vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2418562 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SARTORIO - LONQUEUE - SAGALOVITSCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 novembre et 18 décembre 2024, la société Formule golf, représenté par Me Cabanes, demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'annuler l'ensemble des décisions se rapportant à la procédure de mise en concurrence lancée par la commune de Pornic en vue de l'attribution d'une concession de service public pour la gestion du golf de Pornic ;
2°) d'enjoindre à la commune de Pornic, si elle entend conclure le contrat, de reprendre la procédure dans des conditions conformes aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Pornic une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commune a méconnu les principes de transparence et d'égalité de traitement entre les candidats lors de la mise en œuvre des critères de sélection des offres en modifiant la méthode de notation du critère financier pour le SC2.1 et en faisant évoluer ses attentes et objectifs ainsi que l'objet du contrat ;
- la commune a modifié la méthode de notation du critère financier pour le SC2.1 après réception des premières offres ;
- la commune a violé le principe d'égalité de traitement des candidats à raison de la mise en œuvre discriminatoire des critères et sous-critères de jugement des offres ;
- la commune de Pornic a dénaturé son offre ;
- son offre était régulière.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 décembre 2024, la commune de Pornic, représentée par Me Henochsberg, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de
4 000 euros soit mise à la charge de la société Formule Golf en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'offre de la société requérante était irrégulière en raison de son incomplétude, dès lors que le projet de garantie bancaire n'y était pas annexé et qu'elle n'a pas rempli les lignes relatives aux charges en matière de gaz, d'électricité et d'achats d'eau à l'onglet C du cadre financier qui devait être joints aux offres ;
- aucun des moyens invoqués par la société requérante n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 16 décembre 2024, la commune de Pornic, représentée par Me Henochsberg, a produit des pièces soustraites au contradictoire sous couvert secret des affaires en application des articles R. 611-30 et R. 412-2-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire enregistré le 17 décembre 2024, l'EURL Lebreton, représentée par Me Flaud, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la société Formule Golf en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par la société requérante n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Simon, en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 18 décembre 2024 à 14h45 en présence de Mme Labourel, greffière d'audience, M. Simon a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Pezin, substituant Me Cabanes, avocat de la société Formule golf ;
- les observations de Me Henochsberg, avocat de la commune de Pornic ;
- et les observations de Me Flaud, avocate de l'EURL Lebreton.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré, présentée par la société Formule golf, a été enregistrée
le 20 décembre 2024 à 09h07.
Une note en délibéré, présentée par la commune de Pornic, a été enregistrée
le 20 décembre 2024 à 11h28.
Une note en délibéré, présentée par la société Formule golf, a été enregistrée
le 20 décembre 2024 à 12h42.
Une note en délibéré, présentée par la commune de Pornic, a été enregistrée
le 20 décembre 2024 à 13h54.
Une note en délibéré, présentée par l'EURL Lebreton, a été enregistrée
le 20 décembre 2024 à 14h49.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis d'appel public à la concurrence publié au BOAMP le 31 janvier 2024, la commune de Pornic a lancé une procédure de mise en concurrence ayant pour objet l'attribution d'une concession de service public relative à la gestion du golf de Pornic. Par un courrier du
19 novembre 2024, la commune de Pornic a informé la société Formule golf, du rejet de son offre et de ce que le contrat était attribué à l'EURL Lebreton. Par sa requête, la société Formule golf demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'annuler l'ensemble des actes se rapportant à cette procédure de mise en concurrence.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. / Il peut également être saisi en cas de manquement aux mêmes obligations auxquelles sont soumises, en application de l'article L. 521-20 du code de l'énergie, la sélection de l'actionnaire opérateur d'une société d'économie mixte hydroélectrique et la désignation de l'attributaire de la concession. / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ".
3. Il appartient au juge administratif, saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence incombant à l'administration. En vertu de cet article, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles qui sont susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient, dès lors, au juge des référés précontractuels de rechercher si l'opérateur économique qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésé ou risquent de le léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant un opérateur économique concurrent.
4. Aux termes de l'article L. 3124-2 du code de la commande publique : " L'autorité concédante écarte les offres irrégulières ou inappropriées ". Selon l'article L. 3124-3 du même code : " Une offre est irrégulière lorsqu'elle ne respecte pas les conditions et caractéristiques minimales indiquées dans les documents de la consultation. ". Il résulte de ces dispositions que l'autorité concédante doit éliminer les offres qui ne respectent pas les exigences formulées dans les documents de la consultation.
5. Aux termes de l'article 7 du règlement de la consultation : " () Les modèles de présentation, lorsqu'ils existent, doivent impérativement être respectés dans leur formalisme. () Les offres remises par les candidats devront obligatoirement comprendre les pièces suivantes : / 7.3) Dossier n° 3 : Cadre financier / Le candidat remettra une version du cadre financier (pièce 03 - Cadres financiers et techniques) remplie et impérativement au format Microsoft Excel ou équivalent. () ". Il résulte de l'instruction que le cadre financier joint à l'offre de la société requérante ne comporte pas à son onglet C, relatif aux charges et détaillant les postes de charges que les soumissionnaires devaient intégrer dans le chiffrage de leurs offres, d'informations relatives au gaz, à l'électricité et aux achats d'eau. Contrairement à ce que soutient la société requérante, alors qu'une information détaillée sur ce point était exigée par la commune, ces charges ne pouvaient être regardées comme intégrées à la ligne " frais de fonctionnement club house dont énergie ". Une telle omission, qui a notamment empêché la commune d'apprécier pleinement l'offre financière de la société requérante constitue une incomplétude de son offre sur des éléments qui n'étaient pas dépourvus de toute utilité et l'entachent par suite d'irrégularité. Si la commune avait la possibilité d'inviter la société Formule golf à compléter son offre sur ce point à l'occasion de la phase de négociation, elle n'y était pas tenue. Au demeurant, cette irrégularité a été relevée dans le rapport d'analyse des offres. Dans ces conditions, dès lors que la commune devait, pour ce motif, rejeter l'offre de la société Formule golf, celle-ci, qui ne conteste pas la régularité de l'offre de la société attributaire, n'est pas susceptible d'avoir été lésée par les manquements aux obligations de publicité et de mise en concurrence qu'elle invoque.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens de la société requérante, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Pornic, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme que demande la société Formule golf au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société Formule golf une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Pornic et non compris dans les dépens.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société Formule golf une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par l'EURL Lebreton et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la société Formule golf est rejetée.
Article 2 : La société Formule golf versera à la commune de Pornic et à l'EURL Lebreton une somme de 1 000 (mille) euros chacune en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Formule golf, à la commune de Pornic et à l'EURL Lebreton.
Fait à Nantes, le 20 décembre 2024 à 15h13.
Le juge des référés,
P-E. SIMON
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026