LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2211768

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2211768

mardi 29 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2211768
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantPHILIPPON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 septembre 2022 et le 5 octobre 2022, M. C D, représenté par Me Philippon, demande au juge des référés, statuant au titre de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) de condamner Nantes Métropole à lui verser la somme provisionnelle de 6 076, 90 euros, majorée des intérêts légaux eux-mêmes capitalisés, en réparation du préjudice subi du fait de la chute d'un arbre sur son véhicule à Nantes le 8 avril 2022 ;

2°) de mettre à la charge de Nantes Métropole le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- un arbre appartenant à Nantes Métropole s'est abattu le 8 avril 2022 sur son véhicule garé rue Jean-Baptiste Delambre à Nantes ;

- la créance est incontestable en raison d'un défaut d'entretien normal d'un ouvrage public, dès lors que cet arbre n'avait pas été inspecté depuis une durée anormalement longue et était en mauvais état ;

- le préjudice matériel, correspondant au coût de réparation de son véhicule, est de 3 076, 90 euros ;

- faute de moyens pour prendre en charge la réparation de son véhicule et d'un second véhicule, il a dû renoncer à des missions d'intérim nécessitant d'être véhiculé ;

- il est contraint d'emmener sa fille à des rendez-vous médicaux quatre fois par semaine en utilisant les transports en commun, qu'elle supporte très mal.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 22 septembre 2022 et le 26 octobre 2022, Nantes Métropole, représentée par Me Phélip, conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à ce qu'il ne soit fait droit aux prétentions que dans une moindre mesure et à ce que soit mis à sa charge le versement de la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'obligation est sérieusement contestable, en l'absence de défaut d'entretien normal et la chute de l'arbre s'expliquant par une tempête avec un vent très fort ;

- aucune indemnité ne peut être allouée au requérant en réparation de son préjudice matériel, ni au titre d'un préjudice de jouissance ou au titre du préjudice de la fille du requérant ;

- subsidiairement, les prétentions chiffrées de la requête ne sont pas justifiées et sont excessives.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 novembre 2022.

Le président du tribunal a désigné M. A de Baleine pour statuer sur les demandes de référé.

Vu :

- le code civil ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de la voirie routière ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. D a acheté à Saint-Herblain le 5 avril 2022 un véhicule automobile. Le 8 avril 2022 vers 9 h 45 mn, alors que son véhicule était stationné rue Jean-Baptiste Delambre à Nantes, un peuplier planté à proximité de l'emplacement de ce stationnement s'est abattu, occasionnant des dommages à ce véhicule. Le 22 juin 2022, M. D a saisi Nantes Métropole d'une demande de réparation des conséquences dommageables de la chute de cet arbre, demande qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. M. D demande au juge des référés, statuant au titre de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner Nantes Métropole à lui payer à titre de provision la somme en principal de 6 076, 90 euros.

Sur les conclusions à fin de provision :

2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. () ". Pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état.

3. Le maître d'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers, tant en raison de leur existence que du fait de leur fonctionnement. Le maître de l'ouvrage ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers n'ont pas à démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.

4. Il résulte de l'instruction que l'arbre qui s'est abattu le 8 avril 2022, endommageant le véhicule de M. D, était planté dans une bande enherbée et légèrement talutée, comportant un alignement d'arbres de haute tige et d'autres plantations, bande plantée séparant des murs de clôture de propriétés voisines la chaussée de la rue Jean-Baptiste Delambre et les places de stationnement délimitées perpendiculairement à cette chaussée, cette dernière et ces places formant la voirie de cette rue affectée à la circulation et au stationnement des véhicules. Cette bande enherbée et les diverses plantations s'y trouvant ne sont pas incorporées à cette voirie ainsi aménagée pour la circulation et le stationnement des véhicules et ne constituent pas non plus des dépendances nécessaires de ladite voirie. Il en résulte que si le requérant était, le 8 avril 2022, usager de la voirie de la rue Jean-Baptiste Delambre, il avait, en revanche, la qualité de tiers vis-à-vis de l'ouvrage public constitué par l'arbre qui s'est ainsi abattu et dont la chute a constitué la cause du dommage. Dès lors, Nantes Métropole ne peut utilement soutenir avoir normalement entretenu cet arbre et qu'il ne présentait aucun signe permettant de suspecter une quelconque fragilité.

