LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2216511

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2216511

mercredi 11 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2216511
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantGUILBAUD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 16 décembre 2022 et 9 janvier 2023, le préfet de la Loire-Atlantique demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à Mme A E B et à tous les occupants de son chef, de libérer sans délai le logement dédié aux demandeurs d'asile qu'elle occupe situé au 1 rue de Norvège à Nantes (Loire-Atlantique), et géré par l'association HUDA ASBL ;

2°) de l'autoriser à procéder à leur expulsion avec le concours de la force publique ;

3°) de l'autoriser à donner toutes instructions utiles au gestionnaire du logement afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de Mme E B, à défaut pour celle-ci de les avoir emportés.

Il soutient que :

- sa requête relève de la compétence de la juridiction administrative, en application de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- sa requête est recevable en application de ces mêmes dispositions ;

- les conditions d'urgence et d'utilité sont satisfaites dès lors que le maintien de Mme D, déboutée de l'asile, dans un logement pour demandeurs d'asile, compromet le bon fonctionnement du service public, alors qu'au 31 août 2022, 794 demandeurs d'asile étaient en attente d'un hébergement dans le département de la Loire-Atlantique ;

- elle ne fait l'objet d'aucune contestation sérieuse dès lors que Mme D se maintient dans le logement alors que sa demande d'asile a été rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 19 avril 2022, que l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) l'a informée par un courrier du 9 mai 2022 de la fin de sa prise en charge et que, par un courrier du 30 juin 2022 notifié le 7 juillet suivant, le préfet l'a mise en demeure de quitter les lieux dans un délai d'un mois ;

- il n'existe pas de circonstances exceptionnelles de nature à faire obstacle à la mesure sollicitée, la seule circonstance que l'intéressée soit accompagnée de trois enfants mineurs étant insuffisante, alors que rien ne permet de conclure que celle-ci souffre d'une maladie grave et que la mesure sollicitée n'a ni pour objet ni pour effet de mettre un terme à l'éventuel suivi médical et traitement médicamenteux dont elle bénéficierait ; rien n'indique une situation d'isolement et de détresse à laquelle serait confrontée l'intéressée, le seuil de vulnérabilité fixé par l'OFII lors du dépôt de sa demande d'asile ayant pu évoluer par la suite ;

- il est nécessaire de faire libérer les lieux sans délai dès lors que l'octroi d'un délai supplémentaire serait contraire aux dispositions prévues par l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne serait pas utile, l'intéressée ayant pris il y a plusieurs mois connaissance de son obligation de quitter le logement qu'elle occupe et ne disposant d'aucun titre lui permettant de se maintenir sur le territoire français ;

- l'intéressée n'a pas vocation à bénéficier du dispositif d'hébergement d'urgence de droit commun dès lors que sa demande d'asile a été rejetée et alors que sa situation ne caractérise pas une situation de détresse justifiant qu'elle en bénéficie à titre exceptionnel ; par voie de conséquence, il n'appartient pas au préfet de lui trouver une solution d'hébergement d'urgence ;

- le suivi médical dont se prévaut Mme E B ne fait pas obstacle à la sortie des lieux demandée alors que la nécessité et la régularité de ce suivi ne sont pas démontrées et qu'elle n'a jamais sollicité de titre de séjour en qualité d'étranger malade ou de parent d'un enfant malade ;

- la scolarité de ses enfants n'est pas remise en cause par la mesure d'expulsion sollicitée, la circonstance que Mme E B a bénéficié du renouvellement de son attestation de demande d'asile le 18 mai 2022 étant sans incidence du fait que le droit de l'intéressée de se maintenir sur le territoire français a pris fin le 19 avril 2022.

Mme E B, représentée par Me Guilbaud a produit le 6 janvier 2023 des pièces qui ont été communiquées.

