mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2211855 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | AARPI JASPER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 septembre 2022 et le 4 septembre 2023, M. E A, Mme D B épouse A, M. G A, M. F A, Mme I A épouse H et Mme C A, représentés par Me Rachet-Darfeuille, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner solidairement le centre hospitalier Erdre et Loire et son assureur la Société hospitalière d'assurances mutuelles à leur verser une provision d'un montant de 1 202 545, 44 euros sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative à valoir sur l'indemnisation des préjudices subis du fait de la prise en charge de M. E A au sein du centre hospitalier Erdre et Loire à compter du 10 septembre 2017 ;
2°) de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier Erdre et Loire et de son assureur la Société hospitalière d'assurances mutuelles une somme de 3 000 euros chacun au profit de M. et Mme A, et une somme de 1 200 euros chacun pour chacun de leurs enfants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- eu égard aux conclusions de l'expert nommé par le juge des référés, l'obligation du centre hospitalier Erdre et Loire présente un caractère non sérieusement contestable au sens des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, sa responsabilité devant être engagée sur le fondement de la responsabilité pour faute en application des dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique ; un enchainement d'erreurs et de manquements sont à l'origine du retard de diagnostic de la fracture dont il souffrait :
o un manque de traçabilité sur le plan médical a été relevé ;
o le protocole en cas de chute n'est pas noté ; il présentait des facteurs de risque de chute et aucun protocole spécifique n'a été mis en place ;
o il y a eu un manque de coordination entre les différents intervenants ;
o le comportement du personnel paramédical du centre hospitalier est sujet à critiques, des propos ayant été tenus sur son alcoolisme supposé alors qu'il était sevré depuis deux mois et son alcoolémie négative ;
o aucune radiographie n'a été réalisée lorsqu'il a chuté dans le service de chirurgie ;
o le scanner demandé du fait de la suspicion de traumatisme rachidien avec lésion médullaire posé par un gériatre n'a été réalisé que tardivement 48 heures plus tard ;
- les manquements commis par le centre hospitalier Erdre et Loire sont à l'origine de la paraplégie incomplète dont M. A souffre désormais ; l'avis du sapiteur sollicité par le centre hospitalier qui n'a examiné la situation que sur dossier retenant une perte de chance ne peut être retenu ;
- ils ont accepté la provision de 30 000 euros proposée par l'assureur du centre hospitalier pour faire face aux premiers frais mais ce montant est insuffisant ;
- en ce qui concerne les préjudices, des provisions devront être versées :
o pour les préjudices de M. A, victime directe, avant consolidation :
* les dépenses de santé actuelles, jusqu'au 10 mars 2019, résultant de l'équipement de son domicile pour être hospitalisé à domicile, s'élèvent à la somme de 6 767, 12 euros à laquelle s'ajoutent des frais pharmaceutiques à hauteur de 241, 57 euros, soit une somme totale de 7 008, 69 euros ; il a produit tous les justificatifs nécessaires et l'attestation de sa mutuelle permettant d'établir le resté à charge ; les doublons allégués ne sont pas établis ;
* les frais divers comportent :
* la somme de 1 800 euros de frais d'assistance au cours de l'expertise judiciaire ;
* la somme de 396, 70 euros de frais de télévision au cours de l'hospitalisation au centre hospitalier universitaire de Nantes ;
* la somme de 4 153 euros au titre des honoraires d'avocat et droit de plaidoirie pour la procédure de référé expertise ; ces frais concernent une procédure distincte, pendant la période de pré-consolidation ; il a attesté sur l'honneur ne pas bénéficier d'un contrat de protection juridique ;
* la somme de 447, 97 euros au titre des frais d'assurance de son fauteuil roulant ; son état hypothétique antérieur avancé par le centre hospitalier et son assureur n'est pas établi ;
* les frais d'assistance par tierce personne avant consolidation comprennent :
* une somme de 190, 99 euros du fait du recours ponctuel à un jardinier pour entretenir le jardin ; l'attestation produite précise l'aide dont il a bénéficié, soit une exonération " employeur de plus de 70 ans " ;
* une somme de 26 434, 60 correspondant à l'aide active apportée par son épouse entre septembre 2018 et février 2019 ;
* une somme de 1 045 euros pour une aide-ménagère pour l'entretien de la maison entre juin 2018 et la date de consolidation ;
* les sommes de 17 050 euros au titre de l'aide présentielle apportée par son épouse et de 10 230 euros au titre de l'aide nocturne apportée par son épouse ;
* en ce qui concerne les aides reçues, les factures et relevés de prestations démontrent qu'ils présentent un total net de l'APA ou de l'exonération " employeur de plus de 70 ans " ;
o pour les préjudices permanents de M. A victime directe, après consolidation :
* des dépenses de santé futures comportant :
* la somme de 221, 74 euros au titre des frais de pharmacie hors nomenclature non pris en charge par sa mutuelle ;
* la somme de 209, 60 euros au titre des franchises et participations forfaitaires pour des consultations ;
* la somme de 5 500 euros au titre de séances d'ergothérapie entre juillet 2019 et juin 2022 qui ne sont pas pris en charge par sa mutuelle ;
* la somme de 6 938, 65 euros au titre du reste à charge des frais d'appareillage jusqu'au mois de juillet 2023 et des accessoires de son fauteuil roulant ;
* des frais d'aménagement du logement à hauteur globale de 46 685, 42 euros, correspondant à des factures d'aménagement de la salle de bains, de la chambre, de modification des ouvertures et du couchage de son épouse ; il a acquitté des factures à hauteur de 34 059, 29 euros et a fait réaliser des devis pour la peinture des murs et boiseries (6 660, 83 euros) et la pose d'un revêtement de sol permettant la circulation du fauteuil (5 965, 30 euros) ;
* des frais d'acquisition d'un véhicule aménagé, à hauteur de 25 861, 29 euros ;
* des frais d'assistance permanente par tierce personne comprenant :
* la somme de 5 986, 99 euros au titre du recours à des salariés, jardinier ou accompagnateur, de mars 2019 à juin 2023 ;
* la somme de 15 458, 85 euros au titre de l'assistance à la réalisation des actes de la vie quotidienne apportée par un contrat de prestation conclu avec l'ADAR le 6 septembre 2018 et complétée par son épouse ; les relevés produits établissent clairement la part restée à charge une fois l'APA retirée ;
