LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2405258

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2405258

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2405258
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantPAPINEAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 avril 2024, le préfet de la Loire-Atlantique demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des articles L. 521-3 du code de justice administrative et L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'expulsion sans délai de M. C A, de Mme E B, de leur fils majeur M. D A ainsi que de tous occupants de leur chef du logement qu'ils occupent au 2, place François Mitterand à Rezé (44400), géré par le centre d'accueil des demandeurs d'asile TRAJET ;

2°) d'autoriser le recours à la force publique pour procéder à l'évacuation forcée des lieux ;

3°) de l'autoriser à donner toutes les instructions utiles au gestionnaire de l'hébergement afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de M. A et de Mme B, à défaut pour ceux-ci de les avoir emportés.

Il soutient que :

- les conditions d'urgence et d'utilité de la mesure sont satisfaites dès lors que le logement est occupé indûment, sans que les intéressés puissent justifier de circonstances exceptionnelles de nature à faire obstacle à l'exécution de la mesure sollicitée ; le maintien indu de M. A, de Mme B et de leur fils majeur dans cet hébergement compromet le bon fonctionnement du service public de l'asile, alors que de nombreux demandeurs d'asile et leurs familles sont dans l'attente d'une solution de logement dans le département et dans la région ;

- elle ne fait l'objet d'aucune contestation sérieuse dès lors que les demandes d'asile des intéressés ont été définitivement rejetées ; M. A et Mme B ont été informés de la fin de leur prise en charge par un courrier de l'OFII du 7 juin 2023, qu'ils ont refusé de signer ; s'étant maintenus dans le logement, une mise en demeure de quitter les lieux dans un délai d'un mois leur a été adressée le 9 août 2023, à laquelle ils n'ont pas déféré ;

- les démarches parallèles entreprises, le cas échéant, par les intéressés ne leur donne aucun droit au maintien dans leur hébergement ;

- il n'existe pas d'obligation de relogement, pesant sur l'Etat, dans un hébergement d'urgence de droit commun.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 avril 2024, M. C A, Mme E B et M. D A, représentés par Me Papineau, concluent :

1°) au rejet de la requête du préfet de la Loire-Atlantique ou, à défaut, à ce qu'il soit sursis à l'exécution de la mesure d'expulsion pendant un délai de six mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement des article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite et la mesure demandée n'est pas utile dès lors qu'ils se sont vu notifier une fin de prise en charge le 15 novembre 2022, ainsi qu'une mise en demeure de quitter les lieux par courrier du 9 août 2023 alors que la présente procédure est initiée plusieurs mois plus tard ; en l'absence de solution de relogement et alors que le dispositif d'hébergement d'urgence est également saturé, leur famille se retrouvera nécessairement à la rue, et sera ainsi exposée à des risques pour la santé et la sécurité de chacun de ses membres ;

- la mesure d'expulsion sollicitée fait l'objet d'une contestation sérieuse dès lors qu'ils ont vocation à rester sur le territoire français puisqu'ils occupent des emplois salariés dans des domaines en tension et vont prochainement déposer des demandes de titre de séjour salarié ou travailleur temporaire ; sa mise en œuvre les conduirait à se retrouver à la rue, sans solution d'hébergement, ce qui leur préjudicie gravement, notamment Mme B dont l'état de santé est fragile ; elle porte atteinte à leur droit à mener une vie privée et familiale normale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

- pour l'ensemble des motifs ainsi énoncés, ils concluent, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à leur expulsion pendant une période de six mois, afin de leur permettre de trouver un hébergement stable.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delohen, conseiller, pour exercer les fonctions de juge des référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 mai 2024 à 09h30 :

- le rapport de M. Delohen,

- les observations de Me Papineau, représentant les requérants, en leur présence.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le préfet de la Loire-Atlantique demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion de M. A, de Mme B ainsi que de leur fils majeur du logement qu'ils occupent au 2, place François Mitterand à Rezé, géré par le centre d'accueil des demandeurs d'asile TRAJET.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 552-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile ou jusqu'à leur transfert effectif vers un autre Etat européen ". Selon l'article L. 551-11 du même code : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ". L'article L. 552-15 du même code dispose : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. () La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

4. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que, saisi par le préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile d'un demandeur d'asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.

5. En premier lieu, les demandes d'asile présentées par M. A et Mme B, ressortissants géorgiens, ont été définitivement rejetées par des décisions de la CNDA des 5 septembre et 28 octobre 2022, qui leur ont été notifiées le 14 septembre et 10 novembre 2022. La demande présentée par leur fils, désormais majeur, a fait l'objet d'un rejet pour irrecevabilité par une décision de l'OFPRA du 15 septembre 2022, notifiée le 23 septembre 2022, qu'il n'a pas contesté devant la CNDA. M. A et Mme B ont été informés de la fin de leur prise en charge par un courrier de l'OFII du 7 juin 2023, qu'ils ont refusé de signer. Une mise en demeure de quitter leur lieu d'hébergement dans un délai d'un mois leur a été adressée le 9 août 2023, à laquelle ils n'ont pas déféré. Les intéressés se maintiennent ainsi indûment dans un lieu d'hébergement réservé aux demandeurs d'asile. L'expulsion demandée ne se heurte donc à aucune contestation sérieuse, les requérants ne pouvant utilement soutenir que cette mesure méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

6. En second lieu, la libération des lieux par M. A, Mme B et leur fils majeur, définitivement déboutés de l'asile, présente, eu égard aux exigences de bon fonctionnement et de continuité du service public d'accueil et d'hébergement des demandeurs d'asile, ainsi qu'à la situation de tension de ce dispositif, un caractère d'urgence et d'utilité et apparaît comme la seule mesure susceptible de préserver la continuité du service. Le seul délai observé par l'administration pour initier la présente procédure ne saurait, eu égard à l'intérêt public qu'elle poursuit, faire obstacle à ce que la condition d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative soit regardée comme remplie. La mesure sollicitée par le préfet de la Loire-Atlantique apparaît ainsi utile et urgente.

7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à M. C A, à Mme E B ainsi qu'à leur fils majeur et à tous occupants de leur chef de quitter sans délai, comme le préfet le sollicite, le lieu d'hébergement qu'ils occupent et, en l'absence de départ volontaire des intéressés, d'autoriser le préfet de la Loire-Atlantique à procéder à l'évacuation forcée des lieux avec le concours de la force publique et à prendre les mesures nécessaires pour faire enlever, à leurs frais et risques, les biens meubles qui s'y trouveraient.

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à l'avocate des requérants la somme que ceux-ci réclament au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à M. C A, à Mme E B ainsi qu'à leur fils majeur et à tous occupants de leur chef de libérer sans délai le logement qu'ils occupent, situé au 2, place François Mitterrand à Rezé, géré par le centre d'accueil des demandeurs d'asile TRAJET.

Article 2 : En l'absence de départ volontaire immédiat de M. A, de Mme B et de tous occupants de leur chef, le préfet de la Loire-Atlantique pourra faire procéder à leur expulsion et à l'évacuation de leurs biens, par les moyens légaux de son choix, aux frais, risques et périls des intéressés, au besoin avec le concours de la force publique.

Article 3 : Les conclusions de M. A, de Mme B et de leur fils M. A présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. C A, à Mme E B, à M. D A et à Me Papineau.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Nantes, le 7 mai 2024.

Le juge des référés,

D. DELOHEN La greffière,

J. DIONIS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14
← Retour aux décisions
Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026