Mme E B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 janvier 2023.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Le Barbier, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 9 janvier 2023 à 9 heures 30 :

- le rapport de Mme Le Barbier, juge des référés,

- et les observations de Me Guilbaud, avocate de Mme E B, qui conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce qu'un délai lui soit accordé le temps que le préfet propose à cette dernière une solution au titre de l'hébergement d'urgence, et insiste sur le fait que la saturation du dispositif d'accueil des demandeurs d'asile n'est pas établie, que Mme B a accompli plusieurs vaines démarches pour trouver une solution de relogement et qu'elle justifie de circonstances exceptionnelles liées à son état de santé et à la circonstance qu'elle est accompagnée de trois enfants, âgés de 12, 8 et 3 ans,

- le préfet de la Loire-Atlantique n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante angolaise née le 22 novembre 1986, déclare être entrée irrégulièrement en France le 18 juin 2019. En sa qualité de demandeuse d'asile, elle a été hébergée, avec ses trois enfants mineurs, à l'HUDA ASBL à compter du 28 octobre 2019. Par une décision du 19 avril 2022, la cour nationale du droit d'asile (CNDA) a définitivement rejeté sa demande d'asile. Par la présente requête, le préfet de la Loire-Atlantique demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion de Mme E B et à tous les occupants de son chef, de libérer sans délai le logement dédié aux demandeurs d'asile qu'elle occupe situé au 1 rue de Norvège à Nantes (Loire-Atlantique), et géré par l'association HUDA ASBL.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Mme E B ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 janvier 2023, il n'y a plus lieu de statuer sur son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 521-3 du code de justice administrative :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 552-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile ou jusqu'à leur transfert effectif vers un autre Etat européen ". Selon l'article L. 551-11 du même code : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ". L'article L. 552-15 dispose : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. / Le premier alinéa n'est pas applicable aux personnes qui se sont vues reconnaître la qualité de réfugié ou qui ont obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. Il est en revanche applicable aux personnes qui ont un comportement violent ou commettent des manquements graves au règlement du lieu d'hébergement. / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

5. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que, saisi par le préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile d'un demandeur d'asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.

6. En premier lieu, Mme E B a été hébergée, avec ses trois enfants mineurs, dans un logement dédié aux demandeurs d'asile, situé 1 rue de Norvège à Nantes, et géré par l'association HUDA ASBL. Sa demande d'asile a été définitivement rejetée par décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 19 avril 2022, notifiée à l'intéressée le 21 avril suivant. Elle a été avisée, par un courrier de l'OFII du 9 mai 2022 qu'il serait mis fin à sa prise en charge à la date du 19 mai suivant. Une mise en demeure de quitter ce lieu, dans un délai d'un mois, a été adressée à l'intéressée par le préfet la Loire-Atlantique le 30 juin 2022, notifiée le 7 juillet suivant. Mme E B se maintient ainsi dans un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile, alors que sa demande d'asile a été définitivement rejetée. La mesure sollicitée ne se heurte ainsi à aucune contestation sérieuse.

7. En second lieu, la libération des lieux par Mme E B, définitivement déboutée de l'asile, présente, eu égard aux exigences de bon fonctionnement et de continuité du service public d'accueil et d'hébergement des demandeurs d'asile, ainsi qu'à la situation de tension de ce dispositif, un caractère d'urgence et d'utilité et apparaît comme la seule mesure susceptible de préserver la continuité du service public de l'accueil des demandeurs d'asile.

8. Toutefois, la circonstance que l'intéressée est une mère isolée de trois jeunes enfants, scolarisés et âgés de 12, 8 et 3 ans et la vulnérabilité particulière liée à l'état de santé de l'intéressée justifie que lui soit accordé, pour libérer le logement pour demandeurs d'asile qu'elle occupe indûment, un délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance et, en l'absence de départ volontaire de l'intéressée à l'issue de ce délai, d'autoriser le préfet de la Loire-Atlantique à procéder à l'évacuation forcée des lieux avec le concours de la force publique et à prendre les mesures nécessaires pour faire enlever, aux frais et risques de Mme E B, les biens meubles qui s'y trouveraient.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme D tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est enjoint à Mme E B de libérer, dans un délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance le logement qu'elle occupe au sein du centre d'accueil pour demandeurs d'asile, situé 1 rue de Norvège à Nantes, et géré par l'association HUDA ASBL.

Article 3 : En l'absence de départ volontaire de Mme E B dans le délai imparti, le préfet de la Loire-Atlantique, à l'issue du délai fixé à l'article 2, pourra faire procéder à son expulsion et à l'évacuation de ses biens, par les moyens légaux de son choix, aux frais, risques et périls de l'intéressée, au besoin avec le concours de la force publique.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur, à Mme A E B, et à Me Guilbaud.

Copie sera en outre adressée au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Nantes, le 11 janvier 2023.

La juge des référés,

M. C

Le greffier,

J-F. MerceronLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions