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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2301896

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2301896

vendredi 13 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2301896
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSCP CADORET-TOUSSAINT DENIS SAINT NAZAIRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 7 février et 4 juillet 2023, la Chambre de Commerce et d'Industrie Nantes Saint-Nazaire (CCINSN), le Groupement Interprofessionnel pour l'Apprentissage et la Formation Continue (GIPAFOC) et la Fédération des Métiers de la Communication et de l'Électricité (FMCE), représentés par leurs représentants en exercice, par Me Reveau, demandent au juge des référés, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et dans le dernier état de leurs écritures, de :

1°) prescrire l'expertise judiciaire contradictoire des désordres affectant le réseau d'évacuation des eaux pluviales situé au niveau du hall mutualisé du campus de l'apprentissage à Nantes, 3 boulevard Bâtonnier Cholet à Nantes (44100) ;

2°) leur décerner acte de leur désistement d'instance à l'encontre de la société MMA Iard ;

3°) donner mission à l'expert d'établir un pré-rapport des opérations et de ses constatations ;

4°) décerner acte aux sociétés GPAA, Rossi, André BTP et Generali de leurs protestations et réserves ;

5°) rejeter les conclusions de la société Abeille Iard et Santé et de la société Oteis tendant au rejet de la requête ;

6°) rejeter les conclusions de la société MMA Iard au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

7°) mettre à la charge de la société Abeille Iard et Santé et de la société Oteis la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- en application de l'article 8 du code des marchés publics, un groupement de commandes, dont le coordonnateur est la chambre de commerce et de l'industrie de Nantes Saint Nazaire, a été constitué ;

- un marché de maîtrise d'œuvre a été signé le 4 juillet 2011 avec un groupement conjoint constitué de la société GPAA, architecte et également mandataire du groupement, ainsi que de la société Isateg Atlantique et de la société Acoustibel ;

- une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage relative à la haute qualité environnementale a été confiée à la société Indiggo alors qu'une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage relative au suivi de la qualité environnementale et du chantier vert a été confiée à la société acoustique et environnement Nord-Ouest (Vannes) ;

- la mission portant sur l'ordonnancement, le pilotage et la coordination (OPC) des travaux a été confiée à la société Ouest Coordination par un marché conclu le 20 décembre 2011 ;

- les travaux ont été répartis en 16 lots traités en marchés séparés ;

- l'ouvrage a fait l'objet de quatre réceptions partielles avec réserves en ce qui concerne les différentes parties concernées par le marché public de travaux ;

- des infiltrations sont également apparues après la réception de l'ouvrage du 20 mars 2015 en divers endroits des bâtiments ACCIPIO et IFOCOTEP, ainsi que d'autres désordres ;

- les différents désordres constatés ont fait l'objet de trois rapports d'expertises judiciaires établis successivement par M. A, expert, les 11 janvier 2018, 13 juillet 2018, et 23 novembre 2018 ;

- les dommages constatés lors des expertises précédentes, datant de plus de cinq ans, présentaient d'importantes évolutions ; l'humidité du sol est importante et se situe entre le dessus du dallage et la sous-face de l'isolant du plancher chauffant et présente en permanence ; avant le début des travaux de réparation des désordres, des investigations complémentaires ont été effectuées ;

- un rapport d'inspection télévisée du 6 juillet 2022 a révélé que les canalisations d'eau pluviales situées au niveau du hall sont affectées de nombreuses malfaçons telles que des défauts de raccordement, des défauts d'étanchéité et plusieurs perforations ;

- Pour les malfaçons en litige, les sociétés suivantes sont concernées :

- la société André BTP au titre du gros-œuvre incluant la pose des réseaux sous dallage ;

- la société Axima Concept au titre des travaux de plancher chauffant comprenant le raccordement des chutes d'eaux pluviales ;

- la société Gaëlle Peneau Architectes Associés en qualité de membre du groupement de maîtrise d'œuvre ;

- le rapport de M. B, ayant effectué le constat judiciaire ordonné le 25 novembre 2022 par le juge des référés, a été établi le 26 mai 2023 et fait état de nouvelles malfaçons du sol du hall mutualisé, ayant pour origine des malfaçons affectant le réseau d'eau pluviale, qui constituent des éléments nouveaux ;

- la procédure au fond a fait l'objet d'une clôture d'instruction le 17 octobre 2022 ;

- les parties concernées par les nouvelles malfaçons ne sont pas les mêmes que celles de la procédure au fond ;

- l'expertise judiciaire des désordres constatés sur les canalisations d'eaux pluviales est utile.

