lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2410479 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SMATI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2024, Mme C, représentée par Me Smati, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la mesure de mise à exécution, le 16 juillet 2024 à 07h40 (routing), de la décision du 3 mai 2024 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a décidé son transfert aux autorités espagnoles ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite ; la mise à exécution effective de l'arrêté de transfert aux autorités espagnoles est prévue le mardi 16 juillet 2024 ainsi que celle de son époux et de sa fille mineure ; elle a entamé en France un parcours de soins lourd et pluridisciplinaire ; elle est enceinte ; sa fille est scolarisée en classe de moyenne section en maternelle ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile et au droit de demander le statuer de réfugié ; les obligations d'information et de communication prévues par les dispositions des articles 31 et 32 du règlement 604/2013 du 26 juin 2013 n'ont pas été mises en œuvre par le préfet de Maine-et-Loire qui n'a pas averti les autorités espagnoles de son état de particulière vulnérabilité et tous les éléments nécessaires à sa prise en charge ; elle est asthmatique ainsi que sa fille de 4 et demie qui l'accompagne ; elle est par ailleurs porteuse d'une pathologie infectieuse pour laquelle un bilan au CHU est en attente ; le préfet de Maine-et-Loire n'a pas procédé à un examen de sa situation ; son état de grossesse et le suivi pluridisciplinaire de son état de santé particulièrement dégradé sont récents de sorte qu'elle n'a pas pu utilement les exposer et que la préfecture n'a pas transmis ces informations aux autorités espagnoles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que l'intéressée a vu son recours rejeté le 3 juin 2024 contre l'arrêté de transfert qui est devenu exécutoire ; tous les éléments au regard de sa situation personnelle, qu'ils soient médicaux ou familiaux, ont déjà été étudiés et l'exécution de l'arrêté de transfert ne saurait caractériser une atteinte grave et immédiate à sa situation ; si elle a accepté de signer le formulaire de départ volontaire le 14 mai 2024 et de transfert en Espagne, elle n'a depuis engagé aucune démarche en ce sens ;
- les atteintes aux libertés fondamentales dont se prévaut l'intéressée ne sont pas établies, son transfert ne faisant pas obstacle à son droit de demander l'asile ;
* s'agissant des dispositions des articles 31 et 32 du règlement n° 604/2013/UE du 26 juin 2013 les informations ont pu être transmises aux autorités espagnoles ;
* au regard de l'arrivée récente de la requérante et de sa fille et de l'âge de l'enfant qui fréquentait une classe de moyenne section au cours de cette année scolaire qui terminait le 8 juillet 2024, il n'est pas porté une atteinte grave au droit d'éducation de l'enfant.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 juillet 2024.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Allio-Rousseau, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Allio-Rousseau, juge des référés, a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 12 juillet 2024 à 11 heures 30.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante mauritanienne, a déclaré être entrée en France le 18 février 2024. Elle s'est présentée à la préfecture de Maine-et-Loire le 27 février 2024 pour y déposer une demande d'asile. La consultation du fichier Visabio a fait apparaître que l'intéressée était en possession d'un visa en cours de validité délivré par les autorités espagnoles. Celles-ci, saisies le 28 février 2024, ont implicitement accepté de la prendre en charge. Par un arrêté du 3 mai 2024, le préfet de Maine-et-Loire a décidé de transférer Mme A aux autorités espagnoles. L'intéressée a contesté la légalité de cette décision devant le tribunal, qui a rejeté sa requête par un jugement n° 2407369 du 3 juin 2024. Le 2 juillet 2024, Mme A a reçu en mains propres, ainsi que son époux, une convocation, datée du 25 juin 2024, pour un vol prévu le 16 juillet 2024 à destination de Madrid. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la mesure de mise à exécution de l'arrêté du 3 mai 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
3. Eu égard à son office, qui consiste à assurer la sauvegarde des libertés fondamentales, il appartient au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative, de prendre, en cas d'urgence, toutes les mesures qui sont de nature à remédier à bref délai aux effets résultant d'une atteinte grave et manifestement illégale portée, par une autorité administrative, à une liberté fondamentale. La procédure spéciale, décrite aux articles L. 572-4 à L. 572-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de contestation des décisions de transfert vers l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile présente des garanties au moins équivalentes à celles des procédures régies par le livre V du code de justice administrative, dont elle est par suite exclusive. Il en va toutefois autrement dans le cas où les modalités selon lesquelles il est procédé à l'exécution d'une décision de transfert emportent des effets qui, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait survenus depuis l'intervention de cette mesure et après que le juge, saisi sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré, excèdent ceux qui s'attachent normalement à sa mise à exécution.
4. D'une part, il résulte de la lecture de la décision de transfert du 3 mai 2024 et du jugement du 3 juin 2024 que si Mme A invoque sa particulière vulnérabilité, en faisant valoir qu'elle est asthmatique, de même que sa fille mineure, et qu'elle a démarré une grossesse au cours du mois d'avril 2024, elle ne se trouve pas, pour l'application des règles déterminant l'Etat responsable de l'instruction de sa demande d'asile, dans un état de vulnérabilité exceptionnelle imposant d'instruire sa demande d'asile en France en dépit de la compétence de l'Espagne, lequel pays a été informé de la grossesse de la requérante, de son état de santé ainsi que de celui de sa fille et a autorisé son transfert. D'autre part, si la requérante soutient qu'elle a entamé " un parcours de soins lourd et pluridisciplinaire ", les certificats médicaux qu'elle produit, dont le plus récent date du 5 juillet 2024, mentionnent sans autre précision qu'elle est " porteuse d'une pathologie infectieuse " pour laquelle un bilan au CHU est en attente. En outre, la requérante n'établit pas que l'aggravation alléguée de son état de santé, ou celui de sa fille, ne lui permettrait pas de voyager à destination de l'Espagne, ni qu'elle ne pourrait pas faire l'objet dans ce pays d'une prise en charge médicale adaptée. Enfin, il résulte de l'instruction que la fille de la requérante a terminé son année scolaire en classe de moyenne section depuis le 8 juillet 2024. Dans ces conditions, les éléments avancés par la requérante ne caractérisent pas une circonstance de fait nouvelle de nature à démontrer que l'exécution de la décision ordonnant sa remise aux autorités espagnoles emporterait des effets excédant ceux qui s'attachent normalement à une telle mise à exécution. Dans ces conditions, les conclusions présentées par la requérante sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Smati et au préfet de Maine-et-Loire.
Fait à Nantes, le 15 juillet 2024.
La juge des référés,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
G. PEIGNELa République mande et ordonne ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026