LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2302414

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2302414

mercredi 18 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2302414
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSARTORIO - LONQUEUE - SAGALOVITSCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 février 2023 et le 11 octobre 2023, la société Compagnie fermière de services publics (CFSP), représentée par Me Mabile et Me Tordjman (Selarl Seattle avocat), demande au juge des référés :

1°) de condamner Le Mans métropole communauté urbaine (LMM) à lui verser une provision de 500 000 euros à valoir sur la facture qui lui est due au titre du mois de novembre 2022, majorée des intérêts moratoires, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ;

2°) de mettre à la charge de Le Mans métropole communauté urbaine une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ; les stipulations de l'article 50.1.1 du CCAG Travaux sont inapplicables à la contestation des pénalités, qui fait l'objet d'une procédure spécifique prévue à l'article 38.4 du CCPE ; elle a contesté l'application des pénalités dans le délai de dix jours prévu par ces dernières stipulations, par un courrier qui peut en tout état de cause être regardé comme le mémoire en réclamation prévu par l'article 50.1.1 du CCAG Travaux ;

- elle s'est vu confier un marché public global de performance portant sur l'exploitation de la station d'épuration de la Chauvinière, la conception et la réalisation d'une unité de méthanisation puis l'exploitation de l'ensemble de ces équipements ;

- par courrier du 14 décembre 2022, LMM l'a informé qu'une deuxième partie des pénalités dues au titre des années 2017-2020, pour un montant total de 500 000 euros serait prélevée par précompte sur la facture de novembre 2022 ;

- la rémunération des prestations d'exploitation de la station d'épuration au titre du mois de novembre 2022 lui est due en vertu des stipulations du cahier des clauses particulières relatives à l'exploitation (CCPE) ; le montant de la facture n'est pas contesté ; sa créance n'est pas sérieusement contestable ;

- Si les stipulations de l'article 38.4 du CCPE permettent de payer les pénalités par précompte, par un prélèvement sur les sommes dues à l'Exploitant, au titre du Marché, c'est à la condition qu'aucune contestation des pénalités, ou effectuée hors délai de 10 jours, n'ait été émise par l'exploitant ; elle a contesté l'application des pénalités par courrier du 21 décembre 2022, dans le délai de 10 jours prévu par l'article 38.4 du CCPE ; la collectivité ne pouvait donc rectifier la facture en cause et procéder à un recouvrement forcé par compensation et ne pouvait procéder que par l'émission d'un titre de recettes ou par la saisine du juge du contrat ;

- le recouvrement forcé de la pénalité par compensation méconnaît les conditions de l'article 1347-1 du code civil en l'absence de caractère certain, liquide et exigible de cette pénalité ;

- ce recouvrement forcé méconnaît les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, en faisant obstacle à l'effet suspensif de l'opposition formée contre un titre exécutoire qui constitue un principe général du droit ; ce faisant, Le Mans métropole communauté urbaine a également porté atteinte au droit à un recours effectif garanti par les articles 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 29 septembre 2023, Le Mans métropole communauté urbaine, représentée par Me Flaud (SCP Sensei avocats) conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société CFSP une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le Mans métropole communauté urbaine soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que la société CFSP n'a pas formé de mémoire en réclamation comme le stipule l'article 50.1.1 du CCAG relatif aux travaux ;

- les moyens soulevés par la société CFSP ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Degommier pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande de provision :

1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au juge des référés, dans le cadre de la procédure qu'elles instituent, de rechercher si, en l'état du dossier qui lui est soumis, l'obligation du débiteur éventuel de la provision est ou n'est pas sérieusement contestable sans avoir à trancher ni de questions de droit se rapportant au bien-fondé de cette obligation ni de questions de fait soulevant des difficultés sérieuses et qui ne pourraient être tranchées que par le juge du fond éventuellement saisi.

2. Pour demander la condamnation de Le Mans métropole communauté urbaine au paiement d'une provision, la société Compagnie fermière de services publics soutient que la rémunération des prestations d'exploitation de la station d'épuration au titre du mois de novembre 2022 lui est due, que si les stipulations de l'article 38.4 du CCPE permettent de payer les pénalités par un prélèvement sur les sommes dues à l'exploitant, c'est à la condition qu'aucune contestation des pénalités n'ait été émise par l'Exploitant, alors qu'elle a contesté l'application des pénalités par courrier du 2 décembre 2022, dans le délai de 10 jours prévu par l'article 38.4 du CCPE, de sorte que la collectivité ne pouvait procéder à un recouvrement forcé par compensation.