Par un mémoire, enregistré le 13 mars 2023, la société Gaëlle Peneau Architectes Associés, représentée par Me Livory, formule toutes les protestations et réserves d'usage sur la demande d'expertise judiciaire.

Par deux mémoires, enregistrés les 23 mars et 20 décembre 2023, la société Rossi, représentée par Me Viaud, demande au juge des référés de lui décerner acte de ses protestations et réserves d'usage quant à la nouvelle mesure d'expertise judiciaire sollicitée.

Par un mémoire, enregistré le 31 mars 2023, la société André BTP, représentée par Me Bailly, demande au juge des référés de :

1°) lui décerner acte de ce qu'elle formule toutes les protestations et réserves d'usage tant sur sa responsabilité que l'opportunité de la mesure sollicitée ;

2°) déclarer communes et opposables à l'ensemble des parties à l'instance les opérations d'expertise à intervenir ;

3°) ordonner que les opérations d'expertise à intervenir soient diligentées au contradictoire de l'ensemble des parties à l'instance ;

4°) constater que la demande d'expertise vaut interruption de prescription et de forclusion ;

5°) réserver les dépens.

Par un mémoire, enregistré le 11 avril 2023, la société Generali Iard, assureur de la SAS Rossi Carrelages, représentée par Me Philiponet, demande au juge des référés de :

1°) lui décerner acte de ce qu'elle formule toutes les protestations et réserves d'usage sur l'opportunité de la mesure sollicitée ;

2°) déclarer communes et opposables à l'ensemble des parties à l'instance les opérations d'expertise à intervenir ;

3°) constater que la demande d'expertise judiciaire vaut interruption de prescription et de forclusion.

Par un mémoire, enregistré le 16 mai 2023, la société MMA Iard, représentée par la société d'avocats Villaine Rumin, demande au juge des référés de :

1°) la mettre hors de cause ;

2°) mettre à la charge de la Chambre de Commerce et d'Industrie Nantes Saint-Nazaire, le Groupement Interprofessionnel pour l'Apprentissage et la Formation Continue et la Fédération des Métiers de la Communication et de l'Électricité, la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) condamner la Chambre de Commerce et d'Industrie Nantes Saint-Nazaire, le Groupement Interprofessionnel pour l'Apprentissage et la Formation Continue et la Fédération des Métiers de la Communication et de l'Électricité, aux entiers dépens.

Elle soutient qu'elle n'est pas l'assureur de la société Qualiconsult qui est en fait assurée auprès de la société AXA France Iard.

Par trois mémoires, enregistrés les 25 mai, 19 juin et 12 juillet 2023, la société Abeille Iard et Santé, venant aux droits de la société Aviva et la société Oteis, venant aux droits de la société Isateg Atlantique, représentées par Me Hounieu, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) à titre principal, rejeter la présente requête ;

2°) à titre subsidiaire :

- prendre acte des plus expresses protestations et réserves quant à la recevabilité des actions susceptibles d'être engagées à leur encontre ;

- juger qu'elles ne s'opposent pas à la désignation d'un expert judiciaire sous les protestations et réserves d'usage quant à leur responsabilité et quant aux garanties mobilisables du contrat d'assurance ;

- juger que la mesure d'expertise sera rendue commune et opposable aux sociétés appelées à l'instance ;

- dire et juger que l'expert devra remettre un pré-rapport.

