vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2309700 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | FOFANA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Fofana, demande au juge des référés :
1°) " d'annuler la décision de refus de séjour " prise à son encontre, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ;
2°) d'ordonner à l'autorité consulaire française à Tunis (Tunisie), de délivrer un visa ou un laisser-passer lui permettant d'entrée sur le territoire français ou, à défaut, d'enjoindre " au préfet de police de réexaminer sa situation " dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il est en Tunisie depuis le mois de décembre 2022 alors qu'il est marié à une ressortissante française et père de trois enfants et que son épouse, actuellement enceinte, est en situation de handicap et se retrouve seule pour s'occuper des enfants ; c'est lui qui est en charge de subvenir aux besoins de sa famille, qui se trouve dans une situation de grande précarité face en son absence alors qu'un employeur était en pourparlers avec lui pour l'embaucher au mois de janvier 2023 ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir : il est en possession d'un titre de séjour depuis 2009, vit sur le territoire français de manière continue depuis lors et s'est vu délivrer une carte résident valable jusqu'au 12 juillet 2023, qu'il a perdue en Tunisie le 5 décembre 2022 alors qu'il était en vacances avec sa famille, de sorte qu'il a sollicité la délivrance d'un visa retour auprès de l'autorité consulaire française à Tunis, qui lui a opposé un refus le 29 décembre 2022, l'administration s'étant bornée à évoquer le défaut de droit au séjour sans vérifier le numéro étranger ni vérifier l'authenticité de la photocopie de sa carte de résident, ni prendre attache avec la préfecture de Seine-Saint-Denis, ni rechercher s'il était bien parent d'enfant français et conjoint de français.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Barbier, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". ". L'article L. 522-3 du même code dispose toutefois que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. La seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée, n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Lorsque le requérant fonde son intervention, non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient dès lors de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
3. Pour justifier de l'urgence, M. B soutient, d'une part, qu'il est en Tunisie depuis le mois de décembre 2022 alors qu'il est marié à une ressortissante française et père de trois enfants et que son épouse, actuellement enceinte, est en situation de handicap et se retrouve seule pour s'occuper des enfants et, d'autre part, que c'est lui qui est en charge de subvenir aux besoins de sa famille, qui se trouve dans une situation de grande précarité face en son absence alors qu'un employeur était en pourparlers avec lui pour l'embaucher au mois de janvier 2023. Toutefois, le requérant, qui a attendu le 5 juillet 2023 pour saisir le juge des référés alors que le refus de visa qu'il conteste lui a été opposé le 29 décembre 2022 et n'établit ni devoir bénéficier d'une promesse d'embauche, ni au demeurant avoir formé un recours administratif préalable obligatoire devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, ne justifie par ailleurs d'aucune circonstance, notamment relative à l'état de santé de son épouse ou de ses enfants, propre à caractériser une situation d'urgence particulière justifiant que le juge du référé liberté se prononce dans un délai de quarante-huit heures sur une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Dans ces conditions, M. B n'établit pas l'existence d'une urgence particulière au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Nantes, le 7 juillet 2023.
La juge des référés,
M. Le Barbier
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026