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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2523357

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2523357

mercredi 14 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2523357
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, statuant en référé, a été saisi par la commune de Chemillé-en-Anjou sur le fondement de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation. La commune demandait la désignation d’un expert pour examiner un immeuble situé au 20 rue du Moulin, présentant un danger pour la sécurité publique. Le juge a fait droit à cette demande en désignant un expert, dont la mission consiste à constater l’état du bâtiment et des parties communes, à évaluer les risques pour la sécurité des occupants et des tiers, et à proposer des mesures de nature à mettre fin au danger. Cette décision a été prise en application des articles L. 511-9 et R. 556-1 du code de la construction et de l’habitation, ainsi que de l’article R. 531-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 décembre 2025, la commune de Chemillé-en-Anjou, représentée par son maire en exercice, demande au juge des référés de désigner un expert en application des dispositions de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, aux fins d’examiner l’état de l’immeuble et des parties communes (avec l’immeuble voisin sis 1 rue de la Colline) de cet immeuble situé 20 rue du Moulin, Saint Georges des Gardes à Chemillé-en-Anjou (49120), parcelle cadastrée A 310, appartenant à M. D... et Mme B... E..., demeurant 22 rue du Moulin, Saint Georges des Gardes à Chemillé-en-Anjou (49120).

Elle soutient que le bâtiment en cause constitue un danger pour la sécurité publique en raison des désordres constatés.

Vu les pièces produites et jointes au dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Nantes a désigné Mme Specht-Chazottes, première vice-présidente du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.


Considérant ce qui suit :

Tout d’abord, en vertu de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, « Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. /Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre. ». Selon l’article R. 511-2 de ce code : « Lorsque l'autorité compétente demande à la juridiction administrative la désignation d'un expert en vertu de l'article L. 511-9, il est fait application des dispositions du chapitre Ier du titre III du livre V du code de justice administrative et de l'article R. 556-1 du même code. ».

Ensuite, aux termes de l’article R. 556-1 du code de justice administrative : « Lorsque le juge administratif est saisi par le maire, sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, d'une demande tendant à la désignation d'un expert, il est statué suivant la procédure de référé prévue à l'article R. 531-1. ».

Enfin, aux termes de l’article R. 531-1 du code de justice administrative : « S’il n’est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d’avocat et même en l’absence d’une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction. ».

La commune de Chemillé-en-Anjou soutient que le bâtiment situé 20 rue du Moulin, Saint Georges des Gardes à Chemillé-en-Anjou (49120), parcelle cadastrée A 310, ainsi que les parties communes de cet immeuble voisin de l’immeuble sis 1 rue de la Colline géré par la Direction des Finances Publiques des Pays de la Loire en tant que curateur de la succession vacante de Mme G... C... selon l’ordonnance rendu le 9 avril 2024 par le tribunal judiciaire d’Angers, présente un danger pour la sécurité publique. Par suite, il y a lieu de procéder à la désignation d’un expert. Le constat de l’état du bâtiment auquel ce dernier procèdera devra être effectué au contradictoire de la commune de Chemillé-en-Anjou, de M. et Mme E..., H... pour les parties communes avec l’immeuble voisin sis 1 rue de la Colline, en leur qualité de curateur de la succession vacante de Mme G... C..., et s’il y a lieu, également au contradictoire des propriétaires mitoyens, susceptibles d’être affectés par les mesures à mettre en œuvre.


O R D O N N E


Article 1er : M. F... A... demeurant 43 avenue du Grésillé à Angers (49000), est désigné en qualité d'expert.

Il aura pour mission :

1°de prendre connaissance des pièces du dossier, de se rendre sur les lieux : 20 rue du Moulin, Saint Georges des Gardes à Chemillé-en-Anjou (49120), parcelle cadastrée A 310 et d’examiner le bâtiment en cause, ainsi que les parties communes avec l’immeuble sis 1 rue de la Colline ;

2°de dresser un constat de l’état du bâtiment et des parties communes indiquées avec l’immeuble voisin, notamment des désordres l’affectant et, le cas échéant, de l’état des bâtiments mitoyens ;

3°de préciser si les risques présentés par ce bâtiment affectent les garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des occupants et des tiers ;

4°de proposer les mesures de nature à mettre fin au danger, telles que la réparation ou toute autre mesure propre à remédier à la situation y compris, le cas échéant pour préserver la solidité des bâtiments contigus, la démolition de tout ou partie du bâtiment en cause, la cessation de la mise à disposition du bâtiment ou de la propriété à des fins d’habitation ou l’interdiction d’habiter, d’utiliser ou d’accéder aux lieux, à titre temporaire ou définitif ;

5°de donner son avis sur le caractère imminent ou manifeste du danger présenté par ce bâtiment et les parties communes concernées dont la mention, si tel est le cas, devra figurer au rapport, et dans l’affirmative, de proposer les mesures d’urgence indispensables pour le faire cesser ;

6°s'il y a lieu, de faire toutes autres constatations nécessaires, d'entendre les observations de tous intéressés et d'annexer à son rapport tous documents utiles.

Article 2 : L’expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-3 à R. 621-14 du code de justice administrative. Toutefois, compte tenu de l’urgence et afin de tenir compte du délai de vingt-quatre heures indiqué à l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, il convoquera les parties par tous moyens afin de dresser son constat dans ce délai. Si l’expert ne peut accomplir sa mission dans ce délai de vingt-quatre heures, il en informera les parties et effectuera sa mission dans les délais les plus brefs possibles en tenant compte de l’urgence.

Article 3 : L’expert déposera au greffe un exemplaire papier et un exemplaire par voie dématérialisée d’un rapport de constat pour le bâtiment en cause établi au contradictoire des parties respectivement concernées, lequel devra être déposé dans le délai prévu à l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, et en tout état de cause avant le 23 janvier 2026, accompagné de l’état de ses vacations, frais et débours. Il en notifiera copie aux personnes intéressées, notification qui pourra s’opérer sous forme électronique avec l’accord desdites parties, à laquelle il joindra copie de l’état de ses vacations, frais et débours.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Chemillé-en-Anjou, à M. et Mme E..., à la Direction des Finances Publiques des Pays de la Loire, et à M. A... expert.

Une copie de la requête et des pièces sera adressée à M. et Mme E..., et à la Direction des Finances Publiques des Pays de la Loire.

Fait à Nantes, le 14 janvier 2026,

La juge des référés,



F. Specht-Chazottes


La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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