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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2516066

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2516066

vendredi 19 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2516066
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A qui demandait la suspension d'un refus de visa de court séjour pour sa belle-mère, Mme E, invoquant l'urgence liée à l'accouchement de son épouse. Le juge a estimé que la requête était manifestement irrecevable, car M. A n'avait pas qualité pour représenter sa belle-mère, majeure et résidant à l'étranger, conformément aux articles R. 431-2 et suivants du code de justice administrative. En tout état de cause, aucune atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale n'a été constatée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 16 et 17 septembre 2025, M. C A, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 9 septembre 2025 par laquelle l'autorité consulaire française à Tunis (Tunisie) a rejeté la demande de visa de court séjour pour sa belle-mère, Mme B D épouse E ;

2°) d'ordonner au ministre de l'intérieur de délivrer le visa demandé dans délai compatible avec la date d'accouchement de sa compagne ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat les frais de procédure.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'accouchement de son épouse est prévu pour le 24 décembre 2025 et que la présence de sa belle-mère est indispensable pour assurer un soutien moral, familial et matériel à sa conjointe, le délai d'un recours contentieux classique rendrait toute décision favorable inutile ;

- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation ;

- la décision porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit de mener une vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé ;

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 de ce même code prévoit que le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-2 du code de justice administrative : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat () ". L'article R. 431-4 du même code prévoit que : " Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur et, dans le cas d'une personne morale, par une personne justifiant de sa qualité pour agir ". Aux termes de l'article R. 431-5 de ce code : " Les parties peuvent également se faire représenter : / 1° Par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 () ". Enfin, aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Les parties non représentées devant un tribunal administratif par un avocat ou un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation qui ont leur résidence en dehors du territoire de la République et en dehors de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou de la Suisse doivent faire élection de domicile sur l'un de ces territoires ".

3. Il résulte de ces dispositions que, dans les litiges pour lesquels le ministère d'avocat n'est pas obligatoire devant les tribunaux administratifs, le demandeur ne peut être représenté que par un avocat ou par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation.

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme E est majeure à la date de la présente ordonnance et dispose donc de la capacité juridique pour exercer elle-même un recours devant le juge. M. A n'est pas au nombre des mandataires énumérés à l'article R. 431-2 du code de justice administrative et n'est donc pas habilité à introduire une action en justice au nom et pour le compte de Mme E, laquelle au surplus ne réside pas sur le territoire français et n'a pas fait élection de domicile en France.

5. En tout état de cause, aucune des énonciations de la requête, ni aucune des pièces du dossier ne fait à l'évidence apparaître une atteinte grave et manifestement illégale au droit de Mme E au respect de sa vie privée et familiale rendant nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures du juge des référés.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement irrecevable. Il y a lieu, en conséquence, de rejeter sa requête, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Fait à Nantes, le 19 septembre 2025.

Le juge des référés,

P. ROSIER

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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