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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2313136

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2313136

mercredi 22 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2313136
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL DELSOL & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de la société Geesinknorba France, qui contestait des pénalités de retard infligées par la communauté d’agglomération Les Sables d’Olonne Agglomération dans le cadre d’un marché public de fourniture de véhicules. Le tribunal a jugé que les décisions attaquées constituaient des mesures d’exécution du contrat, et que le juge du contrat ne peut, en principe, que rechercher si ces mesures ouvrent droit à indemnité, sans pouvoir les annuler. Par conséquent, les conclusions en annulation ont été déclarées irrecevables. La solution retenue s’appuie sur les principes généraux du contentieux des contrats administratifs.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 septembre 2023, la société Geesinknorba France, représentée par Me Chaussade, demande :

1°) d’annuler les décisions du 29 mars 2023 et du 25 avril 2023 par lesquelles le président de la communauté d’agglomération Les Sables d’Olonne Agglomération a décidé de lui appliquer des pénalités de retard d’un montant de 27 160 euros au titre de la période allant du 17 février 2023 au 17 mars 2023, et de la même somme au titre de la période allant du 17 mars au
17 avril 2023, ainsi que la décision du 10 juillet 2023 par laquelle cette même autorité a rejeté son mémoire en réclamation ;

2°) de la décharger de l’obligation de payer ;

3°) de mettre à la charge de la communauté d’agglomération Les Sables d’Olonne Agglomération une somme de 3 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
les pénalités de retard ne sont pas fondées, dès lors que l’exécution du contrat aurait dû être suspendue en application de la circulaire du premier ministre du 30 mars 2012 relative à l’exécution des contrats de la commande publique dans le contexte actuel de hausse des prix de certaines matières premières ;
les pénalités de retard ne sont pas fondées, dès lors qu’elle s’est trouvée dans une situation de force majeure.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 novembre 2024, la communauté d’agglomération les Sables d’Olonne Agglomération, représentée par Me Mouriesse, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société Geesinknorba France en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu’aucun des moyens invoqués par la société requérante n’est fondé.


Les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office, tiré de ce que les parties à un contrat administratif ne sont pas recevables à demander l’annulation des mesures d’exécution de celui-ci.

Vu les pièces du dossier.

Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Simon,
- les conclusions de Mme El Mouats-Saint-Dizier, rapporteure publique,
- et les observations de Me Le Mignant, substituant Me Mouriesse, avocat de la communauté d’agglomération Les Sables d’Olonne Agglomération.





Considérant ce qui suit :

Par acte d’engagement signé le 23 juillet 2021, la communauté d’agglomération Les Sables d’Olonne Agglomération a conclu avec la société Geesinknorba France un marché public de fourniture, livraison et mise en service de véhicules pour l’acquisition de véhicules à hydrogène de 26 tonnes pour la collecte en porte-à-porte des déchets ménagers et assimilés. Par courrier du 20 décembre 2022, la société titulaire du marché a informé la communauté d’agglomération que son partenaire ne serait pas en mesure de livrer les châssis pour sa commande. Par décision du 27 février 2023, la communauté d’agglomération a mis en demeure la société requérante de livrer un véhicule. Le 10 mars 2023, la collectivité a informé la société Geesinknorba France qu’elle allait procéder à l’exécution du contrat à ses frais et risques. Par courrier du 10 juillet 2023 Les Sables d’Olonne Agglomération a mis en demeure cette société préalablement à une résiliation pour faute à ses frais et risques. Par une décision du 12 octobre 2023, la résiliation du marché a été prononcée aux frais et risques de la société Geesinknorba France. Par sa requête, cette société demande au tribunal d’annuler les décisions du 29 mars 2023 et du 25 avril 2023 par lesquelles le président de la communauté d’agglomération Les Sables d’Olonne Agglomération a décidé de lui appliquer des pénalités de retard d’un montant de 27 160 euros au titre de la période allant du 17 février 2023 au 17 mars 2023, et de la même somme au titre de la période allant du 17 mars au 17 avril 2023, ainsi que la décision du 10 juillet 2023 par laquelle cette même autorité a rejeté son mémoire en réclamation.

Sur la recevabilité de la requête :

Le juge du contrat ne peut, en principe, lorsqu’il est saisi par une partie d’un litige relatif à une mesure d’exécution d’un contrat, que rechercher si cette mesure est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à indemnité. Par suite, les conclusions de la société requérante aux fins d’annulation des décisions du 29 mars 2023, du 25 avril 2023 et du 10 juillet 2023 mentionnées ci-dessus, lesquelles constituent des mesures d’exécution du contrat litigieux, ne peuvent qu’être rejetées comme irrecevables, ainsi que, par voie de conséquence ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions présentées par Les Sables d’Olonne Agglomération sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

Dans les circonstances de l’espèce, il n’apparaît pas inéquitable de laisser à la charge de la communauté d’agglomération Les Sables d’Olonne Agglomération les frais exposés par elle et non compris dans les dépens.



D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Geesinknorba France est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par Les Sables d’Olonne Agglomération au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Geesinknorba France, à la communauté d'agglomération Les Sables d'Olonne Agglomération et au directeur de la direction départementale des finances publiques de la Vendée.


Délibéré après l'audience du 1er octobre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Le Barbier, présidente,
M. Simon, premier conseiller,
Mme Ribac, conseillère,


Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2025.



Le rapporteur,

P-E. SIMON

La présidente,

M. LE BARBIER


La greffière,




P. LABOUREL

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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