jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2300363 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | PAREE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 janvier 2023, M. D A et M. C B, représentés par Me Parée, demandent au juge des référés :
1°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à la commune de Dompierre-sur-Yon et à la commune d'Essarts-en-Bocage, " de déterminer et/ou d'entreprendre les études nécessaires à la réfection du pont de Beaumanoir afin d'arrêter un programme d'intervention définitif " et de " lancer sur la base des études et du programme précités, les consultations travaux nécessaires pour procéder à la réfection du pont de Beaumanoir, d'ici à l'été 2023 ", en vue de faire cesser les risques et préjudices attachés à l'état dudit ouvrage, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) d'enjoindre à la commune de Dompierre-sur-Yon, " de déterminer et/ou d'entreprendre les études nécessaires à l'entretien du chemin de la Varenne afin d'arrêter un programme d'intervention définitif " et de " lancer sur la base des études et du programme précités, les consultations travaux nécessaires pour procéder à la réfection du chemin, d'ici à l'été 2023 ", en vue de faire cesser les risques et préjudices attachés à l'état du chemin, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Dompierre-sur-Yon et de la commune d'Essarts-en-Bocage la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie : l'urgence est caractérisée lorsqu'une demande a pour objet de permettre l'exécution de travaux publics interrompus. Tant le pont litigieux, que le chemin de la Varenne répondent parfaitement à la définition d'ouvrage public. Par ailleurs, il ne fait aucun doute que ce pont et ce chemin sont affectés à l'intérêt général en ce qu'ils sont directement affectés à l'usage du public, à la circulation des riverains, des promeneurs, des services privés ou publics et en ce qu'il permet de rejoindre la voie publique. Le fait que le pont litigieux soit implanté sur le domaine public ou privé des communes est sans incidence quant à la qualification d'ouvrage public. L'inertie déployée par les communes défenderesses, se renvoyant sans cesse la responsabilité, et le défaut d'entretien du pont litigieux conduisent à les priver d'un accès à la voie publique, depuis 3 ans maintenant. A cet égard, il s'avère que, plus le temps passe, plus le pont se dégrade, comme en témoignent les photos du constat d'huissier du 6 octobre 2022. En outre, les fortes crues hivernales et le non-entretien de la rivière accentuent le péril encouru d'effondrement du pont, d'année en année. Par ailleurs, il convient de rappeler que le pont de Beaumanoir est dépourvu de tout parapet. Or, nonobstant l'arrêté pris par la commune d'Essarts-en-Bocage, en date du 14 janvier 2020, interdisant la circulation des véhicules motorisés sur le pont de Beaumanoir, affiché côté Boulogne à l'entrée du pont, côté allée Gaston Chaissac, des promeneurs, des cyclistes et des riverains peuvent subir un accident en empruntant le pont.
Il existe un fort risque de mise en danger de l'intégrité physique des personnes. Enfin, le chemin de la Varenne reliant le lieu-dit Beaumanoir au pont de Beaumanoir, qui débouche lui-même sur l'allée Gaston Chaissac est dans un état détérioration avancée le rendant impraticable lors de fortes pluies, nécessitant également pour le rétablissement de l'accès la voie publique d'être remis en état. La commune d'Essarts, bien consciente de la situation, a réagi en prenant l'arrêté municipal précité. C'est la raison pour laquelle des travaux de réparation de l'ouvrage considéré doivent rapidement être entrepris. Or, le lancement des consultations préalables à la réalisation des travaux et le lancement desdits travaux ne cessent d'être repoussés. Dans ces conditions, il est urgent que les études entreprises soient terminées sans plus tarder et que les consultations travaux soient lancées le plus rapidement possible pour mettre un terme au risque pesant sur la sécurité des personnes et des biens et leur permettre de retrouver un accès direct et sûr à la voie publique.
- la mesure sollicitée présente un caractère utile : ces mesures sont utiles en vue d'assurer, à terme, un engagement rapide des travaux nécessaires à la réfection du pont de Beaumanoir et du chemin de la Varenne, pour assurer un raccordement effectif du lieu-dit Beaumanoir à la voie publique, en toute sécurité, pour les usagers. Toutes les démarches entreprises par les communes défenderesses concluent à la nécessité d'entreprendre des travaux de réparation.
- leur demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse. Il est parfaitement établi que les risques de dommages et les préjudices existants sont imputables à ces ouvrages. Il est en outre constant que l'attitude des communes défenderesses, qui demeurent passive face à cette situation, est constitutive d'une faute.
- leur demande ne saurait être regardée comme faisant obstacle à l'exécution d'une décision administrative. La mesure sollicitée ne fera pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative puisque chaque commune défenderesse a convenu, sur le principe, d'entreprendre des travaux de réfection du pont de Beaumanoir et que des engagements ont été votés en ce sens.
En tout état de cause, il est constant que la mesure sollicitée vise à prévenir un péril grave.
La requête a été communiquée à la commune de Dompierre-sur-Yon, laquelle n'a pas produit à l'instance.
La requête a été communiquée à la commune d'Essarts-en-Bocage, laquelle n'a pas produit à l'instance.
Par une ordonnance du 30 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 février suivant à 15h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A et M. B sont propriétaires indivis de corps de bâtiments divisés en plusieurs parcelles au lieu-dit Beaumanoir sur le territoire de la commune de Dompierre-sur-Yon (Vendée). En dehors d'une voie privée appartenant à un voisin, l'accessibilité de leurs biens à la voie publique se fait exclusivement par le chemin de la Varenne et le pont de Beaumanoir, surplombant la rivière " la Boulogne ", lesquels présentent un état de dégradation avancé. Les requérants demandent au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre, d'une part aux maires des communes de Dompierre-sur-Yon et d'Essarts-en-bocage (Vendée) d'entreprendre ou, le cas échéant de finaliser, les études nécessaires à la réfection du pont de Beaumanoir et de lancer les consultations nécessaires à la réalisation des travaux de remise en état et, d'autre part, au maire de la commune de Dompierre-sur-Yon, de faire de même s'agissant de la réfection du chemin de la Varenne.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
3. Saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Pour prévenir ou faire cesser un dommage dont l'imputabilité à un ouvrage public ne se heurte à aucune contestation sérieuse, le juge des référés peut ainsi, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, enjoindre au responsable du dommage de prendre des mesures conservatoires destinées à faire échec ou mettre un terme à un danger immédiat.
4. Il résulte de l'instruction, notamment du constat du commissaire de justice mandaté le 6 octobre 2022 par les requérants, et n'est par ailleurs aucunement contesté en l'espèce par les deux communes en défense, lesquelles n'ont pas produit à l'instance, d'une part que le pont de Beaumanoir présente un état de dégradation avancé, notamment au niveau des jambages, ainsi qu'une importante fissure sous l'édifice, d'autre part que le chemin de la Varenne est l'objet d'inondations régulières menaçant sa praticabilité. La qualification d'ouvrage public et de voie publique n'est par ailleurs pas davantage remise en cause par les communes, ainsi qu'en conséquence l'entretien qui leur incombe. Il résulte en outre de l'instruction que le maire de la commune d'Essarts-en-bocage a pris, le 14 janvier 2020, un arrêté portant interdiction de la circulation sur le pont des véhicules à moteur " du fait de son état manifeste de détérioration rapide et dans l'attente d'un audit complet déterminant sa solidité ", décision qui fait référence à un arrêté du même type pris par le maire de la commune de Dompierre " pour la partie du pont qui le concerne ". Les désordres présentent ainsi incontestablement un caractère évolutif avec un risque d'effondrement s'agissant du pont et d'inondations s'agissant du chemin, engendrant un risque pour les usagers de la route, types piétons et cyclistes, non concernés par l'arrêté précité et limitant en tout état de cause l'accès des services publics, notamment de secours. Par suite, compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, les mesures sollicitées par M. A et M. B présentent un caractère d'utilité et d'urgence et ne se heurtent, en outre, à aucune contestation sérieuse. Par ailleurs, elles ne font aucunement obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que les conditions fixées par l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont réunies. Dès lors, il y a lieu d'ordonner, d'une part aux maires des communes de Dompierre-sur-Yon et d'Essarts-en-bocage d'entreprendre ou, le cas échéant de finaliser, les études nécessaires à la réfection du pont de Beaumanoir et de lancer les consultations relatives à la réalisation des travaux de remise en état et, d'autre part, au maire de la commune de Dompierre-sur-Yon, d'entreprendre ou, le cas échéant de finaliser, les études nécessaires à la réfection du chemin de la Varenne et de lancer les consultations relatives à la réalisation des travaux de remise en état, ce dans le délai de trois mois suivant la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des communes en défense le versement d'une somme de 3 000 euros au titre des frais exposés par M. A et M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint aux maires des communes de Dompierre-sur-Yon et d'Essarts-en-bocage d'entreprendre ou, le cas échéant de finaliser, les études nécessaires à la réfection du pont de Beaumanoir et de lancer les consultations relatives à la réalisation des travaux de remise en état de l'ouvrage, dans le délai de trois mois suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Dompierre-sur-Yon d'entreprendre ou, le cas échéant de finaliser, les études nécessaires à la réfection du chemin de la Varenne et de lancer les consultations relatives à la réalisation des travaux de remise en état de la voie, dans le délai de trois mois suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A, à M. C B, à la commune de Dompierre-sur-Yon et à la commune d'Essarts-en-bocage.
Fait à Nantes, le 16 février 2023.
Le juge des référés,
L. BOUCHARDON
La République mande et ordonne préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026