vendredi 8 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2312946 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | GUERIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 septembre 2023, Mme I E et Mme H E, agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale de ses enfants mineurs A G, D F et C E, représentées par Me Guérin, demandent au juge des référés :
1°) d'admettre Mme I E au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) à titre principal, d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521 - 2 du code de justice administrative, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de les admettre en centre d'accueil de demandeurs d'asile ou dans un hébergement relevant du financement de l'asile, ainsi que de reprendre le versement de l'allocation pour demandeur d'asile, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au département de la Loire-Atlantique ou au préfet de la Loire-Atlantique de leur attribuer une place dans un hébergement d'urgence pérenne ou de leur indiquer un lieu susceptible de les accueillir, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) à titre infiniment subsidiaire, d'enjoindre à l'OFII, au département de la Loire-Atlantique ou au préfet de la Loire-Atlantique de pourvoir par tous moyens à leurs besoins pour leur permettre de vivre dans la dignité, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
5°) de mettre à la charge de l'OFII, de l'Etat ou du département de la Loire-Atlantique une somme de 1 500 euros à verser à leur conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elles soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite : la famille présente une situation de détresse morale, psychique, médicale et physique indéniable. Mme I E notamment présente un état de santé extrêmement fragile. Elle est psychologiquement très instable. Elles errent dans la rue, avec un nourrisson de 5 mois, alors que la France vit actuellement un épisode caniculaire exceptionnel pour un mois de septembre. Elles ont multiplié les appels au 115, sans succès. La famille est dans une situation matérielle extrêmement précaire. Elles ne bénéficient d'aucune aide ni sociale, ni financière.
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
* le droit de mener une vie familiale normale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* en ne proposant pas des conditions matérielles d'accueil décentes, l'OFII porte une atteinte grave et manifestement illégale aux droits que les requérants tiennent de leur qualité de demandeur d'asile. Il appartient pour sa part au département, dans le cadre de l'aide sociale à l'enfance, de prendre en charge les mères isolées accompagnées d'enfants mineurs. Par ailleurs, il appartient aux autorités de l'Etat de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale ;
* cette situation contrevient aux stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 septembre 2023, le département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que Mme H E, qui n'établit pas s'être rapprochée du département, disposait d'un hébergement de l'OFII à Angers jusqu'au 4 septembre dernier, son fils aîné étant demandeur d'asile. D'autre part, Mme I E n'établit pas répondre aux conditions de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles. Seuls l'OFII et l'Etat sont compétents pour défendre dans cette affaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 septembre 2023 à 09h29, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les demandeurs d'asile en attente de décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) relèvent d'un hébergement dans le cadre d'un dispositif national d'accueil. L'hébergement d'urgence n'a pas vocation à prendre en charge ces situations qui nécessitent une solution durable. La famille n'apporte aucun élément probant justifiant de leur arrivée sur Nantes et du fait de n'avoir même pas cherché à solliciter le 115 du département de Maine-et-Loire dont ils dépendaient. La famille a fait le choix de venir sur Nantes sans savoir ce qu'elle y trouverait et sans tenir compte de la saturation avérée et constante de l'hébergement d'urgence de Loire-Atlantique. Aussi, la famille s'est mise elle-même dans la situation d'urgence qu'elle invoque. Enfin, la famille est venue sur Nantes pour la présence d'une communauté azérie ; elle peut donc solliciter l'hébergement par des compatriotes.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 septembre 2023 à 09h32, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie ;
* en premier lieu, s'agissant de la situation de Mme H E et de ses enfants, les intéressés ne sont plus éligibles au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dès lors que leurs demandes d'asile ont été rejetées et qu'ils ne bénéficient plus d'un droit à se maintenir sur le territoire français, en application des dispositions de l'article L. 542-1 du CESEDA et L. 542- 2 du même code eu égard aux décisions d'irrecevabilité notifiées par l'OFPRA. Par ailleurs, la circonstance que les intéressés aient contesté cette décision et bénéficient d'une attestation de demande d'asile est sans incidence sur leur inéligibilité au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, les conclusions de la présente requête sont dépourvues d'objet dès lors que les requérantes ne peuvent prétendre au bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
* par ailleurs, elles ne sont pas davantage fondées à soutenir qu'elles devraient bénéficier d'une prise en charge de l'OFII au titre de la demande d'asile présentée par Mme I E dès lors que celle-ci, qui est entrée en France bien après sa fille, a sollicité l'asile en son nom propre et a bénéficié d'une prise en charge de l'OFII à ce titre. Elles ont chacune constitué leur unité familiale De même, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que Mme I E présenterait des problèmes psychiatriques tels qu'elle a dû être hospitalisée pour ce motif ;
* en deuxième lieu, eu égard à la situation de Mme I E, il est constant que l'OFPRA a statué sur sa demande d'asile par une décision d'irrecevabilité. Mme I E a donc également perdu son droit au maintien sur le territoire français et partant, son éligibilité au bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
- il n'existe pas d'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
* si les requérantes se prévalent d'un droit de vivre une vie familiale normale, il est constant qu'il ne résulte pas du comportement de l'OFII une quelconque atteinte à ce droit.
