LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2413000

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2413000

jeudi 29 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2413000
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantPAILLOT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes (7ème Chambre) a été saisi d'un recours en plein contentieux par la famille de Mme D... F..., qui conteste sa prise en charge par le centre hospitalier départemental de Vendée à partir d'août 2014. Les requérants invoquent des fautes médicales, notamment un arrêt précipité et injustifié de l'alimentation artificielle, un défaut de procédure collégiale et un manquement à l'obligation d'information, en violation des articles R. 4127-11, R. 4127-32, R. 4127-33, R. 4127-35 et R. 4127-37 du code de la santé publique, ainsi que de la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades. Ils sollicitent une expertise médicale avant dire droit et la condamnation de l'hôpital à verser des indemnités pour préjudices moraux et professionnels. La solution retenue par le tribunal n'est pas précisée dans l'extrait fourni, mais la décision porte sur l'engagement de la responsabilité hospitalière pour manquements aux obligations légales et réglementaires en matière de fin de vie.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, des pièces complémentaires et deux mémoires, respectivement enregistrés les 24 août et 17 septembre et les 4 et 21 novembre 2024, Mme K... I... épouse D... F..., M. C... D... F..., M. J... D... F..., M. G... D... F..., M. A... D... F..., M. H... D... F... et Mme E... L..., représentés par Me Paillot et Me Triomphe, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d’ordonner, avant dire droit, une expertise médicale afin de déterminer si des manquements ont été commis par le centre hospitalier départemental de Vendée dans la prise en charge de Mme K... I... épouse D... F... à partir du 24 août 2014 et d’évaluer la nature et l’étendue des éventuels préjudices subis par cette dernière ;
2°) de condamner le centre hospitalier départemental de Vendée à verser à Mme K... I... épouse L... la somme de 80 000 euros en réparation du préjudice moral qu’elle a subi au cours de sa prise en charge au sein de cet établissement de santé ;

3°) de condamner le centre hospitalier départemental de Vendée à verser à M. C... L... la somme de 50 000 euros en réparation du préjudice moral qu’il a subi du fait des conditions de la prise en charge de son épouse au sein de cet établissement de santé ;

4°) de condamner le centre hospitalier départemental de Vendée à verser à M. J... D... F..., M. G... D... F..., M. A... D... F..., M. H... D... F... et Mme E... L... la somme de 12 000 euros chacun en réparation du préjudice moral qu’ils ont subi du fait des conditions de la prise en charge de leur mère au sein de cet établissement de santé ;

5°) à titre subsidiaire, de condamner le centre hospitalier départemental de Vendée à leur verser une somme globale de 100 000 euros à titre de provision sur les préjudices qu’ils ont subis ;

6°) de mettre à la charge du centre hospitalier départemental de Vendée l’avance des frais d’expertise ;

