mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2414101 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CHAUVIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 septembre 2024 à 23h34 sous le numéro 2414101, complétée par une production de pièce le 16 septembre 2024, Mme F G et M. B C, agissant en leur nom et en qualité de représentants légaux de leurs enfants mineurs E D, A D et B C, représentés par Me Chauviere, demandent au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Vendée de leur indiquer sous huitaine un lieu susceptible " d'accueillir le jeune A et sa famille, conforme à son droit au respect de sa vie privée et familiale et aux dispositions de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au profit de Me Chauviere, qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il est porté atteinte de manière grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales constituées par le droit au respect de la vie privée et familiale garanti à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'intérêt supérieur de l'enfant garanti à l'article 3§1 de la convention internationale des droits de l'enfant dès lors que l'hébergement d'urgence à l'hôtel qui leur est alloué depuis le 29 juillet 2024 ne permet pas de répondre aux besoins vitaux de l'enfant A, atteint de troubles autistiques graves ;
- la condition particulière d'urgence est, compte tenu de ces éléments de fait, remplie, A ayant besoin " d'un suivi important, d'espace, mais aussi d'une stabilité la plus grande possible ".
Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordé à Mme G par décision du 16 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné Mlle Wunderlich, vice-présidente, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient de ces dispositions est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. L'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles prévoit que, dans chaque département, est mis en place, sous l'autorité du préfet " un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse ". L'article L. 345-2-2 précise que : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence () ". Aux termes de l'article L. 345-2-3 du même code : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée () ".
3. La demande d'asile de Mme F G, ressortissante géorgienne née le 19 juin 1982, et ses enfants mineurs E D, A D et B C a été rejetée par décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 4 mars 2023. Le recours formé contre cette décision a été rejeté par la Cour nationale du droit d'asile le 26 octobre 2023. Il a en conséquence été mis fin à la prise en charge de la famille au titre de l'hébergement offert aux demandeurs d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration et le préfet de la Vendée a obtenu du juge des référés de ce tribunal, par ordonnance n° 2403042 du 11 avril 2024, qu'il soit enjoint aux intéressés de libérer dans un délai de deux mois le logement géré par l'HUDA Vista mis à leur disposition aux Sables d'Olonne. Après que le juge du référé liberté a, par ordonnance n° 2411092 du 26 juillet 2024, suspendu l'exécution de l'arrêté du préfet de la Vendée en date du 17 juillet 2024 mettant Mme G et toutes les personnes l'accompagnant de quitter ce logement dans lequel la famille s'est maintenue irrégulièrement, un hébergement d'urgence leur a été proposé par le 115, dans un hôtel à La Roche-sur-Yon, depuis le 29 juillet 2024, en application des dispositions du code de l'action sociale et des familles citées au point 2. La demande de titre de séjour par ailleurs présentée par Mme G le 5 septembre 2022 en qualité de parent accompagnant d'enfant malade a été rejetée par décision du préfet de la Vendée en date du 9 janvier 2023. L'intéressée fait par ailleurs l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours édictée par arrêté du même préfet le 24 mai 2023. Les recours formés par Mme G contre ces décisions sous les n°s 2403419 et 2307917 ont été examinés par la 5e chambre du tribunal à son audience du 28 août 2024 en cours de délibéré.
4. Mme F G et M. B C font valoir que la chambre d'hôtel dans laquelle ils sont hébergés depuis près de deux mois avec A ne répond pas aux besoins spécifiques de cet enfant atteint de trouble du spectre autistique sévère comme comportant, de par ses localisation et configuration, un " risque très important de fugue ", et ne permettant pas de cuisiner non plus que de pratiquer des activités ou suivre des soins à domicile. Ils demandent désormais qu'il soit enjoint au préfet de la Vendée de leur proposer un autre lieu d'hébergement " compatible avec les besoins vitaux et l'intérêt supérieur de cet enfant ". Les circonstances ainsi invoquées ne sauraient à l'évidence caractériser, eu égard à la nature et à la portée de l'obligation qui incombe à l'administration dans la mise en œuvre du droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique ou sociale, une atteinte grave et manifestement illégale, par le préfet de la Vendée, aux libertés fondamentales constituées par le droit au respect de la vie privée et familiale et l'intérêt supérieur de l'enfant nécessitant l'intervention dans les quarante-huit heures du juge des référés.
5. Il y a lieu, par suite, de faire application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme G et M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F G et M. B C.
Copie pour information en sera adressée au préfet de la Vendée.
Fait à Nantes, le 17 septembre 2024.
La vice-présidente, juge des référés,
A.-C. WUNDERLICH
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026