Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2502445

mercredi 5 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2502445
TypeDécision

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi par le préfet de Maine-et-Loire d’une demande d’expulsion de Mme C et M. D d’un logement pour demandeurs d’asile, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Le préfet soutenait que les occupants, déboutés de l’asile par une décision de la CNDA du 28 juillet 2023, se maintenaient sans droit dans les lieux, compromettant le service public d’hébergement. En cours d’instance, le préfet s’est désisté de sa requête après que les intéressés ont libéré le logement le 27 février 2025. Le juge des référés a donné acte de ce désistement, constatant qu’il était pur et simple, et a ordonné la clôture de la procédure.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 février 2025, le préfet de Maine-et-Loire demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à Mme B C, à M. F D, ainsi qu'à tous occupants de leur chef, de libérer dans un délai de quinze jours le logement dédié aux demandeurs d'asile qu'ils occupent situé 128B rue Marceau, appartement 5, à Saumur (49400) et géré par l'association ASEA ;

2°) à défaut pour les intéressés de libérer les lieux, de l'autoriser à procéder à leur expulsion par tous moyens légaux au besoin avec le concours de la force publique ;

3°) de l'autoriser à donner toutes instructions utiles au gestionnaire du logement afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de Mme C et de M. A D, à défaut pour ceux-ci de les avoir emportés.

Il soutient que :

- sa requête relève de la compétence de la juridiction administrative, en application de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les conditions d'urgence et d'utilité de la mesure sont satisfaites dès lors que le maintien dans un logement pour demandeurs d'asile de Mme C et de M. A D, définitivement déboutés de l'asile, compromet le bon fonctionnement du service public, alors qu'au 30 avril 2024, 388 demandeurs d'asile étaient en attente d'une place d'hébergement dans le département du Maine-et-Loire ;

- elle ne fait l'objet d'aucune contestation sérieuse dès lors que le contrat de séjour conclu par Mme C et M. A D avec le gestionnaire du lieu d'accueil limitait la durée de l'hébergement à l'instruction de leurs recours en leur nom propre et pour leurs trois enfants mineurs, auprès E nationale du droit d'asile (CNDA), lesquels ont été rejetés par décision du 28 juillet 2023, notifiée le 1er août 2023. S'étant maintenus dans le logement, ils ont été mis en demeure par courrier du 26 décembre 2024 de quitter les lieux dans un délai de quinze jours. Cette mise en demeure est toutefois restée infructueuse jusqu'à ce jour.

Par un mémoire enregistré le 28 février 2025, le préfet de Maine-et-Loire déclare se désister de sa requête.

Il fait valoir que Mme C et M. A D ont libéré le logement le 27 février 2025.

Vu les pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience puis informées, le 28 février 2025, de la radiation de l'affaire du rôle de l'audience du 5 mars 2025.

Considérant ce qui suit :

1. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.

2. Par un mémoire enregistré le 28 février 2025, le préfet de Maine-et-Loire déclare se désister de sa requête. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement du préfet de Maine-et-Loire.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Maine-et-Loire, à Mme B C et à M. G A D.

Fait à Nantes, le 5 mars 2025.

Le juge des référés,

B. ECHASSERIEAU

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,