* la somme de 9 061, 50 euros correspondant à l'intervention d'une aide-ménagère à domicile jusqu'en juin 2023 ;
* la somme de 164 707, 34 euros au titre du temps d'aide ménagère réalisée par son épouse ;
* la somme de 341 600 euros au titre des aides présentielles apportées par son épouse ;
* la somme de 204 960 euros au titre de l'aide nocturne apportée par son épouse ;
* la somme de 1 072, 48 euros au titre des frais de téléassistance pour assurer sa sécurité en cas de chutes, conclu avec le département, avec un reste à charge mensuel de 20, 08 euros puis avec un prestataire privé avec un reste à charge mensuel de 22, 50 euros ;
* la somme de 575, 08 euros au titre des frais de déplacement par ambulances pour se rendre à des fêtes familiales le 15 avril 2021, le 13 juillet 2019, le 2 octobre 2022 et les 9 et 19 juin 2023 ;
* pour les préjudices extra-patrimoniaux de M. A, victime directe :
* la somme de 14 751 euros au titre du déficit temporaire total entre le 10 septembre 2017 et le 30 novembre 2018 ;
* la somme de 2 450 euros au titre du déficit temporaire de classe IV entre le 1er décembre 2018 et le 9 mars 2019 ;
* la somme de 30 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire avant consolidation ;
* la somme de 40 000 euros au titre des souffrances endurées avant consolidation ;
* la somme de 100 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent de 65 % ;
* la somme de 20 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent ;
* la somme de 7 000 euros au titre du préjudice d'agrément ;
* la somme de 20 000 euros au titre du préjudice sexuel ;
* la somme de 5 000 euros au titre du préjudice moral spécifique résultant du traitement humiliant dont il a été victime de la part du personnel soignant ;
o pour les préjudices de Mme A, épouse de la victime directe :
* un préjudice moral d'accompagnement du fait du bouleversement de son quotidien et de sa vie de couple à hauteur de 40 000 euros ;
* un préjudice moral spécifique du fait du comportement humiliant du personnel de santé à hauteur de 4 000 euros ;
* des frais de déplacement à hauteur de 1 402, 60 euros ;
o pour les préjudices des enfants de M. A :
* des frais de déplacement pour aller voir leur père lors de ses hospitalisations à hauteur de 5 234, 84 euros pour Mme C A, de 2 200, 95 euros pour M. F A, de 1 336, 25 euros pour Mme I H et de 5 773, 40 euros pour M. G A ;
* la somme de 5 000 euros chacun au titre de leur préjudice d'accompagnement tant au cours de l'hospitalisation de leur père qu'actuellement du fait de l'impotence de leur père.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Saumon, demande au tribunal de rejeter toute demande qui serait dirigée contre lui et de condamner la partie perdante aux dépens.
Il soutient que :
- aucune demande n'est formulée à son égard ;
- en tout état de cause, les conditions d'engagement de la solidarité nationale en application de l'article L. 1142-1 I du code de la santé publique ne sont pas réunies ; le dommage est lié à un accident médical fautif.
Par un mémoire, enregistré le 27 octobre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire-Atlantique indique qu'elle n'entend pas produire d'écritures dans la présente instance.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 mars 2023 et le 3 avril 2023, le centre hospitalier Erdre et Loire et la compagnie d'assurance Relyens Mutual Insurance, venant aux droits de la Société hospitalière d'assurances mutuelles, demandent au tribunal de rejeter la requête de M. A, son épouse et ses enfants.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité du centre hospitalier Erdre et Loire, en application de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, doit être limitée, le retard de diagnostic n'étant établi qu'à compter du 19 septembre 2017 ; une perte de chance de l'ordre de 40 % doit être retenue compte tenu de la difficulté du diagnostic lié aux antécédents cognitifs du patient, rendant sa surveillance difficile, à son rachis spondylarthrique, expliquant l'absence de symptôme au départ, et à une déstabilisation brutale de son rachis ; 60 % du dommage sont en lien avec les antécédents de l'intéressé, du fait des troubles cognitifs, la confusion liée à l'anesthésie du 14 septembre, les chutes à répétition depuis trois mois et le rachis spondylarthrique ;
- l'appréciation des préjudices de M. A et les autres requérants doit être plus modérée, pour les préjudices patrimoniaux avant consolidation :
o en ce qui concerne les dépenses de santé actuelles, l'intervention des tiers payeurs, caisse primaire d'assurance maladie et mutuelle, n'est pas établie ; plusieurs de ces frais sont liés aux troubles urinaires qui préexistaient aux faits en cause ;
o en ce qui concerne la facture du médecin conseil ayant assisté M. A lors de l'expertise judiciaire, il n'est pas établi que ces frais n'ont pas été pris en charge par son assureur protection juridique ;
o les frais de télévision ne sont pas en lien avec le dommage, relevant de la seule volonté du requérant ;
o en ce qui concerne les frais d'aide par tierce personne temporaire :
* il n'est pas établi que M. A n'aurait pas bénéficié d'une aide financière pour le recours ponctuel à un jardinier ;
* l'expert, qui a retenu 8 heures journalières de surveillance active, 8 heures journalières d'accompagnement présentiel et 8 heures journalières de présence nocturne, a omis de prendre en compte l'état antérieur très lourd du patient, la fracture humérale liée à la première chute, et la fracture du rachis non compliquée ; l'absence d'aide financière n'est pas établie ;
o en ce qui concerne les honoraires d'avocat pour la procédure avant dire droit, M. A ne justifie pas de l'absence en charge de ces frais par une assurance protection juridique ; la demande fait doublon avec celle présentée par les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
o en ce qui concerne l'assurance du fauteuil roulant, sans l'état antérieur du patient, l'intéressé aurait pu se mouvoir en fauteuil manuel ; l'utilisation d'un fauteuil roulant électrique et le coût de son assurance ne sont pas imputables ;
- pour les préjudices patrimoniaux permanents :
o en ce qui concerne les factures de pharmacie, M. A ne démontre pas que les frais de pharmacie hors nomenclature sont restés à sa charge ; il convient d'ôter les traitements déjà reçus par l'intéressé avant les faits ;
o en ce qui concerne les frais de consultation, M. A n'établit pas que ces frais n'ont pas été pris en charge par la caisse primaire d'assurance maladie ; les frais d'ergothérapie ne sont pas exclusivement imputables au manquement du centre hospitalier au regard de l'état antérieur du patient ;
o en ce qui concerne les frais d'appareillage et de petits matériels de soin, les accessoires du fauteuil roulant électriques ne peuvent être retenus, n'étant pas imputable au retard de diagnostic, ni de l'imputabilité des autres matériels de soin, puisque M. A présentait avant les faits des antécédents de troubles urinaires importants ;
o en ce qui concerne les frais d'aménagement du logement, M. A ne justifie pas d'éventuelles aides perçues ; les factures produites concernent pour plusieurs les mêmes prestations, liées à l'aménagement de la salle de bains ; l'achat d'un canapé-lit n'a pas de lien de causalité ; l'expert a souligné que le logement de M. A permettait déjà sa libre circulation ;
o en ce qui concerne les frais d'aménagement du véhicule, l'achat du véhicule dans son intégralité ne peut être retenu ; il n'est justifié ni du véhicule initial ni du surcoût de ce véhicule ;
o en ce qui concerne l'assistance permanente par tierce personne, M. A ne justifie pas d'éventuelles aides perçues ; l'aide 24 h / 24 h retenue par l'expert ne tient pas compte de l'état antérieur du patient ; l'autonomie de M. A a été sous-estimée par l'expert ; la surveillance nocturne n'est pas justifiée, le recours à son épouse n'étant que ponctuel ;
o en ce qui concerne les frais de téléassistance, la demande doit être rejetée et fait double emploi avec la demande d'assistance par tierce personne ;
o en ce qui concerne les frais de déplacement en ambulance pour se rendre aux repas de famille, ces trajets ne résultent que de la volonté du requérant ; M. A n'établit pas que ces frais sont restés à sa charge après déduction des remboursements des organismes sociaux ;
- pour les préjudices extra-patrimoniaux temporaires :
o les demandes au titre du déficit fonctionnel temporaire doivent être rejetées, du fait de l'état de santé antérieur et de la prise en compte de l'hospitalisation initiale résultant de la chute ;
o en ce qui concerne le préjudice esthétique temporaire, du fait de l'usage d'un fauteuil roulant électrique, M. A aurait pu utiliser un fauteuil mécanique en l'absence d'état antérieur ;
o en ce qui concerne les souffrances endurées, ce poste n'est pas suffisamment décrit par l'expert ; la demande au titre de ce poste doit être rejetée ;
- pour les préjudices extra-patrimoniaux permanents :
o l'expert, en retenant un taux de 65 %, a omis de prendre en compte l'état antérieur du patient, en l'absence duquel M. A aurait probablement pu marcher avec déambulateur et utiliser un fauteuil roulant manuel ; le taux doit être retenu à hauteur de 55 %, soit une somme maximale de 78 650 euros ;
o en ce qui concerne le préjudice esthétique permanent, M. A aurait pu utiliser un fauteuil mécanique en l'absence d'état antérieur ; le préjudice esthétique définitif doit être évalué à 4 / 7 ;
o en ce qui concerne le préjudice d'agrément, M. A ne justifie pas de la pratique d'une quelconque activité particulière de sport ou de loisirs, ni de l'impossibilité de continuer la chorale ou les cours d'ateliers informatiques ; la perte de la qualité de vie est déjà réparée par l'indemnité octroyée au titre du déficit fonctionnel permanent ;
o les demandes au titre du préjudice sexuel doivent être rejetées notamment en raison de l'état antérieur du patient ;
- pour les préjudices des membres de la famille de M. A, les frais de déplacement sont hypothétiques et non quantifiables ;
- une provision de 30 000 euros a déjà été versée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le rapport d'expertise du 9 février 2021.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Béria-Guillaumie pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. E A, né en décembre 1941, a été victime le 10 septembre 2017 d'une chute en arrière de sa hauteur à son domicile, à la suite de laquelle il a été hospitalisé dans le service des urgences du centre hospitalier Erdre et Loire (Ancenis, Loire-Atlantique). Il a subi, le 14 septembre suivant, une intervention chirurgicale consistant en une ostéosynthèse et un lavage de la plaie, mettant en évidence la présence de corps étrangers dans celle-ci. A la suite de la dégradation de son état de santé, M. A a subi une nouvelle intervention chirurgicale le 20 septembre 2017 en raison d'une surinfection de la plaie du coude. Un scanner réalisé le 21 septembre 2017 ayant mis en évidence une fracture de deux vertèbres dorsales, M. A a été transféré au sein du centre hospitalier universitaire de Nantes (Loire-Atlantique) où il a subi, le 23 septembre 2017, une nouvelle intervention chirurgicale consistant en une ostéosynthèse de sa double fracture vertébrale et une laminectomie décompressive. M. A est demeuré hospitalisé au sein du centre hospitalier universitaire de Nantes pendant quatorze mois, d'abord en neuro-traumatologie puis en rééducation fonctionnelle neurologique. Plusieurs autres opérations chirurgicales et une rééducation ont ultérieurement été nécessaires pour M. A, qui demeure paraplégique.
2. En décembre 2019, M. A et son épouse ont saisi le juge des référés pour obtenir la désignation d'un expert, demande à laquelle il a été fait droit par une ordonnance n° 1911877 du tribunal administratif de Nantes du 17 juin 2020, cette même ordonnance rejetant en revanche la demande de condamnation solidaire du centre hospitalier Erdre et Loire et de son assureur la Société hospitalière d'assurances mutuelles à leur verser une provision de 80 000 euros. L'expert désigné par le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a rendu son rapport en février 2021. Par la présente requête, et après avoir saisi le centre hospitalier Erdre et Loire d'une demande préalable formulée par un courrier du 24 mars 2022, parvenu le lendemain, M. E A, son épouse Mme D B épouse A et leurs enfants, M. G A, M. F A, Mme I A épouse H et Mme C A demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la condamnation solidaire du centre hospitalier Erdre et Loire et de son assureur la Société hospitalière d'assurances mutuelles, aux droits de laquelle vient la société Relyens, à leur verser, dans le dernier état de leurs écritures, une provision d'un montant global de 1 202 545, 44 euros à valoir sur l'indemnisation des préjudices résultant de la prise en charge de M. E A au sein du centre hospitalier à compter du 10 septembre 2017.
