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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2509322

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2509322

mercredi 4 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2509322
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A qui demandait la délivrance sous astreinte d'un visa long séjour en qualité de conjoint d'un bénéficiaire de la carte "passeport talent". Le juge estime que les circonstances invoquées, notamment la grossesse de l'épouse et leur séparation, ne caractérisent pas une situation d'urgence justifiant une intervention dans un délai de quarante-huit heures. La décision rappelle que le refus de visa ne constitue pas, sauf circonstances particulières, une urgence au sens de cette procédure. La requête est donc rejetée sans instruction ni audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 mai 2025, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui délivrer un visa long séjour en qualité de conjoint d'un bénéficiaire d'une carte de séjour portant la mention " passeport talent " dans un délai de cinq jours à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

2°) de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il y a urgence au regard de la grossesse de son épouse et de la durée de leur séparation ;

- il est porté atteinte à leur vie privée et familiale et au droit de son épouse à bénéficier du regroupement familial pour lui ;

- la mesure est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

2. En distinguant les procédures prévues par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, le législateur a entendu répondre à des situations différentes. Les conditions auxquelles est subordonnée l'application de ces dispositions ne sont pas les mêmes, non plus que les pouvoirs dont dispose le juge des référés. En particulier, le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Sauf circonstances particulières, le refus des autorités consulaires de délivrer un visa d'entrée en France ne constitue pas une situation d'urgence caractérisée rendant nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures du juge des référés.

3. Il ressort en l'espèce des pièces du dossier que l'autorité consulaire française à Tunis a refusé la délivrance d'un visa de long séjour en qualité de conjoint d'un bénéficiaire d'une carte de séjour portant la mention " passeport talent " à M. A, ressortissant tunisien né le 26 mai 1990, par une décision du 23 septembre 2024 contre laquelle ce dernier a formé, le 7 octobre suivant, devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, le recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'absence de réponse de la part de ladite commission M. A a déposé une requête en annulation le 18 décembre 2024, qui demeure en instance.

4. S'il est constant que l'épouse du requérant, dont le terme de la grossesse est prévu pour le 6 décembre 2025, souffre de difficultés psychologiques chroniques du fait de l'éloignement de son époux et d'un épuisement tant physique que moral du fait de son activité professionnelle intense, ces seules circonstances sont cependant insuffisantes à caractériser une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête en toutes ses conclusions, en faisant application de la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Fait à Nantes, le 4 juin 2025.

Le juge des référés,

P. Rosier

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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