mercredi 18 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2306778 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | NORMAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 15 mai et 17 août 2023, Mme C A, représentée par Me Berthou, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner une expertise médicale judiciaire en vue de déterminer les préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite de sa prise en charge médicale au centre hospitalier Loire Vendée Océan du 12 juillet au 24 août 2012, du 2 au 14 septembre 2012 et du 13 novembre au 17 janvier 2013 ;
2°) de dire que l'expert transmettra aux parties son projet de rapport ;
3°) de débouter le centre hospitalier Loire Vendée Océans de ses conclusions.
Mme A soutient que :
-en mai 2012, elle a été victime d'un burn-out secondaire à une agression subie dans le cadre de son activité professionnelle ;
-elle a été hospitalisée du 12 juillet au 24 août 2012 puis du 2 au 14 septembre 2012 pour syndrome anxio-dépressif au centre hospitalier Loire Vendée Océan ;
-elle a été hospitalisée ensuite du 5 au 13 novembre 2012 au centre hospitalier de Saintonge puis du 13 novembre 2012 au 17 janvier 2013 au centre hospitalier Loire Vendée Océan ;
-du 8 mars au 21 mai 2013 puis du 26 août au 15 novembre 2013, elle a été hospitalisée à la clinique de la Brière ;
-du 7 janvier au 7 mars 2014, elle a été hospitalisée à la clinique du Parc où elle a pu réguler son syndrome anxiodépressif ;
-elle a saisi le 13 septembre 2019 la commission de conciliation et d'indemnisation ;
-un rapport d'expertise a été établi le 22 février 2022 par le docteur B ;
-par un avis du 4 avril 2022, la commission de conciliation et d'indemnisation s'est déclarée incompétente pour émettre un avis sur sa demande d'indemnisation ;
-le rapport d'expertise du docteur B est insuffisant pour déterminer si les soins dispensés par le centre hospitalier Loire Vendée Océan ont été conformes aux règles de l'art au cours de ses hospitalisations ;
-une expertise devant la commission de conciliation et d'indemnisation ne fait pas obstacle à la mise en oeuvre d'une mesure d'expertise judiciaire ;
-l'expertise judiciaire présente un caractère utile.
Par un mémoire, enregistré le 17 mai 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Loire-Atlantique, au nom et pour le compte de la CPAM de la Vendée, ne s'oppose pas à la demande d'expertise.
Elle demande que l'expert qui sera désigné transmette son pré-rapport afin de pouvoir formuler ses observations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2023, le centre hospitalier Loire Vendée Océan, représenté par Me Cariou, demande au juge des référés de :
1°) rejeter la requête de Mme A ;
2°) de condamner Mme A aux entiers dépens.
Il soutient que :
- les conclusions expertales de l'expert nommé par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux sont claires et étayées et aucun manquement n'a été retenu à son encontre ;
- la requérante ne produit aucun élément médical de nature à remettre en cause les conclusions expertales.
Par un mémoire, enregistré le 3 juin 2024, l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux, des infections nosocomiales et des affections iatrogènes (ONIAM), représenté par Me Ravaut, demande au juge des référés de :
1°) rejeter la demande d'expertise de Mme A ;
2°) prononcer sa mise hors de cause.
Il soutient que :
-Mme A ne peut prétendre à une indemnisation au titre de la solidarité nationale ;
-la requérante ne justifie d'aucun dommage en lien avec un acte de soins ou avec sa prise en charge psychiatrique.
Mme C A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 21 mars 2023.
Vu les pièces jointes à la requête.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1.Mme C A, née le 17 novembre 1956, a été victime, en mai 2012, d'un burn-out secondaire à une agression subie dans le cadre de son activité professionnelle. Elle a été hospitalisée ensuite du 12 juillet au 24 août 2012 puis du 2 au 14 septembre 2012 pour un syndrome anxio-dépressif au centre hospitalier Loire Vendée Océan. Mme A a été hospitalisée du 5 au 13 novembre 2012 au centre hospitalier de Saintonge, puis du 13 novembre 2012 au 17 janvier 2013 au centre hospitalier Loire Vendée Océan. Du 8 mars au 21 mai 2013, puis du 26 août au 15 novembre 2013, elle a été hospitalisée à la clinique de la Brière, et du 7 janvier au 7 mars 2014, elle a été hospitalisée à la clinique du Parc où elle a pu réguler son syndrome anxiodépressif. Mme A a saisi le 13 septembre 2019 la commission de conciliation et d'indemnisation des Pays de la Loire. Un rapport d'expertise a été établi le 22 février 2022 par l'expert désigné par la commission. Par un avis du 4 avril 2022, la commission de conciliation et d'indemnisation des Pays de la Loire s'est déclarée incompétente pour émettre un avis sur sa demande d'indemnisation. Par sa requête, Mme A demande la désignation d'un expert en vue de déterminer si ses prises en charge médicale au centre hospitalier Loire Vendée Océan au cours des trois hospitalisations successives du 12 juillet au 24 août 2012, du 2 au 14 septembre 2012 et du 13 novembre au 17 janvier 2013, ont été conformes aux règles de l'art, ainsi que les préjudices subis.
