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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2517422

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2517422

mardi 17 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2517422
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant par ordonnance, a déclaré irrecevable la requête de Mme A... contestant un indu d'aide personnalisée au logement et d'allocation adulte handicapé. Concernant l'allocation adulte handicapé, le tribunal s'est déclaré incompétent et a transmis cette partie du litige au tribunal judiciaire de Nantes, en application des articles L. 241-6 et L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles. Concernant l'aide personnalisée au logement, la requête a été rejetée comme irrecevable car Mme A... n'a pas exercé le recours administratif préalable obligatoire prévu par l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2025, Mme B... A... demande au tribunal d’annuler la décision du 6 février 2025 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique lui a notifié un indu d’aide personnalisée au logement et d’allocation adulte handicapé d’un montant total de 3 955,55 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2015-233 du 27 février 2015 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

Sur l’allocation adulte handicapé :

2. L’article L. 241-6 du code de l’action sociale et des familles dispose que : « I – La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées est compétente pour : (…) / 3° Apprécier : a) Si l'état ou le taux d'incapacité de la personne handicapée justifie l'attribution, pour l'enfant ou l'adolescent, de l'allocation et, éventuellement, de son complément mentionnés à l'article L. 541-1 du code de la sécurité sociale, de la majoration mentionnée à l'article L. 541-4 du même code, ainsi que de la carte “mobilité inclusion” mentionnée à l'article L. 241-3 du présent code et, pour l'adulte, de l'allocation prévue aux articles L. 821-1 et L. 821-2 du code de la sécurité sociale ainsi que de la carte “mobilité inclusion” mentionnée à l'article L. 241-3 du présent code ; (…) c) Si la capacité de travail de la personne handicapée justifie l'attribution du complément de ressources mentionné à l'article L. 821-1-1 du code de la sécurité sociale (…) ». L’article L. 821-1 du code de la sécurité sociale dispose que : « Toute personne résidant sur le territoire métropolitain ou dans les collectivités mentionnées à l'article L. 751-1 ou à Saint-Pierre-et-Miquelon ayant dépassé l'âge d'ouverture du droit à l'allocation prévue à l'article L. 541-1 et dont l'incapacité permanente est au moins égale à un pourcentage fixé par décret perçoit, dans les conditions prévues au présent titre, une allocation aux adultes handicapés (…) ». L’article L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles dispose : « Les décisions relevant du 1° du I de l'article L. 241-6 prises à l'égard d'un enfant ou un adolescent handicapé, ainsi que celles relevant des 2°, 3° et 5° du I du même article peuvent faire l'objet de recours devant les tribunaux judiciaires spécialement désignés en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire (…) ».

3. En vertu des dispositions citées au point 2, le juge judiciaire est compétent pour connaître des litiges relatifs à l’admission à l’aide sociale en ce qui concerne la détermination du taux d’incapacité d’une personne handicapée, la délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « invalidité » et la prestation de compensation accordée aux personnes handicapées mentionnée à l’article L. 245-2 du code de l’action sociale et des familles. Ainsi, les conclusions de la requête de Mme A..., en ce qu’elles ont trait à la demande de remboursement d’un indu de l’allocation adulte handicapé, sont portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître. Il y a donc lieu, par suite et en application de l’article 32 du décret du 27 février 2015, de transmettre la requête de Mme A..., en ce qu’elle porte sur ces conclusions, au tribunal judiciaire de Nantes, territorialement compétent pour en connaître.


Sur l’aide personnalisée au logement :

4. Aux termes de l’article R. 412-1 du même code : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l’acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l’article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ».

5. Aux termes de l’article L. 821-1 du code de la construction et de l’habitation : « Les aides personnelles au logement (…) sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : (…) b) L’allocation de logement sociale ». Aux termes de l’article L. 825-2 du même code : « Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ».

6. L’institution par ces dispositions d’un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l’autorité compétente pour en connaître le soin d’arrêter définitivement la position de l’administration. Il s’ensuit que la décision prise à la suite du recours administratif se substitue en principe à la décision initiale, et qu’elle est seule susceptible d’être déférée au juge.

7. Aux termes de l’article R. 611-8-3 du code de justice administrative : « I. - La juridiction peut proposer aux personnes physiques et morales de droit privé non représentées par un avocat, autres que les organismes de droit privé chargés de la gestion permanente d'un service public, d'utiliser le téléservice mentionné à l'article R. 414-2. (…) La juridiction peut leur adresser par cette application et pour cette instance, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre (…) ».

8. Aux termes de l’article R. 611-8-6 du même code : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles (…) ».

9. La requête déposée par Mme A... n’était pas accompagnée de la copie de la décision de la caisse d’allocations familiales statuant sur son recours administratif préalable ni de la pièce justifiant du dépôt d’un tel recours auprès de la caisse d’allocations familiales. En dépit de la demande de régularisation, adressée le 4 novembre 2025 à la requérante par le biais de l’application « Télérecours citoyens », et réputée avoir été notifiée deux jours ouvrés plus tard en application de l’article R. 611-8-6 du code précité, Mme A..., n’a pas, à l’expiration du délai de quinze jours qui lui était imparti, justifié avoir adressé à la caisse d’allocations familiales le recours administratif préalable obligatoire dirigé à l’encontre de la décision lui notifiant un indu d’aide personnalisée au logement. Ainsi, cette requête, qui n’a pas été régularisée, est entachée d’une irrecevabilité manifeste et ne peut qu’être rejetée.


O R D O N N E :


Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme A... relatives à l’indu d’allocation adulte handicapé sont transmises au tribunal judiciaire de Nantes.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A... est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au président du tribunal judiciaire de Nantes.


Fait à Nantes, le 17 mars 2026.

La présidente,



M. C...

La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,



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