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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2404509

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2404509

mercredi 27 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2404509
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantKOUEVI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 mars 2024, M. C B, représenté par Me Kouevi, doit être regardé comme demandant au juge des référés :

1°) d'annuler, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la décision du 26 février 2024 par laquelle le sous-directeur des visas a rejeté le recours exercé contre la décision du 5 décembre 2023 par laquelle l'autorité consulaire française à Oran (Algérie) a refusé de lui délivrer un visa de long séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française ;

2°) d'enjoindre aux autorités consulaires françaises à Oran de lui délivrer le visa sollicité sous réserve des conclusions de son contrôle médical ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que le refus de visa litigieux fait obstacle à ce qu'il soit présent aux côtés de son épouse, enceinte, pour l'accompagner lors de ses dernières consultations prénatales alors que le terme de sa grossesse est prévu pour le 19 mai 2024 ; il y a urgence à faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir ;

- le refus de visa en cause, en ce qu'il est fondé sur une prétendue interdiction de retour sur le territoire français, laquelle a cessé de produire ses effets, porte une atteinte grave et manifestement illégale :

* à la liberté d'aller et venir ;

* aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Robert-Nutte, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Sauf circonstances particulières, le refus des autorités consulaires de délivrer un visa d'entrée en France ne constitue pas une situation d'urgence caractérisée rendant nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures du juge des référés. La circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par l'administration, serait avérée, n'est pas à elle seule de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière requise par l'article L. 521-2 est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.

4. Pour justifier de l'urgence, le requérant invoque le fait que le refus de visa litigieux l'empêche d'accompagner son épouse, résidant en France, lors de ses dernières consultations prénatales, alors que le terme de sa grossesse est prévu le 19 mai 2024, et qu'il y ainsi urgence à faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir. Toutefois, s'il résulte des pièces jointes à la requête que Mme A, avec laquelle M. B a contracté mariage le 8 novembre 2022 à Oran, est enceinte et que le terme de sa grossesse est prévu le 19 mai 2024, aucun élément produit ne tend à démontrer que l'état de santé de l'intéressée ou de son enfant à naître serait préoccupant, ni que la présence en France de M. B serait nécessaire à bref délai, pour assister son épouse. Ainsi, compte tenu du terme prévu de la grossesse de Mme A, lequel permet au requérant d'utilement saisir le juge du référé-suspension, s'il s'y croit fondé, d'une demande tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 26 février 2024 du sous-directeur des visas, la condition d'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.

5. Par conséquent, la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.

Fait à Nantes, le 27 mars 2024.

La juge des référés,

O. Robert-Nutte

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2404509

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