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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2213957

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2213957

jeudi 10 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2213957
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantLEVACHER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 octobre 2022, 16 février 2023, 2 mars 2023 et le 11 mai 2023 le département de la Loire-Atlantique représenté par Me Lahalle, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :

1°) prescrire, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise afin de déterminer l'origine, les causes et les conséquences des désordres affectant la demi-pension du collège Louis Pasteur situé sur la commune des Vallons de l'Erdre ;

2°) de demander à l'expert de déposer un pré-rapport ;

3°) de juger commune et opposable les opérations d'expertises à l'ensemble des parties citées dans sa requête et les mémoires complémentaires, en ce inclus les intervenants volontaires ;

4°) de réserver les dépens.

Il soutient que :

- il a engagé la reconstruction de la demi-pension du collège Louis-Pasteur situé dans la commune de Vallons de l'Erdre ; une équipe de maîtrise d'œuvre a été désignée par le maître d'ouvrage ; les travaux ont été réceptionnés en août 2013 ;

- depuis 2016 plusieurs désordres ont été constatés par les utilisateurs, notamment des déformations de cloisons, des problèmes d'humidité, une déformation d'un mur de rideau, des fissures de faïence ;

- des travaux ponctuels ont eu lieu de 2018 à 2021 afin d'assurer la continuité du service public ;

- une aggravation de la situation a été observée par les utilisateurs à partir de 2020 ;

- un état des lieux des désordres a été dressé portant sur des déformations de cloisons, une déformation du sol, des fissures sur faïence, un effondrement des dalles de plafond, un problème d'humidité sur les cloisons ;

- de nouveaux désordres ont été constatés dont l'origine n'est pas identifiée, notamment une forte odeur d'eaux usées dans certains secteurs du bâtiment, et un problème de bouchage de sanitaire ;

- l'ouvrage est affecté en de très nombreux points par les désordres mentionnés ;

- la responsabilité des constructeurs étant susceptible d'être engagée, il apparait utile de diligenté une expertise judiciaire ;

- la mise en cause des assureurs des intervenants à l'opération est sollicitée ; la société SERDB a été radiée et a été absorbée en 2019 par la société Groupe Gamba, assuré auprès des Lloyd's, qui doit également être mis en cause ;

- la demande d'expertise vaut interruption des délais de prescriptions et de forclusion à l'égard de tous les intervenants.

Par un mémoire enregistré le 8 novembre 2022, la société ABCP ABS informe le tribunal qu'elle n'est intervenue que pour un réglage de la porte de la chambre froide au titre des prestations de maintenance dont elle est chargée et n'a effectué aucune installation de matériel.

Par des mémoires, enregistrés les 9 novembre 2022, 15 novembre 2022, 4 avril 2023, 8 avril 2023 et 21 juin 2023, les sociétés Artbat System, Atlantique Ouvertures, la SMABTP, assureur de ces sociétés, représentées par Me Caous-Pocreau, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures, de leur décerner acte de ce que la SMABTP émet les plus expresse protestations et réserves sur la demande d'expertise.

La société SMABTP soutient qu'elle intervient également en qualité d'assureur des sociétés suivantes :

- société Area Etudes Nantes,

- société Area Canopée

- société Atlantique Ouvertures,

- société Douillard,

- société Hervé Thermique,

- société Certbat

- société Abitat Services.

Par des mémoires, enregistrés les 17 novembre 2022, 17 janvier 2023, 7 mars 2023, les sociétés MMA Iard, Ballet, Ballet Agencements et la société MMA Iard Assurances mutuelles, qui déclare intervenir volontairement à la cause, représentées par Me Rumin, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de leur décerner acte qu'elles ne s'opposent pas à la mesure d'expertise sollicitée ;

2°) de leur décerner acte en ce qu'elles émettent les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise sollicitée ;

3°) que l'ordonnance à intervenir soit rendue au contradictoire de l'ensemble des parties ; de leur donner acte que leur demande a pour effet d'interrompre tous les délais de prescription et de forclusion de leurs actions à l'encontre des parties ;

4°) de statuer ce que de droit sur les dépens.

La société MMA Iard soutient que que le contrat d'assurance souscrit par la société Jehannin, économiste de la construction, membre du groupement de maîtrise d'œuvre, a été résilié le 1er janvier 2013.

Par un mémoire enregistré le 18 novembre 2022, la société Chauviré Travaux Publics informe le tribunal qu'elle n'est intervenue dans l'opération de travaux qu'à titre d'attributaire du lot n° 13, VRD et aménagement extérieur mais n'a installé aucun matériel.

Par un mémoire, enregistré le 23 novembre 2022, la société Hervé Thermique, représentée par Me Gillot-Garnier, demande au juge des référés de lui décerner acte de ce qu'elle émet les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise judiciaire.

Par un mémoire enregistré le 7 décembre 2022, la société Ballet Agencements informe le tribunal qu'elle n'est intervenue dans l'opération de travaux qu'au titre des travaux de réfection et d'embellissements de cloisons de plâtre à la suite de remontées capillaires et de l'affaissement de l'existant dans la salle à manger mais n'a effectué aucune réparation structurelle et n'est pas intervenue sur le site avant 2021.

Par un mémoire, enregistré le 12 décembre 2022, la société CANDECO, représentée par Me Simon-Guennou, demande au juge des référés :

1°) de décerner acte en ce qu'elle émet les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise sollicitée ;

2°) que l'expertise soit étendue à l'ensemble des parties et qu'elle soit garantie par les parties à l'instance ; de lui donner acte que sa demande a pour effet d'interrompre tous les délais de prescription et de forclusion.

Par des mémoires, enregistrés le 15 décembre 2022, la compagnie AXA France Iard, la société SERTCO et la SARL Yannick Thebault, représentées par Me Roux-Coubard, demandent au juge des référés de leur décerner acte de ce qu'elles émettent les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise sollicitée.

Par un mémoire, enregistré le 16 décembre 2022, la société Mariotte, représentée par Me Levacher, demande au juge des référés :

1°) de lui décerner acte de ce qu'elle émet les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise sollicitée sans aucune reconnaissance préalable de responsabilité ou de garantie ;

2°) que l'expertise judiciaire soit effectuée au contradictoire de l'ensemble des parties.

Par un mémoire, enregistré le 27 décembre 2022, la SARL AREA Etudes Nantes, représentée par Me Viaud, demande au juge des référés de lui décerner acte de ce qu'elle émet les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise sollicitée.

Par un mémoire enregistré le 12 janvier 2023, la société Abitat Services informe le tribunal qu'elle n'est intervenue en 2021 que pour des travaux de peinture dans la zone cuisine, et non pour une reprise de faïence sur un mur du local réserve/épicerie.

Par un mémoire, enregistré le 25 avril 2023, la société MAAF Assurances, en qualité d'assureur de la société Abitat Services, représentée par Me Rumin, demande au juge des référés :

1°) de la mettre hors de cause ;

2°) à titre subsidiaire :

- de lui décerner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la demande d'expertise ;

- de lui décerner acte de ce qu'elle émet les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise sollicitée ;

3°) de rendre l'ordonnance à intervenir au contradictoire de l'ensemble des parties ;

4°) de lui donner acte de que sa demande a pour effet d'interrompre tous les délais de prescription et de forclusion ;

5°) Statuer ce que de droit quant aux dépens.

Elle soutient que :

- le contrat d'assurance souscrit par la société Abitat service a été résilié le 31 décembre 2019 ;

- elle n'était pas l'assureur de la société Abitat Services lors des travaux réalisés en 2021, cette dernière était assurée par la SMABTP ;

- elle assurait la société Abitat Service au titre de l'activité peinture, et des activités complémentaires " imperméabilité des façades " et " revêtement plastique ou textile ", alors que la responsabilité de Abitat Service est recherchée pour les travaux de faïence.

Par un mémoire, enregistré le 26 avril 2023, la société MMA Iard Assurances mutuelles, assureur de la société Chauviré et la société MMA IARD SA, assureur de la même société, qui déclare intervenir volontairement à la cause, représentées par Me Oger, demandent au juge des référés :

1°) de décerner acte à la société MMA Iard SA de son intervention volontaire ;

2°) de leur décerner acte de ce qu'elles émettent les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise sollicitée.

