mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2209999 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | POTIER KERLOC'H |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 29 juillet et 14 octobre 2022, la commune de Saint Nazaire, représentée par son maire en exercice, et la communauté d'agglomération de la région nazairienne et de l'estuaire (Carene), représentée par son président en exercice, représentées par Me Naux, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures, de :
1°) prescrire, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise afin de déterminer l'origine, les causes et les conséquences des désordres affectant les ascenseurs Nord et Sud de la gare ferroviaire située à Saint Nazaire (44600) ;
2°) dire que l'expert devra soumettre un pré-rapport aux parties ;
3°) débouter la société AXA France Iard de sa mise hors de cause ;
4°) réserver les dépens.
Elles soutiennent que :
-en 2014, la Carene a décidé d'aménager un pôle d'échange multimodal pour l'accroissement du cadencement de la desserte ferroviaire régionale et l'amélioration des performances du réseau urbain de bus (STRAN) intégrant une nouvelle ligne structurante de type " Helyce , interurbain (Lila) et régional ;
-des travaux d'infrastructure et de bâtiment ont été réalisés, avec la mise en place d'ascenseurs, pour aménager et rénover les accès Nord et Sud de la gare ferroviaire de Saint-Nazaire ;
-la mission de maîtrise d'œuvre a été confiée à un groupement conjoint composé de la société Seura (Architectes mandataire du groupement), de l'Atelier Roberta (paysagistes), de la société EVP Ingénierie (ingénieur structure), de la société SCE (aménagement et environnement), de la société Vepeas (économie de la construction), et de la société Rozenn Le Couillard - Noctiluca (conception lumière) ;
-les lots n°11a " ascenseur secteur Nord " et 11b " ascenseur secteur Sud " ont été attribués à la société Arvor Automatisme qui a fusionné depuis avec la société Altor, société absorbante, et d'autres sociétés, la société Ascenseurs Techniques Lyonnais, la société Générale d'Ascenseurs et la société Mac Puarsac ;
-en 2019, la société Arvor Automatisme est devenue la société Mac Puar Ascenseurs ;
-les lots 11a et 11b ont été réceptionnés avec réserves le 6 mars et 20 février 2019 ;
-des pannes récurrentes ont été constatés par la suite et l'ensemble des réserves n'ont pas été levées ;
-il n'est pas possible de déterminer si les pannes constatées présentent un lien avec les réserves émises à la réception ;
-l'expertise est utile pour déterminer l'existence des désordres.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2022, la société AXA France Iard, représentée par Me Perrier-Texier, demande au juge des référés de :
1°) débouter la commune de Saint-Nazaire et la Carene de leur demande de désignation d'expert dirigée à son encontre ;
2°) mettre solidairement à la charge de la commune de Saint-Nazaire et de la Carene la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la responsabilité décennale de la société Arvor Automatisme devenue la société Mac Puar Ascenseurs ne peut être mise en œuvre au regard des termes de l'arrêt rendu par la 3ème chambre de la Cour de Cassation en date du 16 novembre 2017 dès lors que les réserves n'ont pas été levées.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 8 août et 11 août 2022, la société Mac Puar Ascenseurs, représentée par Me Merakeb, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, de :
1°) débouter la société AXA France Iard de sa demande de mise hors de cause ;
2°) prendre acte de ses protestations et réserves sur la mesure d'expertise sollicitée ;
2°) réserver les dépens.
Elle soutient que la société AXA France Iard ne démontre pas que les réserves qui n'ont pas été levées sont réellement la cause ou l'origine des désordres constatés sur les ascenseurs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2022, la société Etudes Urbanisme et Architecture (Seura), représentée par Me Haudebert, demande au juge des référés de :
1°) dire et juger fondées ses protestations et réserves sur l'exposé des faits, la mission de l'expert, les responsabilités encourues, le tribunal compétent, et la loi applicable à une action au fond ;
2°) dire et juger qu'elle se réserve le droit d'invoquer ultérieurement toute exception de procédure et/ou de défense au fond ;
3°) compléter la mission de l'expert par l'apurement des comptes entre les parties ;
4°) faire à sa demande par laquelle elle s'associe à la demande expertale au contradictoire des sociétés Mac Puar Ascenseurs, AXA France Iard et l'Auxiliaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2022, la société Auxiliaire, représentée par Me Potier Kerloc'h, demande au juge des référés de :
1°) lui décerner acte de ce qu'elle formule toutes protestations et réserves d'usage, notamment de garantie, sur la mesure d'expertise sollicitée ;
2°) faire droit à sa demande pour s'associer à la demande d'expertise demandée par les collectivités publiques requérantes et de l'ordonner à l'encontre des parties en cause.
La requête a été communiquée à la société Vepeas qui n'a pas produit de mémoire dans le délai imparti.
Vu les pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C, première vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. La Carene a procédé à la réalisation de travaux d'infrastructure et de bâtiment, avec la mise en place d'ascenseurs, pour aménager et rénover les accès Nord et Sud de la gare ferroviaire de Saint-Nazaire. La société Arvor Automatisme devenue depuis la société Mac Puar Ascenseurs, titulaire des lots n°11a et 11b pour les ascenseurs des secteurs Nord et Sud, a été chargée de la réalisation de l'installation des ascenseurs. La réception des travaux a été prononcée avec réserves les 6 mars et 20 février 2019. Des pannes récurrentes ont été constatées par la suite. La commune de Saint-Nazaire et la Carene demandent à présent au juge des référés de prescrire une mesure d'expertise en vue de déterminer l'origine, les causes et les conséquences des désordres et des pannes affectant les ascenseurs Nord et Sud de la gare ferroviaire de Saint-Nazaire.
Sur la demande de mise hors de cause de la société AXA France Iard :
2. En premier lieu, la société AXA France Iard demande au juge des référés de la mettre hors de cause au motif que les réserves des lots 11a et 11b n'ont pas été levées et que la garantie de l'assurance décennale ne peut être mobilisée. Toutefois, la mise en cause de la société Axa France Iard expressément demandée par les collectivités publiques requérantes en qualité d'assureur de la société Arvor Automatisme devenue, après fusion absorption, la société Mac Puar Ascenseurs, constitue une simple mesure d'instruction ne préjugeant pas de sa responsabilité, tous droits et moyens des parties étant réservés. Par ailleurs, la société Mac Puar Ascenseurs, son assuré, s'oppose à sa mise hors de cause. Il n'appartient pas en outre au juge des référés de se prononcer sur la mobilisation de la garantie de l'assurance décennale d'un assureur au regard de réserves qui n'ont pas été levées. La demande de mise hors de cause de la société AXA France Iard doit par conséquent être rejetée.
Sur l'utilité de la mesure d'expertise :
3. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
4. En l'état de l'instruction, l'expertise demandée n'apparaît pas manifestement dépourvue d'utilité au regard des non-conformités relevées sur l'équipement en cause. L'expertise judiciaire demandée revêt ainsi un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
5. S'agissant de la mission confiée à l'expert, il n'y a pas lieu, en l'espèce, de compléter sa mission au regard des observations de la société Etudes Urbanisme et Architecture en ce qui concerne l'apurement des comptes entre les parties, qui n'est pas sollicité par les collectivités publiques requérantes.
Sur les réserves exprimées :
6. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de protestations ou de réserves. Les conclusions en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les dépens :
7. Devant les juridictions administratives, il appartient au président de la juridiction, et non au juge des référés, de fixer par ordonnance les frais et honoraires qui seront dus à l'expert et de désigner la partie qui en assumera la charge. Il s'ensuit que les conclusions des parties tendant à réserver les dépens, ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société AXA France Iard tendant à mettre solidairement à la charge de la commune de Saint-Nazaire et de la Carene la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A B, inscrit auprès de la cour d'appel de Versailles à la rubrique C-01-04 " Ascenceurs - Monte-charges, Escaliers mécaniques - remontées mécaniques ", 6 avenue Charles de Gaulle à Le Chesnay (78150) est désigné comme expert avec pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux, entendre les parties et prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos sur l'équipement en cause et son utilisation ;
2°) rappeler et préciser les liens contractuels unissant les parties, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ;
3°) procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres, non-conformités et défauts de conception et/ou d'installation, affectant l'équipement en question, en l'occurrence les ascenseurs Nord et Sud de la gare ferroviaire de Saint-Nazaire ; relever les éventuelles réparations effectuées sur l'équipement et se faire communiquer tout document relatif à son entretien depuis sa livraison ;
4°) donner son avis sur la conformité des travaux réalisés notamment aux préconisations du fabricant, aux règles de l'art ainsi qu'aux normes de sécurité ;
5°) préciser si les désordres constatés étaient apparents au moment de la réception ;
6°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres susceptibles d'affecter ou qui affectent l'équipement en question, en précisant s'ils sont imputables à sa fabrication, à sa conception, à un défaut de direction ou de surveillance, ou encore à ses conditions d'utilisation et d'entretien et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer la part d'imputabilité à chacune d'elles ;
7°) réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire si les éventuelles réparations réalisées sont conformes aux clauses contractuelles ou si elles sont de nature à rendre l'équipement en question impropre à sa destination ou à compromettre sa solidité et sa viabilité ;
8°) proposer, le cas échéant, les réparations conservatoires urgentes et évaluer leur coût dès lors que les constatations effectuées seraient de nature à constituer un risque pour les utilisateurs de l'équipement et/ou des tiers ;
9°) indiquer la nature et le coût des réparations nécessaires à la remise en état de l'équipement en précisant leur conformité aux caractéristiques techniques et administratives du véhicule pour les besoins des réparations qui seraient nécessaires ;
10°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 2 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira sa mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, recourir à un sapiteur qui sera préalablement désigné par le président du tribunal administratif.
Article 3 : L'expert effectuera sa mission au contradictoire de :
-la commune de Saint-Nazaire,
-la Carene,
-la société Mac Puar Ascenseurs,
-la société d'Etudes d'Urbanisme et d'Architectures,
-la société AXA France Iard,
-la société Vepeas,
-la société L'Auxilaire.
Article 4 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert déposera au greffe un exemplaire papier et un exemplaire par voie dématérialisée de son rapport avant le 31 décembre 2023. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s'opérer sous forme électronique avec l'accord desdites parties, à laquelle il joindra copie de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : Les frais et honoraires de l'expertise seront taxés ultérieurement par le tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Saint-Nazaire, à la Carene, à la société Mac Puar Ascenseurs, à la société d'Etudes d'Urbanisme et d'Architectes, à la société AXA France Iard, à la société Vepeas, à la société L'Auxiliaire et à M. B, expert.
Fait à Nantes, le 11 avril 2023.
La juge des référés,
F. C
La République mande et ordonne au préfet de Loire-Atlantique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2209999
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026