mercredi 24 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2313738 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | GUERIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2023 sous le numéro 2313738, complétée par des productions de pièces les 22 septembre 2023 et 26 septembre 2023 et un mémoire le 11 octobre 2023 à 11h02, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Nantes, représenté par Me Viaud, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion sans délai de MM. C G, A B, D L, E I et H F et Mme J K, ainsi que tous les occupants de leur chef du bâtiment sis 4 bis avenue Robert Chasteland à Orvault, qu'ils occupent sans droit ni titre ;
2°) de mettre à la charge des intéressés la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le site de l'ancien hôtel thérapeutique " le Phénicien ", dont il est propriétaire, a été affecté au service public hospitalier et fait partie du domaine public ;
- il est occupé sans aucun droit ni titre par les membres du collectif "La Mauvaise Herbe", qui ont investi les lieux par effraction ;
- le bâtiment ainsi occupé est insalubre, et cette occupation illégale compromet le projet de réhabilitation de cet établissement dont les études de faisabilité ont débuté au cours du premier trimestre 2023 ;
- l'expulsion demandée ne se heurte ainsi à aucune contestation sérieuse et présente un caractère d'urgence.
Par des mémoires en défense enregistrés les 9 octobre2023 et 11 octobre 2023 à 12h00, M. C G, M. A B, Mme J K, M. D L, M. E I et M. H F, représentés par Me Guérin, concluent au rejet de la requête à titre principal comme ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, à titre subsidiaire comme infondée, sollicitent à tout le moins qu'un délai de six mois leur soit accordé pour quitter les lieux et demandent que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge du CHU de Nantes au profit de leur conseil, qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il n'y a pas lieu de tenir compte du procès-verbal d'occupation sans droit ni titre dressé par commissaire de justice dont les annexes ont été produites peu avant la clôture d'instruction ; en tout état de cause l'effraction alléguée n'est pas démontrée ;
- l'urgence n'est pas établie dès lors que le bon fonctionnement du service public hospitalier n'est pas en cause, que l'occupation du site par des personnes sans abri depuis le 25 avril 2023 ne cause nulle atteinte à la sécurité et la salubrité publiques et n'expose pas les intéressés à un danger réel et immédiat dans les circonstances de l'espèce, d'autant que le CHU a attendu le mois de septembre pour saisir le juge des référés ;
- il n'est pas justifié de l'utilité de la mesure sollicitée ; un délai de six mois doit en tout état de cause pouvoir leur être accordé pour quitter les lieux eu égard à leur particulière vulnérabilité face à la crise du logement.
Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordé à M. I par décision du 10 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 octobre 2023 à 9h30, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :
- le rapport de Mlle Wunderlich, vice-présidente,
- les observations de Me Noury, substituant Me Viaud, représentant le CHU de Nantes,
- et les observations de Me Guérin, représentant M. G et autres, qui renonce à l'exception d'incompétence opposée dans le mémoire en défense, en présence de MM. B, L et I.
La clôture de l'instruction a été reportée au 11 octobre 2023 à 12h00.
Une note en délibéré présentée pour M. G et autres, enregistrée le 11 octobre 2023 à 14h52, après la clôture de l'instruction, n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".
2. Saisi sur le fondement de ces dispositions de conclusions tendant à ce que l'expulsion d'un occupant sans droit ni titre du domaine public soit ordonnée, le juge des référés fait droit à celles-ci dès lors que la demande présentée est utile, ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des dépendances occupées présente un caractère d'urgence.
3. Il résulte de l'instruction que le CHU de Nantes est propriétaire à Orvault d'un ensemble immobilier sis 4 bis avenue Robert Chasteland, connu comme l'hôtel thérapeutique " le Phénicien ", ayant abrité une unité de soins psychiatriques et une structure d'hospitalisation de nuit et de réhabilitation psycho-sociale jusqu'en décembre 2020, qui, s'il n'est plus utilisé depuis janvier 2021, est affecté au service public hospitalier et appartient au domaine public. Cet immeuble fait l'objet d'un projet de réhabilitation destiné à réunir sur le site deux unités de pédopsychiatrie adolescents, une étude de faisabilité ayant été réalisée en mars 2023. Dans l'attente, les accès au bâtiment ont été condamnés et une surveillance continue du site, placé sous alarme, est assurée par une société prestataire de sécurité qui y effectue des rondes.
4. Il est constant que se sont installés sans autorisation dans ledit immeuble, ainsi que constaté par commissaire de justice selon procès-verbal du 2 mai 2023, H F, J K, E I, A B, C G et D L, lesquels se présentent comme le " collectif la mauvaise herbe " et ont apposé, outre leurs noms à côté d'une sonnette provisoire, un panneau d'affichage sur la grille énonçant que ce lieu est leur domicile et résidence principale et que seule une décision exécutoire du tribunal pourra permettre leur expulsion. Ils ont par ailleurs adressé le 29 avril 2023, depuis l'adresse électronique collectifmauvaiseherbe@protonmail.com, un courriel à la direction générale du CHU annonçant que les intéressés résident depuis le 25 avril 2023 4 bis boulevard Robert Chastelan " dans un bâtiment propriété du CHU de Nantes ", qui leur tient désormais lieu de domicile et résidence principale et attirant l'attention sur le fait que " toute mesure d'expulsion devra faire l'objet d'une procédure contradictoire au Tribunal d'instance sans quoi elle pourrait être considérée comme illégale ". Une plainte a été déposée le 4 mai 2023 par le CHU pour " violation de domicile : maintien dans le domicile d'autrui à la suite d'une introduction par manœuvres, menace, voies de fait ou contrainte ".
5. En premier lieu, il n'est pas douteux dans ces conditions que les intéressés occupent sans droit ni titre le domaine public constitué par l'immeuble litigieux propriété du CHU de Nantes, quand bien même ils ne s'y seraient pas installés par effraction ainsi qu'ils l'allèguent. La demande présentée par le CHU ne se heurte ainsi à aucune contestation sérieuse, quelles que puissent être les difficultés rencontrées par les intéressés pour trouver un logement.
6. En second lieu, ainsi qu'il ressort des différents documents produits par le CHU, le bâtiment ainsi occupé, soumis à de nombreux contrôles règlementaires obligatoires jusqu'à la fin de l'année 2020, peut être regardé comme insalubre et présente, outre des risques pour la santé et la sécurité des occupants -lesquels ont par ailleurs organisé sur le site des manifestations recevant du public-, des risques techniques en l'absence de maintien opérationnel et de maintenance du bâti (électricité, incendie, qualité des eaux, inondation, présence d'amiante, moisissures et champignons, étanchéité de la dalle béton). Dès lors, nonobstant les travaux et réparations auxquels les intéressés ont pu procéder, la libération des dépendances occupées par MM. G, B, L, I et F et Mme K, dont la présence sur les lieux fait obstacle à la poursuite du projet de restructuration du site et, partant, au fonctionnement du service public hospitalier, présente un caractère d'urgence et d'utilité, quand bien même la réhabilitation du bâtiment ne doit pas intervenir à court terme. Par ailleurs, il n'appartient pas au juge des référés d'accorder à l'occupant sans titre un délai pour quitter les lieux.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à MM. G, B, L, I et F et Mme K ainsi que tous les occupants de leur chef d'évacuer le bâtiment sis 4 bis avenue Robert Chasteland à Orvault, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à l'expiration d'un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHU de Nantes, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. G et autres demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du CHU de Nantes présentées sur le fondement des mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à MM. C G, A B, D L, E I et H F et Mme J K, s'ils ne l'ont pas déjà fait, de libérer le bâtiment sis 4 bis avenue Robert Chasteland à Orvault de ses occupants et des biens s'y trouvant, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à l'expiration d'un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE DE NANTES, à MM. C G, A B, D L, E I et H F et Mme J K et à Me Guérin.
Fait à Nantes, le 24 janvier 2024.
La vice-présidente, juge des référés,
A.-C. WUNDERLICHLa greffière,
M.-C. MINARD
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026