mardi 27 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2507721 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 mai 2025, M. A D et Mme C B épouse D, représentés par Me Parent, demandent au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au maire du Mans de prendre toutes les mesures utiles et nécessaires afin de prévenir et faire cesser les nuisances, notamment sonores, générées au cours des éditions du " Festival Le Mans fait son cirque ", et ce dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 500 € par jour de retard ;
2°) d'enjoindre au maire du Mans de prendre toutes les mesures visant à limiter les nuisances sonores (dans leur importance et quant aux horaires notamment afin qu'elles cessent à partir de 21 heures), de prendre des mesures concernant la circulation et le stationnement dans les rues alentour et en particulier sur la promenade Newton et de sanctionner les manquements aux réglementations applicables et aux arrêtés municipaux, et ce dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du maire du Mans la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- eux-mêmes et d'autres riverains de la promenade Newton au Mans subissent depuis plusieurs années des nuisances anormales et qui se sont accrues en 2022 du fait de l'implantation d'un chapiteau permanent et qui perdurent jusque tard dans la nuit ;
- le festival " Le Mans fait son cirque " se tient chaque année durant plusieurs semaines et génère non seulement d'importantes nuisances sonores en raison des hauts parleurs proches des habitations, mais également en raison de l'absence d'insonorisation des chapiteaux installés ; il s'accompagne, en outre, de nombreuses incivilités de conducteurs ; bien qu'ils aient alerté à plusieurs reprises les autorités compétentes, le maire du Mans n'a pas usé de ses pouvoirs de police pour assurer la tranquillité publique au cours de cette période ;
- les nuisances sonores génèrent un important préjudice à M. D qui souffre d'une ALD cardiaque et qui se voit contraint d'augmenter sa dose de médicament pour trouver le sommeil au cours de cette période, il a été parfois contraint de quitter son domicile durant la période du festival à fin de retrouver du calme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2025, la commune du Mans, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des époux D une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête fait obstacle à l'exécution de la décision du maire du Mans qui a rejeté implicitement leur demande tendant à ce qu'il fasse usage de ses pouvoirs de police ;
- aucune urgence ne caractérise la demande des époux D dès lors qu'ils n'établissent pas que les nuisances alléguées seraient d'une ampleur telle qu'elles nécessiteraient l'intervention, en urgence, du juge des référés ; ils ne justifient pas par les pièces produites que ces nuisances troubleraient leur tranquillité et les contraindraient à quitter leur logement sur la période du festival et à augmenter leur dose de médicaments en vue de trouver le sommeil ;
- le caractère d'utilité des mesures demandées n'est pas davantage établi notamment quant aux troubles anormaux de voisinage à la fois quant à l'existence de situations dangereuses liées à la circulation et au stationnement de véhicules et quant aux émergences sonores perçues qui méconnaîtraient les valeurs prévues par les articles R. 1336-7 et R. 1336-8 du code de la santé publique, et en tout état de cause, le maire du Mans et l'organisateur du festival ont pris plusieurs initiatives pour limiter les nuisances sonores liées à l'organisation du festival " Le Mans fait son cirque " au profit des riverains.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 mai 2025 sous le numéro 2507696 par laquelle M. D et Mme B épouse D demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rosier pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête M. A D et Mme C B épouse D demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au maire de la commune du Mans de faire usage, dans un délai de quinze jours, des pouvoirs de police qu'il tient de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, afin de prévenir et faire cesser les nuisances, notamment sonores, générées au cours des éditions du " Festival Le Mans fait son cirque ", de prendre des mesures concernant la circulation et le stationnement dans les rues alentour et en particulier sur la promenade Newton et de sanctionner les manquements aux réglementations applicables et aux arrêtés municipaux
Sur les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Il résulte de ces dispositions que, saisi d'une demande d'injonction sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés y fait droit dès lors que la demande remplit les conditions d'urgence et d'utilité, ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
3. Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que par un courrier en date du 14 mai 2024 adressé au maire de la commune du Mans, les requérants l'ont mis en demeure de faire cesser dans le délai d'un mois les nuisances sonores générées au cours des éditions du " Festival Le Mans fait son cirque " en faisant usage des pouvoirs de police qu'il tient des dispositions du 2° de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales. Ainsi, à la date de la présente ordonnance, un délai de deux mois ayant expiré, une décision implicite de rejet de la demande des requérants par le maire du Mans est née. Dès lors, les mesures sollicitées par les requérants tendant à ce qu'il soit enjoint au maire de la commune du Mans de faire usage, dans un délai d'un mois, des pouvoirs de police qu'il tient de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales font obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet de leur demande tendant aux mêmes fins. Par suite, alors qu'il ne s'agit pas de prévenir un péril grave, la condition posée à l'article L. 521-3 du code de justice administrative tenant à ce que la mesure sollicitée ne fasse pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative n'étant pas remplie, les demandes d'injonction sollicitées par les requérants à l'encontre du maire du Mans doivent être rejetée.
Sur les conclusions formées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune du Mans, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par les requérants. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme D une somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par la commune du Mans.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune du Mans sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D, à Mme C B épouse D et à la commune du Mans.
Copier en sera adressée au préfet de la Sarthe.
Fait à Nantes, le 27 mai 2025.
Le juge des référés,
P. ROSIER
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026