Elles soutiennent que la police d'assurance de la société Chauviré, intervenue pour le lot n°13 VRD, a été résiliée le 1er janvier 2014 et que cette société doit préciser l'identité de son assureur au jour de la réclamation.

Par un mémoire, enregistré le 22 mai 2023, la société Lloyd's Insurance Company SA, représentée Me Potier Kerloc'h, demande au juge des référés :

1°) de mettre hors de cause la SAS Lloyd's France ;

2°) de lui décerner acte de son intervention volontaire, sans reconnaissance préalable de garantie ou de responsabilité ;

3°) de lui décerner acte de ce qu'elle émet les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise sollicitée ;

4°) que l'ordonnance à intervenir soit rendue au contradictoire de l'ensemble des parties.

Elle soutient que :

- la SAS Lloyd's France a été radiée du registre du commerce le 25 octobre 2021 ;

- elle n'a jamais été l'assureur de la société SERDB ;

- la société SERDB était assurée par la société EUROMAF jusqu'en 2017 ;

- la société SERDB n'a acquis la qualité d'assuré auprès de Lloyd's qu'à partir de 2018 jusqu'à sa fusion, fin 2019, avec la société GAMBA.

Par un mémoire, enregistré le 21 juin 2023, la société Allianz Iard, représentée Me Stricot, demande au juge des référés :

1°) de lui décerner acte de ce qu'elle émet les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise sollicitée ;

2°) que l'ordonnance à intervenir soit rendue au contradictoire de l'ensemble des parties ; de lui donner acte que sa demande a pour effet d'interrompre tous les délais de prescription et de forclusion ;

3°) de réserver les dépens.

Elle soutient que :

- elle assure la société Hervé Thermique à effet du 1er janvier 2015 ;

- compte tenu de la date de la déclaration règlementaire d'ouverture de chantier et de la date de souscription du contrat, elle ne peut pas être tenue à garantir les dommages matériels engageant la responsabilité civile décennale de la société Hervé Thermique car la SMABTP était son assureur à cette date ;

- seuls les dommages immatériels pourraient être garantis au titre du contrat souscrit.

Par un mémoire enregistré le 3 juillet 2023, la société Generali Iard, assureur de la société Candeco, représentée par Me Simon-Guennou demande au juge des référés :

1°) de lui décerner acte de ses plus expresses protestations et réserves sur l'expertise sollicitée ;

2°) d'étendre l'expertise sollicitée à l'ensemble des parties citées ;

3°) d'être relevée et garantie par l'ensemble des parties, ces demandes étant interruptives de prescription et/ ou de forclusion.

La requête a été communiquée au groupe Gamba, à la société SMA Courtage, à la société QBE Insurance (Europe) Limited, à la Mutuelle des architectes français, à la société Batignolles Grand Ouest, à la SEARL Blanc MJ-O, à la société Douillard, et au bureau Veritas Construction qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des marchés publics ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le département de Loire-Atlantique a engagé la reconstruction du bâtiment abritant la demi-pension du collège Louis Pasteur situé dans la commune des Vallons de l'Erdre (anciennement Saint-Mars-La-Jaille). La maîtrise d'œuvre de l'opération a été confiée à un groupement de cotraitants et le marché de travaux, divisé en 13 lots, a été attribué à différentes entreprises. Les travaux ont été réceptionnés en août 2013. Depuis 2016 des désordres ont été constatés par les utilisateurs tels que la déformation de cloisons, notamment par gonflement, des problèmes d'humidité, la déformation d'un mur de rideau sur une façade, des fissures de faïence. Des travaux ponctuels ont été réalisés entre 2018 et 2021 afin de remédier à certains désordres. A partir de 2020, des aggravations des désordres ont été constatées et le département a procédé en 2020, 2021 et 2022 à un état des lieux afin de relever les désordres tels que la déformation de cloisons, la déformation du sol, des fissures de faïence, l'effondrement des dalles de plafond, des problèmes d'humidité sur les cloisons. Depuis 2021, les désordres se sont aggravés et de nouveaux désordres ont pu être identifiés tels que de fortes odeurs d'eaux usées et des problèmes chroniques de bouchage des sanitaires. Le département de Loire-Atlantique demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une mesure d'expertise en vue de déterminer l'origine, les causes et les conséquences des désordres affectant la demi-pension du collège Louis Pasteur de la commune des Vallons de l'Erdre.

Sur les demandes d'interventions volontaires :

2. En premier lieu, si le département de Loire-Atlantique a désigné la société Lloyd's France, en qualité d'assureur de la société Chauviré, intervenue pour le lot n°13 Voirie Réseaux divers (VRD) et aménagements extérieurs, comme défendeur potentiel dans la présente instance, la société Lloyd's Insurance Compagny déclare intervenir volontairement à la procédure en cette qualité, sans être contredite sur ce point et demande en outre la mise hors de cause de la société Lloyd's France. La société Lloyd's Insurance compagny, venant au droits de la société les Souscripteurs du Lloyd's de Londres, justifie d'un intérêt suffisant à participer aux opérations d'expertise. En outre, il résulte de la présente instruction que la société Lloyd's France a été radiée du registre du commerce et des sociétés le 25 octobre 2021 et ne peut donc pas être appelée à la cause dans la présente instance en l'absence d'existence juridique. Il y a lieu, dès lors, d'une part, de mettre hors de cause la société Lloyd's France, et, d'autre part, d'admettre l'intervention volontaire de la société Lloyd's Insurance Compagny.

3. En second lieu, la société MMA Iard SA demande au juge des référés qu'il lui soit donné acte de son intervention volontaire en qualité d'assureur au titre de la police responsabilité décennale des entreprises souscrite par la société Chauviré, résiliée le 1er janvier 2014. Elle justifie ainsi d'un intérêt suffisant à participer aux opérations d'expertise. Il y a lieu, dès lors, d'admettre l'intervention volontaire de la société MMA Iard SA.

Sur la demande de mise hors de cause de la SA MAAF Assurance :

4. La société SA MAAF Assurance fait valoir qu'elle n'était plus l'assureur de la société Abitat Services lors des travaux que cette société a réalisés pour le département de Loire-Atlantique en 2021 et que par conséquent elle doit être mise hors de cause. Il résulte de l'instruction que le contrat de responsabilité civile professionnelle et responsabilité civile construction souscrit auprès de la société SA MAAF Assurance a été résilié le 31 décembre 2019 soit avant les travaux réalisés pour le compte du département de la Loire-Atlantique. En outre, la société SMABTP était assureur de la société Abitat Service lors desdits travaux et à la date de la réclamation. Dès lors, il y a lieu de mettre hors de cause la société SA MAAF Assurance.

Sur la demande d'expertise judiciaire :

5. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".

6. La mesure d'expertise judiciaire demandée par le département de Loire-Atlantique pour les désordres constatés à la suite de l'exécution du marché de travaux entre dans le champs d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 4 de la présente ordonnance.

Sur les conclusions de la société Candeco et de son assureur la société Generali Iard tendant à la condamnation des parties mises en cause à la garantir des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre :

7. Il n'appartient pas au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative pour ordonner une mesure d'expertise de statuer les condamnations et les appels en garantie des parties en cause. Les conclusions présentées à ce titre par la société Candeco doivent être rejetées.

Sur la demande de pré-rapport :

8. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir, à charge pour les parties de le lui demander. Il suit de là que les conclusions du département de Loire-Atlantique tendant à ce que l'expert dresse un pré-rapport soumis aux parties doivent être rejetées.

Sur les réserves exprimées :

9. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de protestations ou de réserves. Les conclusions des parties en ce sens doivent être rejetées.

Sur les dépens :

10. Devant les juridictions administratives, il appartient au président de la juridiction, et non au juge des référés, de fixer par ordonnance les frais et honoraires qui seront dus à l'expert et de désigner la partie qui en assumera la charge. Il s'ensuit que les conclusions des parties tendant à réserver les dépens ne peuvent être accueillies.

O R D O N N E :

Article 1er : La SA MAAF Assurance est mise hors de cause.

Article 2 : Il n'y a pas lieu d'appeler à la cause la société Lloyd's France radiée du registre du commerce et des sociétés depuis le 25 octobre 2021.

Article 3 : L'intervention volontaire de Lloyd's Insurance Company et de la SA MMA Assurances Mutuelles sont admises.

