les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents. »

D’autre part, aux termes de l’article 65 de la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l’exercice 1905 : « Tous les fonctionnaires civils et militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d'être l'objet d'une mesure disciplinaire ou d'un déplacement d'office, soit avant d'être retardé dans leur avancement à l'ancienneté. ».

Il résulte de ces dispositions qu’un agent public faisant l’objet d’une mesure prise en considération de sa personne, qu’elle soit ou non justifiée par l’intérêt du service, doit être mis à même de demander la communication de son dossier, en étant averti en temps utile de l’intention de l’autorité administrative de prendre la mesure en cause. Dans le cas où l’agent public fait l’objet d’un déplacement d’office, il doit être regardé comme ayant été mis à même de solliciter la communication de son dossier s’il a été préalablement informé de l’intention de l’administration de le muter dans l’intérêt du service, quand bien même le lieu de sa nouvelle affectation ne lui aurait pas alors été indiqué.

Il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision de changement d’affectation du 13 janvier 2023 que celle-ci, qui vise à mettre en œuvre l’organisation du service des sports approuvée par le comité technique de la commune de Donges le 7 novembre 2022 en ajustant le nombre d’emplois aux besoins réels constatés et à pourvoir le poste de chargé de mission administratif, aurait été prise en considération de la personne de M. C.... Dès lors, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision attaquée n’a pas été précédée d’une procédure contradictoire préalable ni que son dossier ne lui a pas été communiqué en méconnaissance des dispositions précitées.

En troisième lieu, d’une part, il ressort des pièces du dossier que l’emploi de chargé de mission auquel est affecté M. C... n’a pas été créé pour lui, qu’il était occupé avant la réorganisation des services par un attaché principal et est devenu vacant à la suite de son départ à la retraite et qu’il a été rattaché à la direction générale à la suite de la réorganisation des services de la commune. D’autre part, il ne résulte d’aucune disposition législative ou réglementaire que l’autorité territoriale serait tenue de proposer à l’intéressé préalablement à sa mutation l’emploi sur lequel elle envisage de le muter, de lui communiquer une fiche de poste, et de lui notifier sa décision d’affectation dans un délai déterminé. Enfin, la circonstance que la vacance du poste de chargé de mission administratif n’a pas été publiée est sans incidence sur la légalité du changement d’affectation en litige dès lors que, ainsi qu’il a été dit au point 13, la mutation de M. C... a été prononcée dans l’intérêt du service. Par suite, M. C... n’est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des articles L. 313-1 et suivants du code général de la fonction publique.

En quatrième et dernier lieu, d’une part, le juge, lors de la contestation d'une décision dont il est soutenu qu'elle serait empreinte de discrimination, doit attendre du requérant qui s'estime lésé par une telle mesure qu'il lui soumette des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte au principe de l'égalité de traitement des personnes. Il incombe alors au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

D’autre part, il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

D’une part, M. C... soutient que la directrice générale des services l’a désigné à plusieurs reprises et publiquement comme celui qui avait encouragé une grève d’agents de la commune en juin 2021, que la décision attaquée a été prise en raison de la pathologie dont il souffre et que ces circonstances révèlent une discrimination fondée sur sa fonction de délégué syndical et sur son état de santé. Toutefois, ces allégations ne sont corroborées par aucune pièce du dossier, de sorte qu’elles ne peuvent laisser présumer une atteinte au principe de l'égalité de traitement des personnes. D’autre part, M. C... soutient qu’au même titre que les méthodes de management anormales auxquelles il a été exposé entre janvier 2021 et juin 2021, la décision attaquée a été prise dans un contexte de harcèlement moral résultant du comportement de la directrice générale des services à son égard et produit à l’appui de ses allégations un article intitulé « Souffrance au travail et climat dictatorial à la mairie de Donges » et la plainte contre X qu’il a déposée le 7 juillet 2022. Toutefois, ainsi qu’il a été dit au point 11, il ressort des pièces du dossier que le manque de coordination qu’il a constaté entre les directives qui lui étaient données par la cheffe de pôle et par l’élue référente entre janvier 2021 et juillet 2021 et que le trouble qu’il a pu ressentir à l’annonce du projet de réforme de l’organigramme entraînant la suppression de son poste ne sont pas la conséquence d’un exercice anormal du pouvoir hiérarchique. En outre, les pièces produites par M. C... mentionnent des allégations qui ne sont corroborées par aucun autre élément du dossier. Ainsi, ces éléments ne sont pas susceptibles de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral. Par suite, M. C... n’est fondé à soutenir ni que la décision attaquée constitue une discrimination ni qu’il est victime d’agissements répétés de harcèlement moral.

Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune de Donges, que les conclusions à fin d’annulation de l’arrêté et de la décision du 13 janvier 2023 présentées par M. C... doivent être rejetées.


Sur les conclusions indemnitaires :

En l’absence d’illégalité fautive entachant les décisions attaquées, les conclusions indemnitaires présentées par M. C... ne peuvent qu’être rejetées sans qu’il soit besoin d’examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Donges à celles présentées dans la requête n° 2206709.



Sur les conclusions à fin d’injonction :

Le présent jugement rejetant les conclusions principales des requêtes, il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions tendant au prononcé de mesures d’injonction sous astreinte présentées par M. C....


Sur les frais du litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Donges, qui n’est pas la partie perdante dans les présentes instances, la somme que M. C... demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Donges au titre de ces dispositions.







D É C I D E :



Article 1er : Les requêtes de M. C... sont rejetées.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Donges au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... C... et à la commune de Donges.




Délibéré après l'audience du 6 février 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,
M. Dumont, premier conseiller,
M. Alloun, conseiller.












Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2026.

Le rapporteur,

E. Dumont
La présidente,

V. Poupineau

La greffière,

A.-L. Le Gouallec



La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions