jeudi 25 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2209822 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juillet 2022, le préfet de la Loire-Atlantique demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à Mme A B et à tous occupants de son chef de libérer, sans délai, le lieu d'hébergement dédié aux demandeurs d'asile, géré par l'association HUDA ASBL, qu'ils occupent au 8 rue Eugénie Cotton à Nantes (44300) ;
2°) de l'autoriser à procéder à leur expulsion avec le concours de la force publique ;
3°) de l'autoriser à donner toutes instructions utiles au gestionnaire du logement afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de l'intéressée, à défaut pour celle-ci de les avoir emportés.
Il soutient que :
- la présente requête relève de la compétence de la juridiction administrative, en application de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la présente requête est recevable, en application des dispositions des articles L. 552-1 et L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la mesure demandée ne se heurte à aucune contestation sérieuse : la demande d'asile de Mme B a été définitivement rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 19 février 2021 notifiée le 16 mars 2021 ; l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) l'a informée par une lettre du 15 mars 2021, remise le jour même en mains propres à l'intéressée, de la fin de sa prise en charge à compter du 19 mars 2021 alors que l'intéressée ne saurait se prévaloir de ce délai qui lui a été plus favorable puisqu'elle devait, selon les textes en vigueur, et notamment l'article L.551-1 du code de justice administrative, quitter les lieux dès le 28 février 2021 ; la mise en demeure de quitter les lieux dans un délai d'un mois lui a été adressée par une lettre du 27 avril 2021, notifiée le jour même, et est restée inexécutée ;
- les conditions d'urgence et d'utilité de la mesure sont satisfaites : le refus de quitter les lieux opposé par Mme B compromet le bon fonctionnement du service public d'hébergement des demandeurs d'asile dès lors que les structures d'accueil sont actuellement saturées, que le dispositif d'accueil pour les demandeurs d'asile du département de la Loire-Atlantique totalise 2 119 places au 2 février 2022, que 934 personnes occupent indument un des logements concernés, alors qu'il y a 2 428 demandeurs d'asile bénéficiaires de l'allocation pour demandeur d'asile en Loire-Atlantique au 31 janvier 2022, dont 1 091 en attente d'un hébergement ; Mme B ne justifie d'aucune circonstance exceptionnelle susceptible de faire obstacle à la mesure d'expulsion demandée et ne se trouve pas dans une situation qui nécessiterait qu'elle soit maintenue dans le logement qu'elle occupe ;
- il est nécessaire que Mme B, laquelle ne peut se prévaloir d'un droit au maintien dans le logement qu'elle occupe, quitte les lieux sans délai, sa présence dans ce logement faisant obstacle à l'accueil de nouveaux arrivants bénéficiant du statut de demandeur d'asile, alors qu'elle est informée depuis plusieurs mois de la nécessité de quitter les lieux, qu'elle ne détient aucun titre lui permettant de se maintenir régulièrement sur le territoire, qu'elle fait l'objet d'un arrêté du 17 juin 2022 portant obligation de quitter le territoire français, qu'elle n'a entrepris aucune démarche en vue de son relogement, que la présence au sein du foyer de ses deux enfants âgés de 12 et 18 ans ne saurait en elle-même conduire à accorder à la famille un délai supplémentaire, et que, dans ces conditions, lui accorder un délai serait contraire à l'esprit des dispositions de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il ne lui incombe pas de trouver une solution d'hébergement d'urgence de droit commun à Mme B, laquelle a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français et ne présente aucun facteur de détresse particulière alors qu'il n'est nullement établi que sa fille mineure serait exposée à risque grave pour sa santé et sa sécurité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2022, Mme B, représentée par Me Rodrigues Devesas, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ; à titre subsidiaire, à ce qu'il lui soit accordé un délai de neuf mois pour quitter les lieux.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que le préfet de la Loire-Atlantique ne justifie pas la mesure d'expulsion de façon suffisamment précise et argumentée et qu'il a sollicité cette mesure 1 an et 5 mois après la fin de sa procédure de demande d'asile ;
- la mesure demandée n'est pas utile dès lors qu'elle se retrouvera sans abri, étant isolée sur le territoire français et qu'elle se trouve dans une situation de particulière vulnérabilité, ayant deux enfants et souffrant d'un tableau clinique d'allure post-traumatique associé à un effondrement dépressif, selon les termes de son médecin psychiatre qui la suit depuis 2020 ; elle a par ailleurs contesté les mesures prises à son encontre, notamment d'éloignement.
Par un mémoire complémentaire enregistré le 17 août 2022, le préfet de la Loire-Atlantique déclare se désister de sa requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience puis, le 17 août 2022, de la radiation de l'affaire du rôle du 23 août 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.
2. Par un mémoire enregistré le 17 août 2022, le préfet de la Loire-Atlantique déclare se désister de sa requête. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés à l'instance :
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme B présentées sur le fondement des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement du préfet de la Loire-Atlantique.
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme B sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au ministre de l' intérieur et des Outre-mer et à Me Rodrigues Devesas.
Copie sera en outre adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 25 août 202Le juge des référés,
L. BOUCHARDON
La République mande et ordonne au ministre de l' intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026