lundi 24 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2211320 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 30 août et 3 novembre 2022, Mme A C, représentée par Me Bouliou, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de :
1°) prescrire une expertise médicale judiciaire en vue de déterminer les préjudices qu'elle subit à la suite de sa chute survenue le 11 décembre 2020 vers 12 heures, à proximité de l'école située rue de la Martinière à Château-Gontier-sur-Mayenne (53204) ;
2°) condamner la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne à lui verser une provision de 10 000 euros à valoir sur l'ensemble de ses préjudices ;
3°) débouter la commune de Château-Gontier de ses demandes ;
4°) mettre à la charge de la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 7691-1 du code de justice administrative ;
5°) mettre à la charge de la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne les entiers dépens de la procédure.
Elle soutient que :
-elle a été victime d'une chute sur une dalle de plastique installée par la commune ;
-elle a subi des blessures à sa cheville gauche l'obligeant à porter un plâtre pendant plus d'un mois et à suivre ensuite plusieurs séances de kinésithérapie ;
-elle a subi plusieurs arrêts de travail du fait de ses séquelles et est toujours contrainte d'utiliser une canne pour se déplacer ;
-elle a sollicité l'indemnisation de ses préjudices auprès de la commune de Château-Gontier qui lui a opposé un refus le 20 mai 2022 ;
-elle a saisi le 22 juin 2022 le tribunal d'une requête aux fins de condamnation de la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne ;
-la responsabilité de la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne est engagée au regard de la dangerosité du revêtement plastique qu'elle a enlevé immédiatement après son accident ;
-l'expertise est utile pour permettre de déterminer les dommages qu'elle a subis ;
-sa demande de provision est bien fondée.
Par un mémoire, enregistré le 2 septembre 2022, la Caisse Primaire d'Assurance Maladie de la Loire-Atlantique ne s'oppose pas à la demande d'expertise et demande à être rendue destinataire du rapport médical.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2022, la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne, représentée par Me Marchand, demande au juge des référés :
1°) à titre principal, de rejeter la requête de Mme C ;
2°) à titre subsidiaire, de lui donner acte de ce qu'elle formule toutes les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise ;
3°) mettre à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requérante a déjà saisi le tribunal d'une requête au fond tendant à sa condamnation à lui verser la somme de 25 063,85 euros en réparation des préjudices subis du fait de sa chute ;
- il n'entre pas dans les pouvoirs du juge des référés d'allouer une provision à hauteur de 10 000 euros.
Vu :
-les pièces jointes à la requête ;
-le code général des collectivités territoriales ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Nantes a désigné Mme B, première vice-présidente du tribunal administratif de Nantes, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C sollicite la désignation d'un expert médical aux fins de déterminer les différents préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de la chute dont elle a été victime sur le territoire de la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne le 11 décembre 2020 à proximité de l'école située rue de la Martinière.
Sur la demande d'expertise médicale :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction (). ".
3. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce dernier titre, il ne peut faire droit à une demande d'expertise permettant d'évaluer un préjudice, en vue d'engager la responsabilité d'une personne publique, en l'absence manifeste de lien de causalité entre le préjudice à évaluer et la faute alléguée de cette personne publique.
4. Par ailleurs, si la responsabilité de la personne publique, propriétaire d'un ouvrage public, est engagée de plein droit à l'égard de l'usager victime d'un dommage, sans que l'intéressé ait à établir l'existence d'une faute à la charge de cette personne publique, encore faut-il que le dommage soit effectivement imputable à un défaut d'entretien normal de l'ouvrage et non à l'inattention de la victime à l'égard d'un obstacle ou d'une altération qui n'excèdent pas, par leur nature et leur importance, ceux auxquels un usager peut normalement s'attendre, en particulier l'usager de la voirie publique.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il appartient au juge des référés, dans le cadre de son office, d'apprécier si l'existence même d'un fait générateur susceptible d'engager la responsabilité d'une personne publique, sur le fondement du défaut d'entretien normal d'un ouvrage public, peut être tenue, comme suffisamment probable pour justifier l'utilité d'une mesure d'expertise aux fins d'évaluer le préjudice corporel que la victime du dommage soutient avoir subi.
6. Mme C soutient que le 11 décembre 2020 vers 12 heures, elle a chuté sur une dalle en plastique, installée par la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne, à proximité de l'école située rue de la Martinière. Elle produit des éléments médicaux, faisant état de sa prise en charge médicale à la date de son accident, des attestations écrites relatives à sa chute sur les lieux, ainsi qu'une attestation du Service Départemental d'Incendie et de Secours de la Mayenne (SDIS 53) en date du 24 septembre 2021.
7. Il résulte toutefois de la présente instruction que Mme C a introduit une requête au fond devant le présent tribunal, enregistrée sous le numéro 2208002, pour voir reconnaître la responsabilité de la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne et obtenir l'indemnisation de ses préjudices. Dans ces conditions, aucune circonstance particulière ne conférerait à la mesure d'expertise qu'il est ainsi demandé au juge des référés d'ordonner, un caractère d'utilité différent de celui de la mesure que le juge du fond, déjà saisi, pourra le cas échéant décider dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction après s'être prononcé sur la question de la responsabilité de la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne.
8. Par suite, la demande d'expertise présentée par Mme C apparait dépourvue d'utilité au sens et pour l'application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et doit être rejetée.
Sur la demande provision :
9. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
10. Il résulte de ces dispositions, que pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
11. Mme C demande au juge des référés la condamnation de la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne au versement d'une provision de 10 000 euros à valoir sur l'indemnisation de ses préjudices. Toutefois, en l'état de l'instruction, tant le principe que l'étendue d'une éventuelle responsabilité de la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne n'est suffisamment établie. Dès lors, l'existence de l'obligation dont l'intéressée se prévaut ne présente pas le caractère non sérieusement contestable exigé par les dispositions de l'article R.541-1 du code de justice administrative précitées. Par suite, les conclusions de Mme C, tendant au versement d'une provision, doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne la somme de 2 000 euros que demande Mme C au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
13. Il n'y a pas davantage lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C la somme de 2 000 euros que demande la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Château-Gontier-sur-Mayenne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C, à la commune de Chaâteau-Gontier-sur-Mayenne, et à la CPAM de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 24 avril 2023.
La juge des référés,
F. B
La République mande et ordonne au préfet de la Mayenne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2211320
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026