Ils soutiennent que :

- la Chambre de Commerce et d'Industrie Nantes Saint-Nazaire, le Groupement Interprofessionnel pour l'Apprentissage et la Formation Continue et la Fédération des Métiers de la Communication et de l'Électricité avaient connaissance des désordres avant que le juge du fond ne se prononce sur les responsabilités encourues dans l'instance n°2007699 ;

- l'autorité de chose jugée de la décision rendue le 3 mai 2023 par le tribunal et le principe de cristallisation des moyens font obstacle à que les demandeurs puissent solliciter une expertise sur un désordre dont les causes ont déjà été expressément identifiées et les responsabilités jugées ;

- une nouvelle expertise portant sur les mêmes désordres est inutile ;

- les demandeurs n'ont pas procédé aux travaux réparatoires prescrits par M. A en 2018 ;

- à titre subsidiaire, si le juge des référés donne droit à la demande d'expertise, l'expert devra examiner l'existence d'un lien de causalité entre les désordres nouvellement dénoncés dans le cadre de la présente instance affectant le hall mutualisé et l'absence de réalisation des travaux réparatoires préconisés par M. A, expert, dans son rapport déposé le 23 juillet 2018 au sujet des mêmes désordres.

Par un mémoire, enregistré le 10 août 2023, la société Allianz Iard, assureur de la société André BTP et la société Axima Equans, représentées par Me Gras, demandent au juge des référés de :

1°) lui décerner acte de leurs protestations et réserves sur la demande d'expertise judiciaire ;

2°) rejeter toute autre demande dirigée à leur encontre.

Par un mémoire, enregistré le 23 août 2023, la société TPF Ingénierie, représentée par Me Viaud, demande au juge des référés de lui décerner acte de ses protestations et réserves d'usage quant à la nouvelle mesure d'expertise.

La requête susvisée a été communiquée à la société MAF et à la société Axima Concept pour lesquelles il n'a pas été présenté de mémoire.

Vu les pièces jointes à la requête ;

Vu le code de justice administrative ;

Le Président du tribunal administratif de Nantes a désigné Mme D, première vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Dans le cadre de la construction du campus de l'apprentissage, un groupement de commandes, dont le coordonnateur est la chambre de commerce et de l'industrie de Nantes Saint Nazaire (CCINSN), a été constitué avec le groupement interprofessionnel pour l'apprentissage et la formation continue (GIPAFOC) et la fédération des métiers de la communication de l'électricité (FMCE). Il a été décidé d'agrandir le bâtiment existant de l'institut de formation du commerce et de techniques professionnelles (IFOCOTEP) et de lui adjoindre deux autres bâtiments, désignés Accipio et Martello. Un marché de maîtrise d'œuvre a été signé le 4 juillet 2011 avec un groupement conjoint constitué de la société GPAA, architecte et également mandataire du groupement, ainsi que de la société Isateg Atlantique et de la société Acoustibel. Une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage relative à la haute qualité environnementale a été confiée à la société Indiggo alors qu'une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage relative au suivi de la qualité environnementale et du chantier vert a été confiée à la société Acoustique et Environnement Nord-Ouest . La mission portant sur l'ordonnancement, le pilotage et la coordination (OPC) des travaux a été confiée à la société Ouest Coordination par un marché conclu le 20 décembre 2011. Les travaux ont été répartis en 16 lots traités en marchés séparés. L'ouvrage a fait l'objet de quatre réceptions partielles avec réserves en ce qui concerne les différentes parties concernées par le marché public de travaux. Des infiltrations sont également apparues après la réception de l'ouvrage du 20 mars 2015 en divers endroits des bâtiments ACCIPIO et IFOCOTEP, ainsi que d'autres désordres. Les différents désordres constatés ont fait l'objet de trois rapports d'expertises judiciaires établis successivement par M. A, expert, les 11 janvier 2018, 13 juillet 2018, et 23 novembre 2018.

