jeudi 7 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2210211 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL BEAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 2 août 2022, le 23 mai 2023 et le 2 août 2023, M. A B, représenté par la Selarl Publi-Juris, demande au juge des référés :
1°) de condamner la société (SA) Enedis à lui verser une provision de 200 000 euros en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi à la suite de l'accident survenu le 29 juin 2010 ;
2°) de mettre à la charge de la société Enedis une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa créance n'est pas prescrite ; la prescription quadriennale n'est pas applicable, eu égard au statut de la société Enedis, de sorte que sa créance relève de la prescription décennale de l'article 2226 du code civil ; en tout état de cause, il a en effet porté plainte contre X dès le 20 août 2010, puis a déposé un recours, le 18 janvier 2014, devant le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS), en lien avec l'incident, dont il s'est désisté en 2017 puis a assigné la SA Enedis devant le tribunal judiciaire de Saint Nazaire le 26 juin 2020 ; en outre, il peut être regardé comme ayant été dans l'ignorance de sa créance, faute de connaître, avant 2019, l'identité des responsables de son accident, les travaux litigieux ayant été exécutés sous la maîtrise d'ouvrage du Sydela, par l'intermédiaire de la Société Vigilec, avec l'intervention concomitante des services d'ERDF ;
- l'accident qu'il a subi résulte d'un dysfonctionnement de la société ERDF, désormais SA Enédis, causé par le rétablissement de l'électricité, dans le secteur où il effectuait des travaux de pose d'une boite de dérivation afin d'alimenter en électricité un commerce ; il a subi une électrocution ; ce dysfonctionnement fautif engage la responsabilité de la SA Enedis ;
- il a subi divers préjudices corporels qui devront être évalués par un expert ; il peut prétendre toutefois à une provision d'un montant de 200 000 euros ;
Par un mémoire, enregistré le 11 août 2022, la Caisse primaire d'assurance maladie de la Loire-Atlantique, représentée par son directeur général, demande au juge des référés de condamner la SA ENEDIS à lui payer une somme de 29 102,13 euros, représentant le montant des prestations servies au titre de l'assurance maladie à M. B, avec les intérêts au taux légal et la capitalisation des intérêts, ainsi que le paiement de l'indemnité forfaitaire de gestion pour un montant de 1114 euros et la somme de 1 500 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 avril 2023, le 5 juillet 2023 et le 1er septembre 2023, la société Enedis, représentée par Me Beaumont, conclut au rejet de la requête et des conclusions de la CPAM de la Loire-Atlantique et à ce que soit mis à la charge de M. B le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la créance de M. B est prescrite ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Degommier pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de provision :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
2. Pour demander la condamnation de la société Enedis au paiement d'une provision, M. B, qui considère que sa créance n'est pas prescrite, soutient que l'accident qu'il a subi le 29 juin 2010 résulte d'un dysfonctionnement de la société ERDF, désormais SA Enédis, causé par le rétablissement intempestif de l'électricité, dans le secteur où il effectuait des travaux de pose d'une boite de dérivation afin d'alimenter en électricité un commerce, qu'il a subi une électrocution et que ce dysfonctionnement fautif engage la responsabilité de la SA Enedis.
Sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la prescription ;
3. D'une part, les dommages causés par la présence, la construction ou l'entretien des lignes de distribution d'énergie électrique comprises dans une concession ont le caractère de dommages de travaux publics. Le salarié d'une entreprise chargée d'intervenir sur une ligne électrique haute tension en vue de procéder au raccordement d'un nouveau magasin au réseau électrique n'est pas un tiers par rapport à cet ouvrage public mais un participant à l'exécution de travaux publics. La responsabilité du concessionnaire du réseau n'est dès lors engagée que sur le terrain de la faute.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 4121-1 du code du travail : " L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. ". Aux termes de l'article R. 4534-113 de ce code : " Le travail ne peut commencer que lorsque l'employeur est en possession de l'attestation de mise hors tension écrite, datée et signée par l'exploitant. " ; aux termes de l'article R. 4564-125 de ce code : " En application des dispositions de la présente sous-section et avant le début des travaux, l'employeur : / 1° Fait mettre en place les dispositifs protecteurs nécessaires ; / 2° Informe les travailleurs, au moyen d'une consigne écrite, sur les mesures de protection à mettre en œuvre lors de l'exécution des travaux. ".
5. Si l'expert judiciaire désigné dans le cadre de l'enquête pénale a conclu à " une grossière erreur de manipulation de la part d'ERDF ", il ressort de son rapport remis le 18 mai 2011 que les causes de l'accident n'ont pas été clairement identifiées dans la mesure où l'expert a émis trois hypothèses pour expliquer une remise sous tension inopinée d'une partie du réseau, à savoir la mauvaise communication entre les agents d'ERDF ou une erreur de manipulation d'un des agents d'ERDF ou encore une défaillance du logiciel informatique, qui sont insuffisantes pour caractériser une faute commise par le concessionnaire du réseau dans la survenance de l'accident. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que le 29 juin 2010, M. B, salarié électricien de la société Vigilec, qui intervenait sur un chantier afin de procéder au raccordement d'un nouveau magasin sur le réseau électrique, à la Chapelle des Marais (Loire-Atlantique), a été électrocuté, alors qu'il posait une boite de dérivation, en raison du rétablissement intempestif du courant électrique. Il résulte notamment des éléments du dossier pénal que cette intervention a été effectuée sans que l'employeur ait été en possession de l'attestation de mise hors tension prévue par l'article R. 4534-113 du code du travail. Eu égard notamment à l'absence de cette attestation et à l'incertitude sur les causes réelles de l'accident, l'existence de l'obligation de la société Enedis envers M. B ne présente pas, en l'état de l'instruction, un caractère non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Loire-Atlantique :
8. La créance de M. B ne pouvant être regardée comme non sérieusement contestable, il en va de même de la créance dont se prévaut la CPAM de la Loire-Atlantique. Par suite, les conclusions de celle-ci doivent être rejetées, y compris celles tendant au paiement de l'indemnité forfaitaire de gestion et de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Sur les frais exposés par la société Enedis :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B le versement d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Loire-Atlantique sont rejetées.
Article 3 : M. B versera à la société Enedis une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la société Enedis et à la Caisse primaire d'assurance maladie de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 7 septembre 2023.
Le juge des référés,
S. DEGOMMIER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026