lundi 3 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2306726 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | LACHAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 mai et 6 juin 2023, le préfet de la Loire-Atlantique demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à M. C B de libérer sans délai le logement dédié aux demandeurs d'asile qu'il occupe situé au 29 rue de Malville à Nantes (44100), et géré par le CAES France Horizon ;
2°) de l'autoriser à procéder à son expulsion avec le concours de la force publique ;
3°) de l'autoriser à donner toutes instructions utiles au gestionnaire du logement afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de M. B, à défaut pour celui-ci de les avoir emportés.
Il soutient que :
- la présente requête relève de la compétence de la juridiction administrative, en application de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la présente requête est recevable, en application des mêmes dispositions ;
- la mesure demandée ne se heurte à aucune contestation sérieuse : la demande d'asile de M. B a été définitivement rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) lue en audience publique le 18 octobre 2022 ; l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) l'a informé par une décision du 6 janvier 2023 de la fin de sa prise en charge ; la mise en demeure de quitter les lieux dans un délai d'un mois datée du 17 janvier 2023 et dûment notifiée, est restée inexécutée ; le fait que M. B a été avisé de la décision de sortie de l'OFII postérieurement à la date à laquelle il aurait dû libérer le logement ne caractérise pas une contestation sérieuse ; il ne peut se prévaloir de la méconnaissance de la procédure d'information relative à la fin de sa prise en charge au titre de l'hébergement des demandeurs d'asile ; si l'intéressé indique souffrir d'une hépatite B, il ne démontre pas bénéficier d'un suivi médical, lequel ne saurait être, en tout état de cause, interrompu du fait de la mesure sollicitée ;
- les conditions d'urgence et d'utilité de la mesure sont satisfaites : le refus de quitter les lieux opposé par M. B compromet le bon fonctionnement du service public d'hébergement des demandeurs d'asile dès lors que les structures d'accueil des demandeurs d'asile sont actuellement saturées, le dispositif d'accueil pour les demandeurs d'asile du département de la Loire-Atlantique totalise 2365 places au mois de février 2023, 361 personnes occupent indument un des logements concernés, alors qu'il y a 1988 demandeurs d'asile bénéficiaires de l'allocation pour demandeur d'asile en Loire Atlantique au mois de février 2023, dont 845 en attente d'un hébergement ; M. B ne justifie d'aucune circonstance exceptionnelle susceptible de faire obstacle à la mesure d'expulsion demandée et ne se trouve pas dans une situation qui nécessiterait qu'il soit maintenu dans le logement qu'il occupe ; s'il se prévaut d'un état de santé fragile, rien ne permet de conclure qu'il souffre d'une maladie grave et sa demande de titre de séjour pour soins a été rejetée ; en tout état de cause, la mesure sollicitée n'a ni pour objet, ni pour effet de le priver de soins ; l'intéressé se prévalant de la naissance à venir d'un enfant issu de sa relation avec Mme A, laquelle a le statut de réfugiée statutaire et vit au 2 rue Samuel de Champlain à Nantes, il pourra être hébergé par la mère de son enfant, au moins temporairement ; le fait que M. B ait travaillé en France et qu'il ne pourra bénéficier de soins au Nigeria est sans incidence sur l'utilité et l'urgence de la mesure ;
- il est nécessaire que M. B, lequel ne peut se prévaloir d'un droit au maintien dans le logement qu'il occupe, quitte les lieux sans délai, sa présence dans ce logement faisant obstacle à l'accueil de nouveaux arrivants bénéficiant du statut de demandeur d'asile, alors qu'il est informé depuis plusieurs mois de la nécessité de quitter les lieux et il n'a entrepris aucune démarche en vue de son relogement ; il ne dispose d'aucun titre lui permettant de se maintenir sur le territoire français et donc, a fortiori, dans un logement prévu pour l'hébergement des demandeurs d'asile ; il a fait l'objet d'une décision du 13 février 2023 portant refus de titre de séjour avec obligation de quitter le territoire français ; dans ces conditions, lui accorder un délai serait contraire à l'esprit des dispositions de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il ne lui incombe pas de trouver une solution d'hébergement d'urgence de droit commun à M. B, lequel ne présente aucun facteur de détresse particulière et ne dispose d'aucun titre lui permettant de se maintenir sur le territoire français et fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français et n'a ainsi pas vocation à bénéficier du dispositif d'hébergement d'urgence de droit commun ; il n'a à sa charge aucun enfant ; mis en mesure de préparer et de mettre en œuvre la sortie du lieu d'hébergement qu'il occupe encore indûment à ce jour, ainsi d'ailleurs que sa sortie du territoire français, l'intéressé a refusé l'aide au retour volontaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2023, M. B, représenté par Me Lachaux, conclut :
1°) à ce qu'il soit admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) à titre principal, au rejet de la requête ;
3°) à titre subsidiaire, à ce qu'il lui soit laissé un délai de 3 mois pour libérer le logement et à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de lui indiquer un hébergement d'urgence dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
A titre principal, il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite et la mesure demandée n'est pas utile dès lors que le préfet n'apporte aucune preuve de ses allégations et des chiffres cités ; une urgence caractérisée par des perturbations au fonctionnement normal du service public n'est nullement rapportée ; la saturation des dispositifs locaux d'hébergement pour demandeurs d'asile ne peut suffire à démontrer une telle urgence ; il y a actuellement de nombreuses places libres au CAES qu'il occupe ; son refus de quitter les lieux est dû à l'impossibilité dans laquelle il est placé de trouver une solution de relogement et à ses démarches en vue de régulariser sa situation ;
- elle fait l'objet d'une contestation sérieuse dès lors que la décision de sortie du lieu d'hébergement de l'OFII, lui enjoignant de libérer le logement avant le 19 novembre 2022, lui a été notifiée le 6 janvier 2023 ; il n'a ainsi pas été mis en mesure de comprendre le délai dont il disposait pour quitter le lieu d'hébergement et a été ainsi privé d'une garantie du fait de l'absence de respect de la procédure d'information de sa fin de prise en charge ; la mise en demeure datée du 17 janvier 2023, soit seulement 11 jours après le courrier du 5 janvier 2023 du CAES France Horizon lui indiquant que l'équipe France Horizon est prête à examiner les options de son départ et les démarches à effectuer, est en tout état de cause prématurée.
A titre subsidiaire, il fait valoir que :
* il convient de lui octroyer un délai de trois mois pour libérer le logement, dès lors qu'il n'a bénéficié d'aucune aide en vue de son relogement, contrairement à ce que lui a indiqué France Horizon par courrier du 5 janvier 2023, alors que sa compagne ne peut l'héberger et qu'il est confronté à des obstacles dans ses recherches, du fait de son absence de revenu et de travail, en l'absence d'autorisation de travail ; la décision de sortie du lieu d'hébergement de l'OFII, lui enjoignant de libérer le logement avant le 19 novembre 2022, lui ayant été notifiée le 6 janvier 2023, il n'a pu organiser son départ dans des conditions normales ; de plus, il justifie de circonstances particulières ; il a contesté l'arrêté du 13 février 2023 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français ; alors qu'il a travaillé en qualité de demandeur d'asile, il est désormais dans l'incapacité de le faire ; l'accès à un logement suppose qu'il soit autorisé à travailler et il est ainsi dans l'attente du contrôle de légalité du refus de titre de séjour assorti d'une mesure d'éloignement qui lui a été opposé ; par ailleurs, il souffre d'une hépatite B qui implique un suivi médical régulier qui n'est pas disponible au Nigeria ;
* il convient d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui indiquer un hébergement d'urgence dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 juin 2023.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Robert-Nutte, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 7 juin 2023 à 9 heures 30 :
- le rapport de Mme Robert-Nutte, juge des référés,
- les observations de Me Lachaux, représentant M. B, en sa présence, qui reprend ses écritures à la barre et insiste sur les difficultés de santé du requérant lequel a des analyses prévues en 2023 et sur l'impossibilité dans laquelle il est placé de loger chez sa compagne, celle-ci y étant opposée compte tenu notamment de la taille du logement et de l'absence de participation possible de sa part aux charges du foyer.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le préfet de la Loire-Atlantique demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion de M. B du logement dédié aux demandeurs d'asile qu'il occupe, situé au 29 rue de Malville à Nantes (44100), et géré par le CAES France Horizon.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. B ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 juin 2023, il n'y a plus lieu de statuer sur son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 521-3 du code de justice administrative :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 552-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile ou jusqu'à leur transfert effectif vers un autre Etat européen ". Selon l'article L. 551-11 du même code : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ". L'article L. 552-15 dispose : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. / Le premier alinéa n'est pas applicable aux personnes qui se sont vues reconnaître la qualité de réfugié ou qui ont obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. Il est en revanche applicable aux personnes qui ont un comportement violent ou commettent des manquements graves au règlement du lieu d'hébergement. / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
5. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que, saisi par le préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile d'un demandeur d'asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.
6. En premier lieu, M. B, ressortissant nigérian né le 12 août 1991, déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français le 20 mai 2021. Il est hébergé dans un logement dédié aux demandeurs d'asile, situé au 29 rue de Malville à Nantes (44100), et géré par le CAES France Horizon. Sa demande d'asile a été définitivement rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 18 octobre 2022, notifiée à l'intéressé le 7 novembre 2022. Il a été informé de la fin de sa prise en charge par une décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 6 janvier 2023. Une mise en demeure de quitter ce lieu, dans un délai d'un mois a été adressée à l'intéressé par le préfet le 17 janvier 2023. M. B se maintient ainsi dans un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile, alors que sa demande d'asile a été définitivement rejetée. Ni, le fait que la décision de l'OFII lui ait été notifiée postérieurement à la date à laquelle il devait quitter son lieu d'hébergement, ni la circonstance que la mise en demeure du préfet soit intervenue quelques jours après le courrier de fin de prise en charge adressé par le CAES, ne sauraient caractériser l'existence d'une contestation sérieuse. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que M. B présenterait un état de vulnérabilité particulière. La mesure sollicitée ne se heurte ainsi à aucune contestation sérieuse.
7. En second lieu, la libération des lieux par M. B, définitivement débouté de l'asile, présente un caractère d'urgence et d'utilité et apparaît comme la seule mesure susceptible de préserver la continuité du service public de l'accueil des demandeurs d'asile, eu égard aux exigences de bon fonctionnement et de continuité du service public d'accueil et d'hébergement des demandeurs d'asile, ainsi qu'à la situation de tension de ce dispositif, laquelle ne saurait être remise en cause par les seules déclarations de M. B selon lesquelles le CAES où il est hébergé disposerait de logements libres.
8. En dernier lieu, la situation de M. B, qui bénéficie d'un suivi médical pour l'hépatite B dont il souffre, et n'est pas isolé à Nantes, où réside sa compagne, ne caractérise pas un état de vulnérabilité particulière ou de détresse médicale, sociale ou psychique. En outre, le fait qu'il n'ait pas encore été statué sur son recours contre les décisions du préfet de la Loire-Atlantique portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ne saurait justifier l'octroi d'un délai pour libérer le logement.
9. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à M. B de quitter, sans délai, le lieu d'hébergement qu'il occupe et, en l'absence de départ volontaire de l'intéressé à compter de la notification de cette ordonnance, d'autoriser le préfet de la Loire-Atlantique à procéder à l'évacuation forcée des lieux avec le concours de la force publique et à prendre les mesures nécessaires pour faire enlever, aux frais et risques de l'intéressé les biens meubles qui s'y trouveraient.
10. Enfin, la situation de M. B relève désormais, à son initiative, de l'hébergement d'urgence de droit commun, tel qu'il est organisé par les dispositions de l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et de la famille et qu'il lui appartient d'actionner, sans qu'il puisse être reproché à l'Etat, qui n'en a pas l'obligation, de ne pas avoir engagé de démarches en vue de son relogement au titre de ces dispositions. Il n'y a donc pas lieu d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de proposer à M. B une solution de relogement au titre de l'hébergement d'urgence, alors, au demeurant, que, comme il a été dit celui-ci ne présente pas un état de détresse.
Sur les frais d'instance :
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de M. B présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. B tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint à M. B de libérer, sans délai le logement qu'il occupe au sein du centre d'accueil pour demandeurs d'asile, situé au 29 rue de Malville à Nantes (44100), et géré par le CAES France Horizon.
Article 3 : En l'absence de départ volontaire de M. B, le préfet de la Loire-Atlantique pourra faire procéder à son expulsion et à l'évacuation de ses biens, par les moyens légaux de son choix, aux frais, risques et périls de l'intéressé, au besoin avec le concours de la force publique.
Article 4 : Les conclusions de M. B tendant, d'une part, à ce qu'il lui soit accordé un délai pour libérer le logement, d'autre part, à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui proposer une solution de relogement, et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à M. C B et à Me Lachaux.
Copie sera en outre adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 3 juillet 2023.
La juge des référés,
O. Robert-Nutte
La greffière,
G. PeignéLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026