7°) en tout état de cause, de mettre à la charge du centre hospitalier départemental de Vendée une somme, à déterminer ultérieurement, à leur verser en application de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
- l’équipe médicale en charge du suivi de Mme D... F... a commis des fautes dans cette prise en charge, en méconnaissance des dispositions des articles R. 4127-11, R. 4127-32, R. 4127-33 et R. 4127-35 du code de la santé publique dès lors que :
* elle a posé, de manière précipitée, un pronostic erroné de mort imminente ;
* elle a mis en œuvre, de manière précipitée, injustifiée et sans consultation préalable B... C... D... F..., la décision d’arrêt de l’alimentation artificielle ;
* elle s’est obstinée dans cette décision d’arrêt de l’alimentation pendant onze jours après l’extubation de Mme D... F..., en dépit des demandes répétées du mari de cette dernière de rétablir cette alimentation ;
* elle n’a pas mentionné cette rupture de l’alimentation au sein du dossier médical de Mme D... F..., empêchant les médecins en charge de cette dernière de prendre en considération les conséquences d’une telle rupture ;
- la responsabilité sans faute du centre hospitalier départemental de Vendée est susceptible d’être engagée en raison des conséquences qu’a pu avoir la mise en œuvre du protocole « Hyperion » sur Mme D... F..., ce protocole pouvant avoir provoqué, chez cette dernière, un état de mal épileptique ; par ailleurs, le consentement B... D... F... à la mise en œuvre de ce protocole n’a été ni libre ni éclairé dès lors qu’il n’a pas été informé des risques encourus par son épouse ;
- elle n’a pas respecté les obligations procédurales issues de la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, en méconnaissance des dispositions des II et III de l’article R. 4127-37 du code de la santé publique et de l’alinéa 5 de l’article L. 1111-4 du même code dès lors que :
* la décision d’arrêt des soins a été prise sans consultation préalable de la personne de confiance et de la famille ;
* les volontés de Mme D... F... n’ont été ni respectées ni recherchées ;
* aucune décision écrite d’arrêt des soins ne figure au dossier médical et n’est, par conséquent, motivée ;
* il n’existe aucune preuve écrite de la mise en œuvre d’une procédure collégiale préalable à la décision d’arrêt des soins ;
* il est impossible d’identifier le médecin ayant pris, in fine, la décision d’arrêt des soins ;
* la médecin qui a été consultée n’était pas extérieure à l’équipe de soins ;
* le fait que la décision d’arrêt des soins a été exécutée sans consultation préalable de la famille et avant l’information de cette dernière a privé les proches de Mme D... F... la possibilité de saisir le juge des référés ;
- l’équipe en charge de Mme D... F... a commis une faute médicale « d’humanisme », en méconnaissance des dispositions des articles R. 4127-2 et R. 4127-47 du code de la santé publique ;
- les préjudices subis sont les suivants :
En ce qui concerne Mme D... F... :
* un ensemble de préjudices physiques en lien avec l’arrêt de l’alimentation pendant quinze jours et éventuellement en lien avec la mise en œuvre du protocole de recherche « Hyperion » ;
* un préjudice professionnel ;
* un préjudice moral qui sera indemnisé à hauteur de 80 000 euros ;
* un préjudice d’impréparation ;
En ce qui concerne M. C... D... F... :
* un préjudice professionnel ;
* un préjudice moral qui sera indemnisé à hauteur de 50 000 euros ;
En ce qui concerne les cinq enfants B... et Mme D... F... :
* un préjudice moral qui sera indemnisé à hauteur de 12 000 euros pour chacun des enfants ;
- une expertise judiciaire doit être ordonnée avant-dire droit afin, notamment, de déterminer le lien de causalité entre les fautes commises par le centre hospitalier départemental de Vendée et l’état de santé de Mme D... F..., le taux de perte de chance et la nature et l’étendue de ses préjudices et de ceux de ses proches.

Par un mémoire, enregistré le 30 août 2024, la caisse primaire d’assurance maladie de la Loire-Atlantique, intervenant pour le compte de celle de la Vendée, déclare ne pas s’opposer à la demande d’expertise avant-dire droit formulée par les requérants.

Elle demande à ce que l’éventuel pré-rapport d’expertise lui soit transmis afin qu’elle puisse formuler ses dires.

Par deux mémoires, respectivement enregistrés le 2 octobre 2024 et le 10 décembre 2025, l’Office national des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, représenté par Me Ravaut, demande au tribunal de lui donner acte de ses protestations et réserves tant sur le bien-fondé de sa mise en cause que sur la mesure d’expertise sollicitée.

Il soutient que :
- il ne s’oppose pas à l’expertise sollicitée, sous réserve que sa mission soit complétée ;
- il n’est, à ce stade, nullement justifié que les conditions de l’engagement de la solidarité nationale soient réunies.

Par deux mémoires, respectivement enregistrés les 25 octobre et 8 novembre 2024, le centre hospitalier départemental de Vendée, représenté par Me Boizard, demande au tribunal :

1°) de lui donner acte de ses plus expresses protestations et réserves quant à la mesure d’expertise sollicitée ;

2°) de débouter les requérants de l’ensemble de leurs autres demandes, fins et conclusions.

Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- il ne s’oppose pas à l’expertise sollicitée ; l’expert médical désigné devra être spécialisé en anesthésie réanimation et assisté par un médecin spécialisé en neurologie et les opérations d’expertise devront être menées de manière complète et se faire aux frais avancés des requérants ;
- la demande de provision formulée par les requérants devra être rejetée dès lors qu’aucune faute de sa part n’est établie à ce stade de la procédure.

Vu les pièces du dossier.

Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Après avoir entendu au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Baufumé,
- les conclusions de Mme Le Lay rapporteure publique,
- les observations de Me Paillot, représentant Mme et M. D... F..., en présence B... D... F..., ainsi que les observations de ce dernier ;
- et les observations de Me Jehan, substituant Me Boizard et représentant le centre hospitalier départemental de Vendée.


Considérant ce qui suit :

Le 24 août 2014, à la suite d’une fausse route alimentaire, Mme K... I... épouse D... F..., née le 4 avril 1970, a été admise au sein du service des urgences du centre hospitalier départemental de Vendée (« CHDV », La Roche-sur-Yon). Elle a été placée sous coma artificiel et transférée au sein du service de réanimation et de soins continus où elle a été intubée. Quatre protocoles de recherche ont alors été mis en place, dont le protocole « Hyperion ». Au cours de la nuit du 25 au 26 août 2014, un état de mal épileptique a été diagnostiqué. Le 29 août 2014, les médecins du CHDV ont informé la famille de Mme D... F... d’un diagnostic de fin de vie imminente et de la décision d’arrêt des traitements. L’alimentation parentérale et l’hydratation ont été arrêtées. Un maintien de l’hydratation minimale a finalement été réalisé le 30 août 2014. Le 5 septembre 2014, Mme L... a été extubée. Le 10 septembre 2014, une gastrostomie a été réalisée et l’alimentation a été reprise le lendemain, 11 septembre 2014. Le 24 septembre 2014, Mme L... a été transférée au sein du service de soins de suite et de réadaptation du CHDV. Elle est sortie du coma le 16 octobre 2014 et a pu regagner son domicile à la fin du mois de décembre 2015.

Estimant que sa prise en charge au sein du CHDV avait été défaillante, Mme L..., ainsi que son conjoint M. C... D... F... et leurs cinq enfants, ont adressé une demande indemnitaire préalable à l’établissement de santé, reçue par ce dernier le 4 septembre 2024 et implicitement rejetée par le silence gardé par l’établissement de santé pendant plus de deux mois. Les requérants demandent au tribunal d’ordonner, avant dire droit, une expertise médicale afin de déterminer si des manquements ont été commis par le CHDV dans la prise en charge de Mme D... F... et d’évaluer la nature et l’étendue des éventuels préjudices subis par cette dernière, de condamner l’établissement de santé à leur verser la somme totale de 190 000 euros en réparation de leur préjudice moral et, à titre subsidiaire, de condamner le CHDV à leur verser une somme globale de 100 000 euros à titre de provision sur les préjudices qu’ils ont subis.

Sur les conclusions tendant à ce que soit ordonnée, avant dire droit, une expertise médicale, présentées à titre principal :

Aux termes de l’article L. 1142-1 du code de la santé publique : « I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute (…) ». D’autre part, aux termes de l’article R. 621-1 du code de justice administrative : « La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision (…) ». Une telle expertise n’est ordonnée, le cas échéant, que si le tribunal s’estime insuffisamment éclairé pour se prononcer sur les conclusions dont il est saisi. Il appartient ainsi au juge, saisi d’une demande d’expertise, d’apprécier son utilité au vu des pièces du dossier, notamment, le cas échéant, des rapports des expertises prescrites antérieurement s’ils existent, et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon le demandeur, la mesure sollicitée.