Sur les conclusions à fin de provision :
3. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
4. Il résulte des dispositions citées au point précédent que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
En ce qui concerne l'existence d'une obligation non sérieusement contestable :
S'agissant de la faute :
5. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
6. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert nommé par le juge des référés du tribunal administratif de Nantes, qu'outre la fracture complexe de l'humérus droit dont M. A a été victime à la suite de la chute survenue à son domicile le 10 septembre 2017, il a été victime d'une fracture du rachis dorsal en D6 et D7, pour le traitement de laquelle il a subi une intervention chirurgicale au sein du service de neurotraumatologie du centre hospitalier universitaire de Nantes le 21 septembre 2017. Malgré cette opération, il demeure atteint d'une paraplégie incomplète de niveau T4. Au regard des constatations de l'expert, ainsi que de l'avis de l'expert neurochirurgien sollicité par les défendeurs, l'origine de cette seconde fracture est impossible à déterminer, M. A ayant été victime, outre cette chute à son domicile, de trois chutes au sein du centre hospitalier Erdre et Loire le 12 septembre 2017 à 0 heures 45, le même jour à 12 heures 15 et le 13 septembre à 20 heures. Ni l'expert nommé par le tribunal qui relève que le mécanisme de la chute initiale au domicile est compatible avec une fracture du rachis dorsal, ni l'expert sollicité par les défendeurs, qui relève qu'en raison du rachis de type spondylarthrite de M. A une telle fracture pouvait présenter un caractère asymptomatique à l'entrée des urgences, n'excluent que la fracture du rachis ait pu être antérieure à l'entrée dans le service des urgences de l'intéressé, même en l'absence de symptômes. Néanmoins, il résulte également de l'instruction qu'à partir du 16 septembre 2017, des signes de douleurs du rachis ont été relevés, suivis dans les deux jours suivants de l'apparition d'une rétention urinaire, un syndrome sub-occlusif puis une incapacité à se maintenir en position verticale. Malgré l'apparition de ces symptômes, ni radiographie ni scanner n'ont été diligentés par le centre hospitalier Erdre et Loire. Par ailleurs, à la suite d'un bilan gériatrique effectué le 19 septembre 2017, la gériatre, au vu d'un tableau symptomatogique évoquant un traumatisme rachidien avec compression médullaire, a sollicité la réalisation d'un scanner rachidien. Ce dernier, dont l'expert nommé par le tribunal relève qu'il aurait dû être réalisé en urgence, n'a cependant été réalisé par le centre hospitalier Erdre et Loire que le 21 septembre 2017 et a permis la découverte de la fracture rachidienne et l'orientation du patient verser le service de neuro-traumatologie du centre hospitalier universitaire de Nantes. Il suit de là que la réalisation des examens permettant d'établir le diagnostic de fracture du rachis dont souffrait M. A, à partir du 16 septembre 2017, a été tardive, et dès lors la prise en charge du patient par le centre hospitalier Erdre et Loire a été défaillante, ce qui constitue une faute de nature à engager sa responsabilité ainsi que celle de son assureur.
7. Il résulte de ce qui précède que l'obligation pour le centre hospitalier Erdre et Loire et pour son assureur de réparer les préjudices imputables à la faute rappelée ci-dessus n'est pas sérieusement contestable.
S'agissant de la perte de chance :
8. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge dans un établissement public hospitalier a compromis les chances du patient d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
9. Le rapport de l'expertise ordonnée par le juge des référés estime que la faute commise par le centre hospitalier Erdre et Loire est à l'origine de la prise en charge tardive de la fracture du rachis dont M. A a été victime et que ce retard de diagnostic est à l'origine de la paraplégie de l'intéressé qui n'a pas pu bénéficier à temps des conditions normales et optimales des soins nécessités par sa fracture instable. Cependant l'expert neurochirurgien sollicité par le centre hospitalier défendeur relève la grande difficulté du diagnostic en cause, compte tenu des lourdes pathologies notamment psychiatrique et des antécédents cognitifs, dont était atteint M. A avant la chute ayant nécessité son hospitalisation le 10 septembre 2017 et de la circonstance que le rachis spondylarthrique de l'intéressé n'aurait pas permis de percevoir au départ les symptômes d'une fracture du rachis. Il relève également que même en cas de prescription plus précoce du scanner qui a permis de poser le diagnostic exact, il n'était pas certain que l'intéressé ait récupéré un fonctionnement médullaire satisfaisant. Devant le tribunal, le centre hospitalier n'admet donc, conformément à l'avis de cet expert qu'il a sollicité, qu'un taux de perte de chance de 40 %.
10. Il résulte de ce qui précède que la part non sérieusement contestable de la créance du centre hospitalier Erdre et Loire s'élève à un taux de perte de chance de 40 %.
En ce qui concerne le montant de la provision :
11. L'expert diligenté par le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a fixé au 10 mars 2019 la date de consolidation de l'état de santé de M. A.
S'agissant des préjudices patrimoniaux avant la consolidation :
Quant aux dépenses de santé :
12. M. A justifie, par la production des factures correspondantes émanant notamment des pharmacies et fournisseurs de matériel médical sollicités, avoir exposé un montant total, après prise en charge par l'organisme de sécurité sociale et la mutuelle santé de l'intéressé, une fois déduites les factures présentées deux fois à l'appui des écritures, un montant total de 3 646, 20 euros de dépenses de santé, avant la date de consolidation de son état de santé, correspondant à l'acquisition d'un fauteuil roulant, des accessoires de ce dernier et de divers consommables en lien avec ses troubles urinaires. Si le centre hospitalier défendeur invoque l'existence de troubles urinaires préexistants, il résulte effectivement de l'expertise que M. A avait subi, en 2011, une résection de la prostate pour adénome qui avait laissé une incontinence urinaire. Il résulte cependant également de l'expertise que ces séquelles consistaient en des mictions impérieuses et des fuites, mais n'impliquaient pas, comme c'est désormais le cas postérieurement à la prise en charge par le centre hospitalier Erdre et Loire le port de protections, d'un pénilex et d'une poche à urine. Il résulte également de l'instruction que l'usage par M. A d'un fauteuil roulant doit être regardée comme la conséquence directe de la fracture du rachis dont il a été victime et qui n'a été diagnostiquée que tardivement, l'expert nommé par le tribunal ayant retenu la nécessité d'un fauteuil électrique, à renouveler tous les cinq ans, et son entretien tous les ans. Il suit de là que les dépenses de santé exposées par M. A pour l'acquisition d'un fauteuil roulant, des accessoires de ce dernier et de divers consommables en lien avec ses troubles urinaires doivent être retenues. En revanche, en se bornant à produire les relevés établis par l'organisme de sécurité sociale, démontrant pour certains achats de médicaments effectués en pharmacie une prise en charge non complète, M. A n'apporte aucun élément de nature à déterminer que les médicaments n'ayant ainsi pas fait l'objet d'une prise en charge à 100 % seraient exclusivement en lien avec les séquelles résultant de la fracture du rachis, l'état de santé de M. A avant sa prise en charge par le centre hospitalier Erdre et Loire nécessitant déjà la prescription de nombreux médicaments.