3. Aux termes de l'article 38.4 du cahier des clauses particulières d'exécution : " Les pénalités sont prélevées par précompte, sur les sommes dues à l'Exploitant au titre du Marché. Elles sont donc intégrées dans la facturation établie conformément aux modalités de rémunération définies à l'article 28. A cet effet la Collectivité adressera à l'exploitant, avant le 5 du mois m+2, par mail, le détail des pénalités applicables dont l'exploitant devra déduire le montant cumulé de sa facture au titre du mois écoulé. L'exploitant dispose d'un délai de 10 jours pour contester la pénalité ; passé ce délai la Collectivité procèdera elle-même à la rectification des factures, selon les pénalités qu'elle estime devoir appliquer. ".

4. Il résulte de l'instruction que, par courrier du 15 novembre 2022, Le Mans métropole communauté urbaine a informé la société CFSP de sa décision d'appliquer des pénalités portant sur les années 2017 à 2020 en raison du non-respect des performances épuratoires, pour un montant total de 3 012 000 euros, et l'a informée de ce que ces pénalités seraient prélevées par précompte sur les factures présentées par la société CFSP à compter d'octobre 2022. C'est ainsi que pour la facture de novembre 2022 présentée par la société CFSP, d'un montant de 525 925,11 euros, Le Mans métropole a, après déduction d'une somme de 500 000 euros correspondant à une partie des pénalités précitées de la période 2017-2020, payé à la CFSP une somme limitée à 25 925,11 euros. La société requérante, qui ne conteste pas sérieusement, dans le cadre de la présente instance, le bien-fondé et le montant des pénalités litigieuses appliquées au titre des années 2017-2020, considère qu'elle a contesté l'application des pénalités par son courrier du 21 décembre 2022, dans le délai de 10 jours requis et que la collectivité ne pouvait procéder à un recouvrement forcé par compensation. Toutefois, les stipulations précitées de l'article 38.4 du CCPE autorisent expressément le paiement des pénalités " par précompte, sur les sommes dues à l'Exploitant ". Il n'est pas contesté que Le Mans métropole communauté urbaine a infligé à la société CFSP des pénalités de 3 012 000 euros, dont une deuxième partie, d'un montant de 500 000 euros, a été précomptée sur la facture de novembre 2022 de la société CFSP. Dans ces conditions, et alors même que la société CFSP a entendu contester ces pénalités, l'obligation dont elle se prévaut au titre de la facture de novembre 2022, ne présente pas, en l'état de l'instruction, un caractère non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.

5. En outre, si la société CFSP soutient que le recouvrement forcé de la pénalité par compensation méconnaît les conditions de l'article 1347-1 du code civil, en l'absence de caractère certain, liquide et exigible de cette pénalité, elle n'apporte aucun élément tangible de nature à remettre en cause le bien-fondé et l'exigibilité de cette pénalité. Par ailleurs, la société CSFP ne peut se prévaloir utilement des dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, aux termes desquelles " 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre. () ", dès lors que Le Mans métropole communauté urbaine n'a pas émis de titre de recettes exécutoire pour le recouvrement des pénalités en cause.

6. Enfin, la société CFSP, qui a été en mesure de contester l'application à son encontre des pénalités litigieuses, n'est pas fondée à invoquer la méconnaissance à son détriment du droit à un recours effectif garanti par les articles 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

7. Il y a lieu, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, de rejeter la requête.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la société CFSP relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens.

9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société CFSP une somme de 1 500 euros à verser à Le Mans métropole communauté urbaine, en l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Compagnie fermière de services publics est rejetée.

Article 2 : La société Compagnie fermière de services publics versera la somme de 1 500 (mille cinq-cents) euros à Le Mans métropole communauté urbaine au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Compagnie fermière de services publics et à Le Mans métropole communauté urbaine.

Fait à Nantes, le 18 octobre 2023.

Le juge des référés,

S. DEGOMMIER

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions