mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2403828 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL PFB - POLLONO-FRON-BENAITEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 mars et 6 mai 2024, le centre régional des œuvres universitaires et scolaires, représenté par Me Plateaux, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion de M. B A, occupant sans droit ni titre depuis le 20 février 2024 du logement n° 143 situé au sein de la cité universitaire Casterneau, 32 rue des Agenêts à Nantes, au besoin avec le concours de la force publique, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de M. B A la somme de 750 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que M. A est occupant sans droit ni titre et refuse obstinément de libérer les lieux, faisant obstacle au fonctionnement régulier et continu du service public en empêchant l'attribution de son logement à un autre étudiant ;
- la mesure demandée est utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors que M. A a été mis en demeure de quitter le logement dans les plus brefs délais suivant la notification de la décision, n'a pas déféré à cette mise en demeure, et fait ainsi obstacle à ce que le logement en cause soit attribué à un autre étudiant ; cette occupation indue porte atteinte à la mission de service public de logement des étudiant confiée au CROUS par le décret n° 87-155 du 5 mars 1987, qui ne dispose pas lui-même du pouvoir de faire expulser M. A ; l'état de santé de l'intéressé, qui n'a pu présenter de cautionnement recevable en raison notamment d'une dette de loyer préexistante, ne fait pas obstacle à son expulsion.
L'audience prévue initialement le 4 avril 2024 a été renvoyée à la suite du dépôt d'une demande d'aide juridictionnelle effectuée par M. B A, enregistrée le 3 avril 2024 par le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.
Par un mémoire en défense suivi de pièces complémentaires, enregistrés le 6 mai 2024, M. B A, représenté par Me Fron conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il n'est pas resté inactif puisqu'il a présenté un acte de caution solidaire qui a toutefois été rejeté par le CROUS, or à ce jour, bien qu'il soit conscient qu'il lui faut quitter son logement il n'a pas réussi à trouver d'autres solutions, en outre il est atteint d'une pathologie qui le handicape fortement au quotidien et qui doit conduire à une opération des hanches à échéance proche. Il est ainsi fondé à demander que des délais plus larges lui soient accordés pour libérer son logement.
M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 avril 2024.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 mai 2024 à 9 heures :
- le rapport de M. Echasserieau, juge des référés,
- les observations de Me Jouanneaux substituant Me Plateaux, avocat représentant le centre régional des œuvres universitaires et scolaires ;
- et les observations de Me Fron représentant M. B A ;
La clôture de l'instruction a été différée au 21 mai 2024 à 11 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion de M. B A, occupant sans droit ni titre depuis le 20 février 2024 du logement n° 143 situé au sein de la cité universitaire Casterneau, 32 rue des Agenêts à Nantes, au besoin avec le concours de la force publique, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
3. Depuis le 20 février 2024, M. A, ne justifie plus d'aucun droit à se maintenir dans ce logement destiné aux étudiants dont il est de ce fait occupant sans droit ni titre. Ainsi la demande du CROUS de Nantes tendant à son expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse, nonobstant les démarches engagées par l'intéressé pour obtenir une nouvelle caution solidaire qui au demeurant n'ont pas pu aboutir à ce jour. En outre, l'évacuation de M. A et de tous occupants de son chef présente un caractère d'urgence et d'utilité dès lors que le logement indûment occupé ne peut être attribué à un étudiant qui remplirait les conditions requises. Enfin il n'est pas suffisamment justifié que l'état de santé de M. A justifierait qu'il soit accordé un délai supplémentaire pour l'intéressé alors que les démarches auprès de l'association " le temps pour toi ", engagées le 6 mai 2024 sont trop récentes et demeurent hypothétiques dans leurs résultats pour différer pour cet autre motif la demande d'expulsion dont il fait l'objet. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à M. A et à tous occupants de son chef d'évacuer, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, le logement sus désigné et d'autoriser le CROUS de Nantes, passé ce délai, à faire procéder à l'expulsion de l'intéressé et de tous occupants de son chef en recourant aux moyens légaux de son choix avec, au besoin, le concours de la force publique.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du CROUS présentées à l'encontre de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à M. B A de libérer, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, le logement n° 143 qu'il occupe au sein de la cité universitaire Casterneau, 32 rue des Agenêts à Nantes. A défaut pour lui de déférer à cette injonction dans le délai imparti, le CROUS de Nantes Pays de la Loire pourra faire procéder à l'expulsion de M. A et de tous occupants de son chef de ce logement, aux frais, risques et périls de l'intéressé en recourant aux moyens légaux de son choix avec, au besoin, le concours de la force publique.
Article 2 : Les conclusions du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au centre régional des œuvres universitaires et scolaires, à M. B A et à Me Fron
Fait à Nantes, le 22 mai 2024.
Le juge des référés,
B. ECHASSERIEAU
La greffière,
M-C MINARDLa République mande et ordonne la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026