5. Si Nantes Métropole soutient que la chute de cet arbre est survenue, le 8 avril 2022, exclusivement en raison d'une tempête survenue à cette date lors de laquelle, à Nantes, des rafales de vent ont été enregistrées à près de 100 km/h, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que, même à admettre que ces intempéries auraient constitué la cause déterminante de la chute de l'arbre, elles auraient revêtu les caractères d'un cas de force majeure, ce qu'au demeurant Nantes Métropole ne soutient pas. Dès lors et sans qu'elle se heurte à une contestation sérieuse, la responsabilité de Nantes Métropole à l'égard du requérant, tiers à l'ouvrage générateur du dommage, est engagée, mais non sa responsabilité, relevant d'ailleurs de la même cause de la demande en justice, à l'égard d'un usager de cet ouvrage.

6. M. D justifie avoir acquis le 5 avril 2022 le véhicule endommagé le 8 avril suivant au prix de 3 350 euros. Il justifie également que le coût de la remise en état de ce véhicule est de 3 076, 90 euros toutes taxes comprises. Dès lors, l'obligation pour Nantes Métropole, maître de l'ouvrage cause du dommage, d'indemniser l'intéressé de ce coût ne se heurte pas à une contestation sérieuse.

7. M. D soutient également que, faute de pouvoir disposer du véhicule endommagé le 8 avril 2022 et de moyens lui permettant de disposer d'un autre véhicule, il a dû renoncer à des missions de travail intérimaire nécessitant un véhicule. Toutefois, il ne justifie pas du caractère certain du préjudice dont il demande réparation à ce titre, ni du lien de causalité entre le dommage occasionné à son véhicule le 8 avril 2022 et le préjudice ainsi invoqué, en se bornant à présenter une attestation d'une chargée de recrutement d'une agence d'intérim en date du 28 juin 2022, alors que plusieurs des bulletins de salaire qu'il produit porte sur des périodes travaillées postérieures au 8 avril 2022, l'un de ces bulletins émanant de cette entreprise de travail intérimaire. La requête ne peut, sur ce point, être regardée comme ne se heurtant à aucune contestation sérieuse.

8. M. D soutient, enfin, que, faute de pouvoir disposer du véhicule endommagé le 8 avril 2022 et des moyens lui permettant de disposer d'un autre véhicule, il se trouve contraint d'emmener sa fille née en 2017 quatre fois par semaine à des rendez-vous médicaux au moyen des transports en commun, alors que cette enfant supporte très mal de tels transports en raison de son état de santé. Toutefois, les pièces présentées, qui ne suffisent pas à établir une impossibilité ou une difficulté excessive d'utiliser les transports en commun pour se rendre à ces rendez-vous, n'établissent pas non plus que le requérant se serait trouvé dans l'impossibilité d'effectuer ces déplacements avec son enfant par un autre moyen que les transports en commun. La requête ne peut, sur ce point également, être regardée comme ne se heurtant à aucune contestation sérieuse.

9. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner Nantes Métropole à verser à M. D une provision d'un montant de 3 076, 90 euros, majorée des intérêts moratoires au taux légal à compter du 22 juin 2022, date de réception par Nantes Métropole de la demande indemnitaire de l'intéressé.

10. Aux termes de l'article 1343-2 du code civil: " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet, d'une part et au plus tôt qu'à la date à laquelle elle est enregistrée et, d'autre part, qu'à la condition que, pour la première fois, les intérêts soient dus pour une année entière. En l'espèce, la capitalisation des intérêts a été demandée par la requête, enregistrée le 6 septembre 2022. Il en résulte que, pour le cas où la provision mise à la charge de Nantes Métropole n'aurait pas été payée au 6 septembre 2023, les intérêts sur cette provision dus à cette date et depuis le 22 juin 2022 seront capitalisés au 6 septembre 2023 pour produire eux-mêmes intérêts, puis à chaque échéance annuelle à compter du 6 septembre 2023.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de M. D, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, la somme que demande Nantes Métropole à ce titre. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Nantes Métropole le versement à Me Philippon de la somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

O R D O N N E :

Article 1er : Nantes Métropole est condamnée à payer à M. D la somme provisionnelle de 3 076, 90 euros, majorée des intérêts au taux légal à compter du 22 juin 2022, eux-mêmes capitalisés au 6 septembre 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, dans les conditions indiquées au point 10 de la présente ordonnance.

Article 2 : Nantes Métropole versera à Me Philippon la somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions présentées par Nantes Métropole au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D, à Nantes Métropole et à Me Philippon.

Fait à Nantes, le 29 novembre 2022.

Le juge des référés

A. A de BALEINE

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions