Le Tribunal administratif de Nantes, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de Mme A... contestant un refus de visa. Le juge a constaté une irrecevabilité manifeste, car la requérante résidant en Tunisie n'avait pas régularisé sa demande en élisant domicile sur un territoire de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse, comme l'exige l'article R. 431-8 du code de justice administrative. La juridiction a appliqué la procédure de mise en demeure prévue à l'article R. 612-1 du même code, la notification étant réputée effectuée, avant de prononcer l'irrecevabilité en vertu de l'article R. 222-1.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2025, Mme B... A... conteste devant le tribunal la décision du 4 septembre 2025 par laquelle la sous-directrice des visas a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu’elle a formé contre la décision du 17 juillet 2025 de l’autorité consulaire française à Tunis (Tunisie) refusant de lui délivrer un visa de court séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) ».
Aux termes de l’article R. 431-8 du code de justice administrative : « Les parties non représentées devant un tribunal administratif par un avocat ou un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation qui ont leur résidence en dehors du territoire de la République et en dehors de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou de la Suisse doivent faire élection de domicile sur l'un de ces territoires. ». Aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d’office cette irrecevabilité qu’après avoir invité leur auteur à les régulariser. (…) ».
La présente requête a été déposée par Mme A..., qui réside en Tunisie et qui n’est pas représentée dans les conditions, prévues par l’article R. 431-8 du code de justice administrative précité. La demande de régularisation qui lui a été adressée par le tribunal a été retournée avec la mention « non réclamé ». Dès lors que l’intéressée a été avisée et n’a pas retiré le pli, la notification doit être réputée avoir été régulièrement effectuée à la date de sa présentation le 3 décembre 2025. Mme A... n’a pas, dans le délai de quinze jours qui lui était imparti, régularisé sa requête en élisant domicile sur l’un des territoires visés à l’article R. 431-8 code de justice administrative. Dès lors, cette requête est entachée d’une irrecevabilité manifeste et ne peut qu’être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... doit être rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C....
Fait à Nantes, le 19 mars 2026.
Le président,
E. Berthon
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,