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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2406586

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2406586

mercredi 12 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2406586
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantNERAUDAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée 2 mai 2024, le préfet de la Loire-Atlantique demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à M. I H et Mme D J et à tous occupants de leur chef, de libérer, sans délai, le logement dédié aux demandeurs d'asile qu'ils occupent, situé au 47 rue Henri Barbusse à Rezé (44) et géré par l'HUDA de l'association Saint Benoît Labre (ASBL) ;

2°) de l'autoriser à procéder à leur expulsion, au besoin avec le concours de la force publique ;

3°) de l'autoriser à donner toutes instructions utiles au gestionnaire du logement afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques C et Mme J, à défaut pour ceux-ci de les avoir emportés.

Il soutient que :

- les conditions d'urgence et d'utilité sont satisfaites dès lors que le maintien dans un logement pour demandeurs d'asile C et Mme J, déclarés en fuite au sens de la procédure de transfert du règlement dit " F A ", compromet le bon fonctionnement du service public, alors qu'au 31 janvier 2024, 1 388 demandeurs d'asile étaient en attente d'un hébergement dans le département ;

- elle ne fait l'objet d'aucune contestation sérieuse dès lors que M. et Mme J se maintiennent dans le logement alors qu'ils ne se sont pas présentés à l'aéroport le 24 juillet 2023 en vue d'exécuter les arrêtés du 3 janvier 2023 par lesquels le préfet de Maine-et-Loire a déclaré le Portugal responsable de l'examen de leurs demandes d'asile et, de ce fait, se sont vus notifier la fin du bénéfice des conditions matérielles d'accueil par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) par une décision du 22 août 2023 ; par un courrier du 19 octobre 2023 notifié le 17 novembre 2023, le préfet de la Loire-Atlantique a mis en demeure les intéressés de quitter les lieux dans un délai d'un mois ; les intéressés ont commis un manquement grave au règlement de fonctionnement du lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile qu'ils occupent en se soustrayant à la procédure de transfert et en se maintenant indûment dans le logement mis à leur disposition par l'HUDA ASBL en dépit de la cessation de leurs conditions matérielles d'accueil ; ils ne peuvent se prévaloir d'un droit au maintien dans ce logement ; en outre, il n'existe pas de circonstances exceptionnelles de nature à faire obstacle à la mesure demandée dès lors que la situation C J, de sa conjointe et de leurs deux enfants, ne présente pas un caractère exceptionnel qui pourrait justifier leur maintien dans le lieu d'hébergement qu'ils occupent ; de plus, les circonstances que leur fils cadet souffre de problèmes rénaux et que leur fils aîné soit atteint de troubles autistiques ne sont pas à elles seules de nature à démontrer qu'ils seraient dans une situation relevant de circonstances exceptionnelles ; la mesure sollicitée n'a pas pour effet de séparer la famille des intéressés au sens des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ni de mettre un terme à leurs éventuels suivis médicaux ou traitements médicamenteux, ni ne fait obstacle à la poursuite de la scolarisation de leurs enfants ; le degré de vulnérabilité fixé par l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été évalué lors de leur entretien au guichet unique de sorte qu'il a pu évoluer depuis et les intéressés ne sont ainsi pas fondés à s'en prévaloir ; il est nécessaire que M. et Mme J quittent les lieux sans délai, leur présence dans ce logement faisant obstacle à l'accueil de nouveaux arrivants bénéficiant du statut de demandeur d'asile alors qu'ils ont été informés depuis plusieurs mois de la nécessité de quitter les lieux ; en outre, l'examen de leurs demandes d'asile ne relève pas de la compétence de l'Etat français, et ils ne justifient avoir entamé aucune démarche en vue de leur relogement, de sorte que, dans ces conditions, leur accorder un délai serait contraire à l'esprit des dispositions de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il ne lui incombe pas de trouver une solution d'hébergement d'urgence de droit commun à M. et Mme J, en ce que leurs demandes d'asile relèvent de la compétence des autorités portugaises, et alors que leur situation ne justifie pas qu'ils bénéficient d'une solution d'hébergement d'urgence, dispositif par ailleurs considéré comme en situation de saturation chronique.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2024, M. et Mme J, agissant en leur nom et en tant que représentants légaux des jeunes E et G J, représentés par Me Neraudau concluent :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à la mesure d'expulsion sollicitée, durant un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 1 700 euros hors taxes à verser à leur conseil, par application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que le préfet établit uniquement la saturation du dispositif d'hébergement au niveau local, alors même qu'il s'agit d'un dispositif national ; de plus, il ne démontre pas que leur expulsion serait de nature à résoudre la saturation du dispositif ; par ailleurs, leur refus de libérer les lieux est uniquement dû à leur impossibilité de trouver une autre solution d'hébergement et la mesure sollicitée équivaut ainsi à une mise à la rue d'enfants en bas-âge, ce qui contrevient aux stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; le dispositif légal prévoit des procédures d'accompagnement qui n'ont pas été mises en place par le gestionnaire ; en outre, leur situation personnelle et familiale aurait dû être prise en compte, et notamment leur particulière vulnérabilité, au regard du trouble autistique dont souffre l'un de leurs fils, alors qu'ils sont demandeurs d'asile ;

