vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2304505 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PITCHER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mars 2023, M. B A, représenté par Me Pitcher, demande au juge des référés :
1°) de condamner l'Agence nationale de l'habitat à lui verser une provision d'un montant de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative à valoir sur le versement de la prime de transition énergétique ;
2°) de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie d'une obligation non sérieusement contestable au sens des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ; les conditions d'octroi de la subvention ont été respectées, l'Agence nationale de l'habitat ne peut donc retirer la décision d'octroi :
. l'Agence nationale de l'habitat n'a jamais contesté la réalité de son consentement ; la société Drapo a été habilitée comme mandataire auprès de l'Agence nationale de l'habitat en application des dispositions de l'article 5 du décret du 14 janvier 2020 et de l'article 3 du décret du 29 mars 2021 ; il a signé un mandat avec la société Drapo à cet effet ; il a consenti aux opérations de travaux et a missionné la société Drapo ;
. il justifie que les travaux réalisés, qui sont bien ceux soumis à l'Agence nationale de l'habitat lors de la soumission du dossier, ont été réalisés dans le délai d'un an à compter de la notification d'octroi de la subvention conformément à l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 ;
. l'Agence nationale de l'habitat n'a pas mis en œuvre la procédure contradictoire préalable au retrait de la prime ;
- la somme due par l'Agence nationale de l'habitat est celle accordée par la décision du 11 décembre 2020 soit la somme de 3 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 4 mai 2023, l'Agence nationale de l'habitat conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête de M. A est irrecevable dès lors que le requérant n'a pas exercé le recours préalable obligatoire prévu par les dispositions de l'article 9 du décret du 14 janvier 2020 contre la décision de retrait prononcée le 20 juin 2022 ;
- l'existence de la créance invoquée par le requérant est sérieusement contestable ; l'attribution d'une subvention publique n'engage pas en tout hypothèse la personne publique à verser le montant décidé.
Un mémoire présenté pour M. A a été produit le 21 juin 2023 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 ;
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;
- le décret n° 2021-344 du 29 mars 2021 ;
- l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Béria-Guillaumie pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par un mandat du 8 avril 2021, M. B A a donné mandat à la société par actions simplifiées (SAS) Drapo pour effectuer en son nom et pour son compte une demande d'attribution de la prime de transition énergétique (dite MaPrimeRénov') pour l'acquisition et l'installation d'une pompe à chaleur dans un logement situé sur le territoire de la commune de Candé (Maine-et-Loire). Par un courrier du 31 mai 2021, l'Agence nationale de l'habitat a informé M. A qu'un montant de 3 000 euros lui était réservé. Par une décision du 20 juin 2022 néanmoins, l'Agence nationale de l'habitat a prononcé le retrait de la prime accordée à M. A. Par un courrier du 25 janvier 2023, M. A a sollicité de l'Agence nationale de l'habitat le versement du montant de la prime. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 la condamnation de l'Agence nationale de l'habitat à lui verser une provision d'un montant de 3 000 euros au titre de la prime de transition énergétique.
Sur les conclusions à fin de provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
4. Aux termes de l'article 6 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique : " La prime de transition énergétique est gérée, pour le compte de l'Etat, par l'Agence nationale de l'habitat ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " Les demandes de prime de transition énergétique, de versement d'avance et de versement du solde ainsi que de perception de fonds peuvent être déposées par le demandeur lui-même ou par l'intermédiaire d'une personne de son choix. Dans ce cas, le mandataire s'identifie auprès de l'Agence nationale de l'habitat et lui communique les documents dont la liste est fixée par arrêté conjoint des ministres chargés du logement, de l'énergie, de l'économie et du budget ". Aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, dans sa version applicable au litige : " I. Les demandes de prime, de paiement et de solde sont accompagnées de pièces justificatives dont la liste figure en annexe 2 du présent arrêté. II. - La demande de prime comporte les renseignements nécessaires à l'identification du demandeur, du lieu où les travaux ou prestations doivent être réalisés ainsi que l'acceptation des principales obligations réglementaires et conventionnelles applicables en cas d'octroi de la prime. III. - La réception d'une demande de solde par l'agence, de la part du demandeur ou son mandataire, vaut déclaration d'achèvement de l'opération de travaux ou de la prestation. IV. - Les échanges par voie électronique avec l'Agence nationale de l'habitat s'effectuent au moyen d'une application informatique dédiée " et son article 5 prévoit que " L'Agence nationale de l'habitat, après vérification des pièces produites à la demande de paiement, liquide le montant du solde à payer au regard des dépenses effectivement supportées par le bénéficiaire. () Le montant liquidé ne peut être supérieur au montant engagé, le cas échéant après prise en compte des éventuels engagements rectificatifs. / L'ordonnateur atteste et certifie l'exactitude des éléments retenus pour cette liquidation :/ - l'identité et la qualité du bénéficiaire ;/ - la régularité et la conformité des factures produites ou autres documents produits prévus en annexe 2 du présent arrêté avec le projet déclaré par le demandeur ou son mandataire, objet de la décision attributive de prime ;/ - la nature et le montant des travaux et prestations retenus au regard des pièces justificatives du paiement ;/ - le cas échéant, la validité du mandat présenté par le mandataire désigné pour percevoir les fonds ".
5. Aux termes de l'article 9 du décret du 14 janvier 2020 : " L'introduction d'un recours afférent aux décisions relatives à la prime de transition énergétique est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès du directeur général de l'Agence nationale de l'habitat ". Aux termes de l'article 10 du même décret : " I. - L'Agence nationale de l'habitat peut réaliser ou faire réaliser tout contrôle nécessaire à la vérification du respect, par le demandeur ou son mandataire, des dispositions législatives, réglementaires et conventionnelles relatives à la prime de transition énergétique. Ces contrôles peuvent avoir lieu à tout moment, sur place et sur pièce, en particulier afin de vérifier l'achèvement des travaux et prestations financés et leur conformité aux éléments du dossier ayant donné lieu à décision d'octroi de la prime. / Le bénéfice de la prime est notamment soumis à l'acceptation par le bénéficiaire et son mandataire de se soumettre aux contrôles. / L'absence de réponse ou l'entrave à la réalisation du contrôle constitue un motif de non-respect des engagements liés aux bénéfices de la prime entraînant son retrait et, le cas échéant, son reversement () III. - L'Agence nationale de l'habitat peut également réaliser des contrôles sur pièces. Les conditions de communication des justificatifs et documents sont fixées par un engagement souscrit par le bénéficiaire et le cas échéant par son mandataire dans le cadre des demandes de prime. / L'agence peut en outre solliciter de l'entreprise mentionnée au VI de l'article 2 du présent décret toute attestation permettant de vérifier le bien-fondé des demandes de prime ". Et aux termes de l'article 11 du même décret : " En cas de non-respect des conditions d'attribution de la prime de transition énergétique, la décision attributive peut être retirée en totalité ou partiellement, entraînant le reversement de tout ou partie des sommes perçues au titre de la prime ".
6. Il résulte des documents produits en défense que la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a procédé, par une décision du 20 juin 2022, au retrait de la prime accordée à M. A, au motif qu'il n'aurait pas consenti au projet de travaux pour lequel la prime avait été demandée. Il ne résulte pas de l'instruction que postérieurement à cette décision, dont il aurait eu connaissance au plus tard lors de sa transmission par l'Agence nationale de l'habitat à l'appui de ses écritures en défense, M. A aurait adressé à l'Agence nationale de l'habitat un recours administratif, en application de l'article 9 du décret du 14 janvier 2020, pour contester cette décision. Le courrier du 25 janvier 2023 adressé par le conseil du requérant, qui demande seulement le paiement d'une somme de 3 000 euros, ne peut tenir lieu de recours administratif préalable contre la décision du 20 juin 2022.
7. Par suite, ainsi que le soutient en défense l'Agence nationale de l'habitat, il existe une contestation sérieuse sur la créance que M. A estime détenir à l'encontre de l'Agence nationale de l'habitat. Les conclusions à fin de condamnation de l'Agence nationale de l'habitat à verser à M. A une somme provisionnelle de 3 000 euros doivent donc être rejetées.
Sur les frais d'instance :
8. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée, et peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.
9. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de M. A dirigées contre l'Agence nationale de l'habitat qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à l'Agence nationale de l'habitat.
Une copie sera adressée à la société par actions simplifiées Drapo.
Fait à Nantes le 17 mai 2024
La juge des référés,
M. BERIA-GUILLAUMIE
La République mande et ordonne au u ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026