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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2214839

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2214839

mardi 12 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2214839
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantGOUACHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 10 novembre et 8 décembre 2022, Mme D B, représentée par Me Gouache, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prescrire une expertise médicale judiciaire en vue de déterminer les préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de faits de harcèlement moral survenus à compter de la rentrée scolaire de septembre 2017 ;

2°) de réserver les frais irrépétibles.

Elle soutient que :

- elle est professeure des écoles dans l'enseignement catholique depuis septembre 1995 et bénéficie du statut d'agent public de l'éducation nationale ;

- elle a travaillé au sein de l'école Montfort de Saint-Mathurin à compter de la rentrée de septembre 2013 ;

- elle a été convoquée à la fin août 2017 par la direction de l'enseignement catholique qui l'a informée d'accusations à son encontre contenues dans un courrier daté du 10 juillet 2017 de l'association des parents d'élève de l'enseignement libre ;

- elle a été placée en arrêt de travail pour accident de travail jusqu'au 15 septembre 2017 et qui a été prolongé ensuite jusqu'au 14 octobre 2017 ;

- elle a bénéficié de témoignages de soutien de la part de nombreuses familles face aux accusations dont elle a fait l'objet ;

- elle a repris son travail le 16 octobre 2017 dans des conditions détériorées avec une classe à six élèves au lieu de 23 et à un isolement total au sein de l'école ;

- elle a fait l'objet le 6 novembre 2017 d'une suspension administrative avec effet immédiat pour une durée de quatre mois ;

- elle a bénéficié de prolongation de soins sans arrêt de travail jusqu'au 31 mars 2018 ;

- elle s'est présentée à l'école Saint Mathurin le 12 mars 2018 pour la reprise de son travail mais l'accès lui a été refusé ;

- elle a fait l'objet de plusieurs expertises médicales qui ont confirmé que la détérioration de son état de santé était en lien avec les faits subis à compter de septembre 2017 ;

- par une décision du 24 novembre 2021, la qualité de travailleur handicapé lui a été reconnue ;

- le refus de protection fonctionnelle qui lui a été opposé par une décision du 5 mars 2018 a été annulé par le jugement n° 1804058 du 6 juillet 2021 du tribunal administratif de Nantes au motif que les faits dont elle a été victime étaient susceptibles de caractériser une situation de harcèlement moral qui aurait dû conduire le recteur d'académie à lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ;

- il est établi qu'elle a subi des faits de harcèlement moral et la demande d'expertise est utile afin d'évaluer ses préjudices dans la perspective d'un contentieux indemnitaire ;

- contrairement à ce que soutient le rectorat, les mesures d'expertises médicales réalisées à la demande du rectorat avaient un objectif distinct de la présente demande et ne portaient pas sur le chiffrage de ses préjudices ; par ailleurs, aucune expertise médico-légale n'a été diligentée dans le cadre de la plainte qu'elle a déposée et en tout état de cause une telle mesure ne serait pas contradictoire à l'égard du rectorat ;

- la demande d'expertise présente un caractère utile à l'égard du rectorat dès lors que les services n'ont pas pris la mesure de la gravité des faits qu'elle a subis et n'ont pas pris de mesures adaptées pour l'en protéger ;

- elle a la qualité d'agent public et la responsabilité du rectorat est susceptible d'être engagée du fait du harcèlement moral qu'elle a subi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2022, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse informe le tribunal qu'en application des dispositions de l'article D. 222-3.54 du code de l'éducation, la rectrice de l'académie de Nantes est seul compétente pour présenter des observations en défense au nom de l'Etat.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2022, la rectrice de la région académique des Pays de la Loire et de l'académie de Nantes demande au juge des référés :

1°) d'apprécier l'utilité de la demande d'expertise de Mme B ;

2°) que les frais d'expertise ne soient pas mis à la charge de l'Etat ;

3°) que la demande formulée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne soit satisfaite que sur présentation des justificatifs des frais engagés.

Elle soutient que :

- la mesure d'expertise sollicitée est dépourvue d'utilité dès lors que la requérante a déjà bénéficié de huit expertises médicales ;

- Mme B a porté plainte contre la directrice de l'école et l'APPEL de l'école de Montfort, qui constituent des entités distinctes sur lesquelles le recteur de l'éducation nationale n'exerce pas de tutelle, ainsi qu'en disposent les articles L. 442-5 et R. 442-39 du code de l'Éducation ;

- il ne résulte pas des termes des jugements rendus le 6 juillet 2021 que les services académiques et rectoraux auraient harcelé moralement la requérante ;

- l'expertise ne s'avère pas utile en l'absence manifeste de lien de causalité entre le préjudice à évaluer et la faute alléguée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Nantes a désigné Mme Specht-Chazottes, première vice-présidente du tribunal administratif de Nantes, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, maître contractuelle de l'enseignement privé, a exercé ses fonctions à l'école privée sous contrat Montfort de Saint-Mathurin (Vendée) à compter du 1er septembre 2013. Par un courrier du 10 juillet 2017, la présidente de l'association de parents d'élèves de l'enseignement libre (APEL) a fait part au directeur diocésain de l'enseignement catholique de plaintes de parents à l'encontre de Mme B, faisant état de " maltraitance psychologique " envers une partie de ses élèves. Les 29 et 31 août 2017, Mme B a été reçue par la direction de l'enseignement catholique qui lui a alors fait part de ces plaintes. Dans ce contexte de tension, Mme B a été victime d'un malaise et a été placée en arrêt de travail à compter du 1er septembre 2017, pour anxiété réactionnelle suite à des évènements professionnels, jusqu'au 15 octobre 2017. Cet accident sera ultérieurement reconnu comme étant imputable au service. Durant son absence, les 28 et 29 septembre 2017, les parents d'élèves ont été informés des plaintes portées à la connaissance de la direction de l'école. Lors de son retour en poste, à l'issue de son arrêt de travail, le 16 octobre 2017, la direction de l'école a décidé de réorganiser sa classe de sorte qu'elle n'ait plus la charge que de six élèves, les tables et chaises des élèves de moyenne section ont été enlevées de sa classe, et lui a fait interdiction de sortir durant les récréations afin de ne pas être en contact avec les élèves qui ne le souhaitaient pas. En raison des tensions existant dans l'école tant avec l'équipe de direction qu'avec des parents d'élèves, Mme B a été suspendue de ses fonctions, à titre conservatoire par arrêté du 6 novembre 2017, pour une durée de quatre mois. Par arrêté du 26 mars 2018 du recteur d'académie, elle a fait l'objet d'une mutation d'office, dans l'intérêt du service, et a été affectée à temps complet à dans une école privée à la Roche-sur-Yon jusqu'au 7 juillet 2018. Mme B, placée en arrêt de travail depuis le 6 novembre 2017, n'a pas repris ses fonctions.

2. Par un jugement n°1808984 du 6 juillet 2021, le tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B tendant à l'annulation de sa mutation d'office, et par un jugement n°1804058 du même jour, le tribunal administratif de Nantes a annulé la décision du 5 mars 2018 par laquelle le recteur de l'académie de Nantes a implicitement refusé le bénéfice de la protection fonctionnelle à Mme B et l'a enjoint à lui accorder cette protection fonctionnelle. Mme B demande à présent au juge des référés, au titre des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, d'ordonner une expertise aux fins de déterminer l'ensemble des préjudices subis à raison de la pathologie de syndrome anxio-dépressif et post-traumatique dont elle souffre qu'elle impute aux faits des 29 et 31 août 2017, des 28 et 29 septembre 2017 et à la décision de suspension du 6 novembre 2017.

Sur la demande d'expertise :

3. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.

4. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée. A ce dernier titre, il ne peut faire droit à une demande d'expertise lorsque, en particulier, elle est formulée à l'appui de prétentions qui ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, qui sont irrecevables ou qui se heurtent à la prescription. De même, il ne peut faire droit à une demande d'expertise permettant d'évaluer un préjudice, en vue d'engager la responsabilité d'une personne publique, en l'absence manifeste de lien de causalité entre le préjudice à évaluer et la faute alléguée de cette personne.

5. Par ailleurs, aux termes de l'article L 442-5 du code de l'éducation : " Le contrat d'association peut porter sur une partie ou sur la totalité des classes de l'établissement. Dans les classes faisant l'objet du contrat, l'enseignement est dispensé selon les règles et programmes de l'enseignement public. Il est confié, en accord avec la direction de l'établissement, soit à des maîtres de l'enseignement public, soit à des maîtres liés à l'Etat par contrat. Ces derniers, en leur qualité d'agent public, ne sont pas, au titre des fonctions pour lesquelles ils sont employés et rémunérés par l'Etat, liés par un contrat de travail à l'établissement au sein duquel l'enseignement leur est confié, dans le cadre de l'organisation arrêtée par le chef d'établissement, dans le respect du caractère propre de l'établissement et de la liberté de conscience des maîtres. () " Il résulte de ces dispositions que les maîtres contractuels de l'enseignement privé sous contrat ont la qualité d'agent public.

6. Enfin, alors même que les conséquences dommageables d'un accident de service sont susceptibles d'ouvrir droit à une pension forfaitaire d'invalidité, tout fonctionnaire ou agent public, qui a enduré, du fait de l'accident, des souffrances physiques ou morales et des préjudices esthétiques ou d'agrément, conserve le droit de réclamer à la collectivité qui l'a employé, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, distincts de l'atteinte à l'intégrité physique. Ces dispositions ne font pas non plus obstacle à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne.

7. D'une part, si la rectrice de l'académie de Nantes conteste l'utilité de la mesure d'expertise en faisant valoir que l'action pénale engagée par Mme B est dirigée exclusivement contre la direction de l'école privée dans laquelle elle était affectée et l'association des parents de l'enseignement libre de cette école, qui sont des entités distinctes qui organisent librement les activités hors secteur sous contrat, lesquelles échappent à la tutelle de l'Etat, il résulte toutefois de l'instruction, que l'action contentieuse envisagée par Mme B, en sa qualité d'agent public, en vue de laquelle elle demande la désignation d'un expert, est dirigée contre les services départementaux de l'éducation nationale à qui la requérante reproche l'absence de prise en compte de la gravité des faits qu'elle a subis et de mesure prise pour l'en protéger. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'utilité de la mesure d'expertise à l'égard du rectorat de l'académie de Nantes doit être écarté.

8. D'autre part, il résulte de l'instruction et en particulier des termes du jugement n° 1804058 du 6 juillet 2021 du présent tribunal que les agissements reprochés par Mme B tant à la direction de l'école privée dans laquelle elle était affectée qu'aux services du rectorat ont altéré son état de santé psychologique et que la requérante souffre, comme en atteste les expertises médicales produites à l'instance, d'un syndrome anxio-dépressif et post-traumatique, dont l'imputabilité au service a d'ailleurs été reconnue par les services du rectorat. En l'état de l'instruction, il n'est pas établi que la responsabilité des services du rectorat serait insusceptible d'être engagée devant le juge administratif. Par ailleurs, l'absence manifeste de lien de causalité entre les préjudices invoqués et les griefs soulevés à l'encontre des services de l'Etat n'est pas davantage établie en l'espèce.

9. Enfin, si la rectrice de l'académie de Nantes conteste l'utilité de la mesure d'expertise au motif que Mme B a déjà été examinée huit fois par des experts médicaux, il résulte de l'instruction que ces expertises, diligentées à la demande des services du rectorat, avaient pour seul objet de déterminer l'imputabilité au service de l'état de santé de la requérante et ne permettent pas d'évaluer les chefs de préjudices invoqués par Mme B.

10. Il résulte de ce qui précède que la demande d'expertise présentée par Mme B aux fins d'évaluer l'ensemble des préjudices qu'elle estime avoir subis résultant d'un syndrome anxio-dépressif et post-traumatique dont elle souffre depuis les faits de harcèlement moral qu'elle dénonce présente un caractère utile au sens des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative notamment pour permettre d'éclairer un éventuel contentieux portant sur l'ensemble des conséquences indemnitaires de la pathologie dont est affectée l'intéressée. Il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur les dépens :

11. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, il appartiendra au président de la juridiction, et non au juge des référés, de fixer par ordonnance les frais et honoraires d'expertise définitifs, et de désigner la partie qui en assumera la charge. Il s'ensuit que les conclusions présentées par la rectrice de l'académie de Nantes tendant à ce que les frais d'expertise ne soient pas mis à la charge de l'Etat, ne peuvent être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

12. Il n'appartient pas au juge des référés de réserver les frais irrépétibles exposés par Mme B dont les conclusions en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A C, médecin spécialisé inscrit au tableau 2024 des experts agréés auprès de la cour d'appel de Rennes à la rubrique F-02.01 " Psychiatrie d'adultes " et demeurant Cour artisanale Acti Ouest, 59 rue Pitre Grenapin à Saint-Nazaire (44600), est désigné en qualité d'expert.

Il aura pour mission de :

1) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme B et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins et aux diagnostics pratiqués sur elle à la suite du syndrome anxio-dépressif et post-traumatique dont elle souffre ;

2)convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Mme B ainsi qu'à son examen clinique ;

3.) après avoir recueilli les dires et les doléances de Madame B examiner cette dernière, décrire les séquelles que celle-ci impute aux faits de harcèlement qu'elle a subis, indiquer si ces séquelles et les soins subséquents sont bien en relation directe et certaine avec lesdits faits ou résultent totalement ou partiellement d'autres causes, en précisant lesquelles ;

4.) de dire si ces séquelles sont consolidées et de fixer, le cas échéant, la date de consolidation ;

5.) de donner son avis sur l'existence de préjudices patrimoniaux avant et après consolidation :

- éventuelles dépenses de santé ou de transport qui n'auraient pas été prises en charge ;

- dépenses de santé futures, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable (pourcentage) à la pathologie en cause de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux éventuels antécédents médicaux de l'intéressée ;

- besoins ou dépenses de frais de garde d'enfants, de soins ménagers,

- si l'assistance constante ou occasionnelle d'une tierce personne est ou a été nécessaire ; le cas échéant, en préciser le nombre d'heure par jour et la nature (aide qualifiée ou non qualifiée) ;

- si des aménagements temporaires du logement et/ ou du véhicule ont été nécessaires et/ou seront nécessaires après consolidation et en préciser la nature et le coût estimatif en indiquant si ceux-ci sont directement en lien avec les séquelles résultant des faits à l'origine des dommages ;

- perte de revenus professionnels ;

6.) de donner son avis sur l'existence de préjudices extra patrimoniaux avant et après consolidation, qui seraient liés à la pathologie en question dont souffre Mme B et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable (pourcentage) à la pathologie en cause de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux éventuels antécédents médicaux de l'intéressée :

- déficit fonctionnel temporaire en précisant les périodes et le ou les taux,

- souffrances endurées,

- déficit fonctionnel permanent et son taux,

- préjudice esthétique,

- préjudice sexuel,

- préjudice d'agrément spécifique,

- troubles dans les conditions d'existence, préjudice moral.

7.) d'une manière générale, d'apporter tous éléments qui seraient utiles à la solution du litige par la juridiction éventuellement saisie et, notamment, ceux permettant d'évaluer l'ensemble des préjudices de Mme B.

Article 2 : Après avoir prêté serment, l'expert, pour l'accomplissement de sa mission, se fera communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme B et notamment tous documents relatifs aux examens, soins et interventions pratiqués sur l'intéressée.

Article 3 : L'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, se faire assister par un sapiteur préalablement désigné par le juge des référés.

Article 4 : L'expert effectuera sa mission au contradictoire de :

- Mme B,

- l'académie de Nantes qui sera représentée par un médecin.

Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 6 : L'expert déposera au greffe un exemplaire papier et un exemplaire par voie dématérialisée avant le 30 septembre 2024, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours. Elle en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s'opérer sous forme électronique avec l'accord desdites parties, à laquelle elle joindra copie de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 7 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par le tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative.

Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B, à la rectrice de l'académie de Nantes, à la ministre de l'éducation nationale et à M. A C, expert.

Fait à Nantes, le 12 mars 2024.

La juge des référés,

F. Specht-Chazottes

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2214839

gp

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