- les conditions d'urgence et d'utilité ne sont pas satisfaites au regard des conséquences excessives de la mesure sollicitée sur leur situation très précaire et révélant une vulnérabilité, et de l'atteinte portée à l'intérêt supérieur de leurs enfants et à leur droit de mener une vie privée et familiale normale : du fait de la mesure d'expulsion en cause, qui implique leur mise à la rue, leur fils E atteint d'un trouble autistique, ne pourra poursuivre sa scolarité, alors que leur demande d'asile sera examinée par la France à compter du 6 août 2024 ;

- l'expulsion demandée se heurte à une contestation sérieuse dès lors qu'ils justifient d'une grande vulnérabilité, tenant d'une part, à l'état de santé de leurs deux enfants mineurs, et, d'autre part, à l'impossibilité de trouver une autre solution de logement, ce qui viole le droit au logement de leurs enfants ; en outre, leur fils aîné présente des troubles autistiques, et leur fils cadet souffre d'asymétrie rénale ; elle méconnaît l'intérêt supérieur de leurs deux enfants mineurs en violation de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et fait obstacle au maintien de la vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; par ailleurs, ils souhaitent contester la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de cessation complète des conditions matérielles d'accueil dès lors qu'ils sont toujours demandeurs d'asile ; du fait de la mesure sollicitée, le droit à l'éducation et à la non-discrimination du jeune E seront violés ; ils pourront bénéficier de plein droit d'un logement pour demandeurs d'asile dans moins de trois mois, la procédure dite " F A " prenant fin le 6 août 2024 ;

- leur situation de grande vulnérabilité et leur impossibilité de trouver un logement justifient qu'un délai de deux mois soit octroyé, à titre subsidiaire, avant qu'il soit procédé à leur expulsion.

M. J a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 mai 2024.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Robert-Nutte, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 23 mai 2024 à 9 heures 30 :

- le rapport de Mme Robert-Nutte, juge des référés,

- les observations de Me Neraudau, représentant C et Mme J, en leur présence, qui insiste à la barre sur la situation de vulnérabilité des requérants, demandeurs d'asile, et de leurs enfants mineurs, dont l'état de santé et le diagnostic de troubles autistiques chez l'aîné, nécessitent qu'ils se maintiennent en France ; Me Neraudau rappelle qu'il existe une contestation sérieuse, compte tenu du statut de demandeurs d'asile des requérants, et dès lors que la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil devrait sous peu faire l'objet d'une contestation devant le tribunal ; la vulnérabilité C et Mme J justifie, en tout état de cause, qu'un délai leur soit accordé avant que le préfet puisse procéder à l'expulsion demandée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le préfet de la Loire-Atlantique demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion C et Mme J du logement dédié aux demandeurs d'asile qu'il occupe, situé 47 rue Henri Barbusse à Rezé (44000) et géré par l'HUDA ASBL.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 552-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile ou jusqu'à leur transfert effectif vers un autre Etat européen ". Selon l'article L. 551-11 du même code : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ". L'article L. 552-15 dispose : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. / Le premier alinéa n'est pas applicable aux personnes qui se sont vues reconnaître la qualité de réfugié ou qui ont obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. Il est en revanche applicable aux personnes qui ont un comportement violent ou commettent des manquements graves au règlement du lieu d'hébergement. / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

4. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le préfet ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut saisir le juge des référés du tribunal administratif d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile de toute personne commettant des manquements graves au règlement du lieu d'hébergement, y compris les demandeurs d'asile en attente de la détermination de l'Etat responsable de l'examen de leur demande d'asile ou de leur transfert effectif vers celui-ci. Il résulte également de l'économie générale et des termes des dispositions précitées que le fait pour un demandeur d'asile de se maintenir dans un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile alors qu'il ne bénéficie plus des conditions matérielles d'accueil et qu'en conséquence, il a été mis fin à son hébergement doit être regardé comme caractérisant un tel manquement grave au règlement du lieu d'hébergement.

5. M. et Mme J, ressortissants angolais nés respectivement les 26 juin 1992 et 17 décembre 1994, déclarent être entrés régulièrement sur le territoire français le 11 septembre 2022. Ils sont hébergés dans un logement dédié aux demandeurs d'asile, situé au 47 rue Henri Barbusse à Rezé (44), géré par l'HUDA ASBL. Par des arrêtés du 3 janvier 2023, dont la légalité a été confirmée par le tribunal le 6 février 2023, le préfet de Maine-et-Loire a ordonné leur transfert aux autorités portugaises, responsables de l'examen de leurs demandes d'asile. Les intéressés ne s'étant pas présentés à la convocation du 24 juillet 2023, en vue de l'exécution de ces mesures de transfert, ils ont été déclarés en fuite. Ils ont été informés de la fin de leur prise en charge au titre des conditions matérielles d'accueil par un courrier de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 22 août 2023. Une mise en demeure de quitter les lieux dans un délai d'un mois a été adressée aux intéressés par le préfet de la Loire-Atlantique, le 19 octobre 2023. M. et Mme J se maintiennent ainsi indûment dans un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile.

6. En premier lieu, si M. et Mme J se prévalent de leur intention de former un recours juridictionnel contre la décision portant cessation de leurs conditions matérielles d'accueil, ni cette circonstance, ni la situation de leurs deux enfants mineurs, ne révèlent l'existence d'une contestation sérieuse, au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, faisant obstacle à leur expulsion, les requérants ne pouvant utilement soutenir que la mesure demandée méconnaît les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relatives aux droits de l'enfant. De même, ni le fait que l'absence de mise à exécution de la mesure de transfert aurait pour effet de rendre la France responsable de l'examen de leurs demandes d'asile à compter du 6 août 2024, élément purement hypothétique, ni la circonstance que les intéressés ne disposent pas, à ce jour, de solution de relogement, ne sauraient faire obstacle à la mesure d'expulsion sollicitée, alors, de plus, que M. et Mme J ont été mis en demeure de quitter les lieux, dans un délai d'un mois, le 19 octobre 2023 et se maintiennent ainsi indûment dans le logement depuis plusieurs mois. Par suite, la demande d'expulsion présentée par le préfet de la Loire-Atlantique ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

7. En second lieu, la libération des lieux par les requérants, coupables de manquements graves au règlement de leur lieu d'hébergement en s'y maintenant indûment alors même qu'ils ne bénéficient plus des conditions matérielles d'accueil, présente, eu égard aux exigences de bon fonctionnement et de continuité du service public d'accueil et d'hébergement des demandeurs d'asile, ainsi qu'à la situation de tension de ce dispositif, suffisamment étayé par les données dont se prévaut le préfet de la Loire-Atlantique, un caractère d'urgence et d'utilité, qui ne sauraient être remis en cause par la situation personnelle C et Mme J, l'état de santé et la scolarisation de leur deux enfants. Dans ces conditions, l'expulsion sollicitée revêt un caractère d'urgence et d'utilité et apparaît comme la seule mesure susceptible de préserver la continuité du service public de l'accueil des demandeurs d'asile.

8. Toutefois, il est constant que la famille C et Mme J est composée de deux enfants mineurs. De plus, il résulte de l'instruction que leur fils aîné est atteint de troubles autistiques et fait l'objet d'une scolarisation aménagée, alors que leur fils cadet souffre de troubles rénaux. Eu égard à l'âge de ces enfants, à la situation de handicap du jeune E et à l'absence de solution de relogement de cette famille, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder à M. et Mme J un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance, pour quitter les lieux indûment occupés. A l'issue de ce délai, le préfet de la Loire-Atlantique est autorisé à procéder à l'évacuation forcée des lieux avec le concours de la force publique et à prendre les mesures nécessaires pour faire enlever, aux frais et risques des intéressés les biens meubles qui s'y trouveraient.

9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. et Mme J au titre des frais d'instance. Par suite, les conclusions des intéressés, présentées au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.

O R D O N N E:

Article 1er : Il est enjoint à M. et Mme J de libérer, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance, le logement qu'ils occupent, situé au 47 Rue Henri Barbusse à Rezé (44) et géré par l'HUDA ASBL.

Article 2 : En l'absence de départ volontaire C et Mme J dans le délai imparti, le préfet de la Loire-Atlantique, à l'issue du délai fixé à l'article 1er, pourra faire procéder à leur expulsion, et à celle de tous occupants de leur chef, et à l'évacuation de leurs biens, par les moyens légaux de son choix, aux frais, risques et périls des intéressés, au besoin avec le concours de la force publique.

Article 3 : Les conclusions C et Mme J présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à M. I H J, Mme D J et à Me Neraudau.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Nantes, le 12 juin 2024.

La juge des référés,

O. ROBERT-NUTTE

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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