2. La CCINSN, le GIPAFOC et la FMCE indiquent qu'avant le début des travaux de réparation des désordres, des investigations complémentaires ont été effectuées en raison de la présence d'humidité importante sur le sol du hall mutualisé entre le dessus du dallage et la sous-face de l'isolant du plancher chauffant. Un rapport d'inspection télévisée du 6 juillet 2022 a révélé que les canalisations d'eau pluviales situées au niveau du hall sont affectées de nombreuses malfaçons telles que des défauts de raccordement, des défauts d'étanchéité et plusieurs perforations. Ces désordres ont également été constatés par le rapport du cabinet Arest établi le 20 juillet 2022. Par un jugement n°2007699 rendu le 3 mai 2023, le tribunal administratif de Nantes a statué, notamment sur la base du rapport d'expertise déposé le 13 juillet 2018 au greffe du tribunal, relativement à la responsabilité décennale des constructeurs en ce qui concerne les désordres d'humidité affectant le sol du hall mutualisé. Ce a fait l'objet d'un appel devant la cour administrative d'appel de Nantes, enregistré sous le numéro 23NT01974. Par la suite, le rapport de M. B, expert, relatif au constat judiciaire ordonné le 25 novembre 2022 par le juge des référés du présent tribunal dans l'instance n° 2214863, pour le constat des désordres d'humidité affectant le sol du hall mutualisé de l'ouvrage en cause, a été enregistré au greffe du tribunal le 26 mai 2023.

3. La présente requête tend à la désignation d'un expert, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, aux fins de constater les nouvelles malfaçons affectant le réseau d'évacuation des eaux pluviales au niveau du hall mutualisé de l'ouvrage, d'en déterminer l'origine, les causes, les conséquences et de proposer les solutions permettant d'y remédier.

Sur le désistement partiel :

4. Par un mémoire enregistré le 4 juillet 2023, les requérants déclarent se désister des conclusions présentées à l'encontre de la société MMA Iard. Ce désistement est pur et simple. Il y a lieu d'en donner acte.

Sur les conclusions aux fins de mise hors de cause présentées par la société MMA Iard :

5. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la demande de la MMA Iard tendant à sa mise hors de cause est devenue sans objet.

Sur l'exception de chose jugée :

6. La société Abeille Iard et Santé et la société Oteis font valoir l'autorité de chose jugée de la décision rendue le 3 mai 2023 par le tribunal administratif de Nantes.

7. En l'espèce, le jugement du 3 mai 2023 par lequel le tribunal administratif de Nantes a statué sur la responsabilité décennale des constructeurs notamment en ce qui concerne des désordres d'humidité affectant le sol du hall mutualisé, n'est pas devenu définitif en raison de l'appel dont il est frappé. Par suite, l'exception de chose jugée soulevée en défense par la société Abeille Iard et Santé venant aux droits de la société Aviva et la société Oteis venant aux droits de la société Isateg Atlantique doivent être rejetées.

Sur la demande d'expertise :

8. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction (). ".

9. Il résulte de ces dispositions que l'utilité d'une expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée d'une part au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et d'autre part, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. Il appartient au juge des référés, d'apprécier l'utilité de la mesure d'expertise demandée au vu des pièces du dossier, notamment des expertises déjà réalisées, et des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, cette mesure. Ainsi, la seule circonstance qu'une expertise ait déjà été réalisée ne dispense pas le juge d'apprécier l'utilité d'une nouvelle expertise demandée.

10. En l'espèce, la Chambre de Commerce et d'Industrie Nantes Saint-Nazaire, le Groupement Interprofessionnel pour l'Apprentissage et la Formation Continue et la Fédération des Métiers de la Communication et de l'Électricité ont formé, le 29 juillet 2020, un recours devant le juge du fond, enregistré au greffe du tribunal sous le n°2007699, pour demander la condamnation des sociétés dont la responsabilité était susceptible d'être engagée notamment dans les désordres d'humidité affectant le sol du hall mutualisé consistant en des boursouflures du revêtement. Par un jugement rendu le 3 mai 2023 sur cette requête n°2007699, le tribunal a considéré, notamment sur la base du rapport d'expertise déposé par M. A, expert, que les causes des désordres d'humidité affectant le sol du hall mutualisé résultent de l'absence de géotextile en enrobage du drain, d'une profondeur de drainage insuffisante, d'une coupure de capillarité placée trop bas et de l'absence de l'ouvrage d'étanchéité prévu. Le tribunal a retenu que les désordres étaient imputables à la société GPAA à hauteur de 10%, à la société Oteis à hauteur de 10%, à la société Qualiconsult à hauteur de 10% et à la société André BTP à hauteur de 70%. Le jugement n°2007699 rendu le 3 mai 2023 par le tribunal administratif de Nantes a fait l'objet d'un appel devant la cour administrative d'appel de Nantes qui a été enregistré sous le numéro 23NT01974.

