jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2215706 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | ERNST & YOUNG NANTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 novembre 2022, la société d'économie mixte Loire Océan développement, représentée par la société d'avocats Ernst et Young, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner M. A à lui verser une provision de 24 378,70 euros toutes taxes comprises (TTC), assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, avec une majoration de cinq points, à compter du 17 octobre 2017, sous astreinte de 250 euros par jour de retard passé le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de M. A la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est compétente pour connaître du présent litige ;
- la créance dont elle se prévaut n'est pas sérieusement contestable dans son principe comme dans son montant ; en effet, l'intéressé est tenu de respecter l'engagement qu'il a souscrit de verser la participation litigieuse à l'aménageur ; son inertie justifie le prononcé d'une injonction sous astreinte.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 mars 2023, M. B A, représenté par la SELARL Publi-Juris, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société requérante de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la créance invoquée est prescrite par application des dispositions du 3° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ; en tout état de cause, elle est sérieusement contestable ; en effet, la convention de participation litigieuse est dépourvue de base légale dès lors que le traité de concession est illicite, en l'absence de mise en concurrence préalable et d'une autorisation régulière de le signer adoptée par l'organe délibérant de la collectivité.
Le président du tribunal a désigné M. Cantié, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. () ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
2. La société d'économie mixte Loire Océan développement demande au juge des référés de condamner M. A à lui verser à titre provisionnel la somme de 24 378,70 euros TTC correspondant au montant d'une participation aux coûts d'équipement d'une zone d'aménagement concerté (ZAC).
3. Il résulte de l'instruction que M. A a signé le 26 octobre 2016 avec Nantes métropole et la société requérante, concessionnaire de la ZAC La Pelousière, une convention de participation sur le fondement des dispositions de l'article L. 311-4 du code de l'urbanisme par laquelle il s'est engagé, en sa qualité de pétitionnaire au sein du périmètre de cette zone, à verser directement à l'aménageur une participation aux coûts des équipements publics de la ZAC d'un montant de 24 378,70 euros TTC.
4. Si M. A invoque la prescription de l'action en recouvrement prévue par les dispositions du 3° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, celle-ci n'est pas applicable à la créance que détient l'aménageur sur le pétitionnaire qui s'est engagé à lui verser directement la participation prévue par l'article L. 311-4 du code de l'urbanisme.
5. La circonstance que la signature du traité de concession ayant confié à la société d'économie mixte Loire Océan développement sa mission d'aménageur de la ZAC La Pelousière n'aurait pas été approuvée par l'organe délibérant de Nantes métropole ou n'aurait pas été précédée du respect des obligations de mise en concurrence requises est sans incidence sur l'exigibilité de la participation que M. A s'est engagé à verser directement au concessionnaire. Dès lors, la société requérante est fondée à se prévaloir à ce titre d'une obligation non sérieusement contestable à la charge de l'intéressé.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A doit être condamné à verser à la société d'économie mixte Loire Océan développement une provision de 24 378,70 euros TTC.
7. La société d'économie mixte Loire Océan développement peut prétendre à ce que la provision précitée soit assortie des intérêts au taux légal à compter de la date à laquelle M. A a été mis à même de s'acquitter de sa dette. Toutefois, la preuve de ce qu'une mise en demeure aurait été régulièrement notifiée à l'intéressé à une date certaine n'est pas rapportée par la société requérante. Il y a donc lieu de retenir la date d'enregistrement de la présente requête, c'est-à-dire le 29 novembre 2022, comme date à partir duquel les intérêts au taux légal commencent à courir. Ces intérêts n'étant pas dus depuis au moins une année entière à la date de la présente ordonnance, ne peuvent produire eux-mêmes intérêts.
8. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7, il n'y a pas lieu de prononcer une injonction sous astreinte à l'encontre de M. A.
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de M. A la somme de 1 500 euros à verser à ce titre à la société d'économie mixte Loire Océan développement. En revanche, ces mêmes dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la société d'économie mixte Loire Océan développement, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est condamné à verser à la société d'économie mixte Loire Océan développement une provision de 24 378,70 euros toutes taxes comprises, assortie des intérêts au taux légal à compter du 29 novembre 2022.
Article 2 : M. A versera à la société d'économie mixte Loire Océan développement la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la société d'économie mixte Loire Océan développement.
Fait à Nantes, le 22 juin 2023.
Le juge des référés,
C. CANTIE
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026