13. Il résulte de ce qui précède que les dépenses de santé avant consolidation pouvant être retenues s'élèvent à la somme globale de 3 646, 20 euros. Compte tenu du pourcentage de perte de chance retenu au point 10, la somme de 1 458, 48 euros présente un caractère non sérieusement contestable.
Quant aux frais divers :
14. En premier lieu, compte tenu de la nécessité pour l'épouse de M. A d'assurer une assistance constante vingt-quatre heures sur vingt-quatre auprès de son époux, le coût d'achat d'un canapé-lit pour demeurer à ses côtés pour un montant de 713, 90 euros apparait également en lien avec la fracture du rachis tardivement diagnostiquée.
15. En deuxième lieu, si M. A demande l'allocation d'une somme au titre des frais divers avant consolidation concernant les frais d'assistance à l'expertise et les honoraires d'avocat, aucune des factures produites n'est antérieure à la date de consolidation de son état de santé.
16. En troisième lieu, M. A justifie, par la production d'une facture, de frais de télévision d'un montant de 396, 70 euros au titre de la période du 30 octobre 2017 au 20 février 2018, période au cours de laquelle l'intéressé était hospitalisé au sein du service de neurotraumatologie du centre hospitalier universitaire de Nantes. Si le centre hospitalier défendeur relève qu'il s'agit de dépenses de convenance personnelle, ces dépenses ont été exposées pendant une période d'hospitalisation nécessitée par les complications résultant à la fracture du rachis diagnostiquée tardivement dont a été victime M. A et peuvent donc être retenues.
17. En dernier lieu, M. A justifie, par la production d'une fiche personnalisée d'assurance, d'un montant de 87, 73 euros au titre de l'assurance de son fauteuil roulant pour l'année 2018, année avant la consolidation de son état de santé. Ce montant doit donc être retenu.
18. Il résulte de ce qui précède que les frais divers exposés par M. A avant la consolidation de son état de santé s'élèvent à la somme globale de 1 198, 33 euros. Compte tenu du pourcentage de perte de chance défini au point 10, la somme de 479, 33 euros présente un caractère non sérieusement contestable.
Quant aux frais d'assistance par tierce personne :
19. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport de l'expert nommé par le juge des référés, que l'état de santé de M. A, entre son retour à domicile le 30 septembre 2018 et la date de consolidation de son état de santé, le 10 mars 2019, nécessite un temps de présence à ses côtés de vingt-quatre heures sur vingt-quatre se décomposant en huit heures de surveillance active, huit heures d'accompagnement présentiel et huit heures de présence nocturne. Quatre heures par semaine d'aide-ménagère ont également été retenues. L'expert a également relevé la présence d'une infirmière à domicile une heure quarante-cinq tous les jours, et la présence d'aides à domicile pour cette même durée également, l'aide humaine de substitution ainsi que le temps de surveillance étant assurés pour le reste par l'épouse du requérant.
20. En premier lieu, M. A justifie avoir acquitté, au titre des cotisations sociales, et après déduction de l'exonération réservée aux employeurs de plus de soixante-dix ans, pour l'emploi ponctuel d'un jardinier, justifié par son état de santé étant dans l'incapacité de s'occuper de son jardin, la somme globale de 190, 99 euros correspondant à 98, 66 euros au titre du mois de juillet 2018, 33, 58 euros au titre du mois de septembre 2018, et 58, 75 euros au titre du mois de novembre 2018.
21. En deuxième lieu, M. A justifie, par la production des factures correspondantes, le recours de son foyer à une aide-ménagère entre juin 2018 et janvier 2019, pour une amplitude horaire mensuelle variant entre deux et dix heures par mois, soit inférieur au temps préconisé par l'expert. Il justifie avoir exposé au titre de cette période la somme globale de 1 045 euros.
22. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que pour l'aide active, M. A a conclu en septembre 2018 un contrat avec l'association d'aide aux personnes à domicile (ADAR). Au titre de la période de septembre 2018 à février 2019 inclus, le requérant justifie avoir exposé, en reste à charge après bénéfice de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) la somme globale de 1 286, 21 euros, correspondant à quinze heures au mois de septembre 2018, cinquante-quatre heures au mois de décembre 2018, environ quarante-neuf heures au mois de janvier 2019 et environ cinquante heures au mois de février 2019.
23. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que l'accompagnement présentiel et la surveillance nocturne de M. A est assurée à titre principal par son épouse, ainsi que le surplus des heures de surveillance active non accomplie par l'ADAR ou par l'infirmière à domicile. Il peut être fait une juste évaluation de cet accompagnement en l'évaluant à seize heures quotidiennes et en l'estimant s'agissant d'horaires de nuit et d'horaires d'assistance présentielle sur la base des deux tiers du taux horaire pour une aide non spécialisée. L'assistance par tierce personne apportée par l'épouse de M. A au titre de la période de septembre 2018 à février 2019 incluse, avant la date de consolidation de l'état de santé du requérant, peut dès lors être estimée à la somme globale de 25 096 euros.
24. Il résulte de ce qui précède que le préjudice au titre de l'assistance par tierce personne avant la consolidation fixée au 10 mars 2019 s'élève à la somme globale de 27 618, 20 euros. Compte tenu du pourcentage de perte de chance défini au point 10, la somme de 11 047, 28 euros présente un caractère non sérieusement contestable.
S'agissant des préjudices patrimoniaux après consolidation :
Quant aux dépenses de santé :
25. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit ci-dessus au point 12, en se bornant à produire les relevés établis par l'organisme de sécurité sociale, démontrant pour certains achats de médicaments effectués en pharmacie une prise en charge non complète, M. A n'apporte aucun élément de nature à déterminer que les médicaments n'ayant ainsi pas fait l'objet d'une prise en charge à 100 % seraient exclusivement en lien avec les séquelles résultant de la fracture du rachis, l'état de santé de M. A avant sa prise en charge par le centre hospitalier Erdre et Loire nécessitant déjà la prescription de nombreux médicaments. Le préjudice résultant de frais de pharmacie non pris en charge par l'organisme de sécurité sociale ou la mutuelle ou résultant des franchises et participations forfaitaire pour consultation ne présente dès lors pas un caractère certain. En outre, la production de quelques factures de pharmacie démontrant un reste à charge du fait de l'absence de prise en charge à 100 % de certains médicaments ne permet pas à elle seule de justifier du lien entre la prise de ces médicaments et les conséquences de la fracture du rachis dont M. A a été victime, certains de ces médicaments étant des somnifères, des médicaments prescrits pour le transit ou des médicaments dermatologiques.
26. En deuxième lieu, M. A justifie, par la production des factures correspondantes, avoir exposé une somme globale de 5 475 euros au titre de séances chez une ergothérapeute, séances mentionnées par l'expert nommé par le juge des référés avec une fréquence hebdomadaire.
27. En troisième lieu, M. A justifie, par la production des factures correspondantes émanant notamment des pharmacies et fournisseurs de matériel médical sollicités, avoir exposé un montant total, après prise en charge par l'organisme de sécurité sociale et la mutuelle santé de l'intéressé, une fois déduites les factures présentées deux fois à l'appui des écritures, un montant total de 7 046, 45 euros de dépenses de santé, entre le mois de mars 2019 et le mois de juillet 2023, correspondant à l'acquisition d'un fauteuil roulant, des accessoires de ce dernier et de divers consommables en lien avec ses troubles urinaires, une fois ôtés les achats n'apparaissant pas en lien avec les séquelles de sa fracture, tels que l'achat d'un thermomètre ou de tests de dépistage de la Covid-19.
28. Il résulte de ce qui précède que les dépenses de santé exposées par M. A depuis la date de consolidation de son état de santé s'élèvent à la somme globale de 12 521, 45 euros. Compte tenu du pourcentage de perte de chance retenu au point 10, la somme de 5 008, 58 euros présente un caractère non sérieusement contestable.
Quant aux frais divers :
29. En premier lieu, il résulte de l'expertise ordonnée par le juge des référés que M. A était assisté d'un médecin conseil. Il résulte de l'instruction que le coût de cette assistance demeuré à la charge du requérant s'élève à la somme de 1 800 euros, sans qu'il résulte de l'instruction que tout ou partie de cette somme aurait été prise en charge par le biais d'une assurance juridique. Ce préjudice étant intégralement lié aux fautes commises, cette somme doit être allouée sans application du pourcentage de perte de chance défini au point 10.
30. En deuxième lieu, par les factures HN 1818, HN 1824 et HN 1856, datées respectivement du 19 novembre 2020, du 14 décembre 2020 et du 29 janvier 2021, postérieures à la consolidation de son état de santé, M. A justifie avoir exposé la somme globale de 2 700 euros au titre des frais d'avocat pour la rédaction du référé expertise, l'assistance de son conseil aux opérations d'expertise et l'analyse du rapport d'expertise par son avocat. Ces frais n'ont pas été mis à la charge des défendeurs sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par l'ordonnance n° 1911877 du tribunal administratif de Nantes du 17 juin 2020 et peuvent dès lors être retenus au titre des frais divers. En revanche, la facture HN 1681 datée du 29 octobre 2019 pour un montant de 1 453 euros qui mentionne également la rédaction du présent recours en référé provision et un droit de plaidoirie ne peut être distinguée des frais afférents à la présente procédure et non à la procédure ayant abouti à l'ordonnance n° 1911877 du tribunal administratif de Nantes du 17 juin 2020. Les frais d'avocat étant entièrement liés à la faute commise, ces frais ne doivent pas non plus être affectés par le pourcentage défini au point 10.
31. En troisième lieu, M. A justifie, par la production d'un avis d'échéance de sa compagnie d'assurance de novembre 2019, le montant de 89, 81 euros au titre de l'assurance de son fauteuil roulant. Il justifie également, par un document similaire, d'un montant d'assurance de 92, 44 euros pour l'année 2020. Au titre de l'année 2021, il justifie d'un montant d'assurance de son fauteuil roulant à hauteur de 93, 21 euros. Il suit de là que les frais d'assurance du fauteuil roulant postérieurement à la date de consolidation sont justifiés à hauteur de 275, 46 euros.
32. En dernier lieu, M. A justifie, par la production des cinq factures correspondantes, avoir exposé la somme globale de 575, 08 euros de frais d'ambulance pour se rendre à des événements privés, les 13 juillet 2019, 18 mars 2021, 2 octobre 2022, 8 juin 2023 et 15 juin 2023. Il résulte de la confrontation avec les relevés de l'organisme de sécurité sociale que ces transports à titre privé n'ont pas été pris en charge par un tiers payeurs. La seule circonstance qu'il s'agisse de transports pour permettre à M. A de se rendre à des événements privés, alors que le transport par ambulance ou véhicule léger sanitaire est alors le seul adapté à son état de santé, en l'absence de preuve de l'achat d'un véhicule adapté, ne saurait exclure la prise en compte de ces frais.
33. Il résulte de ce qui précède que les frais divers exposés par M. A postérieurement à la date de consolidation de son état de santé s'élèvent d'une part à la somme de 850, 54 euros, à laquelle doit s'appliquer le pourcentage de perte de chance défini au point 10, soit 340, 21 euros, et d'autre part à la somme de 4 500 euros à laquelle ne s'applique pas le pourcentage de perte de chance défini au point 10. Dès lors, pour ce poste de préjudice, la somme de 4 840, 21 euros présente un caractère non sérieusement contestable.
Quant aux frais d'aménagement du logement et du véhicule :
34. En premier lieu, M. A produit un devis, daté d'avril 2018, pour l'achat d'un véhicule adapté au transport de son fauteuil roulant pour un montant total toutes taxes comprises de 25 861, 29 euros. Il résulte néanmoins de ce devis que le seul décaissement, opération permettant le transport de la personne en fauteuil roulant par installation d'une rampe d'accès au niveau du coffre, représente un coût de 8 446 euros, auquel doit s'ajouter une taxe sur la valeur ajoutée à 5,5 %, soit un montant total toutes taxes comprises de 8 910, 53 euros, montant qui doit seul être retenu.
35. En second lieu, il résulte de l'instruction, notamment des constatations opérées par l'expert nommé par le juge des référés du tribunal administratif de Nantes, qui a mené les opérations d'expertise au domicile de M. A, que l'incapacité pour ce dernier de monter un escalier a obligé à de grands aménagements architecturaux dans le domicile du foyer par transformation d'un garage en chambre, accueillant un lit médicalisé, la création d'une salle de bains adaptée au handicap avec lavabo suspendu, douche à l'italienne et toilettes adaptées et l'installation de portes coulissantes permettant l'accès à la chambre depuis l'intérieur du séjour. L'expert a également relevé la nécessité de nouvelles finitions nécessaires dans la nouvelle chambre et la nouvelle salle de bains, ainsi que des travaux de maçonnerie pour permettre le passage du fauteuil roulant à l'extérieur de la maison de M. A.
36. M. A produit cinq factures, datées respectivement des 4 octobre 2018, 15 octobre 2018, 25 octobre 2018 et 14 décembre 2018, relatives à la création d'une salle de bains adaptée à une personne à mobilité réduite et la création de sa chambre dans le garage, ainsi qu'à la création d'ouvertures. Ces factures représentent un montant total de 27 655, 21 euros, dont doit cependant être retiré un montant toutes taxes comprises de 401, 53 euros, représentant sur la facture du 14 décembre 2018 des travaux d'électricité réalisés au premier étage de l'habitation du couple, dont il ne résulte pas de l'expertise qu'il aurait été aménagé en raison du handicap de M. A. Par ailleurs, M. A produit deux devis concernant les dernières finitions des pièces du rez-de-chaussée évoquées par l'expert pour un montant total de 12 626, 13 euros. Il suit de là que les frais d'aménagement du logement de M. A à son handicap s'élèvent à la somme globale de 39 879, 81 euros.
37. Il résulte de ce qui précède que les frais d'aménagement du logement et du véhicule exposés par M. A postérieurement à la date de consolidation de son état de santé s'élèvent à la somme globale de 48 790, 34 euros. Compte tenu du pourcentage de perte de chance retenu au point 10, la somme de 19 516, 14 euros apparait non sérieusement contestable.
Quant aux frais d'assistance par tierce personne :
38. En premier lieu, M. A justifie avoir acquitté, au titre des cotisations sociales, et après déduction de l'exonération réservée aux employeurs de plus de soixante-dix ans, pour l'emploi ponctuel d'un jardinier ou d'un accompagnateur, justifié par son état de santé étant dans l'incapacité de s'occuper de son jardin, par la production soit des relevés mensuels de cotisations sociales soit par le montant de cotisations sociales figurant sur les relevés de ses salariés, la somme globale de 5 472, 31 euros au titre de la période de 2019 à juin 2023.
39. En deuxième lieu, M. A justifie, par la production des factures correspondantes, le recours de son foyer à une aide-ménagère entre juin 2018 et janvier 2019, pour une amplitude horaire mensuelle variant entre sept et vingt heures, soit inférieur au temps préconisé par l'expert. Il justifie avoir exposé au titre de la période de mars 2019 à juin 2023 la somme globale de 9 333, 50 euros.
40. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, notamment de l'ensemble des factures produites, qu'après déduction de l'APA, il est resté à la charge de M. A, au titre du contrat conclu avec l'ADAR, la somme globale de 3 025, 36 euros au titre de la période de mars à décembre 2019, de 3 649, 46 euros au titre de l'année 2020, la somme de 3 807, 85 euros au titre de l'année 2021, la somme de 3 577, 97 euros au titre de l'année 2022 et la somme de 1 398, 81 euros au titre de la période de janvier à mai 2023. M. A justifie donc avoir eu en reste à charge la somme globale de 15 459, 45 euros.
41. En quatrième lieu, M. A justifie avoir conclu d'abord avec le département puis avec un prestataire privé un contrat de téléassistance. La seule circonstance que l'aide au quotidien lui est principalement apportée par son épouse ne saurait exclure l'intérêt d'un tel contrat, eu égard à l'état de dépendance de l'intéressé. M. A établit par les pièces produites avoir exposé, après déduction des aides, la somme mensuelle de 20, 08 euros mensuels au cours des mois d'avril et mai 2019, la somme globale de 195, 62 euros au titre de la période de janvier à octobre 2021, et la somme de 180 euros au titre de l'année 2022, soit une somme totale de 415, 78 euros.
42. En dernier lieu, compte tenu des principes d'évaluation de l'assistance par tierce personne apportée à M. A par son épouse, principes rappelés au point 23 de l'ordonnance, cette assistance apportée au titre de la période de mars 2019 à février 2024, dates arrêtées aux termes des dernières écritures du requérant, doit être évaluée à la somme de 253 318 euros.
43. Il résulte de tout ce qui précède que les frais d'assistance pour tierce personne postérieurement à la consolidation de l'état de santé de M. A peuvent être estimés à la somme globale de 283 999, 04 euros. Compte tenu du pourcentage de perte de chance retenu au point 10, la somme de 113 599, 61 euros présente un caractère non sérieusement contestable.
S'agissant des préjudices personnels de M. A :
Quant aux préjudices temporaires :
44. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment des constatations opérées par l'expert nommé par le juge des référés, que M. A a subi, en lien avec les séquelles de la fracture du rachis diagnostiquée tardivement, un déficit fonctionnel temporaire total entre le 10 septembre 2017 et le 31 novembre 2018, puis un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe IV entre le 1er décembre 2018 et le 9 mars 2019. Il sera fait une juste évaluation du préjudice ainsi subi à la somme de 5 100 euros.
45. En deuxième lieu, il résulte également de l'instruction que M. A a subi, avant la date de consolidation de son état de santé, un préjudice esthétique temporaire estimé à 5/7 par l'expert du fait de l'usage d'un fauteuil roulant électrique, ce préjudice étant identique et continu avec le préjudice esthétique permanent enduré. Il sera fait une juste évaluation de ce préjudice temporaire à la somme de 1 000 euros.
46. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par M. A ont été évaluées à 5,5 sur 7. Il sera fait une juste évaluation de ce préjudice à la somme de 18 500 euros.
47. Il résulte de ce qui précède que les préjudices personnels temporaires subis par M. A avant la date de consolidation de son état de santé s'élèvent à la somme globale de 24 600 euros. Compte tenu du pourcentage de perte de chance retenu au point 10, la somme de 9 840 euros présente un caractère non sérieusement contestable.
Quant aux préjudices permanents :
48. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. A qui présente désormais une paraplégie incomplète avec perte de la marche et troubles urinaires et sexuels, demeure atteint d'un déficit fonctionnel permanent estimé à 65 % selon l'expert nommé par le juge des référés du tribunal. Compte tenu de l'âge de M. A à la date de la consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 92 000 euros.
49. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 44 de l'ordonnance, après comme avant la date de consolidation de son état de santé, M. A, qui doit demeurer dans un fauteuil roulant électrique, subit un préjudice esthétique permanent estimé à 5 sur 7. Il sera fait une juste évaluation de ce préjudice à la somme de 13 000 euros.
50. En troisième lieu, il résulte des constatations opérées par l'expert nommé par le juge des référés que M. A, avant la chute dont il a été victime et la fracture du rachis diagnostiquée tardivement, participait à une chorale, et avait des activités de marche et informatique qui ne lui sont désormais plus possibles. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'agrément ainsi subi à la somme de 1 000 euros.
51. En quatrième lieu, si M. A fait état d'un préjudice sexuel, l'expert nommé par le juge des référés a relevé que ce préjudice devait être relativisé compte tenu des très lourdes pathologies antérieures dont était atteint l'intéressé avant même sa prise en charge au sein du centre hospitalier Erdre et Loire. Il suit de là qu'en l'état de l'instruction, ce préjudice ne présente pas un caractère non sérieusement contestable.
52. En dernier lieu, il résulte de l'instruction, et résulte également du courrier du centre hospitalier Erdre et Loire du 10 novembre 2017 adressé à Mme A, qu'au cours de de la prise en charge de M. A le 10 septembre 2017 et les jours qui ont suivi, des remarques ont été émises par le personnel médical et para-médical de l'établissement de santé concernant une éventuelle intoxication alcoolique du patient, alors que ce dernier avait été sevré d'alcool au mois de juillet précédent, et que les tremblements du patient avaient été calmés lorsque son traitement psychiatrique avait été rétabli. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral enduré par M. A du fait des remarques reconnues inappropriées en l'évaluant à la somme de 500 euros. Dès lors que ce préjudice spécifique n'est pas en lien avec le retard de diagnostic, il n'y a pas lieu d'appliquer le pourcentage de perte de chance rappelé au point 10 de l'ordonnance.
53. Il résulte de ce qui précède que les préjudices à caractère personnel permanents subis par M. A s'élèvent à la somme globale de 106 000 euros. Compte tenu du pourcentage de perte de chance défini au point 10, la somme de 42 400 euros, à laquelle doit s'ajouter la somme de 500 euros définie au point 51, soit la somme globale de 42 900 euros présente un caractère non sérieusement contestable.
S'agissant des préjudices personnels des proches de M. A :
Quant aux préjudices de Mme A :
54. En premier lieu, si Mme A produit la copie de nombreux billets de train entre Ancenis, commune à laquelle est rattachée sa commune de résidence de Saint-Géréon, et Nantes où son époux était hospitalisé au centre hospitalier universitaire, entre octobre 2017 et novembre 2018, aucun de ces billets n'est nominatif et il n'est pas produit les cartes d'abonnement " Fifti " puis " Mezzo " auxquelles ces billets peuvent se rattacher. En outre, plusieurs de ces billets comportent la même date et même horaire de train, et paraissent ainsi avoir été utilisés par plusieurs adultes pour un voyage dans un même train. Dès lors en l'absence d'identification du ou des voyageurs ayant utilisé ces billets, ce préjudice ne présente pas, en l'état de l'instruction, caractère non sérieusement contestable.
55. En deuxième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral ressenti par Mme A au vu de la dégradation de l'état de santé de son époux et du préjudice résultant du bouleversement dans son existence, dès lors qu'elle assure la majeure partie de l'accompagnement de son époux en l'évaluant à la somme de 5 000 euros.
56. En dernier lieu, pour désagréables qu'aient pu être pour l'intéressée les remarques effectuées par le personnel du centre hospitalier Erdre et Loire concernant l'éventuelle intoxication alcoolique de son époux, aucun préjudice moral spécifique n'apparait établi de ce fait à l'égard de Mme A.
57. Il résulte de ce qui précède que les préjudices personnels de Mme A s'élèvent à la somme globale de 5 000 euros. Compte tenu du pourcentage de perte de chance retenu au point 10, la somme de 2 000 euros présente un caractère non sérieusement contestable.
Quant aux préjudices des enfants de J et Mme A :
58. En premier lieu, si les enfants de M. A invoquent avoir exposé pour rendre visite à leur père hospitalisé les sommes respectives de 5 234, 84 euros pour Mme C A, de 2 200, 95 euros pour M. F A, de 1 336, 25 euros pour Mme I H et de 5 773, 49 euros pour M. G A, ils n'apportent aucune pièce justificative à l'exception de leurs témoignages et d'une facture de location d'un véhicule en janvier 2020, date à laquelle il ne résulte pas de l'instruction que leur père était toujours hospitalisé. Il suit de là que ce préjudice ne présente pas un caractère non sérieusement contestable.
59. En second lieu, il ne résulte pas de l'instruction que les quatre enfants de M. A qui sont majeurs et ne cohabitent plus avec leurs parents auraient subi un préjudice d'accompagnement spécifique. Il suit de là que ce préjudice ne présente pas non plus un caractère non sérieusement contestable.
60. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier Erdre et Loire et son assureur, la société Relyens venant aux droits de la Société hospitalière d'assurances mutuelles, doivent être solidairement condamnés à verser à M. A une provision de 208 689, 63 euros dont doit être déduite, si elle a été versée, la provision de 30 000 euros proposée par l'assureur du centre hospitalier défendeur en octobre 2018, et à Mme A la somme de 2 000 euros.
Sur les frais d'instance :
61. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier Erdre et Loire et de son assureur la société Relyens la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Le centre hospitalier Erdre et Loire et son assureur, la société Relyens, verseront solidairement à M. A une provision de 208 689, 63 euros (deux cent huit mille six cent quatre-vingt-neuf euros et soixante-trois centimes) dont doit être déduite, si elle a été versée, la provision de 30 000 euros (trente mille euros) proposée par l'assureur du centre hospitalier défendeur en octobre 2018.
Article 2 : Le centre hospitalier Erdre et Loire et son assureur, la société Relyens, verseront solidairement à Mme A la somme de 2 000 euros (deux mille euros).
Article 3 : Le centre hospitalier Erdre et Loire et son assureur, la société Relyens, verseront solidairement à M. et Mme A la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E A, Mme D B épouse A, M. G A, M. F A, Mme I A épouse H, Mme C A, au centre hospitalier Erdre et Loire, à la société Relyens, venant aux droits de la Société hospitalière d'assurances mutuelles, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire-Atlantique et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Fait à Nantes le 12 juin 2024.
La juge des référés,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026