Par ailleurs, aux termes de l’article L. 1111-4 du code de la santé publique dans sa rédaction applicable au litige : « Toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu'il lui fournit, les décisions concernant sa santé. (…) Lorsque la personne est hors d'état d'exprimer sa volonté, aucune intervention ou investigation ne peut être réalisée, sauf urgence ou impossibilité, sans que la personne de confiance prévue à l'article L. 1111-6, ou la famille, ou à défaut, un de ses proches ait été consulté. / Lorsque la personne est hors d'état d'exprimer sa volonté, la limitation ou l'arrêt de traitement susceptible de mettre sa vie en danger ne peut être réalisé sans avoir respecté la procédure collégiale définie par le code de déontologie médicale et sans que la personne de confiance prévue à l'article L. 1111-6 ou la famille ou, à défaut, un de ses proches et, le cas échéant, les directives anticipées de la personne, aient été consultés. La décision motivée de limitation ou d'arrêt de traitement est inscrite dans le dossier médical (…) ». En outre, aux termes de l’article R. 4127-37 du même code : « « I.- En toutes circonstances, le médecin doit s'efforcer de soulager les souffrances du malade par des moyens appropriés à son état et l'assister moralement. Il doit s'abstenir de toute obstination déraisonnable dans les investigations ou la thérapeutique et peut renoncer à entreprendre ou poursuivre des traitements qui apparaissent inutiles, disproportionnés ou qui n'ont d'autre objet ou effet que le maintien artificiel de la vie. / II.- Dans les cas prévus au cinquième alinéa de l'article L. 1111-4 et au premier alinéa de l'article L. 1111-13, la décision de limiter ou d'arrêter les traitements dispensés ne peut être prise sans qu'ait été préalablement mise en œuvre une procédure collégiale. Le médecin peut engager la procédure collégiale de sa propre initiative. Il est tenu de le faire au vu des directives anticipées du patient présentées par l'un des détenteurs de celles-ci mentionnés à l'article R. 1111-19 ou à la demande de la personne de confiance, de la famille ou, à défaut, de l'un des proches. Les détenteurs des directives anticipées du patient, la personne de confiance, la famille ou, le cas échéant, l'un des proches sont informés, dès qu'elle a été prise, de la décision de mettre en œuvre la procédure collégiale : / La décision de limitation ou d'arrêt de traitement est prise par le médecin en charge du patient, après concertation avec l'équipe de soins si elle existe et sur l'avis motivé d'au moins un médecin, appelé en qualité de consultant. Il ne doit exister aucun lien de nature hiérarchique entre le médecin en charge du patient et le consultant. L'avis motivé d'un deuxième consultant est demandé par ces médecins si l'un d'eux l'estime utile. / La décision de limitation ou d'arrêt de traitement prend en compte les souhaits que le patient aurait antérieurement exprimés, en particulier dans des directives anticipées, s'il en a rédigé, l'avis de la personne de confiance qu'il aurait désignée ainsi que celui de la famille ou, à défaut, celui d'un de ses proches. (…) / La décision de limitation ou d'arrêt de traitement est motivée. Les avis recueillis, la nature et le sens des concertations qui ont eu lieu au sein de l'équipe de soins ainsi que les motifs de la décision sont inscrits dans le dossier du patient. La personne de confiance, si elle a été désignée, la famille ou, à défaut, l'un des proches du patient sont informés de la nature et des motifs de la décision de limitation ou d'arrêt de traitement. / III.- Lorsqu'une limitation ou un arrêt de traitement a été décidé en application de l'article L. 1110-5 et des articles L. 1111-4 ou L. 1111-13, dans les conditions prévues aux I et II du présent article, le médecin, même si la souffrance du patient ne peut pas être évaluée du fait de son état cérébral, met en œuvre les traitements, notamment antalgiques et sédatifs, permettant d'accompagner la personne selon les principes et dans les conditions énoncés à l'article R. 4127-38. Il veille également à ce que l'entourage du patient soit informé de la situation et reçoive le soutien nécessaire ».

Il résulte de ces dispositions que toute personne doit recevoir les soins les plus appropriés à son état de santé, sans que les actes de prévention, d’investigation et de soins qui sont pratiqués lui fassent courir des risques disproportionnés par rapport au bénéfice escompté. Ces actes ne doivent toutefois pas être poursuivis par une obstination déraisonnable et peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris lorsqu’ils apparaissent inutiles ou disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, que la personne malade soit ou non en fin de vie. Lorsque celle-ci est hors d’état d’exprimer sa volonté, la décision de limiter ou d’arrêter un traitement au motif que sa poursuite traduirait une obstination déraisonnable ne peut, s’agissant d’une mesure susceptible de mettre en danger la vie du patient, être prise par le médecin que dans le respect de la procédure collégiale définie par le code de déontologie médicale et des règles de consultation fixées par le code de la santé publique.