* le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ne saurait être regardé comme fondé dès lors que la décision ne fait pas obstacle à la poursuite de la scolarité des enfants, et que la décision attaquée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer la cellule familiale.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale ;
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour exercer les fonctions de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 septembre 2023 à 09h30 :
- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés ;
- et les observations de Me Guérin, avocate des requérantes, en leur présence.
La clôture de l'instruction a été reportée à 14h00.
Considérant ce qui suit :
1. Mme I E, née le 28 décembre 1965 et sa fille, Mme H E, née le 26 août 1985, sont des ressortissantes azerbaidjanaises. Par la présente requête, elles demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, à titre principal, d'enjoindre à l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de les admettre, ainsi que les enfants mineurs de la seconde nommée, A G, D F et C E, en centre d'accueil de demandeurs d'asile ou dans un hébergement relevant du financement de l'asile, ainsi que de reprendre le versement de l'allocation pour demandeur d'asile, et, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique ou au département de la Loire-Atlantique de leur attribuer une place dans un hébergement d'urgence.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Mme I E ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 septembre 2023, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
4. En premier lieu, au sens de ces dispositions, la notion de liberté fondamentale englobe, s'agissant des ressortissants étrangers qui sont soumis à des mesures spécifiques réglementant leur entrée et leur séjour en France, et qui ne bénéficient donc pas, à la différence des nationaux, de la liberté d'entrée sur le territoire, le droit constitutionnel d'asile qui a pour corollaire le droit de solliciter le statut de réfugié, dont l'obtention est déterminante pour l'exercice par les personnes concernées des libertés reconnues de façon générale aux ressortissants étrangers. Si la privation du bénéfice des mesures prévues par la loi afin de garantir aux demandeurs d'asile des conditions matérielles d'accueil décentes, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur leur demande, est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile, le caractère grave et manifestement illégal d'une telle atteinte s'apprécie en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et de la situation du demandeur. Ainsi, le juge des référés ne peut faire usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative en adressant une injonction à l'administration que dans le cas où, d'une part, le comportement de celle-ci fait apparaître une méconnaissance manifeste des exigences qui découlent du droit d'asile et où, d'autre part, il résulte de ce comportement des conséquences graves pour le demandeur d'asile, compte tenu notamment de son âge, son état de santé ou sa situation de famille.
5. Aux termes de l'article L. 551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, comprennent les prestations et l'allocation prévues aux chapitres II [consacré à hébergement des demandeurs d'asile] et III [consacré à l'allocation pour demandeur d'asile]. ". Aux termes de l'article L. 551-9 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente. ". Et aux termes de l'article L. 551-15 de ce code : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". L'article D. 551-17 de ce code précise par ailleurs que : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite, motivée et prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle prend effet à compter de sa signature. / Dans un délai de deux mois à compter de la notification de cette décision, le bénéficiaire peut introduire un recours devant le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. La décision comporte la mention des voies et délais dans lesquels ce recours peut être formé. / Le directeur général de l'office dispose d'un délai de deux mois pour statuer. A défaut, le recours est réputé rejeté. Toute décision de rejet doit être motivée. ".
