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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2520258

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2520258

jeudi 18 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2520258
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantGUERIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi par le préfet de la Loire-Atlantique sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative pour ordonner l'expulsion d'une famille se maintenant indûment dans un logement d'urgence pour demandeurs d'asile après le rejet définitif de leurs demandes par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). La solution retenue par le juge des référés est d'ordonner la libération des lieux sous huitaine, autorisant l'expulsion avec le concours de la force publique et le débarras des biens meubles, en raison de l'urgence et de l'utilité publique liées à la saturation du dispositif d'hébergement (99% d'occupation en Loire-Atlantique). Les textes appliqués incluent l'article L. 521-3 du code de justice administrative pour la procédure de référé, ainsi que l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour la compétence du juge administratif en matière d'expulsion des lieux d'hébergement pour demandeurs d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 18 novembre et 11 décembre 2025, le préfet de la Loire-Atlantique demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, à Mme K... I..., à M. B... I... et à tous occupants de leur chef, de libérer sans délai le lieu d’hébergement qu’ils occupent au 11B rue du Cherche-Midi à Nantes et géré par l’hébergement d’urgence de l’association Saint-Benoît-Labre (ASBL) ;

2°) de l’autoriser à procéder à leur expulsion avec le concours de la force publique ;

3°) de l’autoriser à donner toutes instructions utiles au gestionnaire du logement afin de débarrasser les lieux des biens meubles s’y trouvant, aux frais et risques de la famille à défaut pour elle de les avoir emportés.

Il soutient que :
- le juge administratif est compétent en application de l’article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile notamment pour accorder le concours de la force publique ;
- sa requête est recevable en application des articles R. 431-9 et R. 431-10 du code de justice administrative ainsi que de l’article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; par ailleurs le chef du bureau du contentieux et de l’éloignement, dispose d’une délégation de signature, régulièrement publiée, à l’effet de signer les requêtes et mémoires contentieux devant les juridictions administratives et judiciaires ;
- les conditions prévues à l’articles L. 521-3 du code de justice administrative sont satisfaites :
* la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse ; la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) a définitivement rejeté les demandes d’asile de la famille par des décisions du 1er mars 2021 ; la famille a été informée qu’elle devait quitter les lieux par un courrier du 12 août 2025 remis en mains propres le jour même ; elle a été régulièrement mise en demeure de quitter les lieux par courrier du 9 septembre 2025 adressée à l’adresse de l’HUDA ASBL chargée d’accompagner les personnes hébergées dans leurs démarches ; cette mise en demeure est restée infructueuse ;
* elle présente un caractère d’urgence et d’utilité dès lors que la famille se maintient indument dans un logement pour demandeurs d’asile alors que les demandes d’asile de ses membres ont été définitivement rejetées, compromettant ainsi le bon fonctionnement du service public et le respect du principe constitutionnel du droit de l’asile, alors qu’au dernier recensement de l’office de l’immigration et de l’intégration (OFII) en octobre 2025, le département de la Loire-Atlantique dispose de 2 522 places d’hébergement effectives dédiées aux demandeurs d’asile, occupées à 99% ; le dispositif national d’hébergement est également saturé ; par ailleurs, entre le 1er janvier et le 31 octobre 2025, 1 898 nouvelles demandes d’asile ont été enregistrées auprès du guichet unique pour demandeurs d’asile de la préfecture de la Loire-Atlantique, qui correspondent à autant de demandeurs d’asile ayant droit aux conditions matérielles d’accueil ;
- il n’existe pas de circonstances exceptionnelles de nature à faire obstacle à la mesure demandée ; la seule composition de la famille ne saurait faire obstacle à la mesure demandée ; les éléments sur l’état de santé de M. I... et de l’enfant C... ne permettent pas d’établir que la mesure sollicitée aurait pour effet d’aggraver cet état ou d’engager leur pronostic vital ; en tout état de cause, la mesure sollicitée n’a ni pour objet, ni pour effet de mettre un terme aux éventuels suivis médicaux et/ou éventuels traitements médicamenteux dont bénéficierait la famille ; rien n’indique qu’elle se trouve dans une situation d’isolement et de détresse caractérisée, alors qu’elle est présente en France depuis mai et juin 2019 où ses membres ont pu nouer des contacts solides voire amicaux ;
- il est nécessaire de faire libérer les lieux sans délai afin de libérer rapidement les logements indûment occupés de sorte que les demandeurs d’asile puissent en bénéficier effectivement ; les intéressés ne disposent à ce jour d’aucun titre leur permettant de se maintenir sur le territoire français ;
- il n’existe aucun droit au maintien dans le logement ;
- il n’incombe pas à l’administration de trouver une solution d’hébergement d’urgence dès lors que la demande d’asile des intéressés a été définitivement rejetée et que la situation de la famille ne révèle pas l’existence d’une situation de détresse justifiant à titre exceptionnel le bénéfice d’un dispositif d’hébergement d’urgence ; les intéressés ont refusé de bénéfice du dispositif d’aide au retour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2025, Mme K... I... et à M. B... I..., agissant en leur nom et en qualité de représentants légaux des enfants mineurs H..., D..., J..., G..., A..., C..., E... et F..., représentés par Me Guerin, concluent :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2° à titre subsidiaire, à ce qu’un délai de douze mois leur soit accordée pour quitter les lieux ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, à ce qu’il soit enjoint à l’autorité administrative de leur proposer un hébergement d’urgence ;
4°) à leur admission provisoire à l’aide juridictionnelle et à ce qu’il soit mis à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles L.761-1 du Code de Justice Administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :
- le juge administratif n’est pas compétent dès lors qu’il n’est pas établi qu’ils occupent un logement dédié aux demandeurs d’asile à défaut de justification d’un contrat de séjour actualisé ;
- la mesure sollicitée se heurte à une contestation sérieuse :
* il n’est pas justifié qu’ils se soient vus notifier une décision de sortie du lieu d’hébergement pour demandeur d’asile à compter du 3 mars 2021 comme indiqué dans le courrier de l’OFII du 12 août 2025 ; il appartenait à l’OFII de reprendre une décision de sortie à leur encontre assortie d’un délai d’un mois pour s’exécuter ;
* il n’est pas établi que le signataire de la mise demeure justifiait d’une délégation de signature régulière à cette fin ;
* il n’a pas été procédé à un examen particulier de leur situation ;
- la condition d’urgence n’est pas remplie ; les éléments avancés par l’administration pour établir la saturation dispositif d’accueil des demandeurs d’asile ne sont pas probants ; leur situation de vulnérabilité, au regard en particulier de la composition familiale et de l’état de santé de M. I... fait obstacle à leur expulsion ; leurs enfants sont scolarisés ; ils devront à tout le moins se voir proposer un hébergement d’urgence ;
- l’utilité de la mesure n’est pas établie ; le recours à la force publique est excessif.


Par une décision du 11 décembre 2025, le bureau d’aide juridictionnelle a accordé l’aide juridictionnelle totale à M. I....



Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer en matière de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendu, au cours de l’audience publique du 11 décembre 2025 à 9h30 :
- le rapport de M. Danet, juge des référés ;
- les observations de Me Guérin, avocate des requérants, en présence de ces derniers.

Le préfet de la Loire-Atlantique n’était ni présent ni représenté.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le préfet de la Loire-Atlantique demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 552-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et L. 521-3 du code de justice administrative, d’ordonner à Mme K... I..., à M. B... I... et à tous occupants de leur chef, de libérer sans délai le lieu d’hébergement qu’ils occupent au 11B rue du Cherche-Midi à Nantes et géré par l’hébergement d’urgence de l’association Saint-Benoît-Labre (ASBL).

Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

2. M. I... ayant été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 11 décembre 2025, il n’y a plus lieu de statuer sur son admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

3. D’une part, aux termes de l’article L. 552-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile ou jusqu'à leur transfert effectif vers un autre Etat européen ». Selon l’article L. 551-11 du même code : « L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ». L’article L. 552-15 dispose : « Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. / Le premier alinéa n'est pas applicable aux personnes qui se sont vues reconnaître la qualité de réfugié ou qui ont obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. Il est en revanche applicable aux personnes qui ont un comportement violent ou commettent des manquements graves au règlement du lieu d'hébergement. / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire ».

4. D’autre part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».

5. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que, saisi par le préfet d’une demande tendant à ce que soit ordonnée l’expulsion d’un lieu d’hébergement pour demandeurs d’asile d’un demandeur d’asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés y fait droit dès lors que la demande d’expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d’urgence et d’utilité.

6. Enfin, aux termes L. 552-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Sont des lieux d'hébergement pour demandeurs d'asile : 1° Les centres d'accueil pour demandeurs d'asile définis à l'article L. 348-1 du code de l'action sociale et des familles ; / 2° Toute structure bénéficiant de financements du ministère chargé de l'asile pour l'accueil de demandeurs d'asile et soumise à déclaration, au sens de l'article L. 322-1 du même code. ». Aux termes de l’article R. 552-3 du même code : « Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 reçoivent la correspondance destinée aux personnes domiciliées et la mettent à leur disposition. ».

7. En premier lieu, il résulte de l’instruction que Mme I..., ressortissante kosovare née le 15 avril 1987 et M. I..., ressortissant serbe né le 15 septembre 1991, sont entrés sur le territoire français en mai et juin 2019. Ils sont parents de huit enfants nés entre 2010 et 2020. Ils ont déposé des demandes d’asile qui ont été définitivement rejetées par des décisions de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 1er mars 2021, notifiées le 3 mars suivant. Il est établi et non sérieusement contesté qu’ils ont bénéficié, à compter du 16 juillet 2019, d’un hébergement temporaire géré par l’HUDA de l’association Saint-Benoît-Labre (ASBL) et que, bien que domiciliés au siège de cette association, ils ont été logés, d’abord, au 8 boulevard des Poilus à Nantes puis, en dernier lieu, au 11B rue du Cherche-Midi dans cette même commune, dans le cadre de places d’hébergement dites « en diffus ». A cet égard, les requérants ne peuvent valablement soutenir que la mesure sollicitée par le préfet de la Loire-Atlantique n’entre pas dans le champ des dispositions de l’article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile l’autorisant à demander en justice l’expulsion des occupants sans titre d’un lieu d’hébergement pour demandeurs d’asile, nonobstant la circonstance que le contrat de séjour conclu avec l’association gestionnaire de l’HUDA le 16 juillet 2019 ne mentionnait que l’adresse du siège de cette dernière. Par ailleurs, les intéressés ont été informés, par un courrier de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) du 12 août 2025, remis en main propre le 13 août suivant, de la fin de leur prise en charge. Par un courrier du 9 septembre 2025, ils ont été mis en demeure de quitter le logement qu’il occupait dans un délai d’un mois. Les circonstances que le courrier du 12 août 2025 se réfère au délai qui leur avait été initialement accordé pour se maintenir dans les lieux jusqu’au 30 avril 2021 à la suite du rejet définitif de leur demande d’asile et qu’aucune décision de sortie des lieux ne leur a été notifiée depuis cette date ne sont pas de nature à établir que le procédure mise en œuvre par l’autorité administrative serait entachée d’une irrégularité, les intéressés, ne pouvant ignorer, en tout état de cause, l’absence de tout droit au maintien dans ces lieux depuis ce rejet définitif. De même, et contrairement à ce qui est soutenu, le signataire du courrier de mise en demeure disposait d’une délégation de signature à cette fin du préfet, en vertu d’un arrêté du 24 février 2025, régulièrement publié. Ainsi, M. et Mme I..., dont les demandes d’asile ont été définitivement rejetées se maintiennent sans droit ni titre dans un lieu d’hébergement dédié aux demandeurs d’asile. Il s’en suit que la mesure sollicitée ne se heurte ainsi à aucune contestation sérieuse.

8. En l’état de l’instruction, la libération des lieux par les requérants présente un caractère d’urgence et d’utilité, eu égard à la situation de particulière tension du dispositif d’hébergement des demandeurs d’asile en Loire-Atlantique, précisément étayée, au regard du nombre de places d’hébergement dédiées aux demandeurs d’asile en Loire-Atlantique (2 522 places), du nombre de nouvelles demandes d’asile enregistrées dans ce département depuis le début de l’année 2025 (1 898) et du taux d’occupation constatée (99%). A cet égard, les requérants n’apportent aucun élément de nature à remettre sérieusement en cause l’exactitude des indications apportées par le préfet de la Loire-Atlantique. Au demeurant, cette mesure apparaît comme la seule mesure susceptible de préserver la continuité du service public de l’accueil des demandeurs d’asile.

9. Si les requérants font valoir qu’ils présentent une situation de particulière vulnérabilité au regard de la composition de leur cellule familiale, comprenant huit enfants mineurs, et compte tenu de l’état de santé de M. I..., les éléments produits ne permettent pas de démontrer l’existence de circonstances exceptionnelles de nature à regarder en l’espèce la condition d’urgence précitée comme non remplie et faisant ainsi obstacle à leur expulsion, alors que les intéressés occupent sans droit ni titre un lieu d’hébergement dédié aux demandeurs d’asile depuis plus de quatre ans, qu’ils ont chacun fait l’objet d’un arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français du 22 mars 2022 et que les recours formés devant la juridiction administrative contre ces décisions ont été rejetés. Ils ont également refusé, le 13 août 2025, le bénéfice de l’aide au retour volontaire prévoyant notamment une prise en charge dans un centre de préparation au retour.

10. Toutefois, dans les circonstances particulières de l’espèce, compte tenu de la présence du huit enfants mineurs scolarisés et de la période hivernale, il y a lieu d’accorder à M. et Mme I... un ultime délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance pour libérer le logement qu’ils occupent indûment, et, en l’absence de départ volontaire à l’issue de ce délai, d’autoriser le préfet de la Loire-Atlantique à procéder à l’évacuation forcée des lieux avec le concours de la force publique et à prendre les mesures nécessaires pour faire enlever, aux frais et risques de la famille les biens meubles qui s’y trouveraient. En revanche, les intéressés ne peuvent utilement solliciter, dans le cadre de la présente instance, qu’une solution d’hébergement leur soit proposée.

11. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme réclamée par les requérants au titre des dispositions susvisées.


O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur la demande d’admission provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint à M. et Mme I... et tous occupants de leur chef, de libérer, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance, le logement qu’ils occupent au 11B rue du Cherche-Midi à Nantes et géré par l’hébergement d’urgence de l’association Saint-Benoît-Labre.

Article 3 : En l’absence de départ volontaire de M. et Mme I... et leurs enfants dans le délai fixé à l’article 2, le préfet de la Loire-Atlantique pourra faire procéder à leur expulsion et à l’évacuation de leurs biens, par les moyens légaux de son choix, aux frais, risques et périls des intéressés, au besoin avec le concours de la force publique.

Article 4 : Les conclusions de M. et Mme I... présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l’intérieur, à Mme K... I..., à M. B... I... et à Me Guérin.

Une copie sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Nantes, le 18 décembre 2025.

Le juge des référés,

J. DANET
La greffière,

A-L. BOUILLAND



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,

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