Par ailleurs, pour apprécier si les conditions d’un arrêt d’alimentation et d’hydratation artificielles sont réunies s’agissant d’un patient victime de lésions cérébrales graves, quelle qu’en soit l’origine, qui se trouve dans un état végétatif ou dans un état de conscience minimale le mettant hors d’état d’exprimer sa volonté et dont le maintien en vie dépend de ce mode d’alimentation et d’hydratation, le médecin en charge doit se fonder sur un ensemble d’éléments, médicaux et non médicaux, dont le poids respectif ne peut être prédéterminé et dépend des circonstances particulières à chaque patient, le conduisant à appréhender chaque situation dans sa singularité. Outre les éléments médicaux, qui doivent couvrir une période suffisamment longue, être analysés collégialement et porter notamment sur l’état actuel du patient, sur l’évolution de son état depuis la survenance de l’accident ou de la maladie, sur sa souffrance et sur le pronostic clinique, le médecin doit accorder une importance toute particulière à la volonté que le patient peut avoir, le cas échéant, antérieurement exprimée, quels qu’en soient la forme et le sens. A cet égard, dans l’hypothèse où cette volonté demeurerait inconnue, elle ne peut être présumée comme consistant en un refus du patient d’être maintenu en vie dans les conditions présentes. Le médecin doit également prendre en compte les avis de la personne de confiance, dans le cas où elle a été désignée par le patient, des membres de sa famille ou, à défaut, de l’un de ses proches, en s’efforçant de dégager une position consensuelle. Il doit, dans l’examen de la situation propre de son patient, être avant tout guidé par le souci de la plus grande bienfaisance à son égard.

Il résulte de l’instruction, et plus particulièrement du dossier médical de Mme D... F..., qu’un pronostic très défavorable de son atteinte cérébrale a été posé par l’équipe médicale en charge de son suivi à compter du 28 août 2014, le diagnostic d’un état de mal épileptique réfractaire post-anoxique pouvant, au mieux, évoluer vers un état végétatif sans aucune possibilité de communication avec son entourage ayant été annoncé à sa famille au cours d’un entretien le 29 août 2014. Il en résulte également, notamment d’un compte-rendu d’entretien entre un médecin et M. C... D... F... le 1er septembre 2014, que ce dernier a été informé du fait que son épouse, une fois extubée, ne pourrait pas respirer seule plus de quelques jours. Il résulte, toutefois, également de l’instruction que Mme D... F... est sortie du coma le 16 octobre 2014, respire depuis sans assistance et a pu regagner son domicile à la fin du mois de décembre 2015. Il résulte, par ailleurs, de l’instruction que l’équipe en charge de Mme D... F... lui a fait suivre quatre protocoles de recherche, dont le protocole « Hyperion », qui a été interrompu le 29 août 2014 en raison du pronostic extrêmement défavorable réalisé. Il en résulte, enfin, qu’une décision d’arrêt des soins a été prise entre le 28 et le 29 août 2014, ayant principalement consisté en l’arrêt de l’alimentation parentérale et de l’hydratation, qu’un maintien de l’hydratation minimale a finalement été réalisé le 30 août 2014 et que la reprise de l’alimentation a été effective le 11 septembre 2014.

Il résulte de tout ce qui précède que si Mme D... F... souffre de très importantes séquelles, notamment neurologiques, elle a pu regagner son domicile et continuer à vivre, contredisant le diagnostic posé par l’équipe en charge de son suivi au sein du CHDV. Toutefois, aucun compte-rendu d’expertise n’ayant été produit par les parties, le tribunal ne peut statuer de manière suffisamment éclairée, ni sur le caractère éventuellement fautif du diagnostic alors réalisé, ni sur les éventuelles conséquences de l’arrêt des soins et de la mise en œuvre, voire de l’interruption, des protocoles de recherche dans lesquelles Mme D... F... a été incluse. Le tribunal ne peut davantage statuer de manière suffisamment éclairée sur les éventuels manquements, ainsi que sur leur caractère potentiellement fautif, commis par l’équipe en charge du suivi de Mme D... F... dans la prise de décision ayant conduit à la limitation puis à l’arrêt des soins dispensés à cette dernière ni, par ailleurs, sur le lien de causalité entre les éventuels manquements fautifs du CHDV et les séquelles actuelles de l’intéressée.

Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu d’ordonner, avant dire droit, une expertise médicale complémentaire aux fins précisées ci-après, contradictoirement entre Mme D... F..., le CHDV, la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire-Atlantique, intervenant pour le compte de celle de Vendée, et l’Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales. Par ailleurs, aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l’expert d’établir un projet de rapport. L’expert, dans la conduite des opérations de l’expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d’autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L’établissement d’un pré-rapport ne constitue donc qu’une modalité opérationnelle de l’expertise dont il appartient à l’expert d’apprécier la nécessité d’y recourir. Il en résulte que les conclusions de la CPAM tendant à ce que le juge des référés donne à l’expert la mission de soumettre son pré-rapport aux parties ne peuvent qu’être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires, présentées à titre principal :

Il résulte de l’instruction, et notamment de ce qui a été dit au point 9 ci-dessus du présent jugement, que le tribunal n’est pas suffisamment éclairé sur l’existence des différents éléments permettant l’engagement de la responsabilité du CHDV dans la prise en charge de Mme D... F.... Il s’ensuit qu’il n’est pas en mesure de se prononcer, en l’état de l’instruction, avant le dépôt du rapport d’expertise, sur les conclusions indemnitaires présentées par les requérants.

Sur la demande de provision, présentée à titre subsidiaire :

Il résulte de l’instruction, et notamment de ce qui a été dit au point 9 ci-dessus du présent jugement, que le tribunal n’est pas suffisamment éclairé sur l’existence des différents éléments permettant l’engagement de la responsabilité du CHDV dans la prise en charge de Mme D... F.... Il s’ensuit qu’il n’est pas en mesure d’accorder la provision demandée par les requérants, dont les conclusions tendant à cette fin doivent, par conséquent, être rejetées.




DECIDE :



Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la requête B... et Mme D... F... et de leurs cinq enfants, procédé, par un collège d’experts composé d’un médecin spécialisé en réanimation, d’un médecin spécialisé en neurologie et d’un médecin spécialisé en nutrition, désignés par le président du tribunal administratif, à une expertise avec mission pour ce collège de :

1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l’état de santé et au dossier médical de Mme D... F... se rapportant notamment à sa prise en charge au sein du centre hospitalier départemental de Vendée à compter du 24 août 2014 ;

2°) convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l’examen sur pièces des dossiers médicaux de Mme D... F... ;

3°) procéder à l’examen de Mme D... F... et décrire l’état de santé de cette dernière et les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge et soignée au sein du centre hospitalier départemental de Vendée à l’occasion de l’hospitalisation citée au point 1°) ;

4°) réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des manquements ont été commis au moment de la réalisation du diagnostic de fin de vie imminente :
a - indiquer si et pourquoi le diagnostic d’un état de mal épileptique pouvant, au mieux, évoluer vers un état végétatif sans aucune possibilité de communication avec l’entourage, posé le 29 août 2014, présentait un caractère erroné ;
b - indiquer si et pourquoi ce diagnostic caractérise un manquement au regard du contexte clinique et en l’état des connaissances à l’époque des faits ;
c - indiquer si et pourquoi ce diagnostic a été posé trop rapidement ; préciser si cette éventuelle prématurité dans le diagnostic caractérise un manquement et pourquoi ;
d - de manière générale, indiquer si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science, et s’ils étaient adaptés à l’état de Mme L... ;

5°) réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si la décision d’arrêter les soins dispensés à Mme D... F..., notamment l’alimentation et l’hydratation, était conforme aux données acquises de la science, et si elle était adaptée à l’état de Mme L..., en explicitant les réponses ;
a - indiquer si cette décision était conforme aux données acquises de la science et adaptée à l’état de Mme D... F... ;
b - indiquer si le fait qu’elle a été prise cinq jours après l’admission de Mme L... était conforme aux données acquises de la science et adapté à l’état de Mme L... ;
c - préciser les périodes au cours desquelles l’alimentation et l’hydratation ont été, respectivement, interrompues ; indiquer si le fait de maintenir l’arrêt de l’alimentation jusqu’au 10 septembre 2014 était conforme aux données acquises de la science et adapté à l’état de santé de Mme L... et à l’évolution de ce dernier ;
d – indiquer si la décision d’arrêt des soins a été tracée dans le dossier médical ;
e – indiquer si la décision d’arrêt des soins a été prise après consultation du conjoint et des proches de Mme D... F..., si les volontés de cette dernière ont été recherchées par l’équipe médicale chargée de son suivi, si l’avis d’ un médecin « consultant » a été recueilli avant cette prise de décision, si une procédure collégiale a été suivie avant cette prise de décision, si un médecin a pris, seul, la décision finale et si oui, indiquer qui est ce médecin ;

6°) décrire le protocole « Hyperion », sa visée thérapeutique, ses conditions et ses implications ;

7°) réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si :
a - M. D... F... a été correctement informé des risques entrainés par la mise en œuvre du protocole « Hyperion » ;
b - la décision de mettre en œuvre le protocole de rechercher « Hyperion » était conforme aux données acquises de la science, au regard de l’état clinique de Mme L... ;
c - la décision de mettre fin à un tel protocole était conforme aux données acquises de la science, au regard de l’état clinique de Mme L... ;

8°) donner son avis sur le point de savoir si le ou les manquements éventuellement constaté(s) ont fait perdre à Mme D... F... une chance de voir son état de santé s’améliorer ou d’éviter de le voir se dégrader ; dans cette hypothèse, quantifier l’éventuelle perte de chance (pourcentage) :
a – si l’erreur de diagnostic quant à la fin de vie imminente de la patiente constitue un manquement, indiquer si et pourquoi ce manquement a fait perdre à Mme D... F... une chance de voir son état de santé s’améliorer ou d’éviter de le voir se dégrader ; dans cette hypothèse, quantifier l’éventuelle perte de chance (pourcentage) ;
b - si la décision d’arrêter les soins, notamment l’alimentation et l’hydratation, et / ou son maintien constitue(nt) un manquement, indiquer si et pourquoi ce ou ces manquements a/ont fait perdre à Mme D... F... une chance de voir son état de santé s’améliorer ou d’éviter de le voir se dégrader ; dans cette hypothèse, quantifier la ou les éventuelles pertes de chance (pourcentage) ;
c – si la mise en œuvre et / ou l’arrêt d’un protocole de recherche, notamment le protocole « Hyperion », constitue un manquement, indiquer si et pourquoi ce manquement a fait perdre à Mme D... F... une chance de voir son état de santé s’améliorer ou d’éviter de le voir se dégrader ; dans cette hypothèse, quantifier l’éventuelle perte de chance (pourcentage) ;
d – si la mise en œuvre et / ou l’arrêt d’un protocole de recherche, notamment le protocole « Hyperion », ne constitue pas un manquement, indiquer si cette mise en œuvre ou cet arrêt a pu, même en l’absence de tout manquement, être à l’origine d’une dégradation de l’état de santé de Mme D... F... ou a pu faire obstacle à une amélioration de cet état de santé, en occasionnant notamment l’état de mal épileptique ;
e – si la décision de limitation et d’arrêt des soins n’a pas été inscrite dans le dossier médical de Mme D... F... et si cela constitue un manquement, indiquer si et pourquoi ce manquement a fait perdre à Mme D... F... une chance de voir son état de santé s’améliorer ou d’éviter de le voir se dégrader ; dans cette hypothèse, quantifier l’éventuelle perte de chance (pourcentage) ;

9°) dire si l’état de santé de Mme D... F... est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ;

10°) décrire la nature et l’étendue des séquelles gardées par Mme D... F... en distinguant, d’une part, celles éventuellement liées à sa fausse route et ses conséquences et, d’autre part, celles éventuellement liées aux conséquences du ou des manquements éventuellement retenus parmi les suivants :
a/ erreur de diagnostic ;
b/ et/ou décisions d’arrêt de l’alimentation et de maintien de cet arrêt de l’alimentation ; indiquer notamment précisément si et pourquoi les décisions d’arrêt de l’alimentation et de maintien de cet arrêt de l’alimentation ont eu un impact sur les souffrances endurées par Mme D... F... et sur ses capacités de récupération ;
c/ et/ou décisions de mise en œuvre et d’arrêt des protocoles de recherche;

11°) évaluer le déficit fonctionnel temporaire et permanent en distinguant la part due à la fausse route, de celle imputable, le cas échéant, à un ou des manquements du centre hospitalier ou à un accident médical non fautif ;

12°) dégager, en les spécifiant, les éléments propres à justifier une indemnisation au titre de la douleur et du préjudice esthétique (temporaire et/ou permanent), en les qualifiant selon l’échelle : très léger, léger, modéré, moyen, assez important, important ou très important ; distinguer, ce faisant, les préjudices éventuellement liés à la fausse route, de ceux imputables, le cas échéant, à un ou des manquements du centre hospitalier ou à un accident médical non fautif ;

13°) se prononcer sur l’existence d’un préjudice sexuel, d’un préjudice professionnel et d’agrément ; le cas échéant, évaluer leur importance ; distinguer, ce faisant, les préjudices éventuellement liés à la fausse route, de ceux imputables, le cas échéant, à un ou des manquements du centre hospitalier ou à un accident médical non fautif ;

14°) se prononcer, le cas échéant, sur la nécessité d’avoir recours à une tierce personne, la qualification requise et la durée de l’intervention ; distinguer, ce faisant, les préjudices éventuellement liés à la fausse route, de ceux imputables, le cas échéant, à un ou des manquements du centre hospitalier ou à un accident médical non fautif ;

15°) se prononcer sur la nécessité de soins médicaux, paramédicaux, d’appareillage ou de prothèse, après consolidation, pour éviter une aggravation de l’état séquellaire ; justifier l’imputabilité des soins aux complications en cause en précisant s’il s’agit de frais occasionnels, c'est-à-dire limités dans le temps, ou de frais viagers, c'est-à-dire engagés la vie durant ; distinguer, ce faisant, les préjudices éventuellement liés à la fausse route, de ceux imputables, le cas échéant, à un ou des manquements du centre hospitalier ou à un accident médical non fautif ;

16°) se prononcer sur les éventuels préjudices des proches de Mme D... F... ;

17°) de manière générale, donner toute information utile à la solution du litige.

Article 2 : Le collège d’experts, pour l’accomplissement de sa mission, pourra entendre tout responsable et membre du personnel du service hospitalier ayant prescrit ou donné des soins à l’intéressée.

Article 3 : Le collège d’experts accomplira la mission définie à l’article 1er dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra, au besoin, se faire assister par un sapiteur préalablement désigné par le juge des référés.

Article 4 : Le collège d’experts avertira les parties conformément aux dispositions de l’article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 5 : Le collège d’experts déposera au greffe un exemplaire papier et un exemplaire par voie dématérialisée avant le 30 décembre 2026, accompagnés de l’état de ses vacations, frais et débours. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s’opérer sous forme électronique avec l’accord desdites parties, à laquelle il joindra copie de l’état de ses vacations, frais et débours.

Article 6 : Les frais et honoraires dus au collège d’experts seront taxés ultérieurement par le président du tribunal conformément aux dispositions de l’article R. 621-13 du code de justice administrative.

Article 7 : Les conclusions des requérants tendant au versement d’une provision sont rejetées.

Article 8 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n’est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu’en fin d'instance.

Article 9 : Le présent jugement sera notifié à Mme K... I... épouse D... F..., M. C... D... F..., M. J... D... F..., M. G... D... F..., M. A... D... F..., M. H... D... F... et Mme E... D... F..., au centre hospitalier départemental de Vendée, à la caisse primaire d’assurance maladie de la Loire-Atlantique, intervenant pour le compte de celle de la Vendée, et à l’Office national des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.







Délibéré après l’audience du 8 janvier 2026 à laquelle siégeaient :

Mme Béria-Guillaumie, présidente,
Mme Gibson-Théry, première conseillère,
Mme Baufumé, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2026.



La rapporteure,






A. BaufuméLa présidente,






M. Béria-Guillaumie

Le greffier,






P. Vosseler



La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis
en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions