mardi 2 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2514005 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL PUBLI-JURIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 août 2025, la communauté de communes "Grand-Lieu Communauté ", représentée par Me Plateaux, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion des occupants sans droit ni titre du délaissé de voirie compris entre les parcelles cadastrées BS n°135 et BS n°144 " Parc d'activités de Tournebride ", situé dans la commune de La Chevrolière (44) sans délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et par personne concernée.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable, en ce qu'elle est propriétaire de la parcelle concernée qui constitue une dépendance de son domaine public et elle y exerce la compétence de développement économique ; ainsi, elle est compétente pour agir et la juridiction administrative est compétente pour connaître du litige ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'occupation sans droit ni titre entraîne un risque de trouble à l'ordre public, au regard de ses conditions sanitaires et sécuritaires ; des branchements illicites au réseau électrique et sur une borne à incendie ont été constatés par huissier, ce qui entraîne un risque grave et imminent d'incendie ; alors que la voie publique du parc d'activités est soumise à un trafic important de poids lourds et de véhicules professionnels, l'occupation de la parcelle engendre un risque pour les occupants du campement illicite et pour les usagers de la route ; cette occupation est susceptible de faire obstacle au passage de véhicules de secours ;
- la mesure sollicitée est utile et ne fait l'objet d'aucune contestation sérieuse, dès lors que les occupants ne peuvent se prévaloir d'aucun titre explicite portant autorisation d'occupation privative du domaine public ;
- elle ne se heurte à l'exécution d'aucune décision administrative.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 août 2025 à 9H30 :
- le rapport de M. Marowski, juge des référés,
- les observations de Me Jamot, substituant Me Plateaux, représentant la communauté de communes " Grand-Lieu Communauté ".
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes, de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public. Saisi de conclusions en ce sens, il y fait droit dès lors, d'une part, que la demande présentée ne se heurte à aucune contestation sérieuse compte tenu de la nature et du bien-fondé des moyens soulevés à son encontre, d'autre part, que la libération des lieux occupés présente un caractère d'urgence.
2. Il résulte de l'instruction, en particulier du constat d'huissier établi le 6 août 2025, que plusieurs individus, qui appartiennent à la communauté des gens du voyage, ont installé leurs véhicules et leurs caravanes sur un délaissé de voirie compris entre les parcelles cadastrées BS n°135 et BS n°144 " Parc d'activités de Tournebride ", situé dans la commune de La Chevrolière (44). Il est constant que les intéressés, qui se sont installés sur cette dépendance du domaine public de la communauté de communes " Grand-Lieu Communauté ", sans autorisation, sont de fait des occupants sans droit ni titre de l'emplacement sur lequel ils se sont installés. Le procès-verbal fait état de branchements sauvages en eau, notamment sur une borne à incendie, et en électricité. Ainsi, la demande de la communauté de communes " Grand-Lieu Communauté " tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion des occupants sans droit ni titre du domaine public ne se heurte à aucune contestation sérieuse. En outre, les modalités d'occupation du terrain, compte tenu du risque d'atteinte à la sécurité publique, notamment des usagers de la voie publique, ainsi qu'à la salubrité des lieux, comportent un risque de troubles à l'ordre public. Par suite, la demande de la communauté de communes " Grand-Lieu Communauté ", tendant à ce qu'il soit ordonné l'expulsion de ces familles présente un caractère d'urgence et d'utilité et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à toutes les personnes stationnant sans droit ni titre, à la date de la présente ordonnance, sur un délaissé de voirie compris entre les parcelles cadastrées BS n°135 et BS n°144 " Parc d'activités de Tournebride ", situé dans la commune de La Chevrolière (44), d'évacuer le terrain avec leurs véhicules, remorques et caravanes en cause dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la présente ordonnance. A défaut pour les intéressés de déférer à cette injonction, la communauté de communes " Grand-Lieu Communauté " pourra y procéder d'office, au besoin avec le concours de la force publique. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
O R D O N N E :
Article 1er :Il est enjoint aux personnes stationnant sans droit ni titre, à la date de la présente ordonnance, sur un délaissé de voirie compris entre les parcelles cadastrées BS n°135 et BS n°144 " Parc d'activités de Tournebride ", situé dans la commune de La Chevrolière (44), d'évacuer le terrain en cause, avec leurs véhicules, remorques et caravanes, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la présente ordonnance. A défaut pour les intéressés de déférer cette injonction, la communauté de communes " Grand-Lieu Communauté " pourra y procéder d'office, au besoin avec le concours de la force publique.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à la communauté de communes "Grand-Lieu Communauté " ainsi qu'à tous les occupants sans droit ni titre.
Fait à Nantes, le 2 septembre 2025.
Le juge des référés,
Y. MAROWSKILa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2514005
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026