6. Il résulte de l'instruction que Mme H E est entrée une première fois en France en 2012 accompagnée d'un premier enfant, A G, né le 31 juillet 2006, pour y solliciter l'asile. Sa demande a été définitivement rejetée par décision de la Cour nationale du droit d'asile en 2014. Après avoir quitté la France, elle y est revenue en 2021 et a déposé une demande de réexamen le 1er février 2022, ainsi qu'une demande de protection internationale pour ses enfants A G et D F, né le 6 mars 2012 à Nantes. Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil offertes aux demandeurs d'asile lui a été refusé au motif que l'intéressée présentait une demande de réexamen de sa demande d'asile. Mme H E a demandé au juge des référés d'enjoindre à l'OFII de les admettre en centre d'accueil de demandeurs d'asile ou dans un hébergement relevant du financement de l'asile, ainsi que de reprendre le versement de l'allocation pour demandeur d'asile. Dans son ordonnance n° 2210726 du 18 août 2022, la juge des référés a enjoint à l'office d'indiquer à Mme E et à ses deux fils un hébergement susceptible de les accueillir dans le département de la Loire-Atlantique ou, en cas de saturation du dispositif d'accueil des demandeurs d'asile dans ce département, dans tout autre département, et de verser, pour le compte A G, l'allocation pour demandeur d'asile. Par une décision du 24 juillet 2023, la cour nationale du droit d'asile a définitivement rejeté la demande d'asile de ce dernier. Dans ces conditions, alors qu'un hébergement avait été attribué à Angers à la famille, au demeurant agrandie par la naissance de C E, le 19 mars 2023, il y a été mis fin le 4 septembre 2023.
7. La décision de ne pas accorder les conditions matérielles d'accueil aux requérantes, ne peut, dans les conditions décrites au point 6 et compte tenu de l'argumentation développée par ces dernières, tenant à la non prise en compte de leur vulnérabilité et de celle des enfants, être regardée comme portant une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile. Les conclusions dirigées contre l'OFII ne peuvent, en conséquence qu'être rejetées.
8. En second lieu, l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles prévoit que, dans chaque département, est mis en place, sous l'autorité du préfet " un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse ". L'article L. 345-2-2 précise que : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence () ". Aux termes de l'article L. 345-2-3 du même code : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée () ".
9. Il appartient aux autorités de l'Etat de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique ou sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette tâche peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de santé et de la situation de famille de la personne intéressée.
10. Le préfet de la Loire-Atlantique fait valoir dans son mémoire en défense que la prise en charge de la famille E relève du dispositif national d'accueil des demandeurs d'asile et que le dispositif d'hébergement d'urgence généraliste pour les personnes sans abri, géré par le 115, est fortement impacté par la crise ukrainienne, et se trouve en tension, le SIAO hébergeant, à la date du 10 juillet 2023, 1307 personnes à l'hôtel. Il résulte toutefois de l'instruction que la situation des intéressés, en particulier celle de Mme I E, dont les pièces démontrent qu'elle est atteinte d'une pathologie psychiatrique, et de l'enfant C, jeune nourrisson âgé seulement de cinq mois, caractérise une vulnérabilité justifiant leur prise en charge, y compris " en principe de rotation ", par le dispositif de veille sociale. La situation de détresse, au sens des dispositions précitées de l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles, dans laquelle se trouvent les demandeurs, tout comme le fait qu'ils aient en vain tenté de contacter le 115, ne sont pas contestés par le préfet, qui n'était ni présent ni représenté à l'audience publique, et alors que les conditions climatiques de ce mois de septembre 2023 se caractérisent par de fortes chaleurs. Pour ces motifs, et dans les circonstances particulières de l'espèce, les requérantes établissent, d'une part, l'existence d'une situation d'urgence, d'autre part, l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale constituée par le droit à un hébergement d'urgence du fait de la carence du préfet de la Loire-Atlantique à leur désigner un hébergement, fût-il provisoire. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que les requérantes aient sollicité le département de la Loire-Atlantique, de sorte qu'il ne peut être reproché une quelconque carence à ses services. Dans ces conditions, les conclusions présentées contre le département de la Loire-Atlantique doivent être rejetées.
11. Il résulte ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de désigner à Mme I E et à Mme H E, un lieu d'hébergement d'urgence susceptible de les accueillir, ainsi que les enfants mineurs A G, D F et C E, dans un délai de quarante-huit heures. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
12. Mme I E a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Guérin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à celle-ci de la somme de 800 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de désigner à Mme I E et à Mme H E, un lieu d'hébergement d'urgence susceptible de les accueillir avec les enfants A G, D F et C E, dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à Me Guérin, avocate de Mme I E, la somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme I E, à Mme H E, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, au préfet de la Loire-Atlantique, au département de la Loire-Atlantique et à Me Guérin.
Fait à Nantes, le 8 septembre 2023
Le juge des référés,
L. BOUCHARDON
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026