vendredi 20 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2305944 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | GOUARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 avril 2023, l'association Ligue universelle pour la nature et les animaux, représentée par Me Gouard, demande au juge des référés, statuant au titre de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une provision de 146 156, 60 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la requête et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du mois suivant la notification de la décision à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du préfet refusant le versement de l'acompte est entachée d'une erreur de droit voire d'un défaut de base légale ;
- le droit d'obtenir un acompte n'est pas sérieusement contestable ;
- l'article 12 du décret n'impose pas que la subvention soit versée après avance des frais par son bénéficiaire ;
- des acomptes successifs peuvent être versés au bénéficiaire de la subvention ;
- l'avancement du projet est suspendu au versement d'un acompte sur le montant total de la subvention à l'association LUNA ;
- la subvention en litige n'interdit nullement le versement d'acomptes successifs en fonction de l'avancement du projet ;
- la convention ne précise pas la notion de solde, qui correspond aux 20 % restant du montant total de la subvention ;
- la position des services de la préfecture conduisant à refuser le versement d'un acompte à l'association LUNA vient violer le régime applicable à la subvention ;
- il n'est pas prohibé par la convention attributive de subvention que, sur demande du bénéficiaire de la subvention, un acompte lui soit versé ;
- le montant de l'acompte non sérieusement contestable est de 146 156, 60 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2023, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- le décret n° 2018-514 du 25 juin 2018 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une convention du 14 septembre 2022, portant attribution d'une subvention dans le cadre du plan de soutien à l'accueil des animaux abandonnés et en fin de vie, le préfet de la Vendée et l'association Ligue universelle pour la nature et les animaux sont convenus du versement par l'Etat à cette association d'une subvention d'investissement d'un montant prévisionnel maximum de 294 312 euros. Une avance d'un montant de 88 293 euros, soit 30 % de ce montant prévisionnel, a été versée à l'association le 3 novembre 2022. En février 2023, l'association a demandé à l'administration de lui verser une fraction supplémentaire de ce montant prévisionnel, demande à laquelle il n'a pas été fait droit. Par un courrier électronique du 25 avril 2023, l'association a demandé le versement de la somme de 146 156 euros avant le 5 mai 2023, demande à laquelle il n'a pas non plus été fait droit. Elle demande au juge des référés, statuant au titre de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'Etat à lui verser la somme provisionnelle en principal de 146 156, 50 euros.
Sur les conclusions à fin de provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. () ". Pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état.
3. Aux termes de l'article 8 du décret du 25 juin 2018 relatif aux subventions de l'Etat pour des projets d'investissement : " La décision attributive, qu'il s'agisse d'un acte unilatéral ou d'une convention, comporte au moins les mentions suivantes : / 1° L'identification du ou des bénéficiaires ; / 2° La désignation du projet, ses caractéristiques, la nature et le montant de la dépense subventionnable rattachée au projet ; / 3° Le montant maximum de la subvention et ses modalités de calcul ; / 4° Le calendrier de réalisation de l'opération comprenant notamment sa date prévisionnelle d'achèvement ; / 5° Les modalités de versement de la subvention ainsi que les conditions de son reversement. / Seule la décision attributive, régulièrement notifiée, vaut accord de financement. ". Aux termes de l'article 12 du même décret : " I. - Le versement de la subvention est effectué sur justification de la réalisation du projet et de la conformité de ses caractéristiques avec celles visées par la décision attributive. / II. - Une avance peut être versée lors du commencement d'exécution du projet. Sauf dispositions particulières prévues dans la réglementation européenne relative aux fonds structurels et d'investissement, cette avance ne peut excéder 30 % du montant maximum de la subvention. / L'avance peut toutefois être portée à un maximum de 60 % sous réserve que chaque bénéficiaire constitue une garantie à première demande fournie par un établissement de crédit et établie selon un modèle fixé par arrêté du ministre chargé de l'économie. / III. - Des acomptes peuvent être versés au fur et à mesure de l'avancement du projet sans pouvoir excéder 80 % du montant maximum de la subvention. Ce taux peut être porté à 90 % pour les projets dont le délai de réalisation prévu dans la décision attributive excède 48 mois. ".
4. La convention du 14 septembre 2022 signée par l'Etat et l'association requérante vaut seule, conformément à l'article 8 précité du décret du 25 juin 2018, accord de financement. Contrat de nature administrative, elle constitue la loi des parties.
5. Relatif aux modalités de versement de la subvention, l'article 3 de la convention du 14 septembre 2022 stipule : " L'Administration verse une avance d'un montant de quatre-vingt-huit mille deux cent quatre-vingt-treize euros (88293 euros), soit 30 % du montant total, à la notification de la convention. Le paiement du solde sera effectué après réception des justificatifs décrits à l'article 4. ".
6. Cet article 4 stipule : " ARTICLE 4 - JUSTIFICATIFS / L'Association devra fournir dans les six mois suivant la clôture de la réalisation du projet et impérativement avant le 31 décembre 2023, au plus court de ces deux termes échus, les documents ci-après : / ' le compte financier conforme à l'arrêté du 11 octobre 2006 pris en application de l'article 10 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans les relations avec les administrations (CERFE n°15059) ; / ' le rapport d'activité ; / ' l'état récapitulatif des dépenses et les justificatifs acquittés ; / ' tous justificatifs permettant de s'assurer de la réalisation effective et intégrale du projet (photos) et de la conformité de ses caractéristiques avec celles du dossier déposé ; / En l'absence de réception de ces documents avant échéance, aucun paiement ne peut intervenir au profit du ou des bénéficiaires. ".
7. Il ne résulte pas de l'instruction que l'administration aurait reçu de l'association requérante l'ensemble des justificatifs énumérés à l'article 4 précité. Ces justificatifs ne sont pas non plus produits à l'appui de la requête. Il en résulte que, conformément au dernier alinéa de cet article 4, aucun paiement du solde, c'est-à-dire du reste, de la subvention, comme d'une fraction quelconque de ce solde, ne peut intervenir. En conséquence, le préfet de la Vendée n'a, en l'état, pas l'obligation de verser ce solde ou une fraction quelconque dudit solde.
8. Si l'association requérante se prévaut de la circonstance que le III de l'article 12 du décret du 25 juin 2018 prévoit que des acomptes peuvent être versés au fur et à mesure de l'avancement du projet sans pouvoir excéder 80 % du montant maximum de la subvention, d'une part, ces dispositions se bornent à prévoir une possibilité, mais non une obligation de l'Etat et, d'autre part, la convention du 14 septembre 2022, qui seule vaut accord de financement, ne l'a pas prévu. Il en résulte que ce III n'institue pas le préfet de la Vendée débiteur envers l'association requérante d'une obligation de verser à cette association l'acompte dont elle fait état. Aucun avenant à cette convention n'est venu en stipuler autrement.
9. L'instruction technique du 26 novembre 2021 dont se prévaut l'association requérante n'énonce, en tout état de cause, aucune règle nouvelle, distincte de celles résultant du décret du 25 juin 2018 et de la convention du 14 septembre 2022, dont elle pourrait utilement se prévaloir.
10. Il résulte de tout ce qui précède que l'obligation du préfet de la Vendée de verser à l'association requérante la somme de 146 156, 60 euros ne peut être regardée comme ne se heurtant à aucune contestation sérieuse. Par suite et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, les conclusions de la requête tendant au versement d'une provision de ce montant ne sauraient être accueillies. Il en va, dès lors, de même de celles tendant au prononcé d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme à ce titre.
12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association Ligue universelle pour la nature et les animaux est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Ligue universelle pour la nature et les animaux et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Copie en sera adressée au préfet de la Vendée.
Fait à Nantes, le 20 octobre 2023.
Le juge des référés
A. A
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026