mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2208337 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BOISSET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2022, le département de la Loire-Atlantique, représenté par Me Boisset, demande au tribunal :
1°) de condamner, in solidum, la société SPIE Facilities, la société SPIE Industrie Tertiaire et la société Egis Mobilité, à titre principal sur le fondement de la garantie décennale et à titre subsidiaire sur le fondement de leur responsabilité contractuelle, à lui verser la somme de 1 067 265,15 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter de l'enregistrement de la requête, en réparation des désordres affectant le pont de Saint-Nazaire ;
2°) de mettre la somme de 110 512,34 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter de l'enregistrement de la requête, à la charge, in solidum, des sociétés SPIE Facilities, SPIE Industrie et Tertiaire et Egis Mobilité au titre des frais d'expertise ;
3°) de mettre à la charge des sociétés SPIE Facilities, SPIE Industrie et Tertiaire et Egis Mobilité la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les travaux de reprise des désordres affectant le pont de Saint-Nazaire ont fait apparaître de nouveaux désordres qui n'étaient pas apparents lors de la réception des travaux ;
- les désordres rendent l'ouvrage impropre à sa destination ;
- les désordres sont imputables à la société SPIE Facilities, à la société SPIE Industrie Tertiaire et à la société Egis Mobilité ;
- il est fondé à demander la condamnation in solidum de ces sociétés à lui verser la somme 475 475,80 euros TTC au titre des travaux de reprise ;
- il est fondé à demander la condamnation in solidum de ces sociétés à lui verser la somme de 571 519,35 euros TTC au titre des opérations curatives de maintenance ;
- il est fondé à demander la condamnation in solidum de ces sociétés à lui verser la somme de 20 000 euros au titre des frais de balisage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2024, la société SPIE Facilities et la société SPIE Industrie et Tertiaire, représentées par Me Mandin, concluent :
1°) à titre principal, au rejet des conclusions dirigées contre elles ;
2°) à titre subsidiaire, à ce qu'elle ne soit condamnée qu'à la somme de 216 273,96 euros hors coût de maîtrise d'œuvre ;
3°) à ce que la société Egis Mobilité soit condamnée à la garantir à hauteur de 50% des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre ;
4°) à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge du département de la Loire-Atlantique en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- la requête du département est irrecevable dès lors que le président du conseil départemental n'était pas habilité pour agir en justice ;
- la requête du département est irrecevable dès lors que le département n'a pas intérêt à agir dès lors qu'il ne justifie pas d'un préjudice actuel en lien direct avec l'exécution des travaux ;
- la société SPIE Facilities doit être mise hors de cause dès lors qu'elle n'est pas liée contractuellement au maître de l'ouvrage ;
- la remise en état d'une partie des plots a été financée par l'assureur de la société SPIE Industrie et Tertiaire et n'a pas été supportée par le département ;
- les frais liés aux opérations curatives et les frais de balisage sont étrangers aux marchés de travaux et de maîtrise d'œuvre et sont relatifs à l'exécution d'un contrat de maintenance ;
- elles sont fondées à solliciter la condamnation de la société Egis Mobilité, en sa qualité de maître d'œuvre, à la garantir et relever indemne à hauteur de 50% des condamnations qui viendraient à être prononcées à son encontre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2024, la société Egis Mobilité, représentée par Me Dupuy, conclut :
1°) à titre principal, au rejet des conclusions dirigées contre elle ;
2°) à titre subsidiaire, à ce qu'elle ne soit condamnée qu'à la somme de 26 178,81 euros ;
3°) à ce que les sociétés SPIE Facilities et SPIE Industrie et Tertiaire soient condamnées à la garantir des condamnations prononcées à son encontre ;
4°) à ce que les sociétés SPIE Facilities et SPIE Industrie et Tertiaire soient condamnées à lui verser la somme de 6 850 euros en réparation de son préjudice ;
5°) ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge du département de la Loire-Atlantique au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les désordres qui lui sont reprochés ne présentent pas un caractère décennal ;
- les désordres ne lui sont pas imputables ;
- les sommes demandées par le département au titre des opérations curatives ne sont pas justifiées et sont étrangères au contrat de maîtrise d'œuvre ;
- elle est fondée à demander la condamnation des sociétés SPIE Facilities et SPIE Industrie et Tertiaire à la garantir et relever indemne de toutes condamnations qui viendraient à être prononcées à son encontre dès lors qu'elles ont contribué à la survenance des désordres ;
- les opérations d'expertise lui ont coûté 6 850 euros.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 15 juin 2018 par laquelle le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par M. A.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme El Mouats-Saint-Dizier,
- les conclusions de M. Simon, rapporteur public,
- et les observations de Me Boisset, représentant le département de la Loire-Atlantique, de Me Mandin, représentant les sociétés SPIE Facilities et SPIE Industrie et Tertiaire et de Me Dupuy, représentant la société Egis Mobilité.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre de l'aménagement et de l'équipement du pont de Saint-Nazaire, le département de la Loire-Atlantique a confié la maîtrise d'œuvre de la mise en place d'un système d'affectation dynamique des voies de circulation à la société Egis Mobilité. Les travaux ont été confiés à la société SPIE Ouest Centre, devenue SPIE Industrie et Tertiaire, laquelle a sous-traité une partie des travaux à la société SPIE Sud Ouest, devenue SPIE Facilities. Les travaux ont été réceptionnés avec réserves le 28 juillet 2010 et les réserves ont été levées le 25 janvier 2011. Des dysfonctionnements sur les plots lumineux, constatés en juin 2011, ont été signalés par le maître d'œuvre et la société SPIE Industrie et Tertiaire a procédé au remplacement intégral des plots et des câbles. Les travaux de reprise ont été réceptionnés le 9 octobre 2013 avec effet au 21 juin 2013. De nouveaux désordres affectant les plots sont apparus à compter du mois de janvier 2015. L'expert désigné par une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nantes le
5 août 2015 a remis son rapport le 9 mars 2018. Par la présente requête, le département de la Loire-Atlantique demande l'indemnisation du préjudice matériel qu'il estime avoir subi en raison des nouveaux désordres affectant les lignes de plots, sur le fondement de la garantie décennale et de la responsabilité contractuelle des sociétés SPIE Facilities, SPIE Industrie et Tertiaire et Egis Mobilité.
Sur les fins de non-recevoir :
2. En premier lieu, par une délibération du 1er juillet 2021, le conseil départemental de la Loire-Atlantique a donné mandat à son président pour agir en justice. Ainsi, la fin de non-recevoir tirée de ce que le président du conseil départemental ne disposait pas de la qualité lui donnant intérêt pour agir au nom du département doit être écartée.
3. En second lieu, le département de la Loire-Atlantique, en sa qualité de maître de l'ouvrage et de partie au marché de maîtrise d'œuvre signé le 24 décembre 2008 et au marché de travaux signé le 3 août 2009, a intérêt à agir en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis sur le fondement de la responsabilité décennale des constructeurs et sur le fondement de la responsabilité contractuelle. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir du département doit être écartée.
Sur les conclusions indemnitaires présentées par le département de la Loire-Atlantique :
4. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.
En ce qui concerne la responsabilité décennale des constructeurs :
S'agissant du caractère décennal des désordres :
5. D'une part, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que, sur 1 556 plots contrôlés lors des opérations d'expertise, 9 plots de dérivation contiennent de l'eau et 59 plots lumineux contiennent de l'eau. D'autre part, il résulte de l'instruction que 93 plots sont fissurés et permettent l'infiltration de l'eau. Les plots de dérivation permettent de relier deux antennes de plots lumineux et la présence d'eau dans les plots est susceptible de faire dysfonctionner deux antennes simultanément. Enfin, il résulte de l'instruction que les LED de 78 plots affectant la circulation ne s'allument pas et qu'elles sont partiellement en panne sur 28 plots, répartis sur trente antennes différentes. Les pannes perturbent la circulation routière, principalement la nuit, et présentent un risque pour les usagers. Par suite, et dès lors que les plots sont indissociables de l'ouvrage et que les désordres affectent un nombre non négligeable de plots, ils sont de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination.
S'agissant de l'imputabilité des désordres :
6. Il résulte de l'instruction que les pannes des plots lumineux est due à la présence d'eau dans les plots. Dès lors, tous les désordres relatifs aux plots ont les mêmes causes.
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction que de l'eau a pu pénétrer dans les plots par les presse-étoupe en raison du défaut d'étanchéité du système de liaison entre les câbles et les balises. Cette cause est imputable à la société Cryzal, sous-traitante de la société SPIE Industrie et Tertiaire, dès lors qu'elle a fourni le matériel dont le défaut d'étanchéité a été constaté. La présence d'eau dans les plots de dérivation et les plots lumineux est donc imputable à la société SPIE Industrie et Tertiaire, qui répond des agissements de son sous-traitant et qui a procédé à leur installation.
8. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que de l'eau a pu s'infiltrer par des fissures des lentilles et se déposer sur la carte électronique, ce qui a détérioré les LED, les brins conducteurs et les connecteurs. Si le vieillissement des lentilles a pu causer des fissures qui ne sont imputables à aucun constructeur, il résulte de l'instruction que les fissures ayant permis l'infiltration d'eau sont dues à un serrage trop important des vis, ce qui a créé des micro fissures qui se sont étendues, en partie du fait du choc des véhicules et poids-lourds. Cette cause est imputable à la société SPIE Industrie et Tertiaire, qui répond des agissements de la société Cryzal, fournisseuse.
9. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que la gaine de protection des câbles a été mal positionnée à trois endroits. Cette malfaçon a facilité la migration de l'eau de plot en plot. Cette cause des désordres est imputable à la société SPIE Industrie et Tertiaire qui a procédé à l'installation des câbles.
10. En dernier lieu, l'infiltration d'eau dans les plots par les presse-étoupe et les fissures est également imputable à la société Egis Mobilité, dont la mission comprenait la direction de l'exécution des travaux.
11. Il résulte de tout ce qui précède que le département de la Loire-Atlantique est fondé à demander la condamnation in solidum des sociétés SPIE Industrie et Tertiaire et Egis Mobilité à réparer les conséquences dommageables des désordres affectant les lignes de plots.
En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :
12. En premier lieu, il résulte de l'instruction que l'expert a évalué les travaux de reprise à un montant global de 475 475,80 euros TTC, incluant les frais de maîtrise d'œuvre à hauteur de 10%. Cette somme inclut une somme forfaitaire de développement et de fabrication d'outillage, une somme forfaitaire correspondant à une phase de prototypage, la remise en état de 228 plots à 948,57 euros chacun, la fourniture et l'installation de 22 coques et la réparation des gaines. Il résulte de l'instruction que les sommes forfaitaires de développement, fabrication et prototypes sont nécessaires à la bonne remise en état de l'ouvrage, de sorte qu'ils entrent dans le coût des travaux de reprises. Si la société SPIE Industrie et Tertiaire soutient, au demeurant sans l'établir, que de telles sommes ont déjà été supportées par son assurance lors de l'exécution d'autres travaux de reprise, cette circonstance est sans incidence sur le droit du maître d'ouvrage à être indemnisé du montant total des travaux de reprise nécessaires à la réparation de l'ouvrage. Le nombre de 228 plots à remettre en état, qui n'est pas contesté, a été déterminé par l'expert à partir d'estimations statistiques d'occurrences des désordres non visibles avant ouverture des plots lors des opérations d'expertise. Par suite, le département de la Loire-Atlantique est fondé à réclamer la somme de 475 475,80 euros au titre de la réparation des désordres.
13. En deuxième lieu, le département sollicite la condamnation des sociétés à lui verser la somme de 571 519,35 euros au titre des réparations curatives effectuées dans le cadre du contrat de maintenance. Si l'expert admet que les réparations effectuées sur 124 plots dépassent le cadre du contrat de maintenance, le département n'établit ni avoir exposé la somme demandée ni que celle-ci correspondrait aux 124 plots retenus par l'expert. Par suite, il n'est pas fondé à réclamer cette somme.
14. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que les opérations d'expertise ont occasionné des frais de balisage à hauteur de 20 000 euros.
15. Il résulte de ce qui précède que le département de la Loire-Atlantique est fondé à demander la condamnation in solidum des sociétés SPIE Industrie et Tertiaire et Egis Mobilité à lui verser la somme de 495 475,80 euros, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres causes de responsabilité.
16. Le département de la Loire-Atlantique a droit aux intérêts de la somme de
495 475,80 euros à compter de la date d'enregistrement de sa requête au tribunal.
Sur les frais de l'expertise :
17. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".
18. Les frais et honoraires d'expertises ont été taxés et liquidés à la somme totale de 110 512,34 euros par ordonnance du président du tribunal administratif de Nantes du 15 juin 2018. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre ces frais à la charge de la société SPIE Industrie et Tertiaire et de la société Egis Mobilité.
Sur les appels en garantie :
19. Dans le cadre d'un litige né de l'exécution de travaux publics, le titulaire du marché peut rechercher la responsabilité quasi délictuelle des autres participants à la même opération de construction avec lesquels il n'est lié par aucun contrat, notamment s'ils ont commis des fautes qui ont contribué à l'inexécution de ses obligations contractuelles à l'égard du maître d'ouvrage, sans devoir se limiter à cet égard à la violation des règles de l'art ou à la méconnaissance de dispositions législatives et réglementaires. Il peut en particulier rechercher leur responsabilité du fait d'un manquement aux stipulations des contrats qu'ils ont conclus avec le maître d'ouvrage.
20. Il résulte de l'instruction que les désordres affectant les plots de dérivation et les plots lumineux sont principalement dus au choix du matériel effectué par la société sous-traitante de la société SPIE Industrie et Tertiaire et à des malfaçons dans leur installation. La société Egis Mobilité a également contribué à l'apparition des désordres dès lors qu'elle était tenue de surveiller l'exécution des travaux.
21. Compte tenu des fautes ainsi à l'origine des désordres, il sera fait une juste appréciation de la part de responsabilité de la société SPIE Industrie et Tertiaire dans l'apparition des désordres en la fixant à 95%, et de la part de responsabilité de la société Egis Mobilité en la fixant à 5%. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire droit dans cette mesure aux conclusions d'appel en garantie formées par les sociétés Industrie et Tertiaire et Egis Mobilité.
Sur les conclusions indemnitaires présentées par la société Egis Mobilité :
22. La société Egis Mobilité soutient que les opérations d'expertise lui ont coûté une somme de 6 850 euros qui n'aurait pas été comptabilisée dans la liquidation des frais d'expertise. Toutefois, la société Egis Mobilité ne démontre pas que cette somme aurait dû être supportée par une autre partie. Par suite, elle n'est pas fondée à en réclamer l'indemnisation.
Sur les frais de l'instance :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du département de la Loire-Atlantique, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
24. En revanche, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre une somme de 2 000 euros à verser au département à la charge de la société SPIE Industrie et Tertiaire et une somme de 1 000 euros à verser au département à la charge de la société Egis Mobilité.
D E C I D E :
Article 1er : Les sociétés SPIE Industrie et Tertiaire et Egis Mobilité sont condamnées, in solidum, au paiement d'une indemnité de 495 475, 80 euros au département de la Loire-Atlantique. Cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 24 juin 2022.
Article 2 : Les frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 110 512,34 euros, sont mis à la charge, in solidum, des sociétés SPIE Industrie et Tertiaire et Egis Mobilité.
Article 3 : La société SPIE Industrie et Tertiaire est condamnées à garantir la société Egis Mobilité à hauteur de 95% des condamnations prononcées aux articles 1 et 2.
Article 4 : La société Egis Mobilité est condamnée à garantir la société SPIE Industrie et Tertiaire à hauteur de 5% des condamnations prononcées aux articles 1 et 2.
Article 5 : La société SPIE Industrie et Tertiaire versera une somme de 2 000 euros au département de la Loire-Atlantique au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : La société Egis Mobilité versera une somme de 1 000 euros au département de la Loire-Atlantique au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié au département de la Loire-Atlantique, à la société SPIE Industrie et Tertiaire, à la société SPIE Facilities et à la société Egis Mobilité.
Délibéré après l'audience du 29 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
La rapporteuse,
M. EL MOUATS-SAINT-DIZIER
La présidente,
S. RIMEULa greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026