11. Par ailleurs, la CCINSN indique que depuis la dernière expertise réalisée en 2018, l'humidité présente sur le sol du hall mutualisé en sous face de l'isolant du plancher chauffant est devenu permanente et importante et que l'étude préalable menée en 2022 dans le cadre les travaux de reprise des désordres identifiés dans ces expertises a fait apparaître d'autres malfaçons affectant le réseau d'eau pluviale. Dans l'instance n° 2314863 relative au constat judiciaire de ces désordres, ordonné à la demande de la CCINSN, M. B, expert, a indiqué dans son rapport établi le 26 mai 2023 que le complexe de sol collé sur chape anhydrite présente une dégradation généralisée, par cloquages, fissurations, décollements, poinçonnements et percements qui est directement, et probablement principalement, causée par les désordres affectant le réseau d'évacuation des eaux pluviales situé au niveau du hall. Ce rapport de constat ajoute que les défauts d'étanchéité de pieds de chute, et la dégradation des sols du hall, sont donc indissociables.

12. En l'état de l'instruction, les causes envisagées de ces dégradations généralisées, relatives aux malfaçons affectant le réseau d'évacuation des eaux pluviales, n'ont pas été examinées par les rapports d'expertise établis en 2018 et constituent une circonstance nouvelle. La circonstance que ces nouvelles causes possibles des dégradations du sol du hall mutualisé de l'ouvrage en cause étaient connues à la date du 20 juillet 2022, date du rapport établi par le BET Arest dans le cadre de l'étude de la reprise des désordres objet des expertises précédentes, soit antérieurement à la date de la clôture d'instruction du 17 octobre 2022 dans l'instance 2007699, n'a pas pour effet de priver d'utilité la mesure d'expertise demandée dans la présente instance qui porte sur une nouvelle cause de désordres impliquant des parties distinctes de celles attraites dans l'instance de fond n° 2007699 objet du jugement du 3 mai 2023, en particulier les sociétés d'assurance des entreprises mises en cause, et des travaux de reprise qui n'ont pas été prévus par les expertises réalisées en 2018. Par suite, la mesure d'expertise demandée n'est pas dépourvue d'utilité et entre dans le champ d'application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative.

13. Dès lors, il y a lieu de faire droit à la mesure d'expertise sollicitée.

14. En ce qui concerne l'étendue de la mission de l'expert, il y a lieu de faire droit à la demande présentée par la société Abeille Iard et Santé venant aux droits de la société Aviva et la société Oteis venant aux droits de la société Isateg Atlantique tendant à ce que l'expert précise si l'absence de travaux réparatoires engagés depuis les rapports d'expertise de 2018 a une incidence sur les désordres invoqués dans la présente instance causés par le réseau d'évacuation des eaux pluviales, et de fixer la mission de l'expert telle qu'elle est précisée à l'article 3 de la présente ordonnance.

Sur les réserves exprimées :

15. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de protestations ou de réserves. Les conclusions en ce sens ne peuvent qu'être rejetées.

Sur la demande de pré-rapport :

16. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir, à charge pour les parties de le lui demander. Il suit de là que les conclusions des parties tendant à ce que l'expert dresse un pré-rapport soumis aux parties doivent être rejetées.

Sur les dépens :

17. Devant les juridictions administratives, il appartient au président de la juridiction, et non au juge des référés, de fixer par ordonnance les frais et honoraires qui seront dus à l'expert et de désigner la partie qui en assumera la charge. Il s'ensuit que les conclusions des parties tendant à réserver les dépens ou à ce que les dépens soient mis à la charge d'une partie ne peuvent être accueillies.

Sur les frais d'instance :

18. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Abeille Iard et Santé venant aux droits de la société Aviva et de la société Oteis venant aux droits de la société Isateg Atlantique la somme de 1 000 euros que demandent la Chambre de Commerce et d'Industrie Nantes Saint-Nazaire, le Groupement Interprofessionnel pour l'Apprentissage et la Formation Continue et la Fédération des Métiers de la Communication et de l'Électricité au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

19. Il n'y a pas davantage lieu de mettre à la charge de la Chambre de Commerce et d'Industrie Nantes Saint-Nazaire, du Groupement Interprofessionnel pour l'Apprentissage et de la Formation Continue et la Fédération des Métiers de la Communication, la somme de 1 000 euros au titre que demande la société MMA Iard au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les dépens :

20. Il n'y a pas lieu, dans le cadre de la présente procédure de faire droit aux conclusions relatives aux dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la Chambre de Commerce et d'Industrie Nantes Saint-Nazaire, du Groupement Interprofessionnel pour l'Apprentissage et de la Formation Continue et la Fédération des Métiers de la Communication et de l'Électricité à l'encontre de la société MMA IARD.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande présentée par la société MMA Iard tendant à sa mise hors de cause.

Article 3 : M. C B, inscrit sur le tableau des experts de la cour d'appel de Poitiers à la rubrique C.01.02 Architecture Ingénierie, demeurant 15 rue Delille à La Roche-sur-Yon (85000), est désigné en qualité d'expert.

Il aura pour mission de :

1°) Se rendre sur le site du campus de l'apprentissage de Nantes sis 3 Bd Bâtonnier Cholet, à Nantes, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles, donner tous éléments et établir, le cas échéant, tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;

2°) rappeler et préciser les liens contractuels unissant les parties, les missions confiées par le maître d'ouvrage à chacun des constructeurs qu'il attrait à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services, ainsi que tous autres documents utiles ;

3°) procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres, malfaçons, défauts de conformité, qui affectent le réseau d'évacuation des eaux pluviales au niveau du hall mutualisé en indiquant notamment leurs natures et leurs conséquences ;

4°) décrire les désordres et malfaçons qui seraient constatés et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire s'ils sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination et de préciser si ces désordres présentent un caractère généralisé et/ ou évolutif ;

5°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres et malfaçons affectant le réseau d'évacuation des eaux pluviales, en précisant s'ils sont imputables aux travaux d'extension et de restructuration, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer la part d'imputabilité à chacune d'elles ;

6°) dire si l'absence de travaux réparatoires engagés depuis les rapports d'expertise de 2018 a une incidence sur les désordres invoqués dans la présente instance causés par le réseau d'évacuation des eaux pluviales ;

7°) proposer, le cas échéant, les mesures conservatoires nécessaires et évaluer leur coût ;

8°) indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité des ouvrages et un usage propre à leur destination, en précisant s'il en résulte une plus-value pour l'immeuble en cause ;

9°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.

Article 4 : Après avoir prêté serment, l'expert accomplira sa mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, recourir à un sapiteur qui sera préalablement désigné par le président du tribunal administratif.

Article 5 : L'expert effectuera sa mission au contradictoire de :

- la Chambre de Commerce et d'Industrie Nantes Saint-Nazaire,

- le Groupement Interprofessionnel pour l'Apprentissage et la Formation Continue,

- la Fédération des Métiers de la Communication et de l'Électricité,

- la société Gaëlle Peneau Architectes Associés,

- la société MAF,

- la société Allianz Iard,

- la société Axima Concept,

- la société Rossi Carrelages,

- la société Generali Iard,

- la société Oteis venant aux droits de la société Isateg Atlantique,

- la société Abeille Iard et Santé venant aux droits de la société Aviva,

- la société TPFI,

- la société Qualiconsult,

- la société AXA France.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à la Chambre de Commerce et d'Industrie Nantes Saint-Nazaire, au Groupement Interprofessionnel pour l'Apprentissage et la Formation Continue, à la Fédération des Métiers de la Communication et de l'Électricité, à la société Gaëlle Peneau Architectes Associés, à la société MAF, à la société André BTP, à la société Allianz Iard, à la société Axima Concept, à la société Rossi Carrelages, à la société Generali Iard, à la société Oteis, à la société Abeille Iard et Santé, à la société TPFI, à la société Qualiconsult, à la société MMA Iard, et à la société AXA France.

Fait à Nantes, le 13 septembre 2024.

La juge des référés,

F. D

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2301896

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TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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