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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2415271

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2415271

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2415271
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantLAPLANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er octobre 2024, M. A B, représenté par Me Laplane, demande au juge des référés :

1°) de modifier, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, les mesures prescrites par l'ordonnance n° 2414960 du 30 septembre 2024 et de suspendre l'exécution de la décision du 26 septembre 2024 par laquelle la commission de discipline du centre pénitentiaire de Nantes lui a infligé une sanction de placement en cellule disciplinaire pour une durée de quatorze jours, d'enjoindre de le faire sortir du quartier disciplinaire de la maison d'arrêt de Nantes, ou à titre subsidiaire, de solliciter un nouvel avis médical ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.000 euros hors taxe, au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'injonction prononcée par l'ordonnance n° 2414960 du 30 septembre 2024 n'a pas été exécutée ;

- il convient de le faire examiner par un autre médecin.

Vu :

- l'ordonnance n° 2414960 du 30 septembre 2024 ;

-les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code pénitentiaire ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal a désigné Mme Douet pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " et qu'aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. Si l'exécution d'une ordonnance prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du même code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, de compléter la mesure d'injonction demeurée sans effet par une astreinte destinée à en assurer l'exécution.

3. Il résulte en outre de la combinaison des dispositions des articles L. 511-1, L. 521-2 et L. 521-4 du code de justice administrative qu'il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, de prendre les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte. Ces mesures doivent en principe présenter un caractère provisoire, sauf lorsqu'aucune mesure de cette nature n'est susceptible de sauvegarder l'exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte.

4. Toutefois, le juge des référés ne peut, au titre de la procédure particulière prévue par l'article L. 521-2 précité, qu'ordonner les mesures d'urgence qui lui apparaissent de nature à sauvegarder, dans un délai de quarante-huit heures, la liberté fondamentale à laquelle il est porté une atteinte grave et manifestement illégale. Eu égard à son office, il peut également, le cas échéant, décider de déterminer dans une décision ultérieure prise à brève échéance les mesures complémentaires qui s'imposent et qui peuvent également être très rapidement mises en œuvre. Dans tous les cas, l'intervention du juge des référés dans les conditions d'urgence particulière prévues par l'article L. 521-2 précité est subordonnée au constat que la situation litigieuse permette de prendre utilement et à très bref délai les mesures de sauvegarde nécessaires. Compte tenu du cadre temporel dans lequel se prononce le juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-2, les mesures qu'il peut ordonner doivent s'apprécier en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et des mesures qu'elle a déjà prises.

5. Par une première requête enregistrée sous le numéro 2414960, M. B a demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 26 septembre 2024 par laquelle la commission de discipline du centre pénitentiaire de Nantes lui a infligé une sanction de placement en cellule disciplinaire pour une durée de quatorze jours, confondue avec les deux autres sanctions du même jour le plaçant en cellule disciplinaire pour une durée de sept jours. Par l'ordonnance susvisée n° 2414960 du 30 septembre 2024, le juge des référés de ce tribunal a enjoint soit de recueillir, dans un délai de vingt-quatre heures, l'avis du médecin du centre de détention sur la compatibilité de l'état de santé de M. B avec son maintien en cellule disciplinaire, soit de faire exécuter la sanction en confinement dans sa cellule.

6. M. B se prévaut de ce que, par un avis du 23 septembre 2024, le médecin du centre pénitentiaire de Nantes avait déclaré son état de santé incompatible avec un placement en cellule disciplinaire pendant quatorze jours. Par les moyens visés ci-dessus, il remet en cause l'avis du même médecin du centre pénitentiaire qui l'a examiné le 28 septembre 2024 et déclaré son état de santé compatible avec un placement au quartier disciplinaire de la maison d'arrêt de Nantes et sollicite d'être examiné par un autre médecin.

7. Ces éléments, qui ne caractérisent pas un élément nouveau, sont, en tout état de cause, insuffisants pour justifier le prononcé d'une astreinte ou d'une mesure supplémentaire, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, alors en outre que le requérant ne soutient ni même n'allègue que les dispositions de l'article R. 234-31 du code pénitentiaire aux termes desquelles " La liste des personnes détenues placées en confinement en cellule individuelle ordinaire et de celles présentes au quartier disciplinaire est communiquée quotidiennement à l'équipe médicale. Le médecin examine sur place chaque personne détenue au moins deux fois par semaine et aussi souvent qu'il l'estime nécessaire. La sanction est suspendue si le médecin constate que son exécution est de nature à compromettre la santé de la personne intéressée. " n'ont pas été mises en œuvre. Par ailleurs, le requérant n'établissant pas l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale justifiant qu'il soit enjoint à l'administration de le faire sortir du quartier disciplinaire de la maison d'arrêt de Nantes et n'invoquant aucune circonstance au titre de l'urgence, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Laplane.

Fait à Nantes, le 17 octobre 2024.

La vice-présidente, juge des référés,

H. DOUET

La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaire à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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