Sur la demande d'expertise médicale judiciaire :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction (). ". Il résulte de ces dispositions que la prescription d'une mesure d'expertise est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient, dès lors, au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise préalable à une action en responsabilité du fait des conséquences dommageables d'un acte médical, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier, notamment du rapport de l'expertise prescrite par la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux s'il existe, et au regard de motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée. Si la nouvelle demande a en réalité pour objet de contester la manière dont l'expert désigné a rempli sa mission ou les conclusions de son rapport, elle relève du tribunal administratif saisi du fond du litige, à qui il reste loisible d'ordonner, s'il l'estime nécessaire, toute mesure d'instruction.
3. Il résulte de l'instruction que l'expertise sollicitée par Mme A porte sur les conditions de ses prises en charge médicales successives par le centre hospitalier Loire Vendée Océan du 12 juillet au 24 août 2012, du 2 au 14 septembre 2012 et du 13 novembre au 17 janvier 2013. Une expertise, diligentée à la demande de la commission de conciliation et d'indemnisation des Pays de la Loire et portant sur le même objet, a été réalisée le 17 janvier 2022, et l'expert, médecin psychiatre, a établi un rapport d'expertise le 22 février 2022 dans lequel il retient que l'indication du recours à l'isolement thérapeutique apparaît aujourd'hui disproprortionnée, dans ses modalités initiales, par rapport aux symptômes constatés, mais relevait d'un excès de précautions, et que les conditions de confort de la chambre d'isolement étaient certainement insuffisamment ce qui caractérisait alors de nombreux établissements psychiatriques. Ce rapport d'expertise a également précisé que les traitements instaurés dans les différentes structures de soins pour Mme A répondaient aux bonnes pratiques et le recours à la sismothérapie, face à l'inefficacité sur la durée du traitement psychotrope, répondait également aux bonnes pratiques. De plus, le rapport d'expertise a indiqué que la symptomatologie coronarienne survenue ne peut être imputée aux traitements prodigués et à la pathologie psychiatrique. Le rapport d'expertise a aussi fixé la date de consolidation de l'état de santé de Mme A au 7 mars 2014.
4. Mme A sollicite une nouvelle expertise aux motifs que les conclusions de l'expert désigné par la commission de conciliation et d'indemnisation des Pays de la Loire ne permettent pas de bénéficier d'une approche globale sur l'ensemble de sa prise en charge médicale par l'établissement hospitalier et que l'expert ne s'est pas prononcé sur l'imputabilité des symptômes invalidants et persistants qu'elle a présentés durant ses hospitalisations. Mme A doit, dès lors, être regardée comme critiquant les conclusions de l'expert rendues à l'issue d'une procédure présentant les mêmes garanties procédurales qu'une expertise juridictionnelle et demande une contre-expertise. Or, outre la circonstance que Mme A n'apporte aucun document médical de nature à remettre en cause les conclusions expertales déposées devant la commission de conciliation et d'indemnisation des Pays de la Loire, la présente contestation relève du tribunal saisi du fond du litige devant lequel l'expertise médicale contradictoire déjà réalisée pourra être discutée par les parties. Il appartiendra dès lors au juge du fond, saisi d'une demande d'indemnisation par l'intéressée d'ordonner le cas échéant, dans le cadre de ses pouvoirs d'instruction et s'il l'estime utile à la solution du litige, toute mesure d'instruction complémentaire. En conséquence, la demande d'expertise de Mme A ne revêt pas le caractère d'utilité exigé par les dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, la requête de Mme A doit être rejetée.
Sur les conclusions aux fins de mise hors de cause de l'ONIAM :
5. Il résulte de ce qui précède que la demande de l'ONIAM tendant à sa mise hors de cause est devenue sans objet.
Sur les dépens :
6. Il n'y a pas lieu, dans le cadre de la présente procédure de faire droit aux conclusions relatives aux dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête n°2306778 de Mme A est rejetée.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de l'ONIAM tendant à sa mise hors de cause.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A, au CHU d'Angers, à l'ONIAM et à la CPAM de Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 18 septembre 2024.
La juge des référés,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et des solidarités en ce qui la concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2306778
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026