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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2517497

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2517497

jeudi 9 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2517497
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantMOUMEN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme B..., ressortissante algérienne, qui contestait le refus de délivrance d’un visa de court séjour pour assister au mariage de son petit-fils. Le juge estime que la condition d’urgence n’est pas remplie, car l’impossibilité d’assister à cette cérémonie ne constitue pas une situation nécessitant une intervention dans les quarante-huit heures. La requête est donc rejetée sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

 

Par une requête, enregistrée le 8 octobre 2025, Mme A... B..., représentée par Me Moumen, demande au juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

 

1°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur et au consulat général de France à Oran de réexaminer immédiatement la demande de visa, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et, subsidiairement de lui délivrer un visa provisoire valable jusqu’au 21 octobre 2025 ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761- 1 du code de justice administrative ainsi que els entiers dépens.

Elle soutient que :

- la condition d’urgence est satisfaite dès lors qu’elle souhaite assister à la célébration du mariage civil de son petit-fils le 11 octobre 2025 et alors que la décision lui a été notifiée seulement quatre jours avant cette cérémonie ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

- la décision porte atteinte au droit au respect effectif de la vie familiale protégé par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; 

- le principe de proportionnalité a été méconnu.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

 

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

 

Le président du tribunal, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer en matière de référés.

 

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

En distinguant les procédures prévues par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, le législateur a entendu répondre à des situations différentes. Les conditions auxquelles est subordonnée l'application de ces dispositions ne sont pas les mêmes, non plus que les pouvoirs dont dispose le juge des référés. En particulier, le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Sauf circonstances particulières, le refus des autorités consulaires de délivrer un visa d’entrée en France ne constitue pas une situation d’urgence caractérisée rendant nécessaire l’intervention dans les quarante-huit heures du juge des référés.

Pour justifier l’urgence à suspendre l’exécution de la décision du 2 octobre 2025 par laquelle l’autorité consulaire française à Oran (Algérie) a refusé de lui délivrer un visa de court séjour pour visite familiale, Mme B..., ressortissante algérienne née le 9 février 1952, fait valoir qu’elle ne pourra pas assister au mariage de son petit-fils le 11 octobre prochain et que ce refus porte ainsi atteinte au droit au respect de sa vie privée et familiale. Toutefois, la circonstance que Mme B... ne puisse pas se rendre en France pour assister au mariage de son petit-fils est insuffisante, en l’espèce, à caractériser une situation d’urgence rendant nécessaire l’intervention dans les quarante-huit heures du juge des référés.

Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application de la procédure prévue aux dispositions de l’article L. 522- 3 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

 

Article 1er :  La requête de Mme B... est rejetée.

 

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre d’Etat, ministre de l'intérieur.

 

Fait à Nantes, le 9 octobre 2025.

Le juge des référés,

 

 

 

P. ROSIER

La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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