mercredi 15 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2407048 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CHAUVIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mai 2024, M. C B, représenté par Me Chauvière, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à son extraction afin qu'il puisse comparaître ce jour à 14h00 à son audience relative à la suspension de la décision de l'autorité pénitentiaire d'organiser son transfèrement dans un centre pénitentiaire d'une autre ville;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au profit de son conseil, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite en ce que sa présence au tribunal est de nature à éclairer la juridiction sur les motifs qui justifient sa demande de transfert ;
- il est porté atteinte de manière grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales constituées par son droit d'assurer sa défense de manière effective alors que les motifs d'ordre public le concernant ne sont pas démontré en l'espèce.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mai 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'est pas remplie en ce que la demande est intervenue tardivement au regard de la notification de l'avis d'audience et que l'intéressé n'a pas davantage sollicité d'être entendu par un moyen de communication audiovisuelle, aucune circonstance n'étant en outre avancée pour justifier la comparution personnelle ;
- aucune atteinte grave et manifestement illégale n'a été portée à une liberté fondamentale eu égard au risque que représente pour l'ordre public une extraction et les moyens de sécurité qu'elle nécessite dont il est seul à apprécier le caractère indispensable en application des dispositions de l'article D. 215-27 du code pénitentiaire au regard des charges pesant actuellement sur les forces de l'ordre qui sont mobilisées ce jour par d'autres évènements.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code pénitentiaire ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.
Ont été entendus au cours de cette audience, tenue le 14 mai 2024 à 13h50 :
- le rapport de M. Echasserieau, juge des référés ;
- les observations de Me Chauvière, représentant M. B, qui a conclu aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, en ajoutant qu'il est nécessaire que, lors de l'audience à venir, le juge des référés puisse voir et entendre le requérant pour apprécier sa personnalité et connaître son ressenti sur ses conditions de détention eu égard aux risques évoqués ; l'extraction du requérant ne nécessite pas la mobilisation de moyens aussi importants que le prétend le préfet de la Loire-Atlantique, le requérant ne présentant pas de risque important pour l'ordre public.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
2. M. B est actuellement détenu au centre pénitentiaire de Nantes (Loire-Atlantique), depuis le 27 septembre 2023 où il exécute une peine de dix-huit mois d'emprisonnement pour récidive de conduite d'un véhicule sans permis et de violence suivie d'incapacité supérieure à huit jours sur sa concubine. Le 29 décembre 2023, il a demandé, par l'intermédiaire de son conseil, son changement d'affectation d'établissement pénitentiaire qui a été rejetée par une décision du même jour dont il a sollicité la suspension de l'exécution, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, par une requête qui sera appelée à une audience du juge des référés du tribunal fixée le 14 mai 2024 à 14h00. En vue de comparaître en personne à cette audience, il a demandé que son extraction soit requise en application de l'article D. 215-27 du code pénitentiaire. Le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté cette demande le 13 mai 2024.
3. La possibilité d'assurer de manière effective sa défense devant le juge a le caractère d'une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
4. Toutefois, d'abord, le refus de transfert d'un établissement pénitentiaire ne constitue pas une mesure disciplinaire mais une modalité d'exécution d'une peine privative de liberté. Le juge administratif ne peut, dès lors, être regardé, lorsqu'il se prononce au fond ou en référé sur la légalité d'une telle mesure, comme décidant d'une contestation sur des droits et obligations de caractère civil ou du bien-fondé d'une accusation en matière pénale au sens des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, M. B ne peut utilement soutenir en l'espèce, à l'appui de son argumentation visant à démontrer que le refus d'extraction qui lui a été opposé par le préfet de la Loire-Atlantique le 13 mai 2024 porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale constituée par son droit d'assurer sa défense de manière effective, que, selon la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, ces stipulations imposent en principe la participation personnelle d'un justiciable détenu, qu'il soit ou non représenté à l'audience, dans les cas où la personnalité de l'intéressé est en rapport direct avec l'objet du litige ou lorsque la décision met en jeu son comportement ou son expérience.
5. Ensuite, s'il résulte des dispositions de l'article L. 522-1 du code de justice administrative que, sous réserve de l'application de l'article L. 522-3 du même code, la procédure devant le juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 dudit code est pour partie orale, cette possibilité n'implique pas pour autant, dès lors que l'intéressé a la faculté de se faire représenter à l'audience publique ainsi que de présenter des observations écrites avant comme après celle-ci, dans le cadre d'une note en délibéré, et que le juge des référés a quant à lui la faculté de différer la clôture de l'instruction voire de renvoyer l'affaire en cas d'invocation par le défendeur d'éléments nouveaux le justifiant lors de l'audience, qu'un détenu ayant fait l'objet d'un refus de transfert d'établissement doive, par principe, comparaître en personne à l'audience publique au cours de laquelle est examinée sa demande tendant à la suspension de l'exécution de cette décision.
6. Enfin, si M. B fait état qu'il souhaiterait exposer des circonstances particulières, propres à sa situation pour justifier son transfert, les pièces du dossier et la présence de son avocat sont de nature à écarter la nécessité de sa comparution personnelle à l'audience de ce jour pour assurer sa défense.
7. Dans ces conditions, nonobstant la circonstance, que le préfet de la Loire-Atlantique aurait commis une erreur d'appréciation en se fondant sur des considérations tenant à l'ordre public pour apprécier le caractère indispensable ou non, au sens de ces dispositions, de l'extraction de M. B et que ces considérations seraient inexactes, et alors même, par ailleurs, que le juge administratif ne tient d'aucune disposition du code pénitentiaire ou du code de justice administrative le pouvoir de requérir lui-même l'extraction d'un détenu appelé à comparaître devant lui ou de solliciter le préfet à cette fin, il ne résulte pas de l'instruction que le refus d'extraction opposé le 13 mai 2024 au requérant ait porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale, dont celui-ci se prévaut.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent, de même, par conséquent, que ses conclusions relatives aux frais liés au litige, être rejetées.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Chauvière.
Fait à Nantes, le 15 mai 2024.
Le juge des référés,
B. EchasserieauLa greffière,
M. A La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mers en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026