Article 4 : M. D B, demeurant 13 bis boulevard de la République à Châteaubriant (44110), inscrit au tableau des experts de la cour administrative d'appel de Nantes sous la rubrique " C.1.2 Architecture, ingénierie ", est désigné comme expert avec pour mission de :

1°) se rendre sur les lieux, entendre les parties et prendre connaissance de tous documents utiles relatifs aux travaux de reconstruction de la demi-pension du collège Louis Pasteur dans la commune des Vallons de l'Erdre (anciennement Saint-Mars-La-Jaille) ;

2°) rappeler et préciser les liens contractuels unissant les parties, les missions confiées par le maître d'ouvrage à chacun des constructeurs qu'il attrait à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ;

3°) procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres affectant le bâtiment de la demi-pension en précisant leurs dates d'apparition, au regard des désordres listés dans la requête introductive d'instance et des états dressés par le département ;

4°) réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire si ces désordres sont de nature à compromettre la solidité de l'immeuble et de préciser s'ils présentent un caractère évolutif ;

5°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres en précisant si elles sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'immeuble endommagé et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer la part d'imputabilité à chacune d'elles ;

6°) relever tous éléments techniques ou de fait de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis ;

7°) proposer, le cas échéant, les mesures conservatoires nécessaires et évaluer leur coût ;

8°) indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus-value pour l'immeuble en cause ;

9°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.

Article 5 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira sa mission définie à l'article 4 dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, recourir à un sapiteur qui sera préalablement désigné par le président du tribunal administratif.

Article 6 : L'expert effectuera sa mission au contradictoire de :

- département de Loire-Atlantique

- Allianz Iard

- SMABTP

- la société Lloyd's France

- le groupe Gamba

- la société SMA Courtage

- la société MAAF Assurance

- QBE Insurance (Europe) Limited

- la société Generali Iard

- MMA Ard Assurance Mutuelle

- la société Euromaf Assurance des ingénieurs et architectes européens

- la société MMA Iard

- SA MMA Iard Assurances Mutuelles

- la société AXA France Iard

- la Mutuelle des architectes français

- la société Ballet agencements

- la société Abitat Services

- la société ABCP-ABS

- la société SPIE Batignolles Grand Ouest

- la société Chauvire

- la société Herve Thermique

- la société Candeco

- la société Mariotte

- la société Artbat System

- la société Atlantique Ouvertures

- Maitre Blanc, en qualité de liquidateur de la société Certbat,

- la société Douillard

- la société Ballet

- Bureau Veritas Construction

- SARL Yannick Thebault

- la société AREA Etudes Nantes

- la société Sertco

- Monsieur A C

- Monsieur E.

Article 7 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 8 : L'expert déposera au greffe un exemplaire papier et un exemplaire par voie dématérialisée de son rapport avant le 31 mars 2024. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s'opérer sous forme électronique avec l'accord desdites parties, à laquelle il joindra copie de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 9 : Les frais et honoraires de l'expertise seront taxés ultérieurement par le tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative.

Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée au département de Loire-Atlantique, à la société Allianz Iard, SMABTP, à la société Lloyd's France, au groupe Gamba, à la société SMA Courtage, à la société MAAF Assurance, à la société QBE Insurance (Europe) Limited, à la société Generali Iard, à la société MMA Ard Assurance Mutuelle, à la société Euromaf Assurance des ingénieurs et architectes européens, à la société MMA Iard, à la SA MMA Iard Assurances Mutuelles, à la société AXA France Iard, à la Mutuelle des architectes français, à la société Ballet agencements, à la société Abitat Services, à la société ABCP-ABS, à la société SPIE Batignolles Grand Ouest, à la société Chauvire, à la société Herve Thermique, à la société Candeco, à la société Mariotte, à la société Artbat System, à la société Atlantique Ouvertures, à la SEARL Blanc MJ-O, à la société Douillard, à la société Ballet, au Bureau Veritas Construction, à la SARL Yannick Thebault, à la société AREA Etudes Nantes, à la société Sertco, à Monsieur A C, à Monsieur E et à M. B, expert.

Fait à Nantes, le 10 août 2023.

La juge des référés,